
Parution fin février de cet ouvrage « Histoire du Royaume de Naples du Ve au XIXe siècle » par Alain Blondy.
Descriptif : « L’histoire du royaume de Naples est indissociable de celle du royaume de Sicile. Tour à tour séparés ou soumis à un même souverain, ils n’ont été unifiés qu’en 1816 par la création du royaume des Deux-Siciles qui disparut en 1860 à l’occasion de la fondation du royaume d’Italie.
Ces deux régions, soumises de longue date à des influences contraires (Grecs et Carthaginois, chrétiens et musulmans, Latins et Byzantins) n’acquirent d’autonomie véritable qu’avec leur conquête au début du XIe siècle par les Normands qui achevaient ainsi, avec celle de l’Angleterre, la geste épique des Vikings.
Extraordinaire creuset de toutes les cultures des temps médiévaux, le double royaume, évoluant au gré des héritages dynastiques, ne parvint jamais à devenir un État national.
Durant des siècles, toutes les grandes familles régnantes de l’Europe y prétendirent : les Allemands avec les Hohenstaufen puis les Habsbourg, les Ibériques avec les rois d’Aragon, les Habsbourg ou les Bourbons d’Espagne, les Français avec les Capétiens d’Anjou, les Valois ou les Bonaparte. Même les Anglais eurent du mal à cacher leurs appétits.
Spectateurs de ce théâtre du pouvoir, le peuple du Mezzogiorno et de Sicile, roulé comme un galet, lissé par les dominations, sut, la plupart du temps, vivre en symbiose avec ces souverains étrangers, les masses organisant leur propre existence et les élites se rendant indispensables par une permanence que n’avaient pas leurs maîtres successifs.
Cependant, à l’image de la nature tellurique du pays, lorsque sa fière identité était blessée, il explosait dans des paroxysmes de violence, des Vêpres siciliennes au XIIIe siècle à la révolte de Masaniello au XVIIe siècle ou à la » chouannerie » sanfédiste de 1799, donnant alors l’impression aux beaux esprits de l’Europe que ce double royaume était » un paradis habité par des démons « .
« Histoire du Royaume de Naples du Ve au XIXe siècle », Alain Blondy, Perrin, 2026
Régine ⋅ Actualité 2026, Bourbon-Deux-Siciles, Italie, Livres 14 Comments
21 janvier 2026 @ 09:19
Et dire que cet État glorieux et multiséculaire a été avalé et englouti par la Maison de Savoie. À quand la repentance d’Emanuele Filiberto ?
21 janvier 2026 @ 09:56
Ce livre a l’air très intéressant.
Les Vêpres Siciliennes me font penser aux Matines Brugeoises. Les Vêpres en 1282 et les Matines en 1302. Dans les deux cas, l’ennemi, l’homme à abattre était le Français. On partit pour un massacre genéral, mais comment identifier les natifs de la « doulce France » ? Les Flamands choisirent de faire prononcer « schild en vriend » (bouclier et ami) aux Français qui bien sûr n’y parvinrent pas et les Siciliens, j’ai deux versions : « cicerone » ou « ciciru » (pois chiche en sicilien). Les distingués intervenants historiens pourront me corriger.
21 janvier 2026 @ 10:34
A offrir à Jordan B !
21 janvier 2026 @ 10:40
N’oublions pas les rois normands.
23 janvier 2026 @ 16:33
Et surtout le Stupor Mundi le seul toujours vivant dans la mémoire collective.
25 janvier 2026 @ 11:05
Je suppose que vous parlez de Frédéric II.
Empereur germanique et roi de Sicile par son mère héritière des Hauteville.
Le designer par un surnom ne le sert pas. Il mérite pourtant qu’on suscite une vraie curiosité intellectuelle historique. Et pas seulement un petit rire de connivence dans un salon.
25 janvier 2026 @ 11:06
Frédéric II Hohenstauffen.
21 janvier 2026 @ 12:37
Intéressant.
21 janvier 2026 @ 14:44
Le sujet est très interessant.
22 janvier 2026 @ 09:21
Conrad de Hohenstaufen, dit Conradin, dernier héritier de la maison de Hohenstaufen et héritier du royaume de Sicile, du royaume de Jerusalem et du duché de Souabe fut décapité, le 29 octobre 1268, à Naples, sur l’ordre de Charles d’Anjou, alors qu’il avait à peine 16 ans. La mère de Conrad, Elisabeth de Bavière, avait fondé l’église del Carmine comme lieu de repos pour son jeune fils et son compagnon, Frédéric de Bade.
25 janvier 2026 @ 11:08
Décapité avec l’accord du pape.
Pourquoi ne le signalez vous pas ?
22 janvier 2026 @ 09:25
Robert Ier d’Anjou (1277-1343), roi de Naples et comte de Provence, fit de Naples un grand centre culturel, invitant à sa cour Giotto, Pétrarque et Boccace.
Giotto réalisa, entre 1330 et 1333, des fresques commandées par le roi pour le cloîtres du couvent des Clarisses.
Boccace était arrivé à Naples, en 1328, et se lia avec les membres de la maison d’Anjou-Sicile en particulier avec la reine Jeanne, petite-fille de Robert 1er. Il parlait de Robert d’Anjou comme le « roi le plus savant que les mortels aient vu depuis Salomon ».
Petrarque, quant à lui, séjourna à Naples à partir de 1341. Le roi lui ayant proposé de lui conférer la couronne de lauriers à Naples, le poète insista pour la recevoir à Rome. Il appelait le souverain « « roi des rois », « digne du ciel, indigne de la terre », le « plus illustre roi d’Europe ».
C’est Robert d’Anjou qui ordonna la construction du château Sant’Elmo, sur les hauteurs de Naples et poursuivit la construction de la Chartreuse Saint-Martin voisine.
22 janvier 2026 @ 12:24
Ce qui est amusant quand on va en Sicile c’est de retrouver intacts chez les habitants le type des envahisseurs de tous horizons. Un jour je regardais des enfants jouer au bord de la mer et tous les types étaient représentés. Des blonds qui rappelaient les Normands, des brun froncé qui évoquaient les sarrazins. Une fois dans un bar j’ai été fasciné par le profil grec du gars qui passait la serpillière. C’était donc vrai ce profil où le nez suit tout de suite le front et qu’on voit sur les poteries ou des sculptures.
23 janvier 2026 @ 12:49
des brun foncé pas froncé