Dernier géant d’une génération pour laquelle la mode relevait de l’art total, Valentino n’a jamais cédé à l’éphémère. Il croyait à la ligne juste, à la discipline du métier, à la beauté comme valeur absolue. Sa silhouette idéale — longiligne, souveraine, intemporelle — a traversé les décennies sans jamais se plier aux diktats passagers. Le « rouge Valentino », devenu signature universelle, résume à lui seul cette ambition : reconnaissance immédiate, autorité esthétique, émotion pure.
Formé à Paris, consacré à Rome, adulé par le gotha international, Valentino a habillé les femmes de pouvoir autant que les femmes de rêve. Jackie Kennedy, Elizabeth Taylor, Sophia Loren, Claudia Schiffer ou Cate Blanchett n’étaient pas seulement des clientes : elles incarnaient sa vision d’une féminité majestueuse, consciente de sa force et de sa grâce.
Il a aussi créé les robes de mariée de la reine Maxima des Pays-Bas, de la princesse Madeleine de Suède ou encore de la princesse Marie Chantal de Grèce.
À l’heure où la mode est souvent réduite à la vitesse, au marketing et à la provocation, la disparition de Valentino marque la fin d’un âge d’or. Celui où un couturier imposait le silence par la perfection d’une coupe, où un défilé relevait du cérémonial, où le luxe signifiait rareté, exigence et durée.
Valentino n’était pas seulement un nom : il était une institution. Et, sans doute, le dernier empereur de la couture. (Merci à Bertrand Meyer)