Depuis des siècles, de nombreux ouvrages se sont interrogés sur ces cérémonies majeures où un nouveau monarque reçoit l’onction de l’huile sainte en même temps que la couronne. Le sacre des rois de France à Reims compte parmi les plus célèbres, Marc Bloch ayant notamment montré comment la tradition capétienne avait inspiré par la suite les monarques anglais.
Cet ouvrage collectif poursuit précisément la même ambition, et vise à étudier les sacres européens comme une tradition politique, en revenant sur des cérémonies marquantes, des usages disparus ou au contraire toujours vivaces.
En dix-sept chapitres enlevés sont ainsi évoqués les sacres des rois de France au Moyen Âge et à la Renaissance, ceux des empereurs carolingiens et ottoniens, des rois de Suède, des empereurs romains germaniques, des tsars de Russie et bien entendu des rois d’Angleterre.
De manière plus ciblée, l’ouvrage revient sur des cas particuliers, comme Charles VII, Henri IV, Marie de Médicis, Louis XIV, Napoléon et Charles X, avant d’évoquer l’invention de rites de substitution qui forment la mémoire posthume des sacres. À travers ce lien puissant entre le politique et le sacré, l’ouvrage souligne ainsi de manière frappante le besoin de ritualisation inhérent à tout pouvoir, car il est au fondement même de la perpétuelle quête de légitimité des dirigeants. »
« Histoires des sacres. De Charlemagne à Charles III« , sous la direction de Charles-Eloi Vial, Perrin, 2026, 408 p.
16 mars 2026 @ 09:38
Henri IV, qui avait abjuré, le 25 juillet 1593, dans la basilique de Saint-Denis, n’est pas sacré à Reims, comme le voulait la coutume, Reims étant occupée par l’armée de la Ligue catholique qui s’y opposait. Arrivé le 17 février à Chartres, il se fait sacrer roi de France par l’évêque Nicolas de Thou, le 27 février 1594 : après s’être vêtu d’une chemise blanche, ouverte devant et derrière pour permettre l’onction, et d’une cape en satin cramoisi, il entre solennellement dans la cathédrale, non pas selon la légende sur son cheval, mais à pied. Le roi et l’évêque s’installent sur le jubé [démoli en 1763], où a été dressé un trône, afin que le prélat célèbre la messe et que le peuple puisse y participer. L’évêque de Chartres, aidé par ceux de Nantes et de Maillezais, procède aux onctions saintes avec l’huile de la Sainte Ampoule [qui disparaîtra, en 1792], qui avait été apportée en grandes pompes par les religieux de Marmoutier.
16 mars 2026 @ 10:07
Et dans quelques années le couronnement de William et Catherine 👌