
Il y a des rendez-vous que l’on note dans son agenda avec la même ferveur qu’un dîner chez de vieux amis.
Et puis il y a la Fête des Plantes et du Printemps du château de La Bourdaisière, qui relève presque du pèlerinage… chlorophyllé.
Cette année, l’événement souffle ses 30 bougies et prouve qu’à défaut de fontaine de jouvence, certaines traditions savent rester éternellement fraîches.
Depuis trois décennies, ce rendez-vous est devenu le chic des week-ends bucoliques, celui où l’on troque volontiers escarpins et mondanités contre bottes en caoutchouc et conversations passionnées sur… la tomate.
Car ici, ne nous y trompons pas : la star, ce n’est ni le château, ni même ses 67 hectares de parc. La véritable diva s’appelle la tomate.
Au cœur du domaine, le Conservatoire National de la Tomate aligne près de 800 variétés. Une collection imaginée par Louis Albert de Broglie, surnommé évidemment le “Prince jardinier”. Résultat : on vient pour flâner… et on repart les bras chargés de plants, avec la ferme intention de devenir le roi du potager.
Mais derrière les airs de garden-party, La Bourdaisière cultive aussi une ambition plus sérieuse : celle d’un véritable laboratoire du vivant, où patrimoine et écologie dialoguent avec un naturel très français.
Entre démonstrations de jardinage, conférences et échanges avec des spécialistes, le visiteur se transforme – presque malgré lui – en apprenti botaniste éclairé.
Hasard du calendrier, la fête tombe le week-end de Pâques. Pendant que les adultes débattent compost et biodiversité, les enfants traquent les œufs en chocolat dans le parc avec une énergie redoutable.
Trois jours de chasses aux œufs, avec à la clé des récompenses aussi séduisantes qu’une nuit au château ou des douceurs sucrées.
Ce qui fait le charme singulier de cette fête, c’est ce mélange réussi : un peu de patrimoine, beaucoup de nature, une touche de pédagogie et surtout une atmosphère décontractée.
À La Bourdaisière, le printemps n’est pas qu’une saison, c’est une mise en scène. Une célébration joyeuse, élégante et profondément vivante.
Et au fond, n’est-ce pas cela, le vrai luxe aujourd’hui ? Savoir s’émerveiller devant une simple graine. (Merci à Bertrand Meyer)