Voici la carte postale de la villa Illisia à Athènes, hôtel particulier de la duchesse de Plaisance par Iankal21. “Sophie de Marbois, est la fille du marquis François Barbé-Marbois (1745-1837), intendant de Saint-Domingue et ministre français, et de son épouse Elizabeth Moore (1765-1834), elle-même fille de William Moore (1735-1795), gouverneur de Pennsylvanie (1781-1782).

En 1802, Sophie épouse Anne-Charles Lebrun (1775-1859), gouverneur de Hollande (1811-1813) et fils aîné de Charles-François Lebrun (1739-1824), Consul de France (1799-1804).De cette union malheureuse, qui se termine par une séparation, naît une fille, Élisa (1804-1837), restée célibataire.

Après avoir longtemps tenu salon à Paris, Sophie s’installe en Italie tandis que son mari est nommé par Napoléon Ier, gouverneur de Hollande. Après la chute du Premier Empire, Sophie choisit de quitter la France, par haine des Bourbons et refus de rejoindre son mari. Ardente philhellène, elle s’installe en Grèce avec sa fille en 1830. Les deux femmes résident d’abord à Nauplie avant de partir à Athènes. En 1836, Sophie et sa fille partent pour un voyage dans l’Empire Ottoman mais Élisa contracte la peste à Beyrouth et meurt l’année suivante. Ayant fait embaumer le corps de sa fille, Sophie le ramène à Athènes et le place dans son palais (qui abrite aujourd’hui le musée byzantin et chrétien). (Source Wikipédia).

La villa Ilissia côté jardin, descendant jadis jusqu’à la rivière Ilissos, aujourd’hui recouverte.

Athènes est la capitale du Royaume depuis 1834 et la construction de la Villa Ilissia commence en 1840, son architecte est Stamatis Kléanthis, éduqué à Berlin. Sophie entretient des mauvaises relations avec le Roi Othon (né Bavière), la Reine Amélie (née Oldenbourg) et leur Cour, et déçue par la religion chrétienne se convertit au judaïsme (en inventant une variante personnalisée). Elle s’arrange avec le puissant Monastère de Penteli et achète 1700 hectares au Mont Pentélicon ou, elle fait construire le Château de Rododaphne (lauriers roses).

Le Château de Rododaphne (de 1959 à 1964 à l’usage du diadoque Constantin)

 

Elle meurt en 1854 et la Villa Ilissia et le Château de Rododaphne sont repris par l’Etat. En 1930, la Villa Ilissia est convertie en Musée chrétien et byzantin, entièrement repensé et redessiné entre 1987 et 1992 par l’architecte Manos Perrakis.

Entrée et conciergerie sur rue (Vasilissis Sophias)

Cour d’honneur et communs

 

La bâtisse initiale est vouée aux expositions temporaires, tandis que le musée actuellement est souterrain sur plusieurs niveaux et doté d’importantes collections, dont des vestiges d’églises depuis les premiers siècles de la Chrétienté, des Chrysobulles des Empereurs byzantins (documents signés par l’Empereur et portant leur sceau d’or, afin de certifier des titres nobiliaires ou des privilèges insignes), des habits sacerdotaux, évangiles, calices, mais surtout des icônes magnifiques.

Vestiges des premières églises d’Athènes. Fragment de la chaire (5ème-6ème siècle) du Parthénon quand il était église de la Vierge.

Grande salle des icônes

Icônostase des iles Ioniennes, couronné de frise de provenance d’Asie Mineure et icônes des ateliers Ioniens et du Nord de la Grèce.

                    Chrysobulle de l’Empereur Andronikos II Paléologos (1282-1328). En haut, l’Empereur donne le manuscrit au Christ. Il signe en bas en encre rouge (pourpre). Monemvassia, 1301 (copie exposée, l’original étant trop fragile)

 

La Vierge et St Jean Baptiste aux extrémités de la coupole de l’église des Saints Georges & Nicolas à Náxos 13ème siècle.

Icône à deux faces. Cette face, St Catherine, ville de Véria deuxième moitié du 14ème siècle

Mon icône préférée : le prophète Hélie conduisant un char magnifique, réminiscence chrétienne du char d’Apollon, 17eme siècle, Corfou, peintre Théodore Poulakis. Cette icône fut volée en 1976 et découpée en 9 (!) morceaux. Retrouvée rapidement elle était restaurée en 1984, puis à nouveau en 2008-2009.

Saint Christoph cynocéphale, Asie Mineure 1685

 

Théotokos (Mère de Dieu) Zoodochos Pigi (Source de Vie), 18ème siècle

Théotokos (Mère de Dieu), Rodon Amarandon (la Rose qui ne fane pas), Asie Mineure ou Constantinople, 1738, peintre Athanase Balassios

 

Epitaphe de la Dormition de la Vierge, Ile de Kimolos 19ème, par Defterevon Sifnios. Dans les Iles de la Mer Égée, une des expressions du culte intense de la Mère de Dieu est la procession de sa Dormition le 15 Aout, calquée sur celle du Vendredi Saint pour son Fils.

Marqueterie d’écaille et nacre sur meuble ecclésiastique

Chasuble d’évêque (Sakkos) de velours brodé, Proussa ( Bursa), Asie Mineure, 19ème