
Quand on se promène à Petrópolis que d’aucuns voient comme une Baden-Baden tropicale, ce qu’elle n’est pas, on croise les fantômes de l’empereur du Brésil Pedro II, de Santos-Dumont et bien sûr celui de Stefan Zweig.
Ci-dessus, statue de l’empereur Pedro II dans le parc de l’ancien palais impérial de Petrópolis.
On peut aussi y rencontrer d’autres fantômes plus furtifs, celui d’Isabelle d’Orleans Bragance comtesse de Paris et ceux de ces sœurs Maria Francisca et Teresa.
Au mois de mars 1939, la comtesse de Paris quitte la Belgique et part avec ses cinq enfants pour le Brésil. Elle va s’établir au nord de Rio de Janeiro, non loin de Petrópolis, la ville où résident définitivement depuis 1935, dans une dépendance de l’ancien Palais impérial, ses parents le prince Pedro d’Orléans Bragance et la princesse Elisabeth née comtesse Dobrzensky de Dobrzenicz. Henri, le comte de Paris, les rejoint quelque temps plus tard.

Les Orléans Bragance et la famille des comtes de Paris à Petrópolis – 1939
Le séjour du comte de Paris fut bref. Dès le 25 août 1939, Henri se rêvant un destin, repartait laissant Isabelle enceinte de leur sixième enfant, Diane, qui nait à Petrópolis le 24 mars 1940.
Isabelle était présente lors du décès de son père (infection pulmonaire) en janvier 1940 et assista à son enterrement au cimetière municipal de Petrópolis.
La tombe du prince a été depuis transférée près de celle de ses parents dans la cathédrale de Petrópolis.

Pierre tombale de Pedro d’Orleans-Bragance – cathédrale de Petrópolis

Les enfants de Pedro d’Orléans-Bragance – Photo prise à Petrópolis après son décès
Devenu chef de Maison à la mort du duc de Guise, le comte de Paris s’installe à Larache au Maroc espagnol où arrivent à l’automne 1940 la comtesse de Paris et leurs désormais 6 enfants.
Isabelle devait écrire : « Mon Henri était changé, au point que j’en eu le cœur serré….Tout cela l’avait brûlé et il était devenu un homme d’acier que chaque année a rendu un peu plus dur ».
Le 22 février 1942, l’écrivain autrichien Stefan Zweig et sa femme Lotte se suicident à Petrópolis.
Deux mois plus tard le 2 mai 1942, arrive au Brésil un autre autrichien, Duarte Nuno de Bragance qui avait été reconnu héritier du trône de Portugal après la mort du dernier roi Manoel II en 1932.
Afin d’assoir la légitimité des droits de Duarte, l’idée de réunir les deux branches de la maison de Bragance se fît jour. On songea, à défaut qu’il y songe lui-même, dès 1936 à marier Duarte à la princesse française Pia Maria d’Orléans Bragance (cousine germaine de la comtesse de Paris et future comtesse de Nicolay), le projet ne se concrétisa pas et fut totalement abandonné en 1939.
Avec l’assentiment d’Antonio Salazar, il fut alors décidé que Duarte se rendrait au Brésil afin de rencontrer ses très lointaines cousines Orléans-Bragance encore célibataires : Maria Francisca et Theresa.
Duarte « choisit » celle qui selon un journal portugais de l’époque « s’habillait avec modestie et possédait un visage droit et serein, dont les yeux souriants illuminaient de tendresse et de bienveillance » : Maria Francisca.
Et ainsi se connaissant à peine, le 13 octobre de la même année, ils célébrèrent leur union civile à l’ambassade du Portugal à Rio de Janeiro et, deux jours plus tard, leur union religieuse dans la cathédrale de Pétropolis.

Mariages civil et religieux de Duarte de Bragance et de Maria Francisca d’Orléans Bragance

Après leur mariage, le couple s’établit finalement à Berne avant de s’établir au Portugal après l’abrogation de la loi d’exil en 1950. Ils sont les parents de Duarte Pio l’actuel duc de Bragance, prétendant au trône de Portugal.(Merci à Jean-Pierre pour ce reportage)
Régine ⋅ Actualité 2026, Brésil, France, Portugal 3 Comments
9 février 2026 @ 10:01
Merci pour cette parenthèse historique qui fait du bien à lire en ces moments d’actualités difficiles.
9 février 2026 @ 10:23
Si mes souvenirs sont bons, Zweig avait fui le régime nazi. La distance géographique prise avec l’ ennemi n’ a pas été suffisante pour l’ appaiser. Envie de le relire.
9 février 2026 @ 10:48
Dans la Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays basque on pouvait lire : « Lisbonne, 24 septembre. On annonce les fiançailles de Don Duarte Nuno, prétendant au trône du Portugal, avec la princesse Marie-Françoise du Brésil, qui est la sœur de la comtesse de Paris (…) La fiancée séjourne dans le palais du comte de Paris à Pétropolis, qui est un lieu de villégiature célèbre dans les environs montagneux de Rio de Janeiro. Jusqu’au jour du mariage (…) Don Duarte résidera au Brésil pour retourner ensuite en Europe ». Le mariage à la cathédrale de Petropolis a eu lieu, le 15 octobre 1942.