Résumé : « Par un travail minutieux et fouillé, l’auteure rejoint une tradition historiographique qui s’est raréfiée au XXe siècle, mais qui se renouvelle de nos jours, celle des grandes traversées politiques de l’Empire romain tardif.
Des découvertes et des réflexions nouvelles justifient cette démarche. Nourri par ces approches et héritier des générations précédentes, le présent ouvrage nous propose un panorama aussi large que précis sur la longue fin de l‘Empire romain, entre le IIIe siècle et la fin du Ve.
Trois siècles encore souvent considérés; à tort il faut bien le dire, comme une succession de crises délétères, voire létales. Ce nouvel état des lieux, qui révise de nombreuses idées reçues, privilégie les infatigables » résiliences » politiques, qui ont réinventé et restauré l’édifice impérial au cours de cette époque.
Tel un phénix, en effet, celui-ci semble toujours renaître de ce que l’on croyait être des cendres. Bien qu’il traite de la fin de l’Empire romain d’Occident, cet ouvrage n’est en rien catastrophiste; pour la simple raison qu’il n’y a pas de cendres ».
« Le Bas Empire. IIIe-Ve siècle. Les derniers feux de l’Occident romain », Tiphaine Moreau, Perrin, 2026
24 janvier 2026 @ 06:50
J’ai lu dernièrement le commentaire d’un Italien, de Rome sans doute , qui expliquait que les Italiens sont moins portés au pessimisme parce qu’ils évoluent quotidiennement au milieu de vestiges qui leur rappellent que les civilisations sont mortelles .
24 janvier 2026 @ 07:03
J’ai oublié le nom de l’auteur de l’auteur d’une thèse sur le Bas-Empire en usage de mon temps.
Ceci dit un livre moins lourd plus facile d’accès peut être une bonne idée.
Ceci dit on peut étendre l’héritage de l’empire romain jusqu’à Charlemagne inclus. Ou plus.
24 janvier 2026 @ 08:22
On attribue généralement la chute de l’empire romain aux crises politiques, aux invasions « barbares » qui entrainent pillages et insécurité, à une certaine décadence.
Un historien américain, Kyle Harper, a une autre interprétation :il donne à cette chute des causes climatiques et sanitaires. Les modifications climatiques auraient entrainé une forte sécheresse en Egypte; le grenier à blé de Rome, donc une pénurie et déjà des migrations climatiques.
Et au nord de la Méditerranée se produisent des pluies diluviennes aux conséquences catastrophiques dans les villes, les inondations entrainant de graves problèmes sanitaires, tels que la malaria. Les « pestes », selon le terme de ‘époque sont endémiques. Et tout cela sur montée du christianisme qui remet en cause le polythéisme de l’empire romain et l’efficacité de ses dieux.
Kyle Harper se base sur des études climatiques, des « carottes » glaciaires et les anneaux de croissance des arbres.
La chute de cet empire est sans doute la conjonction de tous ces éléments. J’attends ce nouveau livre pour voir ce qu’en dit l’auteure.
24 janvier 2026 @ 10:20
Il sortira à la fin de ce mois à 25 euros. Cet éditeur est un gage de qualité, mais il y a déjà énormément d’ouvrages sur le Bas Empire.
J’en suis resté à « La Fin de l’Empire d’Occident » d’Amédée Thierry (1797-1873), réédité au Trident à Paris (même prix).
24 janvier 2026 @ 11:01
Je ne connais pas grand chose au Bas-Empire.
Ambroise, ancien gouverneur de Ligurie-Emilie nommé évêque de Milan, convoqua l’empereur Theodose – né en 347 en Hispanie, père de Galla Placidia – qui était chrétien, le soir de Noël pour qu’il se repente du massacre de Thessalonique, en 390. Theodose demande publiquement pardon à genoux sur le parvis de la basilique de Milan. Il meurt subitement, le 13 janvier 395. Ambroise célèbre ses funérailles. Il est inhumé à l’église des Saints Apôtres à Constantinople, démolie au XVe siècle.
Le fils de Galla Placidia, Valentinien, est proclamé empereur à Rome, le 23 octobre 425, à l’âge de 6 ans. L’impératrice s’installe à Ravenne d’où elle gouverne l’empire pendant un quart de siècle. Très pieuse, elle y fait construire une église consacrée à St. Jean l’Évangéliste, aujourd’hui disparue, et une chapelle dédiée à saint Laurent. A Rome, elle fait agrandir Saint Paul hors les murs. Elle accueille Saint Germain d’Auxerre, en 448, et vient à son chevet quand il tombe malade et fait embaumer son corps qu’elle fait rapatrier en Gaule.
Je ne sais pas de quand datent les mosaïques de Ravenne.
24 janvier 2026 @ 23:21
Ravenne date principalement du règne de Justinien
24 janvier 2026 @ 12:30
Il y avait déjà eu un important renouvellement de l’historiographie sur le « Bas-Empire » dans les années 1990. Depuis, il y a encore eu de nouvelles découvertes archéologiques, de nouvelles approches complémentaires des précédentes.
24 janvier 2026 @ 12:36
Un ouvrage depuis longtemps complètement dépassé (les connaissances se sont notablement enrichies depuis et de nouvelles découvertes ont remis en cause bien des conclusions avancées au XIXe s. sur l’histoire de l’Antiquité).
C’est ce livre lui-même qui est depuis assez longtemps devenu document d’histoire, voilà où réside l’intérêt de telles rééditions.
24 janvier 2026 @ 12:37
Je répondais à Kardaillac.
25 janvier 2026 @ 19:17
J’avais compris, Vittoria, mais personnellement les détails ou les dates précises m’importent peu ; ce qui m’intéresse c’est la mécanique de cet effondrement qui pourrait nous éclairer sur notre avenir par les temps que nous vivons en Europe aujourd’hui.
Mais je comprends bien qu’un récit minutieux et actualisé puisse tenter les lecteurs.
26 janvier 2026 @ 12:14
Selon moi cela ne nous éclairerait en rien sur notre avenir.
Tout au plus pourrons nous y trouver des consolations .
J’ai lu un jour un commentaire dont je regrette de n’avoir pas gardé la trace expliquant je crois la chute de l’empire romain d’Occident par des raisons démographiques et l’épuisement d’un modèle économique fondé sur l’agriculture et l’attribution des terres conquises aux vétérans de l’armée.
24 janvier 2026 @ 13:57
Je vais le lire.
26 janvier 2026 @ 18:53
L’excellent livre de Claire Sotinel « De Caracalla à Théodoric 212-fin du Vme siècle » est absolument remarquable. Ce nouveau titre semble faire doublon…