Le prince Nicolas de Monténégro sera en visite pour 3 jours en Bretagne fin du mois d’août. Le prince est né à Saint-Nicolas-du-Pelem le 7 juillet 1944. Sa mère Geneviève Prigent était née à Saint Brieuc et est décédée en 1990 à Lannion, autre halte de cette visite princière. Outre sa maison natale, le prince visiter le musée de la Résistance de Saint-Connan, Saint Cyr Coëtquidan, Carnoët et le cimetière de Folac’h où est inhumée sa mère.

Noblesse et Royautés aura le plaisir de pouvoir vous présenter des comptes rendus de ces visites du prince Nicolas en Bretagne.

Revenons sur l’ascendance du prince Nicolas de Monténégro. Il est le fils du prince Michael Pétrovic Njegos et de Geneviève Prigent. Son père le prince Michael est le troisième enfant du prince Mirko Dimitri Petrović Njegoš (1879 – 1918) et de Natalija Constantinović (1882 – 1950). Le jeune prince Michael quitte le Monténégro pour l’exil à l’âge de six ans avec la famille royale, le 20 Janvier 1916, alors que son père décide de rester au pays pour poursuivre des pourparlers de paix avec l’Autriche-Hongrie. Il est d’abord confié à une école privée à Naples, en Italie, avant de rejoindre sa mère installée à Eastbourne, Sussex, Royaume-Uni, où il reçoit un enseignement primaire. Le 7 Mars 1921, après le renoncement de son oncle

Danilo, trop marqué par ses amitiés allemandes et autrichiennes, Michael est proclamé par le gouvernement en exil roi de jure du Monténégro sous la régence de sa grand-mère, la reine Milena.

Cette décision politique est sans effet sur sa vie d’adolescent, et il termine normalement ses études en France, au lycée Lakanal de Sceaux (Hauts de Seine), avant d’entrer à Sciences Po à Paris. Dès sa majorité comme citoyen français à l’âge de vingt et un, le Prince Michael en tant que chef de la famille royale renonce à tout rôle politique pour lui et sa dynastie, reconnaît le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes, et fait allégeance à ses cousins Karadjordjevic, mettant fin à la régence par le général Anto Gvozdenovic le 14 Septembre, 1929. Contrairement à son grand-père, le roi Nikola I, qui ne l’a jamais acceptée, Michael reçoit une liste civile en tant que membre d’une ancienne famille régnante.

Tuberculeux, sur les conseils de son médecin parisien, le prince Michael fait des séjours réguliers dans les spas de Bretagne et c’est dans le train de Paris à St. Brieuc, Côtes-d’Armor, qu’il rencontre sa future épouse.

Le 27 Janvier 1941, il se marie à Paris (XIVe) avec Geneviève Prigent, fille de Francis Prigent, chirurgien à St. Brieuc. Quelques mois après leur mariage, en avril 1941, le couple qui vit à Paris, est arrêté par la Gestapo et transféré dans le camp nazi de Bad Homburg, près de Francfort, en Allemagne. C’est là que le prince Michael reçoit les représentants du gouvernement italien qui lui offrent la couronne du Monténégro, restauré comme un Etat indépendant le 12 Juillet 1941 après la division de la Yougoslavie. Michael refuse un royaume sous l’aile du IIIe Reich et de l’Italie Fasciste de Mussolini, et réaffirme sa confiance en une Yougoslavie unifiée. Libéré au cours de l’automne 1943, il est à nouveau arrêté par les Allemands et emprisonné de Juin 1944 à Avril 1945. Alors qu’il est en prison, son fils unique, Nicolas Michel Francis, naît le 7 Juillet 1944 à Saint-Nicolas du-Pelem dans les Côtes-d’Armor.

En 1948, la liste civile que lui donnait la Yougoslavie est supprimée par le nouveau gouvernement communiste. Avec l’accord de Tito qui apprécie la loyauté du Prince pour une Yougoslavie unifiée, Michael et sa femme décident de revenir en Yougoslavie. Ils résident à Belgrade, où Michael est titulaire d’un emploi de chef du protocole au ministère des Affaires étrangères. Le Prince Michael visite le Monténégro, qu’il n’a pas revu depuis 1916. Mais, déçu par le titisme, la famille revient en France au bout d’un an ; il ne restera de cette expérience yougoslave, que le surnom donné à Geneviève Prigent : “La princesse rouge”.

Le 11 Août 1949 à Paris, son mariage avec Geneviève Prigent est dissous. Après le divorce, elle s’installe avec Nicolas d’abord à Paris, puis, plus tard, à Trébeurden dans les Côtes-d’Armor où elle exerce la profession d’orthoptiste.

Depuis cette date, le prince Michael ne verra son fils que quelques fois par an. De retour en France, le Prince Michael trouve un emploi d’agent commercial, et parfois de traducteur pour le siège de la police de Paris. Ses activités officielles comme Prince du Monténégro sont alors réduites à presque rien : un long voyage aux États-Unis pour visiter les réfugiés yougoslaves, et la présidence de quelques cérémonies royalistes.

Jusqu’à sa mort, le 24 Mars 1986 à Paris, le Prince Michael a mené une vie solitaire et très modeste, mais digne et sans compromission, sans jamais utiliser son nom de famille glorieuse pour pénétrer dans les cercles de la société, ni obtenir des contributions financières qui auraient certainement amélioré sa situation très difficile; ayant travaillé seulement une courte période de temps en France, au moment de sa retraite, sa pension était très petite, en fait juste suffisante pour vivre. Le Prince Michael est enterré au cimetière serbe près d’Orly en Val de Marne.

Le prince Nicolas a été élevé par sa mère à Paris où elle exerce la profession d’orthoptiste, il passe ses vacances à Trébeurden dans la maison de sa grand-mère maternelle, en compagnie de ses cousins. Il est parfaitement au courant de l’histoire de sa famille et de son nom.

Son arrière-grand-père, le roi Nicolas Ier, quitte le Monténégro en 1916, après la défaite des armées serbes et monténégrines devant l’Empire austro-hongrois. En 1918, sous la pression de l’armée serbe qui investit le pays, le roi est destitué, privé de ses titres et de ses biens, banni de son pays avec toute sa famille, avant que le royaume de Monténégro ne disparaisse en 1920 pour être fondu dans le royaume de Yougoslavie.

Pour le prince Nicolas, tout ceci est comme une légende. En 1967 il se rend au Monténégro en auto-stop, totalement incognito. Mais, lorsque son nom est identifié, il prend conscience du prestige qu’il conserve dans le coeur des Monténégrins.

Diplômé en architecture, le prince épouse le 27 novembre 1976, à Trébeurden, en présence de son père et de sa mère Francine (dite France) Navarro, styliste, avec qui il aura deux enfants : Altinaï en 1977 et Boris en 1980.

Lors de l’hiver 1989, l’ambassadeur de Yougoslavie le contacte par téléphone pour solliciter un rendez-vous avec le ministre de la Culture de la République de la République Socialiste Fédérative de Monténégro.

Celui-ci lui demande l’autorisation de rapatrier le corps de son arrière grand-père le roi Nicolas, de la reine Milena et de deux princesses du Monténégro enterrés à l’église russe de San Remo. Le ministre voulait faire un retour et un enterrement officiels au Monténégro.

En tant que chef de famille, Nicolas donne son accord. Il participe au retour des corps avec son épouse, ses enfants et sa mère, alors gravement malade.

Les Italiens accordent beaucoup d’importance à ce rapatriement dans la mesure où Nicolas Ier est aussi le père d’Elena qui fut reine d’Italie. Le protocole de l’enterrement d’un chef d’État est respecté. La population est dans la rue, à San Remo, Gênes, et Bari, et plus encore au Monténégro, à Bar, puis à Cetinje où les corps sont inhumés.

Nicolas est profondément bouleversé par l’accueil des dizaines de milliers de Monténégrins qui retrouvent leur roi après sept décennies d’exil, et, à travers lui, leur identité. Nicolas décide alors de s’investir pour son pays. Le 7 juin 1991, il inaugure une biennale d’art contemporain à Cetinje, ancienne capitale royale.

Trois semaines plus tard, la Yougoslavie implosait et la guerre civile éclatait, marquant le début d’une terrible décennie. Cette biennale durera dix ans, seule fenêtre vers l’extérieur pour le Monténégro en guerre et sous embargo.

La princesse France est décédée en août 2008 à Paris.

Le 12 juillet 2011, le parlement monténégrin vote une loi de réhabilitation de la dynastie Petrović Njegoš, qui se voit rétablie dans son honneur, ses droits, ses titres et ses biens. Une fondation Petrović Njegoš est créée, dont les principaux objectifs sont de participer au développement et à la promotion du Monténégro à travers des actions et des partenariats dans les domaines de la Solidarité, de l’Écologie et de la Culture. (Source biographique : Par POLN, président et conservateur du Projet public Fonds Njegoskij – Copyright photo : Hyacinthe/Tous droits réservés)