Descriptif : « Conçue avec l’appui d’un comité scientifique composé de spécialistes de l’œuvre et de la période, l’exposition se fonde sur le renouvellement de l’approche critique consacrée à l’épistolière et réunit plus de 200 œuvres, peintures, objets, dessins, provenant des collections du musée, d’importantes collections publiques françaises et de collections particulières.
Marie de Rabutin-Chantal naît à Paris, place Royale (actuelle place des Vosges) le 5 février 1626. Issue d’une famille d’ancienne noblesse bourguignonne par son père, elle est élevée à Paris par ses grands-parents maternels, les Coulanges, qui lui assurent une excellente éducation, rare pour une jeune fille.
En 1644, elle épouse Henri de Sévigné, gentilhomme breton, dont elle aura deux enfants : Françoise-Marguerite et Charles. La mort de son mari, tué en duel en 1651, la laisse veuve à vingt-cinq ans.
Vivant entre le quartier du Marais à Paris et ses terres des Rochers en Bretagne, Madame de Sévigné participe aux cercles lettrés les plus raffinés de la capitale, dont ceux de la marquise de Rambouillet et de Mademoiselle de Scudéry. Elle prend part à l’élaboration de la culture galante qui s’épanouit alors en art de vivre et influence la littérature et les arts.
La majeure partie de la correspondance conservée de Madame de Sévigné est constituée des lettres envoyées à sa fille, mariée en 1669 au comte de Grignan et partie vivre en Provence.
La Correspondance éditée constitue aujourd’hui à la fois une œuvre qui figure parmi les classiques de la littérature française et un document essentiel pour la connaissance de l’histoire des idées, des mœurs et des événements de cette période.
Au sein de l’hôtel Carnavalet où vécut la célèbre Parisienne de 1677 à sa mort en 1696, cette exposition revient sur la vie de Madame de Sévigné à Paris, à un moment où la ville connaît d’importantes transformations ».
16 mars 2026 @ 06:05
Interessant car j’ai lu et tellement aimé les correspondances de Madame de Sévigné !
16 mars 2026 @ 13:15
Milou ,
Également, cette belle dame , à la fois chipie remarquablement éduquée m’a fait passer des après midi délicieuses en allant à Grignan .
16 mars 2026 @ 09:09
A propos du comte de Grignan. Des historiens se sont demandé pourquoi un parti si médiocre pour la fille de Mme de Sévigné. Il n’était pas riche et il était veuf. Et à cause de cela il dût rendre aux enfants du premier lit la dot de leur mère ce qui obéra ses finances. L’exil dans le Midi pour le couple n’était pas enviable non plus. Des historiens se sont demandé si Louis XIV n’avait pas envoyé les Grignan si loin par représailles pour le refus de Françoise-Marguerite de « mieux faire connaissance ». Ce que je ne crois pas. Peut-être était-ce tout simplement que le comte avait besoin de l’argent de cette charge en Provence et n’avait pas les moyens de mener grand train à Paris.
Le couple tira le diable par la queue et dans une lettre Mme de Sévigné conseille a sa fille de mettre une de ses filles au couvent , pour ne pas payer de dot. Elle avait aussi conseillé de faire chambre à part pour éviter les naissances.
Les biographes de la célèbre épistolière se sont demandé pourquoi la mère avait accepté un gendre avec aussi peu de fortune.
Mais si le gendre avait pu rester à Paris, nous n’aurions pas les Lettres…
16 mars 2026 @ 10:58
Merci pour cet intéressant rappel cher Robin ! Heureusement, nous avons les Lettres…
16 mars 2026 @ 14:15
Effectivement, Françoise de Sevigné a écouté les conseils de sa mère et sa première fille, Marie-Blanche, a vécu presque toute sa vie au couvent. Sa grand-mère lui était très attachée.
Par contre, Françoise a aimé son mari et a eu 5 enfants arrivés à l’âge adulte et plusieurs morts jeunes. Un choix très courageux pour l’époque.
16 mars 2026 @ 15:23
Robin ,La marquise de Sevigne apprit apres le mariage de sa fille la reelle situation pecuniere de son gendre .
Elle fut d’abord seduite par la vieille origine aristocratique de la famille Grignan qui occupa dans son fief provencal des postes de prestige.
Les titres de Duc, Comte et Marquis de son gendre rassura Madame de Sevigne qui adouba l’union.
Il etait d’extraction de la pure noblesse, grand proprietaire terrien.
Son rang dans l’armee du roi et la confiance de celui ci en imposerent.
De plus, il avait de l’experience : 2 precedents mariages, avec 2 filles et 2 fois veuf.
A 37 ans, il avait un charme certain.
En outre, la fille de madame de Sevigne n’avait pas le charme de sa mere et dans les salons mondains n’attirait pas les regards. Les pretendants etaient rares…
D’aucun dirait aujourd’hui qu’elle faisait » tapisserie ».
Enfin, la marquise de Sevigne ne put rien face au coup de coeur jamais dementie de sa fille pour cet homme certes de figure commune mais mur,fiable, honnete et surement patient .
Il fallait l’etre en effet face au caractere intrusif, maladivement possessif de son illustre belle mere.
17 mars 2026 @ 17:38
c’est vrai , chère Christae , madame de Sévigné se montra très heureuse du mariage de sa fille avec ce deux fois veuf et elle s’écria même dans une de ses lettres , avec son merveilleux esprit: » toutes ses femmes sont mortes pour laisser la place à votre cousine… « (un régal…)
17 mars 2026 @ 08:36
Robin des Bois, je peux me tromper, mais je pense que Mme de Sévigné appréciait d’une part le fait que son gendre venait d’une très ancienne famille aristocratique, dont on peut remonter la généalogie jusqu’aux croisades, et d’autre part le fait que le comte de Grignan était également duc de Termoli et marquis d’Entrecasteaux : il était d’un rang supérieur à celui de son épouse. De plus, sa fille se plaisait en sa compagnie, ce qui devait compter pour la mère aimante qu’elle était. Connaissait-elle réellement la situation financière de François de Grignan ? Annonçant le mariage prochain de sa fille à son cousin, elle écrivait : « Il est vrai que c’est un très bon et très honnête garçon, qui a du bien, de la qualité, une charge, de l’estime et de la considération dans le monde. Que faut-il davantage ? ». Le comte de Grignan venait de faire plusieurs héritages, il semblait plausible de considérer qu’il ne manquait pas d’argent. On peut toutefois se demander si Mme de Sévigné était sincère dans son propos, ou si elle cherchait à convaincre (et se convaincre elle-même) d’avoir fait le meilleur choix pour Françoise-Marguerite. Car dans une autre lettre (perdue) adressée au cardinal de Retz à la même époque, celui-ci lui répondait : « J’ai vu par une de vos lettres que vous n’avez ni n’espérez guère d’éclaircissements, et que vous vous abandonnez en quelque sorte au destin ».
17 mars 2026 @ 13:38
Merci Christae et Calliopé, vos infos sont convaincantes.
Je crois aussi que le comte de Grignan plaisait énormément à sa 3e épouse.
16 mars 2026 @ 12:23
La marquise de Sevigné n’était pas en mesure de s’opposer à un mariage médiocre , le sien n’étant pas une totale réussite . Le marquis de Sevigné , breton , n’était pas dans une situation florissante quand il épousa cette jeune fille spirituelle que des amis lui firent rencontrer . Il considéra qu’elle avait de beaux cheveux , un fort joli nez , de l’esprit !! Connaissait les classiques et parlait latin mais surtout ô surtout les Coulanges avaient une fortune bien assise. Le reste ont le sait fut un fiasco total .
16 mars 2026 @ 16:30
Dommage !Nous n’avons pas les lettres de sa fille, on en aurait su plus sur leurs relations !Sait-on pourquoi on ne les a pas?Il me semble l’avoir su et…oublié !
17 mars 2026 @ 13:00
Framboiz 08,
C’est ça fille qui en a détruit une partie , sans doute que la marquise était rentrée dans des détails qui pouvaient porter atteinte à leur nom . Ou des détails politiques , des aveux , c’est mon avis bien sûr
17 mars 2026 @ 13:01
Framboiz 08 ,
C’est sa fille …
16 mars 2026 @ 16:39
Ce qui m’a choqué c’est l’absence d’aide de Mme de Sévigné pour éviter que sa petite fille ne parte au couvent pour ne pas payer des dot !
17 mars 2026 @ 13:07
Art ,
Ce qui me dérange chez la Marquise qu’au demeurant j’apprécie pour s’être jetée aux pieds de Louis XIV pour sauver son cher. Nicolas Fouquet du bagne ! malheureusement louis XIV était jaloux , rancunier, et relativement bête. , cela se verra avec la révocation de l’édit de Nantes ….
C’est que la marquise à oublié son fils ….
16 mars 2026 @ 19:07
En fait, chacun des époux croyait l’autre plus nanti qu’il n’était. Les Sévigné étaient à l’aise, mais c’est la famille maternelle de la marquise, les Coulanges (noblesse de robe récente), qui étaient très fortunés. Ce sont les Coulanges qui ont veillé à ce que la marquise reçoivent une parfaite éducation, rare à l’époque chez les filles. Le comte de Grignan appartenait à une maison illustre, les Adhémar, de bien plus haute noblesse que les Sévigné. La marquise et sa fille ont été fascinées par le prestige de cette union. Le comte l’était par la forte dot de Mlle de Sévigné fixée à un seuil tellement élevé que la marquise a tiré le diable par la queue sa vie entière pour parvenir à la payer intégralement « à tempérament ». Heureusement, des successions importantes comme celles de son bon oncle, l’abbé de Coulanges, lui permirent de s’en acquitter. Par chance, ces malentendus n’empêchèrent pas le mariage (dont les tractations durèrent longtemps) d’être plutôt heureux, ce qui n’était pas gagné.
17 mars 2026 @ 13:40
Excellent commentaire.
17 mars 2026 @ 19:19
Robin des Bois, vous êtes trop bon. Et mon commentaire mal placé. Une mauvaise manip l’a empêché de répondre au vôtre. On peut ajouter que la charge prestigieuse de lieutenant-général du Roi en Provence coûtait en frais de représentation et en cadeaux beaucoup plus qu’elle ne rapportait. Sans compter que le pouvoir royal était très peu enclin à y participer et que les subsides tombaient au compte-goutte. C’est pourquoi les Grignan, qui menaient grand train, furent toujours gênés aux entournures. A l’époque, il y avait de la gloire à se ruiner pour son Roi… La noblesse s’en accommodait sans barguigner.
P.S. Je viens de relire la biographie de Roger Duchêne consacrée à la marquise de Sévigné. D’où mon peu de mérite pour cette avalanche de connaissances encore fraîches dans ma mémoire…
18 mars 2026 @ 11:05
C’est vrai cette histoire de frais de représentations qui obéraient les revenus de la charge.
16 mars 2026 @ 20:39
Oui Robin curieux. Je vais me renseigner, il y a sûrement une raison.
17 mars 2026 @ 12:19
Habitant dans le Marais à Paris j’ai découvert le musee Carnavalet où elle a habité, puis lors d’un séjour en Bourgogne le Château de son cousin Bussy Rabutin et, enfin, mon grand rêve récemment le Château de Grignan. De belles découvertes 🥰
17 mars 2026 @ 13:43
J’avais lu chez un biographe de la marquise qu’au contraire , Françoise Marguerite était fort jolie et qu’elle avait même attiré les regards et l’intérêt de Louis XIV . Quant à la mise au couvent de sa petite-fille, ça faisait tellement partie des mœurs : sur le nombre de filles dans une fratrie, il fallait bien quelques sacrifiées !!! De même, il y avait toujours parmi les garçons, celui qu’on faisait rentrer dans les ordres ou dans l’armée. Ainsi, la fratrie remplissait son devoir envers sa noble famille : hériter et se reproduire, prier et garder !
17 mars 2026 @ 16:26
Moi aussi j’ai lu quelque part que la future Madame de Grignan était très jolie et avait attiré l’attention de Louis XIV.
17 mars 2026 @ 19:06
C’est vrai, Evelyne Vigny, la fille de la marquise avait suscité l’intérêt de Louis XIV. Malheureusement pour lui, elle était vertueuse, refusa tout net ses avances, et resta un certain temps sans reparaître à la cour. Offensé, le roi lui en garda rancune. Si les libéralités royales avec le comte de Grignan furent toujours assez chiches, c’est là qu’il faut en chercher la raison.
17 mars 2026 @ 14:06
Un article intéressant produit de très bons commentaires . Un grand plaisir, merci à tous les contributeurs .
17 mars 2026 @ 21:09
Veuve à 25 ans, elle n’a jamais voulu se remarier.
Mais être veuve si jeune à cause d’un mari mort en duel à cause d’une autre femme, ce n’est pas drôle. Elle a dû préférer l’amour maternel à l’amour conjugal dont elle devait sans doute se méfier.
17 mars 2026 @ 17:43
D’autrepart , le fait de confier une fille au couvent n’empêchait nullement de payer une dot. La jeune fille était censée se marier avec Jésus , la communauté religieuse ne renonçait pas à la dot!