Parution du livre « Une amitié si française », signé Jean-Noël Liau. Cet ouvrage explore l’amitié intellectuelle, sensible et profondément moderne entre Madame de Sévigné et Madame de Lafayette, deux figures majeures du Grand Siècle.
À travers leurs échanges, leurs silences et leur complicité, Jean-Noël Liaut restitue une relation faite d’admiration mutuelle, de confiance absolue et d’une rare liberté de ton pour l’époque.

Le livre met en lumière une amitié fondatrice, nourrie d’intelligence, de pudeur et d’une extrême finesse psychologique, loin des clichés mondains souvent associés aux salons du XVIIᵉ siècle.

Au-delà du portrait croisé, « Une amitié si française » éclaire un moment clé de la vie littéraire française : celui des salons, de l’émergence d’une parole féminine autonome et d’une sociabilité où l’esprit, l’émotion et la littérature se confondent.
Il rappelle combien ces deux femmes ont contribué, chacune à leur manière, à façonner une certaine idée de la culture française, fondée sur la conversation, la sensibilité et l’art de l’observation.
Jean-Noël Liaut s’impose ici comme un passeur entre l’histoire intime et le grand récit culturel. Son écriture privilégie les liens humains, les émotions et les nuances psychologiques plutôt que la seule chronologie des faits. Il trouve ici un terrain d’expression idéal.
Son approche, jamais académique, restitue toute la modernité de Madame de Sévigné et de Madame de Lafayette, et souligne combien leur dialogue, fait de délicatesse et de profondeur, résonne encore avec notre époque.
La sortie de « Une amitié si française » constitue enfin une entrée en matière idéale pour l’année du 400ᵉ anniversaire de Madame de Sévigné, célébration qui remettra à l’honneur l’une des plumes les plus vives et les plus humaines de la langue française.
Une lecture à la fois érudite, accessible et réjouissante pour ouvrir l’année sous le signe de l’intelligence et de l’amitié.
« Une amitié si française », Jean-Noël Liaut, Allary, 2026, 248 p.
25 janvier 2026 @ 00:41
C’est Henriette d’Angleterre, future duchesse d’Orléans, qui introduisit Marie-Madeleine Pioche de La Vergne, comtesse de Lafayette, au Palais-Royal. Elle tenait salon à l’Hôtel de La Vergne au 50, rue de Vaugirard où elle reçut Mme de Sévigné. Celle-ci écrivait, le 30 mai 1672 : « Le jardin de Mme de Lafayette est la plus jolie chose au monde, tout est fleuri, tout est parfumé ; nous y passions bien des soirées car la pauvre femme n’ose aller en carrosse. » Elle se lia avec La Rochefoucaud dont elle dira « M. de La Rochefoucaud m’a donné de l’esprit mais j’ai réformé son cœur ». Elle le voyait dans sa propriété du Parangon, à Joinville-le-Pont, qu’elle avait acquis en 1670. Boileau considérait qu’elle « était la femme de France qui avait le plus d’esprit et qui écrivait le mieux. C’est là qu’elle écrivit en partie « La Princesse de Clèves » (1678). On lui doit aussi une « Histoire d’Henriette d’Angleterre » (1720). Elle mourut à Paris, le 25 mai 1693, avec une piété admirable, rapporte Racine.
25 janvier 2026 @ 14:23
Passiflore, merci.
« Mme de Lafayette [….] n’ose aller en carrosse. »
Déjà des embouteillages à Paris…
Je vais acheter ce livre sans hésitation, j’aime beaucoup cette période.
25 janvier 2026 @ 00:41
Mme de Lafayette écrivait à Mme de Sévigné, le 8 octobre 1689 : « Il est question, ma belle, qu’il ne faut point que vous alliez en Bretagne, à quelque prix que ce soit. Vous êtes vieille [elle avait 63 ans]. Les Rochers sont pleins de bois. Les catarrhes et les fluxions vous accableront. Vous vous ennuierez, votre esprit deviendra triste et baissera […] Nous ne voulons pas d’une amie qui veut vieillir et mourir par sa faute. »
25 janvier 2026 @ 12:27
Magnifique extrait, Passiflore. Une raison de plus pour l’acquérir.
25 janvier 2026 @ 18:18
Pouvoir lire une partie de la correspondance entre ces deux dames exceptionnelles du 17e siècle doit être assurément un vrai régal !
25 janvier 2026 @ 07:23
Tous les ingrédients semblent réunis pour que ce livre entre dans ma maison.
25 janvier 2026 @ 08:05
Les salons littéraires furent une spécialité française au 17 ème siècle, maigré quelques apparitions en.Angleterre. Ils étaient la plupart du temps tenus par des femmes de la noblesse et ils ont permis à des élites intellectuelles d’ émerger.
Au 19 ème, ces dames, appartenant souvent à la grande bourgeoisie, étaient appelées des » salonnières »
25 janvier 2026 @ 20:10
Brimbelle, il y avaient des rivalités entre les « salonnières ». Je pense, en particulier, à celles du XVIIIe siècle.
Julie de Lespinasse était née d’une liaison passagère entre la comtesse d’Albon et Gaspard de Vichy, frère de Mme du Deffand. En 1754, elle fit la connaissance de sa tante qui lui demanda de cacher leur lien de parenté. Quand Mme du Deffand se rendit compte que ses invités passaient, d’abord, deux heures chez Julie avant d’arriver chez elle, elle la chassa. Mme Geoffrin vendit, alors, trois tableaux à l’Impératrice de Russie et constitua une rente pour Julie, ce qui rendit furieuse sa rivale Mme du Deffand. Julie ouvrit son propre salon et devint l’égérie des encyclopédistes. Grimm dirigeait « La correspondance littéraire » et D’Alembert veillait aux soins du ménage.
26 janvier 2026 @ 12:23
Mme du Deffand était une horrible rombière. Julie était douce et attentive aux autres. Le choix des visiteurs fut vite fait. Et c’est vrai que Madame Geoffrin se conduisit d’une façon admirable avec Julie de L. D’Alembert toujours présent était amoureux, sans espoir. Julie préférait le comte de Guibert et cette passion lui fut fatale.
29 janvier 2026 @ 12:55
Rombière. 😉
26 janvier 2026 @ 20:40
Oui, Passiflore, elle fut importante pour les philosophes du siècle des Lumières, particulièrement pour D’ Alembert qui , d’ailleurs, conduisait son cortège funèbre avec Condorcet. Du beau monde .
25 janvier 2026 @ 08:37
Merci!
Tentant, je vais le lire!
25 janvier 2026 @ 10:46
Deux belles plumes .
26 janvier 2026 @ 14:37
J’accumule trop…2 autres livres en attente, celui-ci sera le troisième car je risque d’oublier sa parution.
25 janvier 2026 @ 10:46
Oh ! Mais que cela donne envie de lire ce livre… Je le note dans mon carnet. Merci & beau dimanche à tous
25 janvier 2026 @ 11:33
Ce livre est très intéressant. Ces deux femmes sont très intelligentes et toujours très intéressantes. Ce sera une prochaine lecture.
25 janvier 2026 @ 20:44
Cette chère marquise de Sévigné , qui s’est jetée au pieds de Louis XIV pour essayer de sauver Nicolas Fouquet , son ami de toujours . Comment puis je ne pas l’aimer ? Cette jolie dame est jolie, intelligente, drôle et raconte divinement même si malheureusement nous n’avons que peut de lettres ,
26 janvier 2026 @ 20:32
Val, la correspondance de Mme de Sévigné (entre 1646 et 1696) a été établie, présentée et annotée par Roger Duchêne à la Pléiade (1978). C’est dans ces ouvrages que je prends quelques extraits de ses lettres… et non pas dans Wilkipedia, comme vous pouvez l’imaginer !
27 janvier 2026 @ 11:23
Passiflore,
Je parlais d’une partie des lettres de Madame de Sévigné qui avaient disparu , et c’est sa petite fille qui les aurait fait disparaitre , sans doute pour que certains contenus ne soient pas édités .
Je ne mettais pas en doute votre commentaire .
25 janvier 2026 @ 21:39
Les maquettistes incultes ont encore frappé. Les deux personnes dont il est question sont des femmes du XVIIeme siècle dont il existe des portraits et méritaient mieux pour se voir illustrées que cette reproduction insipide d’une » oeuvre » de Marie Laurencin commise au XXe siècle .
26 janvier 2026 @ 11:47
Denis,
Absolument , de plus ces 2 dames étaient très jolies, ils auraient pu faire une magnifique couverture….
27 janvier 2026 @ 18:39
Ç’aurait sans doute été trop demander !
26 janvier 2026 @ 14:39
Tout à fait Denis, très étonnée de cette première de couverture.
Cela pourrait même causer du tort à ce livre. Le diable se cachant souvent sous les détails bien qu’ici, ce n’est pas un détail.
26 janvier 2026 @ 12:33
C’est une aquarelle de Marie Laurencin qui est la couverture.
26 janvier 2026 @ 16:03
Même impression, Denis.
26 janvier 2026 @ 16:13
Quoique…
Au premier regard l’illustration de la couverture m’a gênée.
Mais me demandant ce que j’aurais mis à la place, certainement pas des peintures bien léchées. Je me demande si, finalement, je ne finirai pas par bien m’entendre avec ce choix là.
27 janvier 2026 @ 16:15
Ce ne sont pas des peintures mais une aquarelle Philomène, la technique la plus difficile car on ne peut pas revenir sur le sujet. Le prince Charles est un très bon aquarelliste. Je reconnais le talent de l’artiste, même si son œuvre ne me touche pas.
27 janvier 2026 @ 00:27
Quelle magnifique époque où les femmes savaient écrire et parler…. Quand on lit les lettres de Madame de Sévigné, sans prétention aucune, on se sent tenu de mieux écrire…
27 janvier 2026 @ 20:02
Très vrai, Florence. J’ai personnellement lu tant de fois « La Princesse de Clèves » que je pourrais en écrire des passages de mémoire. Entr’autres qualités, cette expression littéraire dans une espèce de délicat ralenti est toujours pour moi un étonnement.
27 janvier 2026 @ 20:03
La Princesse de Clèves : Madame de La Fayette, bien sûr.