Le Prince Henri, Comte de Paris, fils du Duc et de la Duchesse de Guise, et la Princesse Isabelle d’Orléans et Bragance, fille du Prince et de la Princesse Pierre d’Alcantara d’Orléans et Bragance se sont mariés le 8 avril 1931 en la cathédrale de Palerme en Italie en raison de la loi d’exil qui interdisait aux prétendants au trône de France de fouler le sol de leur patrie. Le Cardinal Lavitrano, Archevêque de Palerme a présidé la cérémonie religieuse. La mariée portait pour l’occasion une somptueuse robe parsemée de Lys tissée par les canuts de Lyon.
Le Dauphin Henri a pénétré dans la cathédrale de Palerme au bras de sa mère la Duchesse de Guise qui fut respectivement la fille du prétendant Philippe VII, Comte de Paris, la sœur du prétendant Philippe VIII, Duc d’Orléans puis l’épouse du prétendant Jean III, Duc de Guise avant de devenir à partir de 1940 la mère du prétendant Henri VI, Comte de Paris.
Une réception grandiose fut ensuite organisée au Palais d’Orléans, qui fut également le lieu de mariage de Louis-Philippe et Marie-Amélie en 1809 avant de devenir la résidence du Duc d’Aumale à Palerme. De nombreux royalistes français avaient fait le déplacement à Palerme afin d’assister au mariage du Dauphin et de la Dauphine.

A la fin de la journée, les mariés ont salué au balcon du Palais leurs invités et les nombreux français venus en nombre acclamer le Dauphin et la nouvelle Dauphine.
Le Comte et la Comtesse de Paris ont eu 11 enfants qui leur donnèrent 40 petits-enfants. Les arrière-petits-enfants du défunt couple princier sont aujourd’hui au nombre de 106. Chiffre qui devrait bientôt atteindre 108 puisque la Duchesse de Vendôme et la baronne Axel de Sambucy de Sorgue attendent un heureux événement pour les mois prochains. (Merci à Charles – Photos DR – Dédié à Clémentine)

Leonor
8 avril 2016 @ 20:26
Loi d’exil, c’est entendu, mais pourquoi Palerme ?
Palais d’Orléans , il y a, et cela a sans doute été » pratique » voire symbolique de célébrer ces noces en ce lieu.
Mais pourquoi les Orléans à Palerme ?
Je n’ai jamais compris, il doit manquer un morceau dans mon puzzle à royautés.
Si l’un de vous pouvait éclairer ma lanterne ….
Actarus
9 avril 2016 @ 13:13
Palerme, peut-être à cause du palais D’ORLÉANS (en majuscules, ce n’est pas le palais de France ^^), mais surtout, si mes souvenirs sont bons (et ils sont aussi anciens que ceux de Charles !), parce qu’en se mariant en Italie, le couple évitait de passer par la case « mariage civil ». Être mariés par un gueux, simple maire, était impensable. ;-)
Sur un ton plus sérieux, je précise que le couple a dû faire transcrire son mariage à l’état-civil consulaire français afin de lui donner un caractère légal dans notre pays, préalable indispensable pour avoir un livret de famille et ensuite déclarer les enfants à ce même état-civil. A cet égard, les archives de l’état civil de la section consulaire près l’ambassade de France à Bruxelles contiennent les actes de naissance transcrits d’Isabelle, Henri, Hélène, François et Anne d’Orléans (patronyme légal figurant sur les actes).
Laure-Marie Sabre
11 avril 2016 @ 20:23
Le consulat de France à Bruxelles est un consulat général de plein exercice, pas une section consulaire.
Actarus de Bourbon-Whisky
12 avril 2016 @ 12:31
Ah oui, je croyais qu’il avait emménagé dans les locaux de l’ambassade. Mais bon, il a déménagé quand même depuis que je l’ai fréquenté. Mes excuses, c’est l’effet du Bourbon-Whisky…
Laure-Marie Sabre
14 avril 2016 @ 19:56
Il a effectivement emménagé dans les locaux de l’ambassade mais cela ne change pas son statut de consulat de plein exercice, M. de Whisky-Jambon (plus correct à mon avis que Bourbon-Whisky).
Actarus de Bourbon-Whisky
12 avril 2016 @ 12:31
Inutile de me sabrer, Laure-Marie… ;-)
Charles
10 avril 2016 @ 14:08
Leonor
Le mariage ne pouvant être célébré en France en raison de la loi d’exil, celui-ci fut célébré à Palerme en souvenir de celui de Louis-Philippe, alors Duc d’Orléans et de la Princesse Marie-Amélie de Bourbon-Siciles. Le 25 novembre 1809 Louis-Philippe et Marie-Amélie ont convolé au Palais d’Orléans de Palerme, car la famille royale de Naples, chassée par les armées Napoléoniennes avait trouvé refuge en Sicile. Le Roi Ferdinand avait fait don du palais d’Orléans à leur gendre le futur Louis-Philippe Ier.
Gérard
10 avril 2016 @ 23:17
Outre que les relations étaient bonnes avec la maison de Savoie – les Orléans ont toujours pensé qu’il était utile à la France d’utiliser leurs relations avec les familles royales, le choix de Palerme par le duc de Guise vint non seulement de la présence du palais avec son grand parc de 67 ha, en ville, pas loin de la cathédrale, mais de tous les souvenirs liés à la France à Palerme après les rois normands, les rois angevins, les Bourbons de Naples, le mariage de Louis-Philippe avec Marie-Amélie ici même en 1808, le fait que cette villa Aumale ou palais d’Orléans fut le lieu où mourut Philippe VIII en 1926, le lieu en 1929 du mariage de la princesse Françoise avec Christophe de Grèce.
On les regrettait à Palerme comme il fut rappelé récemment au comte et à la comtesse de Paris lors d’une visite.
En outre le gouvernement français avait fait savoir au gouvernement belge qu’il serait content que le mariage ait lieu le plus loin possible de la France.
Il faut dire aussi que les Orléans avaient toujours été pleins de largesse vis-à-vis de Palerme et il en fut ainsi pour ce mariage où le duc de Guise fit remettre 20 000 lires pour les pauvres au podestat.
Il fit aussi remettre des sommes aux maires, aux curés et à des associations de communes françaises comme Le Nouvion (12 500 francs nous rappelle Vincent Meylan), 11 000 francs pour Arc-en- Barrois, où était le château de Madame Adélaïde, 25 000 francs pour ses œuvres au cardinal Verdier archevêque de Paris et 4 000 francs au curé de Woluwé la commune du manoir d’Anjou en Belgique.
Le duc de Guise avait également reçu l’assurance du cardinal de Palerme que la condamnation de l’Action Française par le pape ne poserait pas de difficultés et la famille d’Orléans et Bragance était également allée présenter la princesse Isabelle au pape en passant par Rome.
Il n’y eut pas de dîner de contrat puisqu’il n’y eut pas de contrat de mariage. La fortune des Orléans et Bragance avait bien diminué du fait de la crise économique et le duc de Guise pensa qu’il était plus élégant dès lors d’établir une communauté de biens pour ne pas froisser cette famille tandis qu’aucune dot n’était demandée.
George V roi d’Angleterre avait écrit à son « cher Jean » qu’il serait représenté par son ambassadeur au mariage et il en fut de même d’une lettre d’Albert roi des Belges à son « cher cousin ».
La veille du mariage le dîner se composait d’un consommé Germiny en tasse, d’une mousse de langoustine Escoffier, d’une volaille de Bresse à la Niçoise, d’un médaillon de charolais Parisienne, de petits pois à l’étuvée, d’un caneton nantais Lambertye, d’une salade Régine, d’un soufflé Grand Marnier, de mignardises et d’une corbeille de fruits.
Le déjeuner du lendemain se composait d’un consommé Monte-Carlo, d’un loup de la Méditerranée poché sauce riche, d’un carré de Pauillac printanier, d’une mousse de jambon Clicquot, de fonds d’artichauts à l’italienne et d’une bombe au cherry brandy.
Les jeunes époux passèrent leur nuit de miel à la Villa Igea de Palerme et à visiter les autres villes de Sicile s’arrêtant bien sûr au San Domenico de Taormine.
La comtesse Boulay de La Meurthe, Monique d’Harcourt, devait dire à Vincent Meylan à propos du comte et de la comtesse de Paris : « Oncle Henri et tante Bébelle étaient un mélange merveilleux, un peu un modèle pour les jeunes d’un certain milieu.
Lorsqu’ils arrivaient au manoir d’Anjou dans la Bugatti rouge d’oncle Henri, il y avait toujours une ambiance de fête. Ils se tenaient par la main et lorsqu’ils rentraient dans la maison, ils irradiaient de jeunesse, de beauté et de bonheur.
Nous les surprenions parfois en train de s’embrasser dans les couloirs.
Ils étaient vraiment très amoureux. »
Plus tard lorsqu’il vécurent séparés la comtesse de Paris disait à son époux : « Tu vis comme un moine » et il lui répondait : « Ton appartement ressemble à une gare de triage. Les gens rentrent et sortent en permanence. »
Le prince avait hérité du goût du travail, de l’étude et du silence de son père même s’il s’y mêlait un peu de la fougue de sa mère.
ML
11 avril 2016 @ 15:46
Merci , Gérard pour ces anecdotes .
Dame Tartine
12 avril 2016 @ 12:08
J’étais très intéressée par les menus que vous citez, et comme vous êtes un puits de science, j’aimerais savoir en quoi consiste la salade Régine.
Pour le reste, j’ai été très intéressée par le témoignage de votre comtesse qui décrit un couple de tourtereaux. Et je vous crois et je la crois. L’ennui, c’est que l’amour ne dure pas, il évolue. Dans le cas du comte de Paris et de sa femme, il a mal évolué. Dommage.
Zeugma
12 avril 2016 @ 18:55
Merci pour les menus, bien de leur époque ….
Leonor
15 avril 2016 @ 20:44
Actatus, Gérard, Charles, merci pour toutes vos précisions.
Loi d’exil, je savais, palais d’Orléans à Palerme, je savais, les Normands, les Angevins en Sicile, oui, mais sans entrevoir le pourquoi du rapport Orléans-Palerme .
Marie-Amélie de Bourbon-Siciles, voilà, c’est ça.
Merci à chacun de vous.
Marc Le Régent
8 avril 2016 @ 21:28
MERCI, Régine de publier cet article et les photos de Charles. La Monarchie, a cette époque représentait encore un danger pour la République. Celle qui allait devenir Madame, Comtesse de Paris allait redorer le blason des Orléans et devenir la plus populaire des Princesses. Elle est devenue au fur et a mesure des années, une Femme élégante, a la classe Royale. Elle aurait été une des plus belles Reine de France et aurait représentée notre Pays d’une façon extraordinaire. Elle a été jusqu’à la fin de sa vie, connue, admirée par beaucoup de Français. Et ce fut la derniere ! le Comte de Paris a enterré a jamais l’idée monarchique. Il a ruiné les espoirs , comme il a ruiné sa Famille. Aujourd’hui plus personne ne représente la Famille dite Royale, plus de soirée parisienne qui était souvent illuminée par le présence de Madame, plus de réception a l’Elysée, plus aucun média ne s’interesse aux Orléans et quand par hasard un article sort sur Point de Vue , c’est toujours pour annoncer une nouvelle naissance avec des photos désolantes du Prince Jean et de son épouse. Aucune des Princesses n’a hérité de la classe et de la beauté de leur Mére, quant a l’actuel Comte de Paris et son épouse….mieux vaut éviter le sujet ! Non seulement, ils n’ont aucune classe, aucune beauté et encore moins une morale exemplaire. Triste fin pour une Famille qui avait tout pour réussir a son retour d’éxil….le Prétendant vivant dans un moche pavillon de banlieue a la fin de sa vie ! Quelle decheance !
Arielle
9 avril 2016 @ 14:21
Je troue au contraire que l’actuel comte de Paris et son épouse ont beaucoup de classe. L’un et l’autre sont d’une grande douceur. L’actuel comte de Paris a beaucoup souffert de la dureté de ses parents dans son enfance. Il semble avoir trouvé le bonheur avec sa charmante seconde épouse.
L’ancien comte de Paris et son épouse, si admirée, m’ont toujours été antipathiques.
Antoine
9 avril 2016 @ 20:20
Marc le régent, je partage point par point votre commentaire. J’étais fan de la défunte comtesse de Paris, femme superbe que je trouvais flamboyante. Je trouve sa descendance parfaitement commune. En reconnaissant qu’il n’y a pas de leur faute s’ils ne peuvent plus « flamboyer »…
Louise-Marie
11 avril 2016 @ 16:30
Je trouve que le prince Jean et son épouse Philomena et les trois petits princes de France forment une très belle famille.
Il faut vivre avec son temps, oubliez les photos posées de la comtesse de Paris en tenue de gala, cela n’est plus actuel
JAusten
8 avril 2016 @ 22:30
THE couple mythique, de cette époque, en ce qui me concerne.
Dans ses mémoires, la comtesse raconte que la veille (ou l’avant veille ?) du mariage, des pluies torrentielles s’étaient abattues sur Palerme ; les caves où les bouteilles de vins avaient été rangées pour le repas de mariage avaient été inondées et les bouteilles avaient toutes perdu leurs étiquettes. Ils avaient passé une matinée à tout recoller.
terry
8 avril 2016 @ 22:56
le comte et la comtesse de paris ont ils la plus grande descendance du gotha ?
marielouise
9 avril 2016 @ 06:30
Superbe première photo…C’était le temps où Madame illuminait et elle a continué avec toujours beaucoup de dignité !
Cette famille a perdu son éclat avec Elle!
ml
Charles
10 avril 2016 @ 14:28
Détrompez-vous Monseigneur et Madame ont une descendance extraordinaire alliée aux plus grands noms d’Europe.
Aujourd’hui parmi la descendance des défunts Comte et Comtesse de Paris on retrouve des membres de la Maison Impériale d’Autriche, des membres des Maisons Royales de France, des Deux-Siciles, de Wurtemberg, d’Italie et même des membres de la Maison régnante de Liechtenstein sans parler de ces petits-fils alliés à des membres des Maisons Royales de Bavière, de Grèce ou de la Maison de Wied.
En 1983, le Pape Jean-Paul II n’avait-il pas déclaré à la défunte Princesse » Madame, vous êtes l’Europe et c’est très bien ».
aubert
9 avril 2016 @ 10:19
Au delà de toute considération sur la vie intime de ce couple, Charles, en croyant honorer sa mémoire, nous démontre le commun de sa descendance.
Sigismond
9 avril 2016 @ 11:11
Avalanche de majuscules en veux-tu en voilà, dans cet article !
Et il y est question de cétacés, alors qu’à l’époque le Roi était célibataire et son oncle et héritier était sans enfant. Une chatte n’y retrouverait pas ses petits !
Ce mariage palermitain fit un peu figure de mésalliance pour cette fille d’Altesse Impériale (sœur de celui que « Point de vue » (nº 3102), pour une fois bien inspiré, appela « l’empereur » [Pierre-Gaston]), avec le fils d’un si lointain cousin cadet du chef des Maisons royales de France et d’Espagne.
Gérard
10 avril 2016 @ 23:21
Les Orléans Bragance étaient encore plus cadets évidemment.
Au demeurant Sigismond votre humour finit par être parfois lourd.
Louise-Marie
11 avril 2016 @ 16:32
Il n’y avait pas de mésalliance.
Votre haine des Orléans vous égare encore une fois et vos propos sont de plus en plus risibles
Gérard
9 avril 2016 @ 12:24
Que voulez-vous dire ? Que les petit-fils de Louis XIV n’étaient pas Louis XIV ? Qu’on n’est plus au temps du général de Gaulle ? C’est ainsi mais nous ne sommes pas obligés de passer tout notre temps à chercher à juger les autres et surtout à les condamner sans enquête ni procès.
beji
10 avril 2016 @ 18:38
le créateur de la robe de mariée de la Comtesse de Paris était le couturier Worth.
Matthias
11 avril 2016 @ 08:48
La princesse Iléana, duchesse de Chartres, est également dans ce cas il me semble. De confession orthodoxe, elle ne s’est pas convertie, mais à « promis » (le terme n’est peut-être pas exact) d’élever ses enfants au sein de la religion catholique.
Robespierre
13 avril 2016 @ 08:38
Réponse à Matthias.
L’important c’est la dot, et on laisse tranquilles les gens qui « fument les terres ».