
S’il est un membre de la famille royale britannique qui méritait amplement ses décorations militaires, c’est incontestablement le prince Philip, duc d’Édimbourg. Les soldats qui ont servi avec lui durant la guerre 39-45 ainsi que les rapports de l’armée louent unanimement sa bravoure et son ingéniosité. Retour sur ses plus grands faits d’armes.

Bien qu’il soit sorti major de sa promotion à l’Académie navale de Dartmouth, l’armée britannique ne souhaitait pas initialement envoyer l’officier aspirant Philip Mountbatten au combat, car il était de nationalité étrangère, qui plus est prince de Grèce et de Danemark, et que la Grèce était encore neutre au début du conflit.
Grâce à l’intervention de son oncle Lord Mountbatten, alors capitaine admiré et influent dans la Royal Navy, le jeune homme put rejoindre en 1940 le cuirassé HMS Ramillies au large du Sri Lanka et passa à son bord six mois à escorter les troupes australiennes dans l’Océan Indien.

Après de courts passages sur le HMS Kent et le HMS Shropshire, toujours dans l’Océan Indien, Philip fut transféré en janvier 1941 sur le cuirassé HMS Valiant au large d’Alexandrie. La Grèce ayant rejoint le camp des Alliés quelques mois plus tôt suite à la tentative d’invasion par l’Italie fasciste, le prince était désormais autorisé à combattre en Europe.
Deux mois après son transfert, Philip fut mentionné dans les dépêches de l’armée pour « sa vivacité et son appréciation de la situation » durant la bataille du cap Matapan au large du Péloponnèse. En charge des projecteurs de son navire pendant la nuit, le prince avait détecté puis éclairé coup sur coup deux croiseurs italiens qui furent anéantis en seulement cinq minutes par le Valiant et deux autres vaisseaux britanniques.
Un troisième croiseur italien et deux destroyers furent aussi détruits par la Royal Navy durant cette bataille infligeant ainsi à l’Italie sa pire défaite navale avec 2.300 vies perdues. Le prince Philip reçut la Croix de la Vaillance grecque pour ses actions décisives au cours de l’affrontement.

Suite à ses prouesses en Méditerranée, Philip devint éligible au grade de sous-lieutenant à condition de suivre une série de cours techniques à l’académie navale.
Pendant son voyage vers l’Angleterre sur le RMS Empress of Russia, le paquebot réquisitionné pour le transport de troupes se retrouva sans main d’œuvre pour alimenter la chaudière. Ni une ni deux, le prince Philip descend dans la soute et enfourne du charbon pendant des heures, tant et si bien que ses mains couvertes d’ampoules ne pouvaient même plus tenir une fourchette.

Promu sous-lieutenant après avoir réussi ses examens brillamment, le prince Philip fut envoyé, toujours en 1941, sur le destroyer HMS Wallace pour assurer le convoyage des navires marchands le long des côtes britanniques de la mer du Nord, devenues très dangereuses à cause des attaques à répétition de l’armée allemande.

Talentueux et apprécié, il fut promu lieutenant en juillet 1942, puis premier lieutenant second commandant en octobre de la même année, devenant ainsi à seulement 21 ans l’un des plus jeunes officiers de la Royal Navy à occuper un poste aussi important.

En juillet 1943, toujours sur le Wallace, il assiste le débarquement des troupes alliées en Sicile. Une nuit son navire fut endommagé par les assauts d’un bombardier de la Luftwaffe et l’équipage craignait que l’ennemi ne revienne en plus grand nombre pour l’achever.
Philip conçut alors le plan de jeter à la mer un radeau en bois avec des fumigènes flottants pour créer l’illusion de débris en feu à la surface de l’eau. Comme il l’avait espéré l’avion allemand attaqua le radeau, permettant ainsi au navire de Philip de s’éloigner discrètement sous couvert de l’obscurité.
Harry Hargreaves, qui était à l’époque sous-officier sur le Wallace témoigna dans les années 2000 : « Philip nous a tous sauvé la vie cette nuit-là. Il était toujours très courageux et plein de ressources, et pensait très rapidement. »

Après une nouvelle pause académique, le premier lieutenant Philip Mountbatten reprend du service en février 1944 sur un tout nouveau destroyer de classe Fleet, le HMS Whelp, avec lequel il traverse l’Océan Indien pour rejoindre la Flotte britannique du Pacifique en charge de la lutte contre l’Empire du Japon.

En janvier 1945 au large de Sumatra, l’équipage du Whelp aperçut deux hommes à la mer : un pilote de la Royal Air Force et son mitrailleur-télégraphiste. Leur bombardier Avenger s’était crashé après qu’une de ses ailes ait pris feu au cours d’un échange de tirs avec un avion japonais. Les deux soldats, dont le canot de sauvetage pneumatique était hors d’usage, furent secourus en moins de 20 minutes par les hommes de Philip malgré la houle particulièrement forte ce jour-là.

Le prince Philip, penché sur la balustrade du bateau, accueillit les deux naufragés à bord et les invita dans sa cabine où il leur prêta des serviettes pour se sécher. En plus de la grande amabilité du premier lieutenant Mountbatten, les deux hommes remarquèrent posée bien en évidence sur sa table, la photo encadrée d’une charmante demoiselle, qui ressemblait à s’y méprendre à la princesse Elizabeth…

Toujours au plus près de l’histoire avec un grand H, le prince Philip et son équipage du HMS Whelp escortaient l’USS Missouri dans la baie de Tokyo le 2 septembre 1945, quand les représentants de l’Empire du Japon signèrent à bord du cuirassé américain les actes de capitulation, marquant ainsi la fin de la seconde guerre mondiale. (Merci à Aristocrate)

Fabienne
8 mai 2021 @ 19:44
Merci si passionnant, instructif et éclairant
luigi
8 mai 2021 @ 19:48
Dommage qu’il ait fallu attendre la mort de cet homme pour connaître l’étendue de ses nombreuses qualités et son courage.
Jean Pierre
9 mai 2021 @ 13:15
Il est temps plus grand mort que vivant.
Fan-de-chantilly
8 mai 2021 @ 20:14
Photos du transfert de personnel entre deux navires avec le HMS Walkerton (M1188) probablement prise en 1960 d’après le site suivant :
https://tcaminesweepers.co.uk/ship-details/ton-class/walkerton-m1188/
Alix-Emérente
8 mai 2021 @ 22:04
Une personnalité hors du commun. Un héros preux et intrépide. Valeureux, généreux… Il ne pouvait avoir qu’un destin remarquable !
Merci Aristocrate.
Charlotte de L G
8 mai 2021 @ 22:46
C’est touchant de savoir qu’il avait sur sa table le portrait d’une « charmante demoiselle qui ressemblait à s’y méprendre à la princesse Elizabeth »
C’était donc bien un mariage d’amour des deux côtés, même si la vie a pu parfois prendre des chemins de traverse, ces deux-là s’étaient bien trouvés et reconnus.
Jean Pierre
9 mai 2021 @ 13:15
Et vous y croyez ?
Charlotte de L G
10 mai 2021 @ 21:49
Pourquoi pas ? j’ai toujours tendance à voir le côté positif chez nos frères humains. Quitte à revoir ma position si on me démontre que j’ai tort, mais dans le doute…
Michelle
9 mai 2021 @ 02:48
Merci a Aristocrate de mieux nous informer sur son parcours avant qu’il ne soit obligé d’y mettre un terme. Je me permets de partager l’opinion de Benoite.
Noëlle et Gaël
9 mai 2021 @ 09:04
Un héros beau comme un Dieu, de la race des seigneurs. Une résilience exceptionnelle. De quoi éblouir la princesse Elisabeth. Il a fait des choix courageux, à l’opposé de certaines de ses soeurs. Quelques erreurs sur le plan familial. Nobody is perfect. Qu’il repose en paix.
ML
9 mai 2021 @ 09:27
Chapeau bas , Monsieur !
Trianon
9 mai 2021 @ 13:38
Merci infiniment Aristocrate, vous rejoignez donc le cercle fermé des belles plumes de ce site ( Pistounette ,Robespierre , Mary ou bien évidemment Cosmo, pardonnez moi si j’en oublie.) qui égaient nos journées, sans oublier bien étendu, notre chère Régine sans qui ce site n’existerait pas et qui rédige , elle aussi, de très belles choses .
Merci à tous !
Bernadette
9 mai 2021 @ 16:49
Ouf ! Je n’avais pas vu la dernière photo du duc portant la barbe ! Effectivement la ressemblance avec Harry est troublante !
Baboula
10 mai 2021 @ 12:00
Moi aussi avec une barbe je lui ressemble .?
Maria
12 mai 2021 @ 22:25
Se penso a tutte le solite cose ridicole che dicono i soliti bene informati di certi giornali e che poi tutti quelli a cui poco importa dell’ argomento « duca di Edimburgo « prendono per vero ?,e né parlano e straparlano ??a sentirli il duca non ha mai fatto niente di buono a parte che correre dietro le donne
fare battute razziste e non seguire i sui figli,queste inesattezze valgono anche per tutti i vari principi ,re, regine etc.Non che sempre tutto sia inesatto qualche volta qualcosa di vero ci sarà ma cosa?!Traduco con google:Si je pense à toutes les choses ridicules habituelles que disent les gens bien informés habituels de certains journaux et que tous ceux qui ne se soucient pas du sujet « Duke of Edinburgh » le prennent pour vrai ?, et ne parlent ni ne déclament ?? pour les entendre, il n’a jamais rien fait de bien sauf courir après les femmes
faire des blagues racistes et ne pas suivre ses enfants, ces inexactitudes s’appliquent aussi à tous les différents princes, rois, reines etc. Non pas que tout soit toujours inexact parfois quelque chose de vrai il y en aura mais quoi ?!Je traduis avec Google