
C’est une autobiographie peu commune qui emmène le lecteur dans un tourbillon de châteaux, de rencontres, de personnalités et d’une vie vécue avec tous ses excès. La princesse Diane de Beauvau-Craon est née le 20 août 1955.
Elle est la fille de Marc, Charles-Louis de Beauvau-Craon (1921-1982), 7ème prince de Beauvau-Craon et du Saint-Empire et d’Albina Patino, fille d’Anténor Patino, petit-fils de celui que l’on appelait le roi (bolivien) de l’étain, et de María Cristina de Bourbon y Brosch-Labrú, duchesse de Durcal, cousine du roi Alphonse XIII d’Espagne.

Membre du cabinet du Général de Gaulle à Londres et à Alger, le prince de Beauvau-Craon fut aussi conseiller général de Lorraine et maire d’Haroué où se situe le château familial aussi appelé le Chambord lorrain.
L’enfance de la princesse Diane et de sa sœur la princesse Minnie a pour cadre la Quinta Patino Alcoitao entre Estoril et Sintra au Portugal, vaste domaine de la famille Patino, la propriété de Casalecchio di Reno près de Bologne où vit sa grand-mère paternelle depuis son veuvage, l’appartement parisien de l’avenue Foch et le château d’Haroué.
Diane de Beauvau-Craon évolue dans un monde aujourd’hui révolu que l’on nommait la Cafe Society.
A l’âge de 18 ans, après de nombreux renvois d’élégants pensionnats français et suisses, Diane part à New York où avec son look androgyne, elle ne tarde pas à séduire des artistes en devenir comme Andy Warhol.

Ne sachant de sa propre opinion rien faire mais potentiellement tout faire, Diane est engagée par le couturier américain Roy Halston considéré à cette époque comme l’Yves Saint-Laurent local. Elle est de toutes les sorties dans les lieux branchés du moment que sont la Factory et le Studio 54. Elle côtoie aussi Mick et Bianca Jagger, John Lennon, la papesse de la mode Diana Vreeland,…

Mariée à trois reprises et mère d’un fils qu’elle mit cinq ans à récupérer car élevé par la famille de son ex-époux au Maroc, Diane de Beauvau-Craon assume toutes ses extravagances, tous ses coups de tête, et une vie où longtemps la cocaïne et l’alcool étaient à demeure.
Amie de ses amis, elle sut toujours rebondir, se lança dans la création d’une maison de couture à New York qui connut un bref mais réel succès avant le départ de sa bailleuse de fonds originaire des Philippines qu’elle avait snobée.

Diane fut aussi proche du dandy Jacques de Bascher, compagnon de Karl Lagerfeld. Leurs fiançailles furent célébrées avec faste à Rome mais le mariage n’eut jamais lieu. Elle resta à ses côtés lors de ses cinq dernières années de vie, emporté par le Sida, une maladie qui décima son cercle d’amis.
Le style est franc, plein d’humour, honnête, sincère, sans détour. Elle évoque une mère totalement absente mais un père aimant. Une famille française très aristocratique et une famille maternelle où ses grands-parents étaient évoqués aux cours de droit à la Sorbonne car leur divorce avait duré 22 ans !
On baigne dans l’opulence, les bijoux (Tiffany, Elsa Perreti), la mode, le star system mais aussi le Gotha. En mai 1979, la reine mère est annoncée pour cinq jours au château d’Haroué à l’initiative de son ami français le prince Jean-Louis de Faucigny-Lucinge qui lui concocte chaque année un séjour outre Manche.

Diane narre avec beaucoup de finesse cette présence royale. La reine mère était alors accompagnée de sa suite dont sa dame de compagnie, lady Fermoy, grand-mère de celle qui allait devenir deux ans plus tard la princesse de Galles.
Les anecdotes ne manquent pas : les malles contenant tout le nécessaire y compris de vaisselle ramenées de Londres, un détecteur de métal qu’un serviteur fut mandé d’aller en aller-retour acheter chez Harrod’s car il se disait que le parc d’Haroué contenait un trésor ou la sortie au restaurant « Le Capucin gourmand » où la reine mère était attendue par un comité d’opposants à la monarchie. La mère d’Elizabeth II ne s’en trouva nullement perturbée, saluant comme de rien le petit groupe hostile qui finit par l’applaudir !

Il y a 20 ans, le corps de la princesse Diane lâcha après tant et tant d’années d’excès à répétition. A force de lutte et de volonté, elle remonta la pente. Elle ne toucha plus jamais à la drogue et à l’alcool. Elle vit aujourd’hui une grande partie de l’année à Naples avec son époux.

A la mort de son père remarié avec Laure du Temple de Rougemont, présidente de Sotheby’s France, le château d’Haroué fut hérité par sa sœur Minnie.
Il vient de passer dans le giron du Centre des monuments nationaux qui s’occupera de sa gestion, permettant sa bonne conservation et son entretien. Des souvenirs à mille à l’heure mais surtout une ode à vivre la vie chacun à sa manière.
« Sans départir », Diane de Beauvau-Craon, Grasset, 2022, 320 p.
Régine ⋅ Actualité 2023, Beauvau-Craon, Châteaux, France, Livres 83 Comments
LPJ
7 mars 2023 @ 15:25
Le père de la Princesse Diane fut le dernier mâle de sa maison et donc le dernier Prince. Ce titre est donc aujourd’hui éteint. A noter qu’au moins un de ses petits enfants a accoler de Beauvau-Craon à son de famille.
Généalogiquement il est amusant de constater que le Prince de Beauvau-Craon épousa en premières noces une descendante des Bourbon et en secondes noces une descendante des Bonaparte. En effet Laure du Temple de Rougement descendait en droite ligne de l’union de la soeur de Napoléon 1er, Caroline, avec le Maréchal Murat. Cette seconde union n’eut pas de postérité.
particule
7 mars 2023 @ 15:48
Bien peu de pudeur et d’intérêt de faire cette autobiographie qui résume l’inutilité d’une vie, fût elle celle d’un nom et d’un prénom de chasseresse : Diane de Beauvon-Craon …. ce livre doit lui avoir été conseillé par son psy pour faire une thérapie contre ses addictions ! L’éditeur – j’espère- publie à compte d’auteur !
Marie-Caroline de Bretagne
7 mars 2023 @ 17:03
J’ai lu le bouquin l’année dernière en me souvenant avoir croisé la dame dans les années 80 chez sa belle-mère Laure qui l’aimait bien malgré tous les soucis qu’elle causait. J’avais alors 22 ou 23 ans, elle était mon aînée de 7 ans et son côté déterminé et extravagant m’effarouchait un peu !:) Évidemment sa vie est exactement celle que je n’aurais pas souhaité pour moi ou mes enfants. Diane s’est noyée dans « la nuit » et ses excès en tout genre. Matériellement gâtée par sa famille mais pas tout à fait bien aimée par ses parents. C’est selon elle l’une des raisons de la vie qu’elle a menée pendant une trentaine d’années. Je partage l’avis de Régine sur le livre et ne peux m’empêcher d’éprouver une certaine sympathie pour Diane. Certes, sa vie a été plutôt superficielle mais pas vaine puisqu’elle a aussi été capable d’accompagner jusqu’au bout plusieurs de ses amis morts du Sida. Je me souviens que nous n’étions pas si nombreuses à assister nos amis malades et condamnés … Et oui, Diane s’est convertie (sans grande conviction) à la religion musulmane pour épouser le père marocain de son fils qui, n’en déplaise à certains, porte désormais le nom de sa mère. Aujourd’hui, elle semble apaisée et heureuse avec son 3e époux et j’en suis ravie pour elle.
MartineR
7 mars 2023 @ 17:07
Grandeur et décadence
Nivolet ☘????
7 mars 2023 @ 17:16
Je ne supporte plus ces bonnes femmes de pacotilles jeunes ou vielles.
Nivolet ☘????
7 mars 2023 @ 17:16
Pacotille sorry
Vittoria
7 mars 2023 @ 17:17
P.S. : ce pathétique ouvrage n’est pas une nouveauté en librairie, il est paru il y a une dizaine de mois déjà.
Gérard
8 mars 2023 @ 00:33
Pourquoi toujours des jugements péremptoires ?
aubert
8 mars 2023 @ 12:57
Péremptoires ?
Pas tout à fait. C’est la dame, princesse de Beauvau-Craon et du Saint-Empire, à qui personne ne demande rien qui estime intéressant de confier ses turpitudes.
La photo à elle seule appelle les commentaires que, toujours imbu de princesserie, vous pouvez trouver péremptoires.
Marie-Caroline de Bretagne
9 mars 2023 @ 15:29
Bien d’accord avec vous Gérard. Que de jugements définitifs et péremptoires ! Cette façon de donner des leçons à la terre entière est insupportable.
Lunaforever
8 mars 2023 @ 07:37
Ça a quoi d’intéressant une vie de droguée alcolo ? Son physique, presque parfaitement masculin, doit expliquer ses fiançailles avec Mr de Bascher.
Chevalière
8 mars 2023 @ 09:53
Un livre truculent et croustillant à souhait semble-t-il … pour ceux qui veulent se distraire ces choses sérieuses et gravissimes de la vraie vie.
Le mythe des princesses fait toujours rêver, même si elles ont perdues leur innocente beauté : certains adeptes des écrans adorent de tels excès… pas sur N & R manifestement !
MartineR
8 mars 2023 @ 15:18
Elle était représentée aussi dans le film St Laurent de B.Bonello, film sur cette période de décadence de St Laurent & d’autres
Djobi
8 mars 2023 @ 21:19
J’adore ce type de vie ! Je vais me jeter dessus.