
L’impératrice Farah d’Iran a revu 50 ans plus tard des rescapés de la catastrophe de Malpasset à Fréjus. Le 2 décembre 1959, le barrage installé sur le Reyran à une dizaine de kilomètres de Fréjus explose sous la pression de l’eau suite à de fortes intempéries. Une vague de 60 mètres de haut déferle sur la région et atteint la ville de Fréjus en 20 minutes. On dénombre 423 morts, plus de 1000 immeubles sinistrés et plus de 1.350 hectares de terres de cultures totalement ravagées. Cette catastrophe émeut Farah Diba dont les fiançailles avec le Shah d’Iran ont été annoncées la veille.
Ayant étudié à Paris, la future épouse du Shah d’Iran est d’autant plus touchée par cette tragédie et suggère que des enfants puissent venir passer un séjour en Iran afin d’être dépaysés. C’est ainsi que Farah reçoit quelques semaines plus tard des enfants dont certains avaient perdu leurs deux parents. L’impératrice ne les avait jamais revus depuis 50 ans. A l’occasion de la commémoration de ce drame, l’impératrice Farah a été conviée à Fréjus. (Merci à Patricio, La Vraie Sissi, Lorraine et Michele – Copyright photo : Var Matin – source : Var Matin)
patricio
3 décembre 2009 @ 22:41
Nelly,
votre témoignage m’a bouleversé,j’imagine aisement comme cela doit etre tres difficile pour vous d’ evoquer ces souvenirs, et je vous embrasse bien fort
amitiés
patricio
pierre-yves
3 décembre 2009 @ 22:41
C’est une grande satisfaction que l’Impératrice Farah ait choisi de vivre à Paris, et qu’elle ait de la mémoire. C’est une femme d’honneur qui inspire le respect.
Je pense que les habitants de Fréjus qui ont vécu la catastrophe (cf le récit de Nelly) ont dû être touchés par sa visite.
Diane Denault
4 décembre 2009 @ 00:35
L’Impératrice Farah est une grande impératrice. Dommage que son règne fut si court et, comme le dit Nicole C34, le cours de l’Histoire aurait pu être autrement.
J’ai vu un très bon reportage sur TV5, l’an passé, reconstituant cette tragédie de Fréjus et cela m’avait beaucoup peinée.
Nelly, je suis de tout coeur avec vous.
besse sylvie
4 décembre 2009 @ 11:46
Merci à Conny et colette pour ces renseignements! bonne journée
Nelly
4 décembre 2009 @ 12:07
Merci à Patricio et à Diane.
Certains touristes nous disent que nous habitons le Paradis, tellement cette région est belle, c’est vrai, mais nous avons aussi connu l’enfer.
N’oublions pas tous nos chers disparus.
Nelly
4 décembre 2009 @ 12:47
Sous le coup de l’émotion,je n’ai pas raconté l’histoire de cette jeune fréjusienne qui devait se marier 15 jours après la date fatidique du 2 Décembre.
Enceinte, désemparée, la jeune fiancée a écrit au président de la république pour lui demander qu’un mariage postum soit célébré.
Le général de Gaulle a donné son accord. La jeune-fille a été mariée à la mairie de Fréjus, assise seule, face au maire qui était alors André Léotard, le père de François Léotard.
A sa naissance, sa fille a pu porté le nom de son père qui avait été emporté devant la gare de Fréjus, où il attendait son père qui revenait de Nice
Je ne pense pas qu’il y ait eu, mariage aussi triste, quelque part, à l’époque.
Marie Christine
5 décembre 2009 @ 15:14
Oh Nelly lire vos témoignages me fendent le coeur, je suis de tout coeur avec vous.
Je n’étais pas née à cette époque et je viens d’en entendre parler récemment aus infos pour la première fois.
Nelly je me permet de vous embrasser chaleureusement.
Marie Christine
5 décembre 2009 @ 15:14
« aux infos » désolée..
Nelly
6 décembre 2009 @ 21:15
Je vous remercie tous pour votre gentillesse.
Je ne voulais pas » faire pleurer dans les chaumières « , il y a eu tant de tragédies, depuis et partout !!!
Depuis 50 ans, j’ai très peu parlé de tout ça. Même entre nous, qui avons connu ça, nous n’en parlons pas. Je me rends compte maintenant que cela a été une erreur de notre part à tous. Nous aurions dû en parler, plus tôt surtout entre nous. Mais c’était si difficile !!!
J’espère que vous comprendrez que nous ayons été si discrets, mais nous avons eu tort.
Je me rends souvet au cimetière, il me semble que là seulement, je peux étancher ma peine;
J’essaie d’en parler avec ma petite-fille , c’est la seule que j’aie, elle a 8 ans. Mais comment faire , ?
A-t-on le droit d’attrister l’enfance d’un enfant ? Peut-on lui faire porter le poids de notre passé ?
Je ne sais pas. Que feriez-vous, vous, dites moi ?
Je crois que non. On ne peut pas tout leur dire.
J’en ai très peu parlé avec mon fils. Il a 42 ans, il habite une résidence qui se trouve, juste sur le passage de la déferlante.
Maintenant, tout est beau, fonctionnel, l’horreur a disparu en apparence. Alors pourquoi ramener ça ?
Je ne sais pas. Je ne sais plus. Que faut-il faire, à part garder cette tristesse dans nos coeurs ,?
Myriam
7 décembre 2009 @ 13:30
Pour Nelly
Que vous vouliez en parler ou pas c’est la même chose.
Quand à votre petite fille de 8 ans ses parents sont-ils déjà allés se promener sur le site des ruines avec elle? Si non et qu’un jour elle se rende là-bas les questions vont fuser: C’est quoi? Que s’est-il passé ici? Je suis sûre qu’elle en sera bouleversée.
Quoi que vous fassiez je suis sûre que c’est une brèche dans votre coeur qui ne se cicatrisera jamais. On oublie pas ces choses-là!
Avec mon amitié. Myriam
pierre-yves
7 décembre 2009 @ 16:43
Nelly
Puisque vous nous conviez à donner notre sentiment, le mien est qu’il faut parler si l’on sent que ça nous fait du bien.
Ce qui vous retient, c’est peut-être la peur de rester incomprise de tous ceux qui n’ont pas vécu ce que vous avez vécu. Parce que c’est d’une certaine façon intransmissible.
Pourquoi alors ramener tout ça, dites-vous? parce que c’est votre histoire familiale et que vous allez, que vous le vouliez ou non, la transmettre à vos enfants et petits-enfants.
Je comprends votre réticence à encombrer la vie de votre petite fille avec le récit d’une catastrophe, mais je crois que les secrets font souvent plus de mal que les révélations.
On, ne peut pas tout dire aux enfants mais on peut leur dire des choses importantes. D’ailleurs, si on ne le fait pas, ils peuvent un jour nous reprocher le secret qui a été entretenu.
Je crois de toute façon que nous avons tous besoin, à un moment ou un autre de vote vie, de savoir d’où nous venons, de quelle histoire ou de quelle tragédie nous sommes issus.
Comprendre est nécessaire à la vie des êtres humains.
Voilà pourquoi je pense que votre petite-fille devrait savoir de vous ce que vous avez vécu.
Bon courage à vous
Danielle
7 décembre 2009 @ 19:42
Nelly, je n’avais pas lu votre commentaire, quelle horreur ce naufrage ! je comprends que ces souvenirs ne puissent pas s’effacer.
Je n’avais que 8 ans à cette époque mais je vais en parler à ma mère qui a bonne mémoire.
J’imagine la tristesse de ce mariage, la jeune femme avait eu raison d’écrire au Président de la République.
Nelly
8 décembre 2009 @ 11:32
Pierre-Yves :
Il n’y a pas à proprement parler de secret. Mon fils est au courant et il est allé au musée de Fréjus, il a vu l’horreur en images.Il avait 20 ans quand il y est allé. Il m’a posé des questions, j’ai répondu, mais quand il a vu dans quel état cela me mettait, il n’a pas trop insisté.
Pour sa fille de 8 ans, c’est plus difficile.
Je lui ai dit qu’il y avait eu, « une inondaton » et que des gens de notre famille était morts, c’est tout. J’en ai parlé avec elle, parce qu’elle a posé des questions, quand elle a vu qu’il y avait une célébration et un monument pour les 50 ans .
Je me mets à pleurer chaque fois que j’en parle, alors j’évite d’en parler avec la petite.
A l’école, on en a jamais parlé aux enfants. (à ceux de la génération de ma petite-fille). Aux enfants de l’âge de mon fils, l’instit en avait parlé un peu.
Je me dis, je lui en parlerai quand elle sera plus grande, mais serais-je encore là ? Je vais avoir 65 ans, la semaine prochaine.
Merci de votre réponse.
soleilvert
14 décembre 2009 @ 19:32
Nelly,
J’ai 36 ans et je n’ai pas connu la catastrophe. Ma famille non plus puisqu’elle n’habitait pas la région à l’époque.
Mais je suis née et je suis allée à l’école à Fréjus.
Un jour, notre professeur de Français nous a parlé de la catastrophe en nous racontant son vécu et celui de certaines de ces connaissances. J’avais 11 ans et son récit m’a bouleversé, si bien que je m’en souviens encore.
Depuis, j’ai entendu beaucoup de récits, ou plutôt des petites phrases car il est vrai que les fréjussiens de l’époque en parlent peu. Chaque fois c’est une émotion pour moi que d’imaginer ma ville et ses habitants dans un tel chaos. J’habite aussi la plaine du reyran…
Si je vous fais part de mon ressenti, c’est que j’ai une fille de 8 ans. Avec les cérémonies qui viennent de se dérouler, elle a posé des questions auxquelles j’ai répondu en lui disant la vérité. En effet, elle pensait qu’il s’agissait d’une innondation et du coup, les fortes pluies lui faisaient peur. Pour moi, il était important qu’elle sache qu’elle ne risquait pas d’être emportée avec sa maison.
Je comprends bien que pour vous, il doit être difficile de vous remémorer cette catastrophe. Mais j’ai souhaité vous apporter mon témoignage de maman. Il est vrai que l’on voudrait protéger nos petits mais le mensonge, ou même le non-dit peut être si déstabilisant pour les enfants, qui ressentent beaucoup plus de choses que nous croyons.
J’ai, dans mon enfance fait face à des non-dits sur un autre sujet. Maintenant, je suis adulte et je ne sais toujours pas tout ce que je voudrais savoir…
J’espère que mon humble témoignage pourra vous apporter quelque chose. Je vous souhaite de prendre la décision qui vous apaisera, quelle qu’elle soit.