En 1700, une puissante coalition ennemie attaquait la Suède. Le jeune roi prit alors la tête de son armée qu’il ne quitta plus jusqu’à sa mort. D’abord victorieux, il mena campagne au Danemark, combattit les Russes dans les provinces baltes et sillonna la Pologne pour déposer son roi et lui imposer la paix.
Dès l’âge de 18 ans, il acquit une gloire militaire qui fit sa renommée dans l’Europe entière, au point d’être considéré comme » l’arbitre » des affaires politiques du continent.
Il ne lui restait qu’à vaincre le tsar Pierre Ier qu’il décida d’aller combattre jusqu’à Moscou. L’échec de sa campagne russe marqué par la défaite de Poltava (28 juin 1709) fut aussi retentissant que l’avaient été ses succès antérieurs.
Le roi de Suède qui avait incarné Mars victorieux n’était plus qu’un prince sans armée contraint de se réfugier pendant plusieurs années dans l’Empire ottoman. Mais l’homme avait de la ressource, il traversa l’Europe incognito en deux semaines pour reparaître dans le Nord. Il se lança alors dans des entreprises toujours plus audacieuses.
Le cours de sa vie fut interrompu brutalement par une balle dans la tempe un soir de novembre 1718. L’origine, l’auteur et la motivation de ce tir fatal demeurent inconnus autorisant toutes sortes d’hypothèses. Cet ultime mystère s’ajoute à la constellation d’interrogations demeurées sans réponse autour de la personnalité de ce roi et des choix stratégiques qu’il a pu faire.
Charles XII a fasciné aussi bien ceux qui l’ont connu que les historiens. Comme soldat, il se plongea au cœur des combats et tua plusieurs ennemis de ses propres mains tout en exposant sa vie ; comme général, il commanda ses armées et comme roi il gouverna d’une main de fer son État et ses sujets. Au cours de ses campagnes, il connut le froid et la faim mais ne se départit jamais de la prestance attachée à son rang.
Héros et génie militaire pour les uns, il est pour d’autres un personnage déraisonnable, le fossoyeur de la Suède. Quoi qu’il en soit, sa trajectoire de vie exceptionnelle s’inscrit dans une période de profonds bouleversements de l’Europe du Nord et de l’Est qui n’est pas sans lien avec la situation contemporaine.
« Charles XII. Roi de Suède et homme de guerre. 1682-1718 », Erik Schnakenbourg, Perrin, 2026
Mayg
7 avril 2026 @ 06:54
Intéressant l’histoire de ce roi de Suède.
Brimbelle
7 avril 2026 @ 07:41
Un épisode de la vie de ce roi : sa défaite face aux Russes inquiétant fortement Stanislas Ledzinski, alors roi de Pologne imposé par les Suédois. Ce dernier alla demander à Charles XII l’autorisation d’ abdiquer , ce qui lui fut refusé . Il reçut du roi de Suède un petit duché allemand, où il vécut quatre ans avant de devenir le dernier duc de Lorraine
Jean Pierre
7 avril 2026 @ 09:38
Stanislas ne vécut pas à Zweibrücken avant de devenir duc de Lorraine mais aussi à Wissembourg ici en Alsace car il avait été placé sous la protection de la garnison française de Landau.
Brimbelle
7 avril 2026 @ 19:32
Effectivement, Jean-Pierre, j’avais oublié cette » étape » . Au temps pour moi !
A noter que décédé sans enfants, ce fut sa sœur qui lui succèda à Charles XIIElle fut contrainte par le Parlement de renoncer à la monarchie absolue et au caractère héréditaire de la couronne. Elle abdiquà en faveur de son mari.
Le pouvoir absolu fut rétabli par Gustave II en 1772
Passiflore
7 avril 2026 @ 19:49
J’ai lu que le jeune pâtissier wissembourgeois Nicolas Stohrer avait créé pour lui un baba au rhum et qu’à l’occasion du 300e anniversaire de son arrivée à Wissembourg, en 1719 (pour six ans), une charte avait été signée par la société germano-polonaise de Zweibrücken en faveur de l’établissement d’une route paneuropéenne Stanislas entre la Pologne, l’Allemagne et la France. Celle-ci devait relier Lunéville à Leszno en Pologne, en passant par Wissembourg. Cette route est-elle empruntée ?
Brimbelle
8 avril 2026 @ 19:36
Passiflore, cette route a été « baptisée » au château de Lunéville en octobre 2019, avec les développements touristique et économique en objectif. et surtout’le rapprochement entre les peuples et l’apprentissage des langues.Les élus des trois villes concernées étaient présents.
Maintenant, je n’en connais ni la fréquentation. Ni le résultat.
Passiflore
9 avril 2026 @ 22:03
Merci, Brimbelle
Bastide
7 avril 2026 @ 08:44
De mémoire Voltaire a écrit sur lui.
Florence Bouchy-Picon
7 avril 2026 @ 10:05
Mort a la bataille de Potlava en Ukraine.
Une Suedoise en France
7 avril 2026 @ 11:11
Ah non alors ! Charles XII ( Karl XII) est mort dans une des tranchées devant la forteresse de Fredrikssten près de Halden en Norvège. Une balle dans la tempe , tiré de quel camp – mystère jamais élucidé. Si il s’agit de Stanislas Leszczynski l’ex roi de Pologne, il est mort à Luneville.
Florence Bouchy-Picon
8 avril 2026 @ 13:15
Merci pour cette rectification, chère Suédoise en France !
antonio
7 avril 2026 @ 15:50
Non, il est mort ne Norvège en 1718, 9 ans après la bataille de Poltava
Florence Bouchy-Picon
8 avril 2026 @ 13:13
Desolée pour cette erreur historique.
Passiflore
7 avril 2026 @ 11:39
Après sa défaite contre Pierre le Grand à la bataille de Poltava (Ukraine actuelle), Charles XII, qui était blessé, demanda l’hospitalité (provisoire) du sultan ottoman Ahmed III (1673-1736) pour éviter d’être capturé par l’armée russe. Le sultan, qui l’admirait, accepta malgré les objections des Russes. Les Ottomans autorisèrent l’implantation d’une colonie suédoise dans la ville de Bender, en Moldavie. Ils surnommaient le roi “tête de fer” (demirbash). Mais ces huit jours se transforment en cinq ans, au cours desquels les Turcs entrèrent en guerre avec la Russie. Le roi de Suède mit un point d’honneur à mener plus grand train encore que dans la prospérité. Il avait réussi à amadouer l’influente mère du sultan, Emetullah Rabia Gülnuş, en lui offrant des parfums français et en communiquant secrètement avec elle par l’intermédiaire des marchands et ambassadeurs dont il était proche. En plus des dépenses en calèches, chevaux et armes, le palais autorisait Charles XII à disposer de 125 à 150 livres sterling par jour, 125 livres équivalent à 15.855 $ actuels.
Carole 007
7 avril 2026 @ 13:59
Je n’ai aucune connaissance sur ce sujet, merci N&R.
Passiflore
7 avril 2026 @ 14:37
Voltaire n’a jamais rencontré le roi Charles XII qui est mort depuis une dizaine d’années quand il commence à rédiger son livre. L’idée lui en était venue lors de son exil en Angleterre (de 1726 à 1728) après avoir lu l' »Histoire de la Suède sous le règne de Charles XII », d’Henri Philippe de Limiers, écrivain néerlandais d’origine française, docteur en droit, paru en 1721. Il avait, aussi, rencontré plusieurs conseillers du roi de Suède. Il publia « Charles XII roi de Suède », en janvier 1731, et le modifia à plusieurs reprises.
antonio
7 avril 2026 @ 15:49
Personnage qui m’a toujours fasciné, sans Pierre le grand, probablement la Suède serait devenu un empire et les russes auraient appris le suedois
Bastide
8 avril 2026 @ 12:50
Non les Russes n’auraient pas parlé suédois mais des Baltes sans doute.
Les commerçants des ports baltes parlaient allemand.
Kardaillac
8 avril 2026 @ 08:20
Je ne sais si cet ouvrage vaudra le Charles XII de Voltaire qui, lui, se lit comme un thriller.
Framboiz 08
8 avril 2026 @ 23:45
Un roi guerrier à qui succède une femme…Un des grands rois de la Suède !G remarqué dans l’arbre généalogique, qu il y avait une Madeleine, alors.Je croyais juste que la reine et le roi avaient choisi un prénom, qui leur plaisait…