
Du 6 juin au 4 octobre 2026, le château de Chantilly accueille l’exposition « De Naples à Chantilly. Les collections de la reine Caroline Murat ».
Passionnée par la baie de Naples et les sites antiques de Pompéi et d’Herculanum, elle constitua une collection remarquable en soutenant des artistes majeurs tels qu’Ingres, Rebell ou Canova.
L’exposition présentée au musée Condé du Château de Chantilly reconstitue cette collection grâce à d’importants prêts et à des œuvres récemment réattribuées.
Elle met en valeur le goût novateur de Caroline Murat et son rôle essentiel dans le rayonnement artistique de Naples au début du XIXᵉ siècle, invitant le public à un voyage entre Naples et Chantilly.
Chantilly est une petite Naples. L’exposition mettra l’accent sur le lien unissant Naples à Chantilly et Caroline Murat à Henri d’Orléans, duc d’Aumale et fondateur du musée Condé.
Dernière sœur de la fratrie de Napoléon Ier, Caroline Bonaparte épouse le 20 janvier 1800, le général de brigade de l’armée impériale Joachim Murat, proche de l’empereur.
Ensemble, ils ont eu quatre enfants, dont les portraits réalisés par leur professeur Benjamin Rolland témoignent de la proximité du couple Murat avec les artistes reconnus de leur époque. La collection des Murat prend racine dans la France impériale et s’enrichit durant leur règne napolitain.
C’est Léopold de Bourbon-Siciles, prince de Salerne, régent à Naples à partir de 1815 au moment de la Restauration, qui reçoit en partage une grande partie de la collection des Murat. Ces œuvres rejoignent finalement, en 1854, la collection du duc d’Aumale, gendre du prince de Salerne.
Si le collectionnisme de Caroline Murat connaît un essor à Naples, ses prémices prennent place en France, dans les résidences parisiennes du couple.
Du palais de l’Elysée au château de Neuilly, l’exposition dévoilera l’existence d’un goût précoce pour le mobilier et les décors à l’antique, déjà prégnants dans les salons et cabinets d’études de la reine.
Les paysages et vues intérieures de ces demeures rappelleront le raffinement artistique et architectural qui caractérise le mode de vie de Caroline Murat.
Régnant à Naples à partir de 1808, le couple Murat s’installe dans le palais royal. Cette demeure d’exception devient alors l’écrin de la collection grandissante de Caroline Murat, mais aussi un lieu où la reine accueille et développe son cercle artistique et intellectuel.
Le milieu artistique et intellectuel dans lequel baigne la baie de Naples à l’arrivée du couple des Murat, est empreint d’un néoclassicisme. L’Italie est alors tournée vers son héritage antique, artistique et historique, mais aussi vers les grands noms de la Renaissance.
La peinture italienne de l’époque moderne ornait ainsi les murs du palais royal.
La décennie de domination française est marquée par l’application d’une politique des arts dans le domaine archéologique. Caroline Murat développe un vif intérêt pour les fouilles archéologiques de Pompéi et d’Herculanum.
Plus qu’un goût pour les trésors, c’est une véritable conscience patrimoniale qui semble être née chez la reine. Cette dernière se constitue alors un entourage composé des savants les plus éclairés tels que le comte de Clarac, Aubain-louis Millin, ou encore François Mazois qui entreprend de compiler ses travaux et dessins d’études dans les Ruines de Pompéi dédicacées « à Sa Majesté, la reine des Deux-Siciles ».
Genèse d’un « musée de la Reine », les remarquables antiques conservés au musée Condé et présentés à l’occasion de cette exposition sont un témoignage de la passion archéologique de Caroline Murat et du caractère scientifique de sa collection.
Si le goût de Caroline Murat était tourné vers les oeuvres du passé, la reine de Naples doit également être considérée comme une protectrice des arts et des artistes de son temps.
L’exposition aura pour vocation de rendre compte de ce mécénat éclairé et de cette sensibilité pour la production contemporaine, en mettant l’accent sur des figures artistiques majeures, dont les oeuvres étaient particulièrement appréciées et collectionnées par Caroline Murat.
Seront mis particulièrement à l’honneur Antonio Canova – dont on doit au couple Murat l’introduction de son œuvre en France – François Gérard, Jean-Auguste-Dominique Ingres, François-Marius Granet, Benjamin Rolland ou encore Louis- Nicolas Lemasle.
Un accent particulier sera mis sur les paysages napolitains et vues du Vésuve dont les principaux peintres, Joseph Rebell, Alexandre-Hyacinthe Dunouy ou encore Louis-Nicolas-Philippe-Auguste de Forbin, occupent une place de choix au sein de la collection de Caroline Murat.
Le visiteur sera plongé dans les paysages panoramiques de la baie de Naples, où les grondements du Vésuve semblent se faire entendre ».
Régine ⋅ Actualité 2026, Bourbon-Deux-Siciles, Châteaux, Expositions, France, Italie, Napoléon 16 Comments
Pascal Hervé
5 juin 2026 @ 09:45
Après avoir lu cet article je me demande quelles étaient les relations entre Caroline Murat et l’impératrice Joséphine.
J’ai l’impression qu’elles devaient être rivales ?
Cosmo
5 juin 2026 @ 12:22
Elles étaient mauvaises. Non du fait de Joséphine mais de Caroline.
S’il est vrai que la reine de Naples a eu un rôle positif sur le plan culturel et artistique dans son royaume éphémère, cela ne la rend pas sympathique pour autant.
Le clan Bonaparte, à l’exception de Joseph, n’a jamais accepté Joséphine de Beauharnais.
Certes, elle n’était pas une sainte mais les sœurs de Napoléon n’étaient pas des prix de vertu.
Mayg
5 juin 2026 @ 12:34
Les sœurs de Napoléon n’ont jamais vraiment apprécié Josephine.
Esquiline
5 juin 2026 @ 12:10
Chantilly est une petite Naples me fait penser à une expression barese qui dit « si Paris avait la mer elle serait une petite Bari ».
Bari a tout un quartier construit sous l’éphémère règne de Murat dont le style est effectivement un peu parisien très éloigné du charme des ruelles et des deux imposantes cathédrales de la Bari Vecchia.
Kalistéa
5 juin 2026 @ 13:11
Pas du tout Pascal Hervé . Joséphine était ne enjôleuse qui faisait des gentillesses à tout le monde et en particulier aux membres de la famille de son époux Bonaparte sachant que celui- ci tenait tant à sa famille . Sa fille Hortense était élevée chez mme Campan avec Caroline et elles étaient comme deux soeurs. Cependant Hortense était douée pour les arts et Caroline était d’un caractère jaloux ; Ceci amena quelques difficultés mais après tout , n’est ce pas la même chose dans bien des familles?ce qu’on peut retenir tout de même , c’est qu’après l’écroulement de l’Empire et la dispersion des membres de la famille de Napoléon , quand Hortense ex reine de Hollande mourut et qu’elle fut enterrée près de sa mère dans l’église de Rueil Malmaison , l’ex reine de Naples déjà souffrante , (elle avait le même cancer du pylore que son père Charles Buonaparte et que Napoléon) , vint de Florence où elle s’était fixée , par les routes et les moyens de locomotion de l’époque, pour assister aux obsèques de sa belle soeur et compagne de jeunesse , et lui rendre un dernier hommage. On peut en tirer une conclusion il me semble sur la prétendue inimitié des Bonaparte face aux Beauharnais .La vie se déroule avec sse mometns tantôt tendus pour x raison , tantôt bien plus affectueux.
Kalistéa
6 juin 2026 @ 09:05
La famille Bonaparte était contre le mariage de Napoléon avec Joséphine veuve Beauharnais dont elle connaissait la vie de « merveilleuse » et qui était sans le sou sous dse dehors tape à l’oeil , cela est indéniable. Mais par la suite , la gentillesse de Joséphine et de ses enfants arrangèrent bien des choses. ON écrit tellement de choses et souvent à tort et à travers!… par exemple on dit et on répète à l’envi que Joséphine était infidèle et trompait son mari. C’était vrai au début de son mariage , alors que Napoléon était parti guerroyer en Italie et qu’elle s’était éprise follement du « blondin « Hypolithe Charles . Mais après le retour d’Egypte de Napoléon et leur réconciliation , Joséphine n’eùt plus aucune histoire galante de toute sa vie d’impératrice. On dit aussi , et on répète que lors du divorce de Napoléon toute sa famille éclatait de joie or c’est faux/ des témoins dignes de foi dirent que la famille était en larmes , au contraire.
Caroline et Pauline furent toujours jalouses de la grâce , de l’élégance et de la popularité de Joséphine qui avait des dons de séduction indéniables. Caroline mit dans le lit de son frère la jeune Eléonore de la plagne dans le but réussi qu’elle ait un enfant de l’Empereur prouvant ainsi qu’il pouvait en avoir. C’est une stratégie afin de sauvegarder la dynastie , digne de la calculatrice qu’elle était. Ceci ne veut pas dire qu’elle haïssait les Beauharnais pour autant. Eugène de Beauharnais adopté par son beau-père et Jérôme le plus jeune des Bonaparte , furent mis ensemble dans la même école militaire ; ils étaient frères et le restèrent toute leur vie . IL faut se méfier des légendes et ne faire cas que des historiens sérieux et méticuleux.
Pascal Hervé
6 juin 2026 @ 12:25
Et bien vous en savez des choses !
Et on ressent que ces connaissances sont mûries , j’oserai écrire ”ruminées” sans aucune notion péjorative.
Merci pour votre réponse détaillée, ainsi qu’à Cosmo et Mayg.
Il se trouve que j’avais plutôt un préjugé favorable envers Joséphine mais une récente lecture où est évoqué son goût pour les plantes et les animaux me fait douter.
Je me demande si elle était sincère où si elle cherchait à s’imposer comme une référence dans tous les domaines possibles et surtout se faire valoir.
Cosmo
8 juin 2026 @ 15:49
J’ai travaillé sur Joséphine en vue d’articles à son sujet. Je n’avais aucun préjugé ni pour ni contre.
Je pense qu’elle était sincère dans tout ce qu’elle faisait. Elle était connue pour sa bonté et sa gentillesse. Elle savait aussi saisir les opportunités, de toutes sortes. Elle a eu un destin malgré elle
Kalistéa
9 juin 2026 @ 09:03
Cher pascal H , avouez que c’est curieux d’apprendre que quelqu’un révise son préjugé favorable sur une princesse en apprenant qu’elle était passionnée de plantes , fleurs et oiseaux !
Joséphine avait de l’élégance , du gôut , elle et Napoléon favorisèrent en peu de temps la naissance d’un nouveau style: le style « Empire » . Elle lança des modes mais pas seulement dans la couture , et avec elle on oublia les ennuyeux jardins à la française ourlés de buis taillés . On copia son jardin de Malmaison rempli de lys et de roses et ses pièces d’eau où nageaient des cygnes…c’est plutôt sympathique je trouve. Où voyez vous que c’est une façon de « se faire valoir »?
Elle avait enfin une maison à elle et un jardin où se promener : elle se faisait plaisir et partageait ce plaisir avec ses visiteurs et les familiers de son époux .
Cosmo
6 juin 2026 @ 22:00
Vous avez raison. Il y a deux Joséphine, avant et après le retour d’Egypte. La frivole vicomtesse de Beauharnais est devenue la digne impératrice des Français, rôle dont elle ne voulait, d’ailleurs, pas.
Eugène et Hortense, très attachés à leur beau-père, étaient probablement plus admis par les Bonaparte que ne l’était leur mère.
Joséphine avait une séduction naturelle qu’aucune des Bonaparte n’avait. Elles n’étaient pas nées dans la même île.
Kalistéa
8 juin 2026 @ 22:06
Ah , mon cher Cosmo , vous avez l’air de dire que nos ancêtres n’étaient pas séduisantes… J’ai pourtant de beaux portraits vous savez!
Cosmo
10 juin 2026 @ 06:45
Dear K,
Séduction et beauté, parfois, ne vont pas ensemble.
Murat était beau mais était-il séduisant ?
Joséphine n’était pas vraiment belle mais était séduisante.
Cosmo
Kalistéa
10 juin 2026 @ 18:01
C’est vrai ce que vous dites sur la séduction cher Cosmo. mais il se peut que vous ne trouviez pas Joséphine vraiment belle , cependant à son époque elle passait pour très belle en plus d’être élégantissime. Murat était bel homme et croulait sous les succès féminins…IL aurait même été brièvement l’amant de Joséphine , avant le mariage de celle ci naturellement. Vous allez me dire que je n’ai pas tenu la chandelle , et c’est vrai !
Passiflore
7 juin 2026 @ 22:02
Au Palais Royal de Naples, les Murat avaient créé un garde-meubles, un grand escalier, une salle du Trône, une salle de bal et un petit théâtre et Caroline avait constitué un comité des architectes. Dans le Grand Cabinet, on pouvait voir un portrait de Caroline par Ingres et les antiques qu’elle avait collectionnées (qui appartiennent, maintenant, à la direction de la Bibliothèque municipale dans le Palais Royal). Après la mort de Murat, Caroline a eu des problèmes financiers. Elle s’installa au château de Frohsdorf et dut vendre bijoux, porcelaine et argenterie. Metternich refusa qu’elle quitte Frohsdorf. Elle hérita de sa sœur Elisa (morte le 6 août 1820) sa maison de Trieste où elle reçut Madame Récamier. Elle retrouva sa belle-sœur Hortense après 15 ans de séparation, à Rome, car l’Autriche l’avait autorisé à quitter Trieste. Ne pouvant séjourner dans les Etats Pontificaux, elle obtint, en 1831, l’autorisation de se rendre à Florence où elle acheta le palais Griffoni près de l’église des Ognissanti.
Elle mourut le 18 mai 1839 et fut enterrée à la sauvette dans la chapelle des Ognissanti, les Bonaparte étant proscrits. Le 16 novembre 2016, une messe a été célébrée en la chapelle funéraire de Caroline Murat, récemment restaurée et ouverte au public, en présence du consul honoraire de France, de membres de la famille Murat et diverses instances. En 1841, une commission officielle avait décidé l’inhumation du corps dans une petite pièce derrière la chapelle Botticelli où il repose.
Robin des Bois
8 juin 2026 @ 13:18
Il y a longtemps, j’avais visité un palais napolitain devenu musée. Capodimonte je crois.
J’aime toujours lire les lettres exposées sous vitrine quand elles ont été écrites par des personnages historiques. J’ai été étonné de voir l’orthographe exécrable de Caroline dans une de ses lettres.
Kalistéa
9 juin 2026 @ 19:46
Ah , ça c’est tout à fait autre chose mon cher Roby . Comment voulez vous que les Bonaparte surtout les femmes aient eu une bonne orthographe avec la vie bousculée que les pauvres jeunes filles ont eue dans une époque troublée ? Pauline n’était jamais allée à l’école et était très ignorante. Quand Napoléon 1e consul s’installa comme chef d’état à Paris, elle ne voulut pas aller chez madame Campan comme Hortense et caroline prétextant un âge plus avancé. Elle savait à peine lire et écrire. Ses frères alors lui conseillèrent de lire beaucoup et chaque jour afin de comprendre e qu’on disait dans un salon. Ils lui constituèrent une bibliothèque . Elle n’avait aucune prétention à briller par le savoir au contraire de sa soeur Elisa qui avait été à saint cyr et qui était instruite et un vrai bas bleu. Caroline était selon Talleyrand ( ou était ce Metternich ?) « une tête de Cromwel sur des épaules de jolie femme »: elle s’intéressait à la politique mais vous pensez, l’orthographe était le dernier de ses soucis ! J’ai vu à Baltimore des lettres de Jérôme Bonaparte à sa 1e femme , Betsy Patterson ; j’ai été frappée par la jolie écriture bien formée d’un bon élève de 7e , et sans une faute d’orthographe .