
Il les a photographiés dans leurs plus beaux atours comme dans leurs heures les plus sombres. Pendant un demi-siècle, Arthur Edwards a suivi la famille royale britannique aux quatre coins du monde, témoin privilégié d’une monarchie en pleine transformation.
Le célèbre photographe royal du Sun ouvre aujourd’hui ses archives et ses souvenirs dans un album au titre délicieusement britannique : Cup of Tea, Arthur? My Extraordinary 50 Years Photographing the Royal Family, à paraître le 5 novembre 2026 chez HarperCollins.
À lui seul, son carnet de route donne le vertige : quelque 200 tournées royales dans plus de 120 pays, sept mariages, cinq funérailles, sept naissances, trois jubilés et un couronnement. Derrière ces chiffres se cache surtout une exceptionnelle proximité avec les Windsor.
Arthur Edwards n’a jamais été seulement l’homme placé derrière son objectif. Au fil des décennies, sa silhouette est devenue familière aux membres de la famille royale. Le titre même de son livre, « Cup of Tea, Arthur ? » — « Une tasse de thé, Arthur ? » — résume avec humour cette place particulière acquise auprès de ceux qu’il photographiait.
Entré au Sun en 1977, Edwards a vu défiler devant son appareil plusieurs générations de Windsor. Il fut notamment l’un des photographes qui contribuèrent à révéler au grand public la jeune lady Diana Spencer, avant de suivre la princesse pendant dix-sept ans. Ses photographies racontent son ascension fulgurante, ses années de gloire et cette incroyable révolution médiatique qui transforma une jeune aristocrate timide en femme la plus photographiée du monde.
Mais l’histoire d’Arthur Edwards est également indissociable de celle de Charles III. Il a suivi l’ancien prince de Galles pendant des décennies, des années difficiles de son premier mariage jusqu’à son union avec Camilla, puis son accession au trône. Une fidélité professionnelle suffisamment longue pour qu’une véritable relation de confiance s’établisse.
William et Catherine, Harry et Meghan, les jubilés d’Elizabeth II, les grands mariages de Westminster et de Windsor, les voyages officiels, les deuils et enfin le couronnement de Charles III : Edwards était là.
Son livre promet surtout ce que les amateurs d’histoire royale recherchent toujours avec gourmandise : l’envers du décor. Car une photographie officielle raconte rarement toute l’histoire. Que s’est-il passé quelques secondes avant que l’obturateur ne se déclenche ? Quelle plaisanterie a détendu l’atmosphère ? Quel geste ou quelle confidence n’a jamais franchi les grilles du palais ?
Après cinquante ans de métier, Arthur Edwards a accumulé ces petits instants qui disent parfois davantage sur les Windsor que les grands portraits officiels.
Charles III lui-même lui rend hommage en le décrivant comme un excellent photographe mais aussi comme « une personne très spéciale ». Un compliment qui en dit long sur l’étonnante position occupée par cet homme qui, pendant un demi-siècle, fut simultanément proche de la famille royale et chargé d’en fixer l’image pour des millions de lecteurs.
Avec ses 320 pages richement illustrées, Cup of Tea, Arthur? ne sera donc pas seulement un album de photographies royales. C’est aussi le témoignage d’un homme qui a observé, à travers son viseur, un demi-siècle d’histoire britannique.
Et lorsqu’on a passé cinquante ans à photographier les Windsor, une simple tasse de thé peut cacher bien des histoires… (Merci à Bertrand Meyer)