À l’heure où une partie du pays brise ses chaînes et revendique l’autonomie politique, la jeune femme se lance sur la scène du monde et publie un premier essai remarqué.
S’affranchir, malheureusement, ne se fait pas sans heurts. Tant la jeune nation française que Germaine de Staël déclenchent des passions. Contre elles, les obstacles s’accumulent, les haines fermentent et l’horizon du bonheur s’éloigne, quand il ne dégénère pas en violence.
Comme si une femme qui pense, aime en dépit des conventions et met son talent au service du bien commun était par essence scandaleuse. Faut-il alors se résigner ? Ou préférer à la tradition rassurante la complexité du monde moderne ?
Germaine de Staël, sans hésiter, choisit l’audace. À moins qu’elle ne suive son être : l’attachement à l’indépendance, personnelle et politique, le désir de dépayser les esprits et d’élargir les frontières font partie de son existence.
Face à la dictature de l’opinion, à Napoléon, à la peur et aux égoïsmes frileux, elle oppose une vie de courage et d’enthousiasme ; un savoir porteur d’espoir qui nous rappelle le prix de la liberté, et ce qu’il en coûte de la défendre.
Une vie romanesque enfin, ponctuée de voyages et d’exils, d’amitiés fortes (le groupe de Coppet) et de ruptures éclatantes (Benjamin Constant) qui fait d’elle une prophète de l’Europe et de la cause des femmes. « La » biographie espérée, par la meilleure spécialiste actuelle. »
« Germaine de Staël. Le prix de la liberté », Stéphanie Genand, Perrin, 2026, 358 p.
Roxane
7 septembre 2026 @ 11:55
Une vie tout à fait passionnante et une personnalité hors du commun !
Je recommande l’épisode de Secrets d’histoire qui retrace son parcours.
Sauf erreur de ma part, Jean d’Haussonville (mari de la soeur de Philoména) est l’un de ses descendants. La fratrie connaît des difficultés avec la fondation qui gère le château de Coppet, il me semble.
Bambou
7 septembre 2026 @ 12:17
Il y a eu un Secret d’Histoire très intéressant sur Madame de Staël.
Passiflore
7 septembre 2026 @ 13:18
En octobre 1803, Napoléon, par décret, lui interdit de s’approcher de Paris à moins de quarante lieues. Elle se réfugia, alors, dans son château familial de Coppet, en Suisse.
Je croyais que l’idée venait de « Germaine », mais non c’est sa mère Suzanne Necker qui avait demandé par testament que son corps soit placé dans une cuve de marbre noir remplie d’esprit-de-vin où l’ont rejoint l’ancien ministre de Louis XVI, et leur fille Germaine de Staël, en juillet 1817. Leur tombeau se trouve dans le parc de Coppet.
Jean d‘Haussonville descend de Mme de Staël par sa fille Albertine.
Gildas
7 septembre 2026 @ 22:17
Cet article ne donne pas envie de lire cette biographie aux parfums de la bien- pensance 2026.
Caroline
7 septembre 2026 @ 23:09
Peu tentée de lire le livre ‘ féministe ‘ sur Germaine de Staël , je serais curieuse de lire les commentaires sur ce livre.
Visder
8 septembre 2026 @ 07:39
On doit rappeler ici les deux excellentes et assez recentes biographies de Germaine Necker de Stael , de Michel Winock ,universitaire brillant et lisible, et guislain de Diesbach, plus caustique et tout aussi serieux
Kardaillac
8 septembre 2026 @ 10:15
C’est à lire assurément. Perrin en histoire produit de la qualité. Son ancien nom était « Librairie académique Perrin ».
Pascal Hervé
8 septembre 2026 @ 11:34
L’ancêtre fondateur des ”bobos” ???