
“Compagne du héros que l’univers admire. Le cœur à ton aspect dit : Voilà qui l’inspire” “Voir dans nos murs la vertueuse épouse du plus grand des héros est une jouissance qui se sent mieux qu’elle ne peut s’exprimer” lui déclare le maire de Roanne.
Ci-dessus : La France du Directoire vue d’Angleterre.Eau-forte coloriée à la main éditée par Samuel William Fores
A Bonaparte les lauriers, à Joséphine l’encens qu’elle respire tout au long de son voyage vers Paris, en compagnie d’Hippolyte Charles. Il est aisé d’imaginer le plaisir qu’elle a dû avoir en entendant célébrer la gloire de son mari et vantant ses vertus à elle, lovée dans les bras de son amant.

“Promesse de mandat territorial » qui a remplacé, sans plus de valeur, l’assignat le 18 mars 1796
En route, elle n’a pas oublié ses affaires. Une compagnie est créée. Bodin est son nom. Elle emploierait Hippolyte, recevrait le concours des interventions de la générale Bonaparte, désormais si influente, sous le regard bienveillant de Barras. En réalité, c’est une association de malfaiteurs qui livrera à l’armée des chevaux destinés à l’équarrissage.
Bonaparte est arrivé à Paris avant elle le 5 décembre 1797. Le vainqueur de l’Italie, le nouveau héros de la République, bientôt l’idole du peuple français, découvre avec stupeur le domicile conjugal, transformé en son absence.
Avant de partir Joséphine a fait dire “…il y a maintenant des fonds et je me flatte que tout va bien. Je désire que ma maison soit meublée avec la dernière élégance, j’entends que tout le premier sera ainsi meublé.”

Reconstitution de l’entrée de l’hôtel Bonaparte – ex Beauharnais – rue de la Victoire
A Sainte-Hélène le 21 avril 1816, Napoléon dira à Las Cases, son mémorialiste : “ En quittant l’armée d’Italie pour venir à Paris, Mme Bonaparte avait écrit qu’on meublât, avec tout ce qu’il y avait de mieux, une petite maison que nous avions rue de la Victoire. Cette maison ne valait pas plus de quarante mille francs. Quelle fut ma surprise, mon indignation et ma mauvaise humeur, quand on me présenta le compte des meubles du salon, qui ne me semblaient rien de très extraordinaires, et qui montait pourtant à la somme énorme de cent vingt à cent trente mille francs. J’eus beau me défendre, crier, il fallut payer. L’entrepreneur montrait la lettre qui demandait tout ce qu’il y avait de mieux : or tout ce qui était là était de nouveaux modèles faits exprès ; il n’y avait pas de juge de paix qui ne m’eût condamné”.
Napoléon, dans son souvenir, a exagéré le montant Mais il eût devant lui une demeure qui si elle n’avait pas changé de taille avait changé d’allure.

Le rez-de-chaussée de l’hôtel
“Au rez-de-chaussée, après une antichambre en forme de tente sommairement meublée, on entre dans la salle à manger flanquée aux angles de quatre buffets d’acajou ; autour de la table ronde à abattants de près de deux mètres de diamètre, sont disposées douze chaises d’acajou couvertes de tissu de crin à rayures ; pour dissimuler le service, Jacob livre en 1797 pour 600 livres un paravent d’acajou à six feuilles dont le haut est garni de taffetas bleu ;

Une assiette du service
Un service en faïence fine au chiffre JNB garnit les buffets; l’éclairage est assuré par une lampe à trois lumières de forme chinoise et par deux paires de flambeaux en argent plaqué.

Rue de la Victoire – Le mobilier
On pénètre ensuite dans le salon, pièce principale de la maison, dont l’élément majeur est constitué par une grande frise mythologique de plus de 18 m de long sur 0,90m de haut, peinte par David figurant une suite de personnages mythologiques et de sujets allégoriques, dans le style des bas-reliefs grecs. Le mobilier a été dessiné par l’architecte Charles Percier pour les frères Jacob, un secrétaire (1.800 livres) accompagné de sa commode (1.200 livres) en acajou et citronnier.
Les fenêtres du salon sont garnies de rideaux en soie verte encadrés de draperies de taffetas de la même couleur et les sièges d’acajou couverts d’un drap vert tirant sur le bleu souligné par un galon de velours noir ; ils se composent de quatre canapés aux bras formés de figures de femmes bronzées et dorées, de quatre fauteuils, de douze chaises et de huit tabourets ; un lustre à neuf branches en cristal et bronze doré est suspendu au plafond, tandis que dans la cheminée est placé un feu de bronze doré et patiné représentant l’Etude et le Philosophe d’après un modèle en biscuit réalisés en 1780 pour la manufacture de Sèvres par le sculpteur Boizot ; reprenant les motifs en arabesques du lustre, un guéridon d’acajou et bronze doré à deux gradins en marbre bleu turquin trône au centre de la pièce tandis qu’une console d’acajou et bois doré au fond garni de glace est placée entre les fenêtres ;

Les vases Médicis
la cheminée est garnie de quatre vases de forme Médicis en porcelaine à fond brun ornés de feuilles de vigne et d’une monumentale pendule en forme de pyramide dont le mouvement est dû à l’horloger Bréguet ; dans les angles de la pièce, huit colonnes de stuc supportent des figures en plâtre dont quatre représentent Hercule, Cérès, la Prudence ou Pomone.
Les murs de la dernière pièce du rez-de-chaussée, le cabinet de Bonaparte, sont garnis de cinq corps de bibliothèque en acajou ornés de têtes de Mercure, de brandons, de palmettes et d’autres ornements de bronze doré ; le reste du mobilier est composé d’un simple bureau d’acajou et de deux grands fauteuils de bureau également d’acajou ; deux flambeaux de bronze doré et patiné livrés en 1797 assurent l’éclairage.

Plan du premier étage
On accède à l’étage par un étroit escalier éclairé par trois modestes quinquets avec plaques de fer blanc livrés par Jacob en 1797.
La première pièce située au-dessus du cabinet de Bonaparte est sa chambre à coucher. Les deux rideaux d’alcôve en taffetas bleu et leurs pentes doublés de mousseline rayée abritent une large couchette d’acajou.
La couleur des rideaux autorise à placer dans cette pièce les quatre chaises en bois bronzé et les deux tabourets en X couverts en soie bleue ; un chevet d’acajou orné d’une figure allégorique et de deux lions bronzés accompagne dans la pièce une toilette d’homme en citronnier.
La pièce située entre les deux chambres à coucher, parfois appelée petit salon ; elle seule est suffisamment vaste pour recevoir le lit de repos, les quatre fauteuils, les huit chaises et les quatre tabourets d’acajou recouverts de soie rouge et garnis d’une broderie noire, à moins qu’une partie de ces sièges n’ait garni la pièce suivante ; on peut penser que le second lustre figurait dans cette pièce ; à douze branches de bronze doré, il était soutenu par quatre chaînes en cuivre et quatre autres en cristal.

Reconstitution de la chambre de Joséphine
La dernière pièce de l’étage, dite pièce aux glaces, et parfois appelée chambre de Joséphine, est située au-dessus de la salle à manger ; elle doit son nom aux miroirs qui montent du sol au plafond et qui sont encadrées d’une série de petites colonnettes surmontées d’arceaux…sachant que jusque vers 1803 Napoléon et Joséphine avaient toujours fait chambre commune, il convient de voir dans cette pièce une sorte de boudoir plutôt qu’une vraie chambre destinée à Joséphine ; un lit couvert de sa courtepointe de taffetas lilas occupe l’alcôve, elle-même flanquée de deux rideaux et d’une draperie de même tissu ; tous les cintres des glaces sont décorés d’une frange assortie ; c’est vraisemblablement dans cette pièce qu’il convient de placer les deux beaux meubles d’acajou que Joséphine réutilisera plus tard dans son appartement des Tuileries ; il s’agit de l’extraordinaire bureau en forme d’arc de triomphe flanqué de quatre cariatides en bronze patiné qu’accompagne une commode dont les bronzes, démontés dès 1809, ont été remontés sur un nouveau bâti. Au-dessus, règne un étage de combles destiné à loger la domesticité.”

Bureau
Cette description est tirée du site http://www.neufhistoire.fr/. U
n certain nombre de ces objets et meubles sont aujourd’hui au musée de la Malmaison, au Grand Trianon, à Fontainebleau voire en collectif privée.
Si la lecture peut en paraître fastidieuse, elle permet de comprendre ce que Rose de Tascher de La Pagerie, vicomtesse de Beauharnais, avait gagné en devenant la citoyenne Bonaparte. Elle irait plus haut, mais elle ne le savait encore pas.
Un mois après l’arrivée de Bonaparte, en son honneur, la rue Chantereine change de nom et devient rue de la Victoire. Le 26 mars 1798, Bonaparte se porte acquéreur de l’hôtel au prix de 52 400 livres, somme bien inférieure à celle qu’il avait payée pour le mobilier et la décoration.
La maison de la rue Chantereine fut la demeure des Bonaparte jusqu’en novembre 1799.
En 1802, Bonaparte la mit à la disposition du jeune couple formé par sa belle-fille Hortense et son frère Louis. Au départ du couple, Bonaparte y fit faire des travaux, acheta les terrains voisins.
En septembre 1805, il y logea Robert-Marguerite de Tascher de la Pagerie, l’oncle de Joséphine, qui n’en fut pas satisfait mais y mourut le 15 mai 1806.
Napoléon décida alors de s’en séparer, la vida de son mobilier et l’offrit à son aide de camp, le général Lefebvre-Desnouettes (1773-1822) qui s’illustra sur tous les champs de bataille des campagnes napoléoniennes et resta fidèle à l’Empereur jusqu’à la fin.
Exilé aux Etats-Unis en 1815, il périt dans le naufrage du navire qui le ramenait en France le 22 avril 1822. En 1821, il avait vendu au comte Rosptochine son château situé à L’Aigle dans l’Orne qui en fit cadeau à sa fille la comtesse de Ségur qui devint sous sa plume le “château de Fleurville”.
Le maréchal Bertrand habita ensuite la maison de la rue des Victoires, en qualité de locataire. Puis elle devint institution privée. La comtesse Lefebvre-Desnouettes la vendit à un agent de change le 2 avril 1857, qui dut la céder à la ville de Paris pour percer les nouvelles avenues de la capitale. Elle fut démolie en 1862 et les 49 et 51 se la rue de Châteaudun sont aujourd’hui sur son emplacement. Il ne reste rien de ce que l’on pourrait appeler la “Folie Bonaparte”.

Projet de la rue traversant la propriété, entrainant sa destruction
Mais avant de connaître ce sort, la maison de la rue de Victoire connaissait une vie intense. Hortense de Beauharnais écrivit : “ Tout Paris résonnait de son nom. Les sentinelles avaient peine à repousser le peuple et les personnes de la société impatientes et avides de voir le vainqueur d’Italie. Enfin, malgré la foule, nous pénétrâmes jusqu’au général qui était à déjeuner, entouré d’un nombreux état-major. Il m’accueillit avec toute la tendresse d’un père.”
Le 2 janvier 1798, Joséphine arrive enfin chez elle. Hippolyte a eu la bonne idée de rester à plus de trente kilomètres de Paris. L’explication sur ces dépenses fut orageuse entre les époux. Elle essaya de lui démontrer qu’il était indispensable à sa gloire d’avoir un intérieur digne de lui. Il est probable qu’il s’est d’autant laissé convaincre que l’argent de lui manquait pas. Il aurait rapporté d’Italie deux millions de francs en or.
Talleyrand avait décidé d’offrir, le 25 décembre, une fête non en l’honneur de Bonaparte, qui n’aurait pas apprécié cette mise en avant, mais en l’honneur de Joséphine, “ sa compagne chérie.” Il dut reporter la fête car l’invitée d’honneur n’était pas encore à Paris.

Hôtel de Gallifet – aujourd’hui le Centre Culturel Italien, 50 rue de Varenne

Hôtel de Gallifet – Façade sur le jardin
Mais quand elle eût lieu, ce fut une apothéose pour le couple. Les époux firent leur apparition, lui vêtue en redingote noire, boutonnée jusqu’au col, et elle dans une tunique d’un coûteuse simplicité, coiffée d’une toque et d’un diadème. Hortense, âgée de 15 ans, les accompagnait.
La foule se tut à leur entrée puis déchaîna son admiration, à la grande surprise de Bonaparte. Le dîner fut servi par les messieurs resté debout alors que les dames étaient assises à table.
Talleyrand avait voulu ressusciter une coutume de l’ Ancien Régime. Il leva son verre “ à la citoyenne qui porte le nom le plus cher à la gloire.”
La fête se termina sur un hymne vantant “ Du guerrier, du héros conquérant, Ô chère compagne, vous qui possédez tout son cœur seule avec la patrie…en vous chargeant de son bonheur vous acquittez la France.”
Deux femmes ne furent pas heureuse dans cette fête somptueuse. Tout d’abord Joséphine, ennuyée d’être ainsi le centre de l’assemblée, bien qu’habituée depuis 1794 à être l’objet de tous les regards et probablement fâchée de ne pas y voir Hippolyte, et Germaine de Staël, qui comptait bien faire sa cour au vainqueur, qui la battit froid, qui dira d’elle “ Cette femme est folle”, s’aliénant ainsi un des esprits qui comptait en cette période. Il faut dire qu’elle le poursuivait en vain de ses assiduités et se serait bien vue en générale Bonaparte. Devant son échec, elle ne l’épargnera plus, devenant une de ses ennemies les plus acharnées.

Plaque commémorative de la rencontre
Le couple Bonaparte s’installa alors dans une vie tranquille. Ils reçoivent leur premier cercle dont font partie Barras, les Tallien, Talleyrand. De nouveaux amis viennent se joindre à ces réunions, savants, poètes, artistes dont Jacques-Louis David (1748-1825).

David, autoportrait en 1794 – Musée du Louvre

Le Serment des Horaces – Musée du Louvre
Peintre célèbre en pleine maîtrise de son art, il a déjà peint en 1785, “Le serment des Horaces” mais pas encore “L’enlèvement des Sabines” (1799) ni “Bonaparte franchissant le Grand Saint-Bernard” (1800).

Bonaparte franchissant le Grand Saint-Bernard – Musée de La Malmaison
Premier prix de Rome en 1774, il est, sous l’Ancien Régime, un artiste établi et reconnu par ses pairs, comme portraitiste de la haute société de son temps et comme professeur.
Membre de l’Académie en 1784. Son portrait “Louis XVI montrant la Constitution au Dauphin” est resté à l’état d’ébauche.

Projet pour un portrait de Louis XVI présentant la Constitution au Dauphin
Musée du Louvre
Mais il y a eu le “Serment du jeu de Paume”, puis le triste dessin de “Marie-Antoinette menée à l’échafaud.” On lui a aussi attribué quelques portraits de Louis XVII.
En 1797, il veut peindre Bonaparte après la signature du Traité de Campo-Formio et commence le tableau qu’il ne finit pas, probablement de Bonaparte, jugeant inopportune cette publicité à ce moment-là. Il se rattrapera par la suite.

Portrait inachevé de Bonaparte – Musée du Louvre
La présence de David chez les Bonaparte est un double gage. Il a été d’Ancien Régime et en connait les codes ; il a été Jacobin, ayant voté la mort de Louis XVI, il offre une garantie républicaine.
Bonaparte n’est pas un homme de salon. Ces activités mondaines non seulement ne le satisfont pas mais lui font craindre un enterrement de première classe.
“ Bourrienne, je ne veux pas rester ici, il n’y a rien à faire. Ils ne veulent entendre de rien. Je vois que, si je reste, je suis coulé sous peu. Tout s’use ici, je n’ai déjà plus de gloire ; cette petite Europe n’en fournit pas assez. Il faut aller en Orient, toutes les gloires viennent de là.”
Né la même année que lui, l’ayant connu à l’Ecole militaire de Brienne, son ami depuis, Bourrienne (1769-1834) est depuis le début de la Campagne d’Italie, le secrétaire intime de Bonaparte. Il ne sera pas celui de Napoléon, à la suite de malversations financières que lui reprochera l’empereur, et d’éloignement mutuel allant jusqu’à la rupture en 1814.
Bonaparte se lamente, Joséphine s’enrichit, ou du moins paie ses dettes en participant aux magouilles financières auxquelles sont mêlés Barras, le général Schérer, ministre de la Guerre, et bien entendu Hippolyte Charles. La fourniture aux armées est l’occasion d’affaires malhonnêtes mais juteuses.

Barthélémy Schérer ( 1747-1804) par Guérin – Musée de l’Armée
Le Directoire a la bonne idée de vouloir envahir l’Angleterre. Bonaparte juge ce projet irréalisable mais part en tournée d’inspection sur les côtes du nord de la France et de la Belgique devenue française.
Pour Joséphine, c’est l’occasion de voir son amant à son aise. Pour Bonaparte, c’est l’occasion de mûrir son projet, une expédition en Egypte. L’Egypte est depuis 1517, sous domination ottomane.
Le sultan y maintient tant bien que mal son autorité à travers la classe dirigeante, les Mamelouks.
Pourquoi penser à l’Egypte ? Les raisons qui ont prévalu à l’organisation de cette campagne sont diverses. Bonaparte, y voit la perspective de nouvelles gloires militaires, le souvenir des conquêtes d’Alexandre le Grand.
Le Directoire a ainsi l’occasion de se débarrasser d’un général auréolé de gloire, utile mais ambitieux, voire dangereux pour leur régime.
Bien que l’on n’ait pas encore découvert les témoins de la grandeur de sa civilisation, et ce sera l’apport principal de la Campagne d’Egypte, son nom est lié à l’histoire de l’Empire Romain et fait rêver.
S’emparer de l’Egypte, c’est aussi barrer la route à l’expansionnisme britannique en Inde et dans l’Océan indien.

La traversée de la Méditerranée
Au départ de Toulon, le 19 mai 1798, la déclaration de Bonaparte donne le ton : “Soldats, matelots, vous avez été jusqu’à ce jour négligés ; aujourd’hui, la plus grande sollicitude de la République est pour vous… Le génie de la liberté, qui a rendu, dès sa naissance, la République arbitre de l’Europe, veut qu’elle le soit des mers et des nations les plus lointaines.”
Quarante mille hommes de troupe, dix mille marins, une équipe de scientifiques, comme il n’en a jamais été rassemblée, un aréopage militaire prestigieux.
Pour ne citer que les plus célèbres, choisis par Bonaparte pour organiser son État-Major et choisir ses aides de camp, Duroc, Eugène de Beauharnais, Kléber, Desaix, Berthier, Lannes, Murat etc…

Bonaparte et les savants sur le pont de L’Orient
L’armée française est accompagnée de cent soixante sept savants, ingénieurs et artistes, membres de la Commission des sciences et des arts, parmi lesquels le géologue Dolomieu, le dessinateur Henri-Joseph Redouté, le mathématicien, Gaspard Monge, fondateur de l”Ecole Polytechnique, le chimiste Claude-Louis Berthollet, l’écrivain Dominique Vivant-Denon etc…Outre une mission d’études ils ont à aider l’armée à percer le canal de Suez. Ils fondent au Caire l’Institut d’Egypte, qui existe encore.
Il y aura les grandes découvertes qui amèneront à la connaissance du pays, de son histoire et de sa langue primitive.

Fondation de l’Institut d’Egypte
Mais en attendant le départ vers cette gloire et les désastres qui l’ont accompagnée, à Paris, le couple Bonaparte traverse une crise conjugale. Ce n’est pas la première mais peut-être la plus grave.
Louise Compoint, sa femme de chambre et confidente, pour se venger de Joséphine qui l’a congédiée, va trouver Bonaparte et lui raconte tout de sa liaison avec Hippolyte Charles, sans épargner les détails.
Bonaparte demande à sa femme d’avouer sa liaison. Elle nie et elle pleure. Bonaparte se laisse attendrir. “Oui, mon Hippolyte, mon existence est un supplice continuel ! Toi seul peut me rendre au bonheur.” écrit-elle aussitôt à son amant.
Le 16 mars 1798, nouvelle tempête conjugale ! Son frère Joseph lui ayant confirmé la liaison de Joséphine et d’Hippolyte, et leurs malversations, Bonaparte entre à nouveau en fureur contre elle. Elle nie entre et pleure à nouveau, lui disant “Je suis la plus infortunée des femmes et la plus malheureuse ! Je n’ai aucune connaissance de ce que tu me dis…Si tu veux divorcer, tu n’as qu’à parler.”
Elle rapporte à nouveau la scène à son amant : “Oui, mon Hippolyte, ils ont toute ma haine ; toi seul a ma tendresse, mon amour ; ils doivent savoir combien je les abhorre par l’état affreux dans lequel je suis depuis plusieurs jours…Mais ils auront beau faire, je ne serai jamais la victime de leurs atrocités.”
Bonaparte pardonne une fois de plus mais il semble que Joséphine, malgré ces mots qui laissent interrogatifs devant la fausseté de celle qui les prononce, ait eu peur que son mari ne prenne au sérieux la menace de divorce.
Elle réalise peut-être que générale Bonaparte est un titre plus glorieux et plus sûr que madame Charles. Et elle l’emmène visiter une propriété qui lui plait beaucoup, La Malmaison, un domaine de 300 hectares, avec en plus du château une exploitation agricole, dont une vigne, avec des métayers, un beau cheptel de vaches, moutons, porcs, de la volaille.

La Malmaison

Plan du domaine de La Malmaison
Elle plait à Bonaparte mais il recule devant son prix, 325 000 francs ( presque trois millions d’euros).
Elle décide alors d’accompagner son mari qui lui demande d’aller avec lui en Egypte.
Ils arrivent à Toulon mais Joséphine est fatiguée. Elle écrit à Hortense : “ Je suis à Toulon depuis cinq jours. Je n’ai point été fatiguée de la route, mais bien chagrine e t’avoir quittée si précipitamment sans pouvoir te dire adieu…Je suis un peu consolée par l’espoir que j’ai de t’embrasser bientôt. Bonaparte ne veut pas que je m’embarque avec lui ; il désire que j’aille aux eaux avant que j’entreprenne le voyage en Egypte.”
Le 19 mai à 6 heures du soir, Bonaparte et son aréopage embarquent sur “L’Orient”, un navire de ligne de premier rang comportant 118 canons, mis à l’eau en 1791 sous le nom de “ Royal-Dauphin”, rebaptisé le “Sans-Culottes” en 1792 et baptisé à nouveau en 1795. “Il est enfin partit, note Barras, le sabre s’éloigne…”

L’Orient – Collection du Musée National de la Marine à Paris
Joséphine, restant donc en Europe, après avoir pleuré un peu le départ de son époux et probablement beaucoup plus celui de son fils, part prendre les eaux à Plombières, réputées contre l’infertilité.
Seule face au clan Bonaparte, en butte à l’hostilité de Joseph et Lucien qui sont chargés de lui verser une pension annuelle de 40 000 francs ( environ 325 000 €), elle doit continuer ses affaires pour vivre comme il lui convient.
Le général Brune s’opposant aux marchés de fournitures militaires au profit de la Compagnie Bodin, elle écrit à Barras : “…J’espère, mon cher Barras, que vous vous opposerez à ce que l’on fasse une infamie à la compagnie Bodin.”
Installée chez le docteur Martinet, une fort honorable pension de famille au 4 de la rue Stanislas, elle prend les eaux chaque jour. En compagnie de madame de Cambis et de madame de Krény, ses amies et confidentes, elle visite aussi les environs.

A Plombières – droite le 4 de la rue Stanislas
On ne parle pas d’Hippolyte Charles durant cette période. Il semble même que Joséphine ait un début d’affection pour Bonaparte. “Je suis si chagrine d’être séparée de lui que j’ai une tristesse que je ne puis vaincre” écrit-elle à Barras.
Le 20 juin a lieu l’accident qui marqua aussi un tournant dans sa vie. “ La citoyenne Bonaparte, qui est à Plombières est tombée d’un balcon avec deux autres personnes; on a répandu qu’elle avait été grièvement blessée et les deux autres tuées; nous assurons que cette chute n’a eu de suite dangereuse pour personne.” ( Journal Moral et Politique de Nancy du 13 Messidor an VI – 1er juillet 1798)
Appelée par madame de Cambis pour admirer un petit chien qui passait dans la rue, elle la rejoignit sur le balcon, suivie du général Colle et d’un certain Latour.
Le balcon s’effondra sous leur poids. Joséphine n’a que des contusions mais elle souffre “ J’ai bien de la peine à me remettre de ma chute, mon cher Barras, je ne puis pas encore marcher. J’éprouve aux reins et au bas-ventre des douleurs horribles.”
Hortense est appelée pour s’occuper de sa mère.
Au 4 de la rue Stanislas à Plombières vinrent résider plus tard Madame Mère Letizia, Pauline, princesse Borghese et Louis Bonaparte, roi de Hollande. Hortense y retournera avec son petit garçon, le futur Napoléon III. Ce dernier y recevra Cavour, président du conseil de Sardaigne, le 21 juillet 1858, prélude à l’unité italienne.
Après être passé au large de la Corse et s’être emparé sans difficultés de l’île de Malte le 11 juin 1798 et mis fin à la souveraineté de l’Ordre Hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem qui y était installé depuis 1530.
Après avoir échappé à la flotte de Nelson, qu’il sait à leur recherche, Bonaparte arrive enfin devant Alexandrie le 2 juillet 1798. La ville tombera facilement. Mais ce n’est qu’une étape. Le Caire est l’objectif majeur. La flotte est cantonnée à Aboukir.

Débarquement de la flotte française de Egypte – Musée de la Révolution française
Le 20 juillet c’est la bataille dite des Pyramides qui ouvre la voie du Caire. Bonaparte n’a jamais dit : “Soldats ! Vous êtes venus dans ces contrées pour les arracher à la barbarie, porter la civilisation dans l’Orient, et soustraire cette belle partie du monde au joug de l’Angleterre. Nous allons combattre. Songez que du haut de ces pyramides quarante siècles vous contemplent.” Mais les légendes ont la vie longue.

Vue générale de la bataille des Pyramides, le 21 juillet 1798 – Tableau de Louis-François Lejeune peint en 1806 – Musée de la Révolution française à Vizille
La veille, Bonaparte a enfin appris l’étendue de son infortune conjugale. C’est Junot qui la lui révèle enfin. Il reproche à Bourrienne de ne pas le lui avoir dit avant : “ Vous deviez me le dire ! Joséphine..m’avoir ainsi trompé ! Elle !…le divorce ! Oui le divorce, un divorce public, éclatant…Je ne sais ce que je donnerais pourvu ce que m’a dit Junot ne soit pas vrai, tant j’aime cette femme ! Si Joséphine est coupable, il faut que le divorce m’en sépare à jamais. Je ne veux pas être la risée de tous les inutiles de Paris. Je vais écrire à Joseph, il fera prononcer le divorce.”
Joseph ne recevra jamais la lettre. Eugène écrivit à sa mère : “ Bonaparte depuis cinq jours paraît bien triste et cela est venu à la suite d’un entretien avec Julien, Junot et même Berthier. Il a été affecté plus que je croyais de toute cette conversation. Tous les mots que j’ai entendus reviennent à ce que Charles est venu dans ta voiture jusqu’à trois postes de Paris, que tu l’as revu à Paris, que tu es allée aux Italiens dans les quatrièmes loges, qu’il t’a donné ton petit chien, que même en ce moment il est près de toi ; voilà en mots entrecoupés ce que j’ai pu entendre. Tu penses bien, Maman, que je ne crois pas cela mais ce qu’il y a de sûr c’est que le général en est très affecté. Cependant il redouble d’amitié pour moi…ton fils se plait à croire tout ce bavardage fabriqué par tes ennemis. Il ne t’en aime pas moins et ne désire pas moins t’embrasser.”
Cette lettre ne parvint jamais à Joséphine, interceptée, comme celle à Joseph, par les Anglais qui les divulgueront. Il est possible qu’Eugène n’ai rien su de la vie de sa mère. Hortense en savait peut-être un peu plus.
Aux tourments conjugaux, vient s’ajouter un problème encore plus grave. S’il est entré au Caire le 24 juillet et s’est employé immédiatement à développer le côté scientifique de l’expédition, les 1er et 2 août, la flotte française est détruite au large d’Aboukir par l’amiral Nelson. Le navire amiral français “L’Orient” a explosé, l’amiral de la Flotte François Paul de Brueys d’Aigalliers (1753-1798), héros de la Guerre d’indépendance des Etats-Unis, rallié à la Révolution, meurt en héros.

Vice-amiral Sir Horatio Nelson, (1758-1805) – par Francis Abbot en 1799
Royal Museum Greenwich

Vice-amiral François Paul de Brueys d’Aigaliers (1753-1798)
Les Français disposaient de 13 navires de ligne et 4 frégates, avec à leur bord plus 10 000 hommes et plus de 1100 canons, les Anglais avaient 13 navires de ligne et 1 de 4ème rang, avec 8 000 hommes et plus de 1000 canons.
Les pertes françaises furent de 3000 à 5000 hommes tués, blessés ou prisonniers, 2 navires de ligne détruits, 9 capturés et 2 frégates détruites. les Anglais eurent 218 mort et 678 blessés et pas un navire de perdu.
Plus qu’un désastre c’était une humiliation sans pareille dont Joséphine eut connaissance en arrivant à Paris le 15 septembre.

L’Orient en flammes par Thomas Whitcombe en 1799 – National Royal Museum, Greenwich
Il n’est pas utile de s’étendre plus sur la Campagne d’Egypte à laquelle Bonaparte participa personnellement jusqu’à la deuxième bataille d’Aboukir le 25 juillet 1799, où il fut vainqueur.
Si la Campagne d’Egypte résonne de façon glorieuse dans la mémoire collective française, ce n’est pas par ses faits militaires, victoires ou défaites, mais par les découvertes de l’expédition scientifique.
La Pierre de Rosette découverte en juillet 1799, saisie ensuite par les Anglais, est probablement la principale car elle permit à Champollion de déchiffrer l’écriture hiéroglyphe en 1822.

Pierre de Rosette -British Museum
Il y eut l’exploration et l’étude de Thèbes, de la Vallée des Rois et de bien d’autres sites. L’Egyptologie était née, faisant passer au second plan le bilan très mitigé de la campagne militaire, mais ayant grandement contribué à la légende dorée de Napoléon.
Le 23 août 1799, Bonaparte quittait l’Egypte, la laissant sous le commandement de Kléber, pour “voler au secours” d’un Directoire et d’une France en perdition, et, on a dit, régler le problème Joséphine.
Les difficultés du moment n’empêchent pas Joséphine de continuer sa vie mondaine. Elle reçoit ses amies, les beautés du moment, Mesdames Visconti, de Krény, Hamelin, Récamier, de Lameth, de Castellane. Elle voir aussi beaucoup sa tante Fanny de Beauharnais.
Il y a aussi dans son salon des musiciens, Méhul et Cherubini, des peintres Gérard et Girodet, des hommes de lettres, Bernardin de Saint-Pierre, Arnault.
Seule la famille Bonaparte, ne se rend pas à ses invitations à l’exception de Letizia, sa belle-mère, qui vient parfois chez elle.
Elle n’oublie pas ses affaires et intervient auprès de Barras en faveur de la compagnie Bodin, en grandes difficultés financières. Que devient son bel amant, Hippolyte ? Il semble qu’il la trompe et joue en même temps les amants outragés car Joséphine aurait repris sa relation avec Barras.
Il lui envoie une lettre insultante. “ Je la trouve si déplacée et si peu méritée que je ne donne pas la peine d’y répondre, et n’ayant surtout aucune reproche à me faire, je vois clairement qu’on veut en venir à une rupture.” écrit-elle à madame de Krény.
La grande affaire pour elle est l’achat de La Malmaison le 21 avril 1799, sans en avoir l’argent pour la payer. Le régisseur du domaine lui avance 15 000 francs, sur les 325 000 nécessaires, pour arrêter l’affaire. Peu importe, elle sait que Bonaparte paiera le prix à son retour.

La Malmaison
Le printemps est arrivé, la maison a été achetée meublée, Joséphine peut s’y installer. Elle va parfois à Paris où elle continue de voir Barras, son amie Theresa, devenue la maîtresse d’Ouvrard.
Quand elle parait au Luxembourg aux bras de Gohier, son élégance suscite l’admiration. Hortense, dans une lettre à son frère, écrit “qu’elle mène une vie très retirée, ne recevant que Madame Campan et sa nièce, Mademoiselle Augié, qui viennent souvent avec moi. Elle n’a donné que deux dîners depuis que vous êtes partis. Les Directeurs et la famille Bonaparte étaient invités, mais ces derniers ont toujours refusé ses invitations…même Louis…De tous ceux-là, il n’y a que Madame Bonaparte, la mère, qui soit aimable avec nous et qui nous fasse des amitiés.”

La Malmaison – La salle à manger
Mais la réalité est que Hippolyte est de nouveau dans ses parages et s’y sent chez lui au point que Gohier (1746-1830), le président du Directoire, également un hôte assidu, amoureux d’elle, lui conseille soit de quitter Charles, soit de divorcer de Napoléon.
Sans être l’ennemi du futur consul, puis empereur, il ne favorisa pas ses plans pour accéder au pouvoir. Mais Joséphine finit par être inquiète. Sa relation avec Hippolyte est à sa fin, elle a appris que Bonaparte, en Egypte, était tombé amoureux d’une autre femme, Pauline Fourès, au point de vouloir l’épouser.
Et surtout elle a eu connaissance des lettres de Bonaparte et d’Eugène saisies par les Anglais. Son mari sait donc tout d’elle et de son comportement.
Malgré tout, elle espère et écrit à Eugène : “ J’attends le moment qui me réunira à tout ce que j’aime ; je n’aurais plus rien à désirer, surtout si je retrouve Bonaparte tel qu’il m’a quittée et qu’il aurait toujours dû être pour moi.” Cette lettre est écrite le 4 octobre et Bonaparte est déjà entre la Corse et la France.

Louis Gohier (1746-1830) par Pajou – Musée Carnavalet
Lorsqu’elle apprend le 9 octobre, lors d’un dîner au Luxembourg, chez Gohier, que Bonaparte a débarqué à Fréjus, elle n’a qu’une idée, aller au-devant de lui pour tout lui expliquer, ses écarts, son achat de La Malmaison, ses dettes de près d’un million de francs.
Elle compte sur son charme et sur son pouvoir. Il lui faut le voir avant ses frères qui sauront bien ruiner définitivement son image. “ Je vais au-devant de lui ! Il est important pour moi que je ne sois pas prévenue par ses frères, qui m’ont toujours détestée.”
C’est une course contre la montre qui s’engage. Arrivée à Lyon, le 12 octobre, elle apprend que Bonaparte en était parti la veille, prenant une autre route que celle qu’elle avait suivie.
Quand, il arrive à Paris, le 16 octobre, il trouve sa maison vide, il la croit partie avec Charles et le divorce s’impose à nouveau à son esprit. Eugène et son grand-père, le vieux marquis de Beauharnais, tentent de le calmer. Pour eux, il doit oublier et pardonner. Madame Hamelin, défendant la “vertu” de son amie, et Bourrienne font de même
Son ami, depuis 1793, Jean-Pierre Collot (1764-1852), un fournisseur de l’armée, lui tient un langage de raison. Il lui faut oublier les défauts de sa femme pour l’instant et lui pardonner car il ne peut pas divorcer alors que la France a les yeux tournés vers lui et que toute querelle domestique nuirait à sa gloire et donc à sa carrière. “ Moi ? Lui pardonner ! …Jamais…Entendez-vous ? Jamais !” s’écria-t-il.
Joséphine, accompagnée d’Hortense, arrive à Paris dans la nuit du 17 octobre trouvant porte close. Quand elle frappe à la porte, le concierge lui dit avoir reçu l’ordre de ne pas la laisser entrer.

Joséphine – Dessin au crayon avec aquarelles 1798 par Jean-Baptiste Isabey
Musée de La Malmaison
Elle passe outre et apprenant que Bonaparte est enfermé dans son bureau, elle va frapper à la porte, en disant “c’est moi”. Elle lui parle, elle lui demande de l’entendre, de s’expliquer. Bonaparte ne répond pas. Josephine sanglote mais cette fois ses larmes n’ont pas d’effet.
Elle comprend qu’elle a tout perdu et c’est probablement à ce moment là qu’elle a commencé à aimer son mari, un mari qui lui avait fermé sa porte. Elle redescend au rez-de-chaussée.
Eugène logé à l’étage mansardé descend et trouve sa mère et sa sœur en sanglots, au pied de l’escalier. Les trois remontent et à nouveau Joséphine supplie Bonaparte de lui pardonner. Eugène et Hortense se joignent à elle.
Bonaparte ouvre alors la porte. Il dira à Collot : “J’étais profondément ému. Je ne pouvais supporter les sanglots de ces deux enfants. Je me suis demandé, doivent-ils être les victimes des fautes de leur mère ? J’ai tendu la main, saisi Hortense par le bras, et l’ai serrée sur mon cœur. Alors Hortense a remonté les marches de l’escalier, suivie de sa mère. Je n’ai rien dit. Qu’y avait-il à dire ? On ne saurait être humain sans recevoir en héritage la faiblesse humaine.”
Le lendemain matin en arrivant chez son frère, Lucien le trouva au lit avec sa femme. Le clan avait perdu la bataille contre Joséphine. Napoléon l’avait vaincue et désormais elle sera sa femme, une femme à qui il passera tout mais qui lui sera fidèle et finira par l’aimer. Lui avait-il pardonné ? C’est probable et c’est ensemble qu’ils marcheraient vers le trône.

Napoléon et Joséphine en 1801 par Appiani – Collection particulière
Merci à Patrick Germain pour cette cinquième partie – A suivre…
Régine ⋅ Actualité 2026, France, Napoléon, Portraits No Comments