Avant de passer sous le marteau, la robe a été dévoilée chez Sotheby’s à Londres. Elle doit ensuite voyager jusqu’à Hong Kong et Genève avant de rejoindre New York. C’est la première fois depuis près de trente ans que le public peut ainsi redécouvrir l’original de cette tenue devenue une véritable pièce d’histoire.

Créée par la styliste d’origine grecque Christina Stambolian, cette robe du soir en soie noire, aux épaules largement découvertes, possède un corsage plissé croisé et une jupe drapée prolongée sur le côté. Mais sa célébrité tient évidemment moins à sa coupe qu’aux circonstances dans lesquelles Diana décida de la porter.
Ce 29 juin 1994, la princesse de Galles doit assister à la soirée de gala organisée au profit de la Serpentine Gallery, à Londres. Or, le même soir, la télévision britannique diffuse l’entretien accordé par le prince Charles au journaliste Jonathan Dimbleby. Le prince y reconnaît publiquement avoir été infidèle à son épouse au cours de leur mariage. Charles et Diana étaient alors séparés depuis décembre 1992.
Tous les regards sont donc tournés vers Diana lorsqu’elle arrive à la Serpentine Gallery. Elle apparaît souriante dans cette spectaculaire robe noire, les épaules nues, les jambes découvertes, avec aux pieds des escarpins noirs. Autour du cou, elle porte son fameux collier de perles à plusieurs rangs, centré sur un imposant saphir entouré de diamants.
Les photographies font immédiatement le tour du monde. La presse baptisera bientôt la tenue « Revenge Dress » — la « robe de la revanche ».
Avec le temps, elle devient l’un des symboles de l’émancipation vestimentaire de Diana et de la nouvelle image qu’elle entend alors donner d’elle-même. Morgane Halimi, responsable mondiale des sacs et de la mode chez Sotheby’s, estime que Diana s’était ce soir-là servie de sa tenue pour reprendre la maîtrise du récit public autour d’elle.
La robe possède par ailleurs une provenance exceptionnelle : Diana elle-même l’avait mise en vente. Le 25 juin 1997, quelques semaines seulement avant sa mort, la princesse avait confié 79 de ses robes à Christie’s à New York afin de récolter des fonds au profit d’œuvres caritatives consacrées notamment au sida et au cancer.
La « Revenge Dress » fut alors achetée par le couple écossais Graeme et Briege Mackenzie pour 39 098 livres sterling. Conservée depuis dans la même famille, elle revient donc aujourd’hui sur le marché près de trois décennies plus tard.
ne partie du produit de la vente doit être reversée à la NHS Lothian Charity au bénéfice du Royal Edinburgh Hospital.
Trente-deux ans après cette fameuse soirée londonienne et près de trente ans après la disparition de Diana, la robe n’a rien perdu de son pouvoir d’évocation. Elle est devenue bien davantage qu’une tenue de haute couture : le témoin matériel de l’un des moments les plus photographiés et les plus commentés de la vie de la princesse de Galles. Les enchères risquent donc d’être surprenantes. (Merci à Bertrand Meyer)
IRis
27 septembre 2026 @ 21:22
Cette photo, 30 ans après, c’est toujours wouawh!