
Le domaine royal de Tatoï se situe au nord d’Athènes au niveau du mont Parnès. Il a été acquis par le roi Georges I de Grèce et comprend outre le palais qui peut plutôt être assimilé à une belle demeure bourgeoise, plusieurs bâtiments sur l’ensemble du domaine d’une superficie de plus de 3.000 hectares. La famille royale grecque y vécut jusqu’au départ en exil en 1967.


C’est à Tatoï que sont nés les rois Georges II, Alexandre, les princesse Olga et Elisabeth de Grèce (filles du prince Nicolas et de la grande-duchesse Helena de Russie), la princesse Cécile (soeur du duc d’Edimbourg) ou encore le prince Paul, fils du roi Constantin et de la reine Anne-Marie. C’est aussi à Tatoï qu’est décédé en 1964 le roi Paul de Grèce.

Au centre du conflit qui a longtemps opposé les gouvernements grecs successifs et le roi Constantin de Grèce, Tatoï a finalement fait l’objet d’une expropriation par l’Etat. Le roi Constantin et sa famille ont été dédommagés financièrement mais n’ont pas obtenu comme souhaité de pouvoir récupérer cette demeure familiale et ses terres où sont enterrés 21 membres de la famille royale grecque dont le roi Paul et la reine Frederika, le prince George et la princesse Marie (née princesse Napoléon), le prince Christophe de Grèce et son épouse la princesse Françoise, parents du prince Michel,…


Laissé depuis de très (trop) longues années à l’abandon, certains des bâtiments du domaine menacent ruine. C’est sous la houlette de Kostas Stamatopoulos, historien que l’association « Tatoï Friends Association » a vu le jour tout récemment en vue de permettre la progressive restauration des lieux et d’y développer de nouveaux projets comme la création d’un musée, d’un restaurant pour les visiteurs, un centre équestre,….


Si vous souhaitez visionner des photos récentes du domaine de Tatoï, consulter la page de la Tatoï Friends Association sur facebook. Vous y découvrirez plus de 300 clichés du palais et du domaine. (Un grand merci à Tepi – Copyright photos : page facebook de la Tatoi Friends Association)
Alexis R
9 mars 2011 @ 00:24
Cosmo, le coup d’état des colonels a réussi uniquement parce que la Grèce ne devait pas quitter la zone d’influence des nations occidentales au profit de l’URSS.
Lors de l’accord de Moscou du 9 octobre 1944 entre Churchill et Staline, il avait été convenu que la Grèce resterait dans la zone d’influence occidentale, seul pays des Balkans dans le cas d’ailleurs, et ce malgré la présence massive de communistes dans le mouvement de résistance à l’occupation allemande. Il s’ensuivra la guerre civile grecque jusqu’en 1949.
Paul Ier est mort sans avoir eu le temps de préparer suffisamment son fils Constantin au trône, alors que l’opposition de gauche reprenait des forces au début des années 60, que la reine Frédérika était critiquée à tout propos (c’était certes une femme de caractère, qui a l’occasion exerçait une certaine influence politique, mais certainement pas l’éminence grise qu’en a fait la propagande anti-monarchiste), que le train de vie de la famille royale était présenté comme somptueux (alors qu’il était moindre que celui de la plupart des monarchies occidentales à la même époque; cette légende a la vie dure, puisque même ici elle pointe le bout de son nez).
Constantin II, jeune roi de 24 ans, était lié par le régime parlementaire constitutionnel, ne pouvait faire le poids, et il fallait garder la Grèce hors de l’influence soviétique. Dès lors le régime des colonels était une alternative. Mais il ne faut pas oublier que ce sont les colonels qui abolirent la monarchie (suite à un complot monarchiste visant la chute de la dictature et le retour de Constantin II). Et que le Roi, contrairement à ce qui a été dit par ses adversaires lors du référendum confirmant l’abolissement de la monarchie au retour de la démocratie en 1974, loin s d’avoir favorisé le coup d’Etat du 21 avril 1967, avait été le premier à s’opposer aux colonels lors de son contre coup d’Etat de décembre 1967, malheureusement avorté.
Petite parenthèse pour les monarchies « greffées », vous soulignez le caractère belge d’Albert II, même s’il n’a, lui non plus, aucune goutte de sang belge dans les veines. Mais personne en Belgique ne songerait à le lui reprocher.
Pour la Roumanie, si ma mémoire est exacte, la constitution roumaine interdisait explicitement toute union entre la dynastie régnante et les membres de la haute noblesse locale, afin d’éviter tout favoritisme entre les clans.
En Grèce, l’évolution suivie par les autres familles royales aurait fini par se produire également. Je note un autre mariage d’un princesse avec un Grec: la princesse Marie, soeur de Constantin Ier et fille de Georges Ier, a épousé en secondes noces l’amiral Ioannides en 1922.
Charlanges
9 mars 2011 @ 09:06
Alexis R (32), je partage tout à fait votre sentiment. Le roi Constantin qui fut adulé lors de sa victoire aux jeux olympiques et de son mariage me paraît bien plus victime que coupable ! La vie politique en Grèce ne fut jamais de tout repos … Quant à la reine Frederika pour qui je ressens personnellement de la sympathie, elle avait été l’âme de la résistance au communisme et les « bonnes consciences » ne le lui pardonnèrent jamais.
Vous avez raison de faire remarquer qu’une partie de la population, en dépit de plus de 40 ans d’exil et d’attaques permanentes contre la famille royale, garde sa sympathie à l’ancien souverain. Les tristes errements de la République grecque y contribuent sans doute. Cette sympathie réservée au roi et à la reine s’étend-elle à ses enfants beaucoup moins connus, c’est une autre histoire …
Il y a un autre mariage d’un membre de la famille royale avec une grecque : celui du prince Michel avec Marina Karella.
cosmo
9 mars 2011 @ 14:04
Alexis R et Charlanges,
Merci pour vos points de vue qui donnent une autre vision de celle que l’on a habituellement du roi Constantin et de sa mère.
Le mariage du Prince Michel avec Marina Karella fut déclaré morganatique par le roi. Ce n’est pas une façon élégante de faire alliance avec la population locale. Mais peu importe, tout ceci est du passé. Espérons que la Grèce trouvera bientôt son équilibre.
Charlanges
9 mars 2011 @ 23:01
Cosmo (35)
En ce qui concerne le mariage du prince Michel, il fut effectivement considéré inégal comme le voulaient les règles en vigueur en ce temps là dans de nombreuses monarchies et notamment au Danemark où les deux cousins de l’actuelle reine durent renoncer à la même époque à leurs droits alors qu’elle-même, princesse héritière, avait fait un mariage davantage bourgeois qu’aristocratique. Passons …
Il n’en reste pas moins que le prince Michel s’est marié en grande pompe au palais royal d’Athènes en présence d toute la famille royale, que le roi Constantin fut son témoin et que l’épouse fut créée princesse de Grèce et Altesse Royale comme le furent les filles nées de leur union. Il n’était pas au pouvoir du roi des Hellènes de les faire princesses de Grèce et de Danemark comme les autres membres de la dynastie. Cela prête évidemment un peu à sourire quand on connait les mariages danois de ces dernières années mais les temps ont changé, qu’on le regrette ou non.
Une très grande affection a, en tout cas, toujours uni le roi Constantin et les siens au prince Michel et sa famille.
cosmo
10 mars 2011 @ 10:16
Charlanges,
Il est étonnant que le mariage de la princesse héritière avec Henri de Laborde de Montpezat ait été accepté en 1967 car il ne me semble pas que sa famille soit première, deuxième ou troisième partie du Gotha, ni même tout simplement ANF, et ce deux ans après le mariage du Prince Michel.
Mais bon, l’actuelle reine de Danemark semble vivre parfaitement son mariage inégal, avec ses hauts et ses bas comme elle l’a révélé elle-même. Le prince Michel vit le sien aussi très bien.
C’est parfait pour tous.
Alexis R
10 mars 2011 @ 16:21
Cosmo et Charlanges,
Petite précision concernant le prince Michel de Grèce: il me semble que, jusqu’à son mariage au moins, il ait été l’héritier en second du trône, après la princesse Irène. La princesse Irène et le prince Michel escortaient d’ailleurs Constantin II lors de sa prestation de serment.
Charlanges
11 mars 2011 @ 13:25
Alexis R (37), vous avez parfaitement raison à une nuance près : le prince Michel était précédé dans l’ordre de primogéniture par son cousin le prince Pierre (fils du prince Georges et de Marie Bonaparte) mais ce dernier avait contracté un mariage non reconnu (resté sans postérité), jouait les princes de gauche et vivait à l’étranger alors que Michel était très lié aux souverains. A un certain moment, la presse s’était fait l’écho d’éventuelles fiançailles avec la princesse Irène mais la parenté aurait été tout de même bien proche.
Vassili
12 mars 2011 @ 08:00
Caroline (11):
Il n’y a pas de « nombreux milliardaires grecs [armateurs,banquiers]exiles ». Vous croyez que la Grece est une dicatture ou quoi?