Ce moment de représentation et de partage est guidé par un besoin de rayonnement pour l’hôte comme pour l’invité. Et parce que les hommes ont toujours aimé boire et manger, cet instant consacre la bonne chère comme l’alliée objective de la puissance.
De Saint-Louis, qui reçut en grande pompe Henri III d’Angleterre à Paris en 1254, à Emmanuel Macron, qui depuis 2017 offre aux troupes françaises déployées à l’étranger un repas de Noël d’exception, en passant par les buffets sophistiqués de Carême sous la Restauration et la démesure Art déco du paquebot Normandie en 1935, découvrez vingt repas fastueux ou iconoclastes – mais toujours ambitieux –, qui ont participé de l’histoire de France.
De sa plume élégante et savante, Jonathan Siksou nous fait le passionnant récit de vingt « moments mémorables » dont nous connaissons la date, le lieu et naturellement le menu, vingt festins qui ont à leur manière fait leur époque à travers la diversité de leurs mets et la nouveauté de leurs recettes ; des repas, enfin, qui illustrent parfaitement cette union intime entre la politique, la gastronomie, l’art et les mœurs, alliance ayant connu, sous le ciel de France, une belle fortune ».
« Triompher en festins. Une histoire de France en vingt repas », Jonathan Siksou, Perrin, 2026
21 janvier 2026 @ 09:42
Jules Gouffé disait : « On ne doit entrer au Café Riche qu’avec l’intention de dîner sérieusement, sans se préoccuper du montant de l’addition ». Pendant quarante ans, les Goncourt y auront rendez-vous. On y voyait aussi Flaubert, Scribe, Baudelaire, Dumas, Offenbach, Ferdinand de Lesseps, Gustave Doré, Maupassant, Zola, Tourguéniev. C’est lui qui avait préparé, en 1853, le repas de mariage d’Eugénie de Montijo avec Napoléon III.
Escoffier, entre autres créations, avait imaginé les « Cerises jubilé » à l’occasion du jubilé de diamant de la reine Victoria en 1897 et créé les « fraises Sarah Bernhardt ». Il avait servi au prince de Galles une recette de crêpes qu’il proposa de lui dédier, et celui-ci de lui répondre : « Pas du tout, je n’en suis pas digne. Nous donnerons à cette chose merveilleuse le nom de cette jeune personne qui est avec moi », et ainsi furent baptisées les crêpes Suzette.
21 janvier 2026 @ 09:59
Plus modeste mais, tout de même officiel, à l’occasion de l’Exposition Universelle de 1900, un banquet fut servi, Le 22 septembre, dans le Jardin des Tuileries à 23.000 maires de France. 600 tables avaient été dressées. 3.000 personnes furent employées pour le service et la cuisine de ce banquet. Furent utilisés 10 kilomètres de nappes, 125.000 assiettes, 3.500 salières, 700 pots de moutarde, 1.200 litres (ou plus) de mayonnaise… Six bicyclettes furent prévues pour transmettre les ordres de service et un général de brigade disposait d’une automobile pour circuler dans les allées. Le banquet dura, comme l’avait demandé le Président Loubet, 1 heure et 25 minutes.
21 janvier 2026 @ 10:09
L’image fait un peu vulgaire et ressemble aux images des orgies des Romains.