
Ce 27 décembre 2009, il y a 2 ans que le prince Pedro Gastao d’Orléans-Bragance, considéré par une partie des Brésiliens comme Pedro IV du Brésil, est décédé à Villamanrique en Andalousie où il possédait avec son épouse -décédée 3 ans plus tôt- une résidence.

Le prince Pedro Gastao, Maria, Joao, Lourenço, Felipe, Humberto, Miguel, Rafael, Gonzaga d’Orléans-Bragance naquit en 1913 au château d’Eu pendant l’exil de la famille impériale du Brésil (suite à la proclamation de la république en 1889 et de la loi dit « du Banimlentao »). Sa naissance fut déclarée à l’ambassade du Brésil à Paris par son père le prince Pedro de Alcantara. Il étudia aussi à la Sorbonne l’économie et les sciences politiques.


A l’âge de 7 ans, il revint au Brésil avec ses parents le prince Pedro de Alcantara et la comtesse Elisabeth Dobrzensky von Dobrzenicz. Dans les mémoires de sa soeur Isabelle devenue comtesse de Paris, il se confie « Je me souviens que nous nous sommes installés à l’Hôtel Gloria à Catete« . En 1927, la famille se réinstalle définitivement au Palais du Grao-Para, une annexe du Palais impérial de Petropolis.


A la mort de son père en 1940, il devient le Chef de la Maison impériale du Brésil (ainsi reconnu par une partie des Brésiliens).


En 1944, Dom Pedro épouse la princesse Maria Esperanza de Bourbon-Deux-Siciles. De cette union sont nés 6 enfants : Pedro Carlos (31.10.1945) , Maria da Gloria (13.12.1946) aujourd’hui duchesse de Segorbe et mère des princes Pierre, Alexandre et Philippe de Serbie, Afonso (25.04.1948), Manuel (17.06.1949), Cristina (16.10.1950) et Francisco (09.12.1956).

Le prince était parent avec de nombreux membres du Gotha : oncle du roi Juan Carlos (fils de la comtesse de Barcelone, soeur de son épouse la princesse Esperanza), oncle de l’actuel comte de Paris, oncle du duc de Bragance, grand-père du prince Pierre de Serbie, oncle et grand cousin des Bourbon-Deux-Siciles, des Bourbon-Parme, Habsbourg,…
Le prince est décédé à Villamanrique. Ses funérailles ont eu lieu en présence de ses 6 enfants et de ses 17 petits-enfants ainsi que de nombreux membres du Gotha.
Point de Vue publia dans son numéro 3102 du 2 au 8 janvier 2008 un article intitulé « L’empereur est mort », où on pouvait lire « Le dernier empereur est mort. Avec lui, c’est encore un petit bout des empires d’autrefois, qui disparaît dans la légende. » (Merci à Astrid Bodstein pour les photos, les infos du texte de Eduardo Henriques de Araujo et la traduction de Victor Villon)

En compagnie de Jean et Joséphine-Charlotte de Luxembourg

Lors de la visite du roi et de la reine de Suède au Brésil

Le prince et son épouse rencontrent la reien d’Angleterre et le duc d’Edimbourg lors de leur visite en Espagne


En compagnie de son neveu le comte de Paris et son épouse

En 1997, il est présent (derrière le roi et la reine de Suède)lors du mariage de l’Infante Cristina à Barcelone

Moment de complicité avec sa soeur Isabelle, comtesse de Paris


Sigismond J.
29 décembre 2009 @ 19:39
Audouin (50)
Précisément, je me réfère à la constitution brésilienne de 1824. Le seul article concernant les mariages dans la famille impériale est l’article 120. Cet article dit que le consentement du souverain n’est nécessaire que si l’héritière du trône est une fille (comme ce fut le cas pour le mariage de la princesse Isabelle). Dans le cas du prince Pierre d’Alcantara, le consentement de sa mère n’était donc pas obligatoire. Et en 1936, le prince déclara au journal Diário da Noite que sa renonciation n’était pas valide, pour de nombreux motifs.
Paulo Evaristo Lopes dos Santos e Sousa.
29 décembre 2009 @ 20:01
Le père du Prince Pierre Gaston a renoncé aux droits au trône du Brésil en 1908. Le Chef de la Maison Impériale du Brésil est S.A.I. e R. le Prince Dom Luiz Gastão de Orléans e Bragança.( 05/07/1981- ).
Astrid Bodstein
29 décembre 2009 @ 22:26
« Le Chef de la Maison Impériale du Brésil est S.A.I. e R. le Prince Dom Luiz Gastão de Orléans e Bragança »
« Mentir, mentir…quelque chose restera » (Lênin) :)
Astrid Bodstein
29 décembre 2009 @ 22:29
M.Sigismond J.
« Et en 1936, le prince déclara au journal Diário da Noite que sa renonciation n’était pas valide, pour de nombreux motifs »…vous avez raison :)
Mais qui ne veulent pas voir, pas voir de toute façon :)
Audouin
30 décembre 2009 @ 09:17
Sigismond J. (61)
Vous avez tout à fait raison, cher Sigismond. L’article 120 de la Constitution du 25 mars 1824 dit ceci: » O casamento da princesa herdeira presuntiva da corona serà feito a aprazimento do Imperador(…) » Oui, et c’est à peine croyable, le cas des mâles a été passé sous silence comme s’il ne devait jamais y avoir de prince héritier.
On peut cependant avancer un commencement d’explication à cette invraisemblable lacune: la Constitution de 1824 a été adoptée, peut-être dans la précipitation, à une époque où Pedro 1er n’avait que des filles, deux fils de l’empereur étant morts en bas âge en 1820 et 1822. Pedro II ne naîtra que le 2 décembre 1825, près de deux ans après l’adoption de cette Constitution… « matriarcale ».
Il est inouï que les rédacteurs de la constitution brésilienne aient pu négliger de traiter du mariage des princes, fût-ce pour dire qu’ils étaient dispensés de toute autorisation. Question aux érudits: Pedro II, devenu empereur à 6 ans, déclaré majeur à 15 par les chambres réunies, s’est marié le 4 novembre 1843 avec donna Teresa de Bourbon des Deux-Siciles. S’est-il marié librement ou a-t-il demandé l’autorisation au Parlement? Il y a, sans doute, matière à jurisprudence.
Il est quand même extraordinaire que la princesse impériale Isabel, son mari, le comte d’Eu, et ses conseillers aient méconnu ce vide juridique dans laquelle, 36 ans plus tard, D.Pedro-Gastão de Orleans e Bragança s’est habilement engouffré pour soutenir la nullité, pour vice de consentement, de la renonciation de son père.
Ce problème, on le voit, est extrêmement complexe, même pour les spécialistes. Et les récriminations, parfois hystériques qu’on lit parfois sur ce site ne simplifient pas sa compréhension.
Comme de nombreux juristes et historiens sérieux le pensent, ce noeud gordien ne pourrait être tranché, le cas échéant, que par le Parlement ou mieux par le peuple.
Mais celui-ci s’est déjà prononcé: en 1993, il a rejeté, à près de 95%, le régime monarchique.
Ce qui rend ce débat un peu irréel…
Audouin
Sophie2
30 décembre 2009 @ 13:49
si on parle comme ça, la renonciation de philippe V comme celle de tous les princes ne sont pas valides.Dès l’instant où un prince renonce,il n’a pas à revenir là-dessus.
Audouin
30 décembre 2009 @ 15:51
…ce vide juridique dans lequel s’est engouffré etc…
Claude-Patricia
30 décembre 2009 @ 19:27
Bonsoir à tous, cette histoire est bien compliquée, entre renonciations diverses et querelles entre deux branche de la Famille Impériales, descendantes des deux soeurs.
Qu’est-ce que le peuple du Brésil reproche à cette Famille, qui a l’air de vouloir être proche de lui? Je ne connais pas les brésiliens, certains vivent dans une grande misère, ont-ils peur que la monarchie ne prenne pas leur situation en compte?
Victor VILLON
31 décembre 2009 @ 09:23
Je remercie Mme Régine Salens pour nous offrir un si beau portrait de l’inoubliable Dom Pedro Gastão. Je félicite aussi à Mme Salens d’ouvrir un espace où la diversité des avis est respectée.
D. Pedro Gastão aurait été un grand empereur du Brésil ; il était un homme d’esprit démocratique, cultivé, charismatique, élégant, plein de verve.
Je me permets de transcrire l’opinion de l’historien Juan Balansó, à propos de D. Pedro Gastão, il lui a rendu visite à Petrópolis ainsi qu’à Villamanrinque : « Je suis convaincu que D. Pedro pourrait être un grand empereur constitutionnel, comme le furent pierre I er pierre II […] » ( La Família Real y la Família Irreal p.192). Je suis tout à fait d’accord avec M. Balansó ! Je suis fier de vous dire que je me suis toujours considéré comme sujet de ce grand seigneur.
Le Prince Dom Pedro Carlos n’a jamais renoncé aux droits de son père, comme disent certaines personnes de mauvaise foi. Le problème c’est que les esprits intégristes ont du mal à comprendre une conduite plus consciencieuse et réalistes : qu’on veuille ou non, actuellement la république est un régime légitime au Brésil. Comme son père, D. Pedro Carlos met avant tout l’amour pour le Brésil et la volonté des brésiliens. Si un jour le peuple exprime démocratiquement l’envie de revenir à la monarchie, D. Pedro Carlos sera prêt à recevoir la mission déléguée par son peuple.
Vive la branche de Petrópolis !
jean-luc
31 décembre 2009 @ 19:57
Une fois de plus, la querelle dynastique à l’intérieur de la Maison impériale du Brésil tourne autour de la validité juridique d’une renonciation, comme cela est souvent le cas pour les controverses de ce type.
Mais, une fois encore, c’est une différence politique qui alimente de façon sous-jacente ce débat dynastique: la branche ainée, dite de Pétropolis, est libérale et acquise de longtemps aux valeurs de la démocratie, fidèle en cela à la tradition des Orléans.
L
jean-luc
31 décembre 2009 @ 20:01
La branche cadette, dite de Vassouras,cultive des positions politiques de la droite la plus traditionnaliste, proche de l’extrême-droite, avec Luiz-Gastao et son frère Beltran, tout comme feu leur père Pédro-Henrique.
Espérons qu’avec la nouvelle génération, celle du jeune Rafael, la branche ainée saura enfin conjuguer monarchie et démocratie !
Astrid Bodstein
1 janvier 2010 @ 14:19
Jean-Luc,
votre pensée est correcte :)
Félicitations pour votre lucidité!!!
Shalom.
*Je crois que(que dans la fin de votre message) vous avez aimé dire « que la deuxième, branche saura enfin conjuguer monarchie et démocratie »,non?
Corrigez-moi si je me trompe.
jean-luc
1 janvier 2010 @ 16:45
oui Astrid, vous avez raison, je parlais de la branche cadette dynaste.
Tiago de Menezes
1 janvier 2010 @ 22:33
D. Pedro Carlos, à toutes fins utiles: le LÉGITIME chef de la famille impériale du Brésil. Reconnu comme tel par la plupart des monarchistes brésilliens.
D’Abroger le contraire.
A Happy 2010!
Sophie2
21 juillet 2010 @ 22:19
Il est républicain et ses maririages sont considérés comme ceux de ses frères et comme ceux de certains cousins comme morganatique.
Sophie2
21 juillet 2010 @ 22:20
mariages et non » maririages »