
Rien n’a jamais freiné le dynamisme d’Anne de Rochechouart de Mortemart. Descendante de la grande famille champenoise de la veuve Clicquot, assurée ainsi d’une fortune considérable, elle épouse à vingt ans Emmanuel de Crussol d’Uzès. Ici, la duchesse d’Uzès par Gustave Jacquet

La Veuve Clicquot et son arrière-petite-fille Anne de Rochechouart de Mortemart par Léon Cogniet.
Mais la belle histoire tourne court : elle se retrouve jeune veuve de trente et un ans à la suite d’un accident de chasse de son époux. Mère attentive et affectueuse, elle va élever seule ses quatre enfants, deux garçons et deux filles, dans la tradition aristocratique. Parfois loin d’eux, elle veille à leur éducation intellectuelle et surtout sportive : escrime et équitation sont une priorité.
En revanche, elle tient à les initier, en personne, à la chasse à courre. Très belle jeune femme, que va-t-elle faire de cette énergie qu’on lui reconnaît avec envie ? Elle mène la vie des grandes familles de son époque, partagée entre un tourbillon mondain à Paris et sa passion pour la chasse dans son château de Bonnelles, près de Rambouillet.

Le château de Bonnelles

Château de Bonnelles aujourd’hui
Sa curiosité est insatiable, les nouveautés techniques, l’actualité littéraire, les découvertes des explorateurs la passionnent. Elle veut tout connaître du monde qui s’offre à elle en cette fin du XIXe siècle. Douée pour la peinture, elle choisit pourtant d’exprimer son talent artistique à travers la sculpture. Elle installe un atelier dans les dépendances du château et s’y réfugie pour créer dans une solitude surprenante chez elle. Elle devient une sculptrice estimée, sous le nom de Manuela, bien au-delà de son cercle amical. Cet aspect de sa personnalité dévoile la sensibilité qu’elle cache trop souvent aux siens.

Saint Hubert sculpté en 1889 dans la crypte de la Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre.

Signature de l’artiste

Notre-Dame de Poissy 1892
Pendant trois quarts de siècle, elle domine son époque de sa fougue et de ses multiples engagements. Royaliste, elle a vainement espéré le retour de la monarchie après la guerre de 1870. Très en colère lors du refus du comte de Chambord à accepter le drapeau bleu, blanc, rouge pour accéder au trône, elle continue à espérer son rétablissement. Qu’à cela ne tienne ! La voilà « boulangiste »..

Le Général Boulanger ( 1837-1891)
Elle est sûre que le général Boulanger, qui entraîne des foules derrière lui, sera l’homme qui permettra sa restauration. Elle s’engage avec ardeur et finance sans compter la campagne du général. L’échec du mouvement la laisse un temps abattue. Une grosse partie de sa fortune a été dilapidée dans cette aventure. Mais la perte d’argent n’est rien pour elle à côté de son immense déception.
Elle sait comment recouvrer sa force vitale. La duchesse se replie un temps sur ses terres où elle retrouve ses chasses à courre, vêtue de sa tunique rouge aux parements bleus, un tricorne sur la tête qui lui donne un air espiègle. Bien entendu, elle monte en amazone. Elle sera la première femme à être nommée lieutenant de louveterie.

Lieutenant de Louveterie

La Messe de St Hubert
Au courant de toutes les nouveautés industrielles, en 1897, elle est une des premières femmes à passer le permis de conduire. Mieux encore, elle sera la première femme à être arrêtée pour excès de vitesse ! Une véritable ivresse la saisit quand elle prend des risques.

« La Duchesse d’Uzès brevetée ! Mon Dieu oui, et conducteur d’automobile encore ! Voilà une nouvelle véridique qui étonnera bien des gens ! » annonce La Vie au grand air du 15 mai 1898.
La même année, elle échappe de peu à la mort, non pas sur les routes mais lors de l’incendie du Bazar de la Charité. Dans la cohue affolée, elle a usé de son autorité naturelle pour aider celles qui avaient du mal à s’extraire de la fournaise, elle-même ne fuyant qu’au dernier moment.
Malheureusement, impuissante, elle n’a rien pu faire pour sa belle-sœur, la comtesse d’Hunolstein, prisonnière de la foule et du feu. « J’y étais et je n’oublierai jamais les instants que j’y ai vécus. »

L’incendie du Bazar de la Charité
Décidément cette année-là est un tournant dans sa vie. Large d’esprit, jamais idéologue, elle est sensible aux personnalités qu’elle rencontre. Ainsi se lie une amitié surprenante entre la duchesse d’Uzès et Louise Michel, « la vierge rouge » de la Commune, de retour en France après son exil en Nouvelle-Calédonie. La royaliste et la révolutionnaire ont un point commun, elles sont féministes toutes les deux.

Louise Michel (1830-1905) en 1880
La duchesse, généreuse et attentive à l’innocence des enfants, assurera financièrement l’éducation de Sidonie, la fille de l’anarchiste Vaillant. La cause féministe devient sa priorité. Elle signe avec Jeanne Schmahl et Juliette Adam un manifeste féministe L’Avant-Courrière.
Jeanne Schmahl est un médecin anglais, mariée à un Alsacien. Elle assiste les plus grands accoucheurs de Paris. Féministe convaincue que le socialisme et l’irréligion ont écarté trop de femmes de cette cause, elle pense qu’avec L’Avant-Courrière les femmes pourront porter un autre regard sur le féminisme. Convaincue, Juliette Adam, la célèbre journaliste dont le talent épistolaire a marqué la IIIe République, met son salon à sa disposition. Là se retrouvent les politiques et les écrivains les plus en vue de leur époque, il sera plus facile de les convaincre en les côtoyant de près.

Jeanne Schmahl (1846-1915)
La duchesse d’Uzès permet par son financement la création de cette « association de personnes qui demandent, pour la femme, le droit de servir de témoin dans tous les actes où le témoignage de l’homme est prévu par la loi et, pour la femme mariée, le droit de toucher le produit de son travail et d’en disposer librement ». Cette affiche, sous forme d’un fac-similé de journal, couvre les murs de Paris. Comme de tract, elle est envoyée à l’ensemble des journaux. Le sens de la communication ne leur fait pas défaut ! Elles obtiendront, rejointes par de nombreuses autres féministes, satisfaction en 1907.
Son féminisme est profond, ce n’est pas une pause mondaine – d’ailleurs fort mal vue par les conservateurs. Elle participe au lancement du journal La Française de Jane Misme, en 1906. Cette dernière est une journaliste dont les articles paraissent dans Le Figaro, Le Matin, puis à La Fronde.
Elle suit de près les nouveaux métiers qui s’ouvrent aux femmes et est très proche de la duchesse qui finance aussi ce nouveau journal libre-penseur favorable à la séparation de l’Église et de l’État. Jamais à l’abri d’une contradiction, la cause féministe l’emporte sur les autres engagements de la duchesse.

Affiche de Alice Kaub-Casalonga pour le lancement du journal
En 1908, elle organise le Lycéum Club de Paris, premier club féminin de la capitale où se retrouvent madame Alphonse Daudet, la princesse de Faucigny-Lucinge, la comtesse de Castellane, la duchesse de Gramont et Cécile Brunschvicg, future sous-secrétaire d’État dans le gouvernement du Front populaire. Plusieurs aristocrates sont féministes et plus que d’autres elles mesurent le fossé qui sépare leur pouvoir économique de leurs droits civils et politiques.
Enfin, avec Jane Misme et Jeanne Schmahl, la duchesse d’Uzès crée l’Union française pour le suffrage des femmes (UFSF), où elles sont rejointes par Cécile Brunschvicg (qui organisera le métier d’assistante sociale après-guerre). Juliette Adam leur offre l’hospitalité dans sa maison de Gif-sur-Yvette qu’elle vient d’acquérir pour expliquer aux hommes de pouvoir la nécessité de cette égalité civique.
La duchesse est révoltée de n’avoir pas le droit de vote : « Tenez, dans mon village de Bonnelles, village de cinq cents habitants, lorsque j’ai eu le malheur d’être veuve, j’étais la plus imposée de la commune, mais je n’avais pas et je n’ai encore aucun moyen de discussion au conseil municipal pour défendre les droits de mes quatre enfants. Et mon fils aîné avait dix ans. Il est vrai que mon charretier, mon bouvier, qui ne savent ni lire ni écrire, peuvent voter. »
Aussi ne faut-il pas s’étonner qu’elle invite dans son château en 1913 le Congrès international des femmes ! Sans aucun sentiment de culpabilité ou d’étrangeté, féministe, elle n’en reste pas moins la riche duchesse d’Uzès. D’ailleurs, pour circuler, elle a une superbe Delahaye. Émile Delahaye lui en a prêté une dans un but très publicitaire. Pari gagné, elle n’a plus voulu la lui rendre, séduite par sa rapidité et son confort ! En véritable amoureuse des automobiles, avec un bon sens pratique, elle invente… le rétroviseur.
Elle fera des émules aux États-Unis et après-guerre les rétroviseurs seront adaptés à toutes les voitures. Bien sûr, elle est présidente de l’Automobile Club féminin.

Présidente de l’Automobile Club féminin de France, en 1927.
La Belle Époque qu’elle a marquée de son empreinte s’éteint avec la guerre. La mobilisation touche sa famille, comme tant d’autres : son fils, elle en a déjà perdu un qui voyageait au Congo, les aînés de ses petits-fils et ses deux gendres sont mobilisés. Elle ne va pas rester sans rien faire. Patriote, elle rejoint les bénévoles de la Croix- Rouge mais surtout elle installe dans son château de Bonnelles un hôpital, le numéro 34, annexe de celui de Rambouillet tenu par la Croix-Rouge. Les blessés arrivent rapidement, dès le 25 août, les organisations sanitaires de l’armée sont débordées.

L’hôpital 34 du château de Bonnelles
La comtesse d’Haussonville, présidente du comité des dames de la Société de secours aux blessés militaires, qui connaît ses capacités et son caractère bien trempé, la charge d’inspecter la région. Il faut mettre en place partout où c’est possible des petits hôpitaux, créer des lits pour les blessés chaque jour plus nombreux. Les nouveaux moyens de l’artillerie provoquent des traumatismes que l’on doit soigner sur place : transporter les blessés serait rendre leur mort inéluctable.
La Croix-Rouge choisit la duchesse d’Uzès pour aller visiter les installations sur le front. Son courage sous la canonnade n’étonne personne et réconforte les soldats. Elle s’emploie à convaincre les chefs militaires de la nécessité de ces petites unités au plus près des combats : médecins et infirmières en acceptent le danger, on est en guerre.
La duchesse n’est pas une exception, la grande aristocratie sera dès le départ au rendez- vous de la résistance. Ainsi la comtesse de Saint-Exupéry met elle aussi en place dans son département un hôpital d’une ampleur considérable.

Infirmière pendant la Grande Guerre
La duchesse d’Uzès est occupée à plein temps par son hôpital quand elle n’est pas en tournée pour la Croix-Rouge. Elle ne rechigne devant aucune tâche, l’hygiène est incontournable : elle n’hésite pas à passer la serpillière elle-même. Dans les salles, les blessés ne se doutent pas un instant que la femme de ménage est la maîtresse des lieux, une des plus grandes fortunes de France. Elle n’attend aucune reconnaissance et sert son pays. Elle se doit d’être à la hauteur de la tâche, dans le risque comme dans l’humble quotidien.
Dès l’arrivée des réfugiés du Nord et surtout de la Belgique envahie, elle a créé un ouvroir qu’elle finance avec son argent personnel et lui donne le nom de Reine Élisabeth. Plusieurs milliers de femmes belges y feront une halte dans leur fuite devant l’ennemi et trouveront ainsi un moyen de subsistance. À la fin de la guerre, Albert Ier lui remettra la croix de l’ordre de Léopold.
Un jour, de retour à Bonnelles, après une visite sur le front, elle a la surprise de retrouver parmi les blessés ses trois petits-fils. À peine rétablis, ils repartent immédiatement. L’un d’eux, Charles de Luynes, est aviateur. Quelque temps après, à la stupéfaction de sa grand- mère, il vient se poser avec son avion dans le champ face au château ! Les retrouvailles sont joyeuses, tous les soldats blessés de l’hôpital ont droit à une double rasade d’un cognac retrouvé dans les caves.
Toutefois elle garde la notion des usages. Recevant le préfet, républicain par essence, la duchesse tient à ce que son petit-fils de dix ans préside la table : il est le seul mâle de la lignée présent au château. Ce n’est pas innocent. Elle, la royaliste, a appris à composer avec la République au nom de l’Union sacrée, mais elle ne déteste pas rappeler à ses représentants la tradition aristocratique. Comme bien d’autres grands-mères, elle a la douleur de perdre un de ses petits-fils : Charles a été chargé d’essayer les derniers avions sortis des usines et lors d’une mission il s’écrase en testant un nouvel appareil. Il avait vingt ans. À la fin de la guerre, ses gendres et son fils recevront la croix de guerre et la Légion d’honneur.
La duchesse aussi recevra la Légion d’honneur en 1919, des mains mêmes du président de la République, Raymond Poincaré… pour son œuvre de sculpteur. Manuela est récompensée ! Hommage déguisé de la République au travail accompli héroïquement pendant la guerre par cette indécrottable monarchiste ?
La duchesse tient à sculpter pour le village de Bonnelles le monument aux morts. Le général Malleterre, gouverneur des Invalides et conservateur du musée de l’Armée, est présent, en hommage à l’artiste mais aussi à la courageuse infirmière.
Elle connaît bien l’épouse du général qui préside l’association du Bleuet de France pour aider les orphelins de guerre. Les épreuves traversées par leur pays ont créé des liens d’estime réciproque.

Monument aux morts de Bonnelles
La guerre finie, elle se met à écrire des poèmes, cherchant toujours l’aspect positif de la vie même si au fond de son cœur la tristesse l’emporte :
« Il faut donc te quitter, ma blouse d’infirmière,/la guerre est terminée et les soldats guéris,/Lorsque je te portais, avec toi j’étais fière/de pouvoir soulager tant de héros meurtris. »
Pour éloigner d’elle cette neurasthénie qui ne lui ressemble pas, elle reprend son activité de « Diane chasseresse ». Toujours avide de vitesse et de nouveauté, à quatre-vingts ans, elle passe son baptême de l’air ! Personnage hors du commun, elle a su allier générosité, intelligence, sens du devoir à un combat féministe d’avant- garde pour son temps et sa classe sociale. Elle meurt en 1933, à quatre-vingt-six ans.

Extrait des « Oubliées de la victoire » par Martine Gasquet avec la collaboration de Patrick Germain pour l’illustration.
Françoise
25 janvier 2021 @ 12:37
Sacré personnage….quelle femme extraordinaire ????
ciboulette
25 janvier 2021 @ 14:31
Dans le train Paris -Strasbourg ( pas encore TGV ) , juste après Epernay , dans la ville de Dormans ( je crois ) , on aperçoit un très beau château en surplomb , la carte indiquait » château ducal d’Uzès » . Qui pourrait m’en dire un peu plus sur ce château ?
C’est aussi le nom du premier avion ( B- 707 ) que j’ai pris .
Marie d’Aix
25 janvier 2021 @ 12:49
Portrait passionnant d’une femme de caractère !
Très bel article .
Mayg
25 janvier 2021 @ 13:20
C’est une touche à tout cette duchesse. On peu dire qu’elle a eu une vie bien remplit.
La comtesse d’Haussonville dont on parle dans ce récit, est u,ne parente du comte Jean d’Haussonville ?
BEQUE
28 janvier 2021 @ 13:05
Je découvre que Madame d’Haussonville était la petite-fille de Madame de Staël. Or Jean d’Haussonville ayant été responsable du château de Coppet, on peut imaginer qu’il est un descendant de cette dame. Parmi nos amis internautes, il y a des généalogistes qui, s’ils lisent ce post (un peu tardif) sauront sûrement vous répondre.
JAY
25 janvier 2021 @ 13:28
Suite à divers ventes et a son abandon , le château de Bonnelles a été restauré et vendu en appartement.
Avel
25 janvier 2021 @ 13:57
Merci pour ce récit très intéressant.
Une « sacrée bonne femme » comme aurait dit ma mère.
Chevalière
25 janvier 2021 @ 14:32
Quelle héroïne du réel !!! Dans un roman on crierait à l’affabulation…
Voilà comme j’aime l’aristocratie : la grandeur d’âme à la hauteur des moyens dévolus par la lignée. Et dans le cas de la Duchesse Anne, elle surpasse magistralement les capacités matérielles par cet époustouflant parcours de vie. Profonde révérence !
Mon seul regret : je ne rêverai plus d’elle en déambulant dans le beau duché d’Uzes… je la croyais Gardoise !
Patrick Germain
25 janvier 2021 @ 14:56
Un grand merci surtout à Martine Gasquet qui a écrit ce texte superbe.
.
25 janvier 2021 @ 15:57
Une femme vraiment active…
Teresa2424
25 janvier 2021 @ 16:24
Extraordinaria Persona,Mujer Brillante !¡ ejemplo de lo capaces, creativas, y comprometidas con la vida!! puede ser las mujeres
Gracias REGINE , Gracias Patrick por tu colaboración
En mi país las mujeres votaron en 1928!!!
Muscate-Valeska de Lisabé
25 janvier 2021 @ 17:10
La Chaîne Histoire diffuse tous les Jeudi soirs une série sur l’incendie du bazar de la charité,à 21h,heure française. Passionnante et suivie d’un documentaire historique sur le drame.
Jolie qualité.
lila
27 janvier 2021 @ 14:14
Merci très belle Muscate ?. Je vais regarder .
Cette couleur orange vous va parfaitement .
Maria Pia
25 janvier 2021 @ 17:14
Merci pour ce beau récit d’une vie très active.
nck
25 janvier 2021 @ 18:04
Les anglo-saxons en auraient déjà fait des biopics à foison mais les Français ne savent pas raconter leur histoire, surtout au féminin.
Roxane
25 janvier 2021 @ 20:29
Waaaoouw !!! Superbe article, merci beaucoup !
Une magnifique personnalité et un parcours romanesque voire rocambolesque, que je ne connaissais pas du tout.
La Duchesse d’Uzès actuelle, Alessandra, est sans doute moins originale… quoique… ?? On n’entend plus jamais parler d’elle.
Baia
25 janvier 2021 @ 20:55
Une femme incroyable dont la vie est si bien racontée ici.
Passionnant. Merci !
Gérard
25 janvier 2021 @ 21:13
C’est très intéressant et très bien illustré merci infiniment.
Corsica
25 janvier 2021 @ 23:02
En lisant cet article très intéressant et remarquablement illustré ( merci Cosmo), trois mots me sont spontanément venus à l’esprit : pasionara, indomptable et aventureuse mais il y aurait bien d’autres qualificatifs qui conviendraient à une personnalité aussi riche et éclectique que celle de la duchesse d’Uzès. Pour moi, la chasse au courre ne devrait plus être mais ce serait dommage que cette activité, normale a son époque et dans son milieu, occulte tous les autres aspects d’une vie vécue intensément.
Mer Limpide ?
26 janvier 2021 @ 00:14
Un bon champagne « » la veuve Clicquot « »
A suivi ma fratrie et encore maintenant.
Dans toutes les occasions d’événements, de fêtes.??
Pierre-Yves
26 janvier 2021 @ 09:26
Elle avait du ressort, de la trempe et de l’énergie, cette duchesse d’Usés.
Et quand on sait d’où elle vient, son parcours force sinon l’admiration, quoique … , du moins l’intérêt. En pensant à une autre grande aristocrate très influente et qui fut sa contemporaine, la comtesse Greffulhe, je m’interroge sur l’opinion de la duchesse d’Uzès au sujet de l’affaire Dreyfus. Sait-on dans quel camp elle se situait ?
valdaunis
10 janvier 2024 @ 09:44
Ce sujet manque dans la biographie écrite par Patrick de Gmeline, pourtant extrêmement bien documentée. Comme tous les membres de son entourage, catholiques ou pas, monarchistes ou pas, elle a du être antidreyfusarde.
mousseline
26 janvier 2021 @ 10:31
j’ ai beaucoup aimé ce portrait de la Duchesse d’ Uzes. Merci pour ce moment de lecture très intéressant
Gauthier
26 janvier 2021 @ 11:06
Son fils aîné, Jacques, treizième duc d’Uzès, menait la belle vie à Paris, étant entre autres l’amant d’Emilienne d’Alençon, la célèbre demi-mondaine; il lui avait entre autres offert une pierre précieuse splendide, appartenent à la famille de Crussol depuis des décennies. La duchesse douairière d’Uzès prit le taureau par les cornes et l’envoie en expédition en Afrique en 1892. Mais le jeune duc mourut de dysenterie en janvier 1893… La duchesse obtint d’Emilienne d’Alençon la restitution de la pierre précieuse… et lui en offrit une autre, mais sans origine Crussol, en compensation.
Gauthier
26 janvier 2021 @ 11:18
Le défunt Pierre, douzième duc de Brissac (arrière-grand-père de Délia de Cossé-Brissac qui se marie prochainement), était le petit-fils de la duchesse d’Uzès, par sa mère née Mathilde de Crussol d’Uzès. Il raconte dans les quatre tomes de ses mémoires (En d’autre Temps, la suite des Temps, le Temps qui court, le Château d’en face) plusieurs anecdotes sur sa chère « Mémé » comme il la nommait.
Il nous apprend également que la défunte était quasiment ruinée à la fin de sa vie, ayant tenu une Cour quasiment royale au château de Bonnelles (la photo présentée ici date un peu, entretemps le château a été victime d’un incendie après des années d’abandon et de « visites indésirables », puis a connu une belle restauration pour être transformé en appartements). La maison de Borniol, chargée de la pompe funèbre, exigea le paiement d’arrhes, ce qui était une grande première lors de funérailles dans la bonne société.
Bonnelles dût être vendu en catastrophe à un ordre religieux, qui y installa une école, devenue le « Collège international de Bonnelles » qui déménagea en 1990.
Robespierre
26 janvier 2021 @ 13:26
Intéressant.
ciboulette
26 janvier 2021 @ 17:41
Merci , Gauthier , pour ces précisions concernant la pierre précieuse et le château . Sur la photo , je le trouvais en piteux état et je le regrettais . S’il revit après restauration , j’en suis heureuse .
luigi
26 janvier 2021 @ 12:27
Quelle vie ! quelle femme ! merci pour l’article passionnant !
Danielle
26 janvier 2021 @ 18:42
Merci pour ce récit passionnant d’une femme extraordinaire !! une personnalité qui me plait beaucoup et qui devrait servir de modèle.
lila
27 janvier 2021 @ 14:11
Ciboulette l’avatar de DEB…c’est une belle tête de chien noir regardant par la fenêtre .?
ciboulette
29 janvier 2021 @ 19:45
Merci , lila !
Pascal
27 janvier 2021 @ 16:17
J’ai beaucoup aimé l’anecdote du déjeuner avec le préfet et surtout les aspects si multiples de cette personne hors du commun.
L’article est très agréable à lire et donne l’impression de savoir le principal .
Une véritable « note » rédigée et illustrée dans la meilleure tradition.
Muscate-Valeska de Lisabé
27 janvier 2021 @ 21:06
Heureusement que non .
Maria
28 janvier 2021 @ 00:04
Molto interessante ! Non mi sembra sia stata ferma a non fare niente questa signora, è ha fatto bene.Traduco con google:Très intéressant ! Je ne pense pas que cette dame s’est arrêtée pour ne rien faire, elle a bien fait. Je traduis avec google
Erika
28 mai 2023 @ 03:11
est-ce que quelqu’un sait quelque chose sur sa plus belle fille Mathilde Renée ?