C’est un livre très fouillé qui est paru aux Editions Racine « Lilian et le Roi » revient comme son titre l’indique sur le parcours de la princesse Lilian, épouse du roi Léopold III. Cet ouvrage retrace sa vie depuis sa naissance à son décès en 2002. Lilian Baels ne laissa personne indifférent : on l’admirait ou on la haïssait. C’est aussi tranché que cela. Sa grande beauté, sa vive intelligence, son aisance en société, son bagout et son multilinguisme parfait subjuguaient ou la rendaient insoutenable.
Issue de la bourgeoisie flamande avec un père qui fut ministre et gouverneur de province, cette grande adepte du golf et de la chasse, conquit le cœur du roi Léopold III au début de la Deuxième Guerre Mondiale alors que celui-ci était veuf depuis 5 ans de la mythique reine Astrid.
Leur mariage digne d’une saga (mariage religieux sans aucune valeur légale et contraire à la constitution car célébré avant un mariage civil) puis un mariage civil car Lilian était enceinte du prince Alexandre, sidéra l’opinion publique mais aussi la classe politique en grande partie hostile au fait que le roi soit resté en Belgique et n’ait pas suivi le gouvernement en exil. D’une part on reprochait amèrement que le roi prisonnier des Allemands en son château de Laeken ait cette faculté de se marier et d’autre part on n’accepta pas que le roi « remplace » la bien-aimée reine Astrid.
Pourtant l’harmonie familiale régna avec les princes Baudouin et Albert ravis d’avoir une présence féminine et qui l’appelèrent « Mumie ». En revanche liens plus tendus avec la princesse Joséphine-Charlotte qui passait alors des périodes auprès de sa tante la reine Marie José d’Italie. Les relations entre cette dernière et sa belle-soeur Lilian évoluèrent au fil des ans, jusqu’à une brouille. Avec la reine Elisabeth, relations aussi en dents de scie avec des hauts, des bas et des froids comme lorsque la reine dut quitter Laeken pour s’installer au Stuyvenberg au retour de la famille de Léopold III.
Lilian était une femme de trempe, aux convictions très arrêtées. Le livre d’Olivier Defrance met en perspective divers témoignages sur des épisodes marquants de la vie de la princesse et du roi lors de leur déportation en Allemagne puis en Autriche, lors de l’exil au moment de la Question royale en Suisse, les nuançant, les infirmant ou les confirmant mais tordant aussi le cou aux rumeurs qui ont la peau dure.
Episode particulièrement douloureux pour Lilian : la mort de sa mère. il fut interdit par le gouvernement belge de venir de Suise même discrètement à Ostende pour l’accompagner dans ses derniers instants ainsi qu’aux funérailles. La princesse écrit dans une lettre que c’est là probablement le sacrifice le plus dur qu’elle eut à payer.
Après le mariage du roi Baudouin, Léopold III et Lilian avec leurs enfants déménagent vers le domaine d’Argenteuil, comme cela avait été décidé sous l’impulsion du gouvernement de longs mois auparavant. Ce sera le schisme entre les deux « Cours ». Mais donc ce déménagement ne fut pas précipité pendant le voyage de noces en Espagne de Baudouin et Fabiola, tout avait été conclu de longue date. Lilian ne tenait pas plus que cela à sa vie Laeken mais pour elle ce déménagement signifiait d’une certaine manière que la classe politique avait eu gain de cause.
Que s’est-il concrètement passé ? Il était évident que les deux familles ne pouvaient continuer à vivre sous le même toit à Laeken. Baudouin I devait définitivement se détacher de l’emprise (pourtant fort effacée) de son père (qui voyageait beaucoup) auquel il succéda bien malgré lui en 1951. La frontière n’était pas assez clairement soulignée entre les relations père/fils et père/souverain.
On y apprend que Baudouin n’informa ses parents de son mariage que la veille de ses fiançailles ! Mais qu’est-ce qui provoque concrètement la cassure entre Joséphine-Charlotte, Baudouin et Albert et celle qui les éleva ? La correspondance entre eux ne permet pas de le cerner. Certes, il y a une grave crise conjugale entre Léopold et Lilian qui a découvert une infidélité de son époux. Avec le temps et l’intervention de la reine Elisabeth, ils se rabibochèrent. Lilian avait décidé de ne pas paraître au mariage d’Albert et Paola.
Les enfants prirent-ils le parti de leur père face à Lilian qui voulut divorcer ? La rupture avec Lilian sera totale même si Léopold gardera un contact épisodique avec ses enfants. Il refusera d’assister après le baptême du prince Philippe dont il est le parrain aux fêtes de famille pour faire bloc avec son épouse avec qui il s’est durablement réconcilié. On a évoqué des querelles pour des bijoux de la reine Astrid que la princesse Joséphine-Charlotte souhaitait récupérer mais rien ne filtre des écrits dans lesquels on fait allusion à des rencontres qui se sont soldées par d’évidents blocages.
Mais celle qui fut toujours la mal-aimée de la famille royale se consacra alors avec passion à sa fondation de cardiologie créée pour aider les familles ayant un enfant devant être opéré comme ce fut le cas pour son fils Alexandre. Il faut dire que nul ne proposa jamais à la princesse un quelconque patronage et on ne trouve ni école, ni rue portant son nom…
La princesse suivit régulièrement son époux dans ses missions d’exploration aux quatre coins du monde et notamment avant l’indépendance au Congo.
La mort en 1983 du prince Charles ne permit pas une réconciliation familiale. Léopold III et Lilian refusèrent d’assister aux funérailles nationales de l’ancien régent qui e son côté avait tenté dans les années 70 un rapprochement vers Lilian.
La mort de Léopold III fut un coup terrible pour la princesse. Ce jour-là, le roi Baudouin ne put contenir ses larmes.
La princesse choisit de continuer à vivre discrètement à Argenteuil où elle recevait des personnalités politiques et du monde scientifique. Elle n’approuva évidemment jamais le départ de sa fille la princesse Mari Christine qui se maria à deux reprises, n’accepta jamais de rencontrer Léa Wolman épouse de son fils le prince Alexandre et mit du temps à ouvrir son cercle familial à Salvador Moncada, époux de la princesse Esmeralda, qui fut la seule à lui donner eux petits-enfants Alexandra et Leopoldo.
Elle refusa d’assister aux funérailles du roi Baudouin qu’elle n’avait pour ainsi dire plus jamais vu depuis 1960. Ses enfants la représentèrent. En 1999, le roi Albert l’invita au mariage de son fils Philippe mais elle déclina à nouveau, estimant que sa place n’était pas au sein de la famille royale et transmis ses meilleurs voeux à ce « petit-fils » qu’elle ne connaissait pas…
Vivant entre Argenteuil et son cher chalet d’Hinterniss en Autriche, Lilian porta jusqu’à son dernier jour le poids de son destin royal. Sa propre mère apprenant son mariage avec le roi, l’avait violemment giflée, consciente des épreuves que cela supposerait pour sa fille. Elle les sous-estima grandement…
« Lilian et le Roi », Olivier Defrance, Editions Racine, 2015, 334 p.

clementine1
29 février 2016 @ 08:16
je me régale d’avance.
Damien B.
29 février 2016 @ 08:19
Cette biographie fera date car – comme à son habitude – Olivier Defrance travaille comme tout historien sérieux doit le faire en analysant des sources souvent inédites.
La princesse Lilian a déjà été maintes fois évoquée, mais jamais de manière aussi intime et objective.
Le résultat est à la hauteur du sujet : passionnant et étonnant.
On aimerait lire davantage de livres de cette qualité.
Dominique-Gibbs
29 février 2016 @ 12:43
Merci Damien B.
Leonor
29 février 2016 @ 18:28
Merci , Damien, pour ce commentaire encourageant. D’autant que je ne connaissais pas Olivier Defrance, et que je me méfie des livres à cancans sur cette sorte de sujets.
Un petit Belge
29 février 2016 @ 17:20
DamienB, je n’ai pas encore eu le temps de lire cette biographie, mais je ne doute pas qu’elle soit intéressante, vu la qualité des précédents ouvrages d’Olivier Defrance. Est-ce qu’il y parle des bijoux vendus par la princesse Lilian dans les années 80 après le décès de son époux? Je n’arrive pas à en trouver la liste.
Pierre-Yves
29 février 2016 @ 18:30
Sans doute, Damien, et on a plutôt envie de découvrir cette biographie.
D’autant qu’une femme aussi controversée que le fut la princesse de Rethy ne peut que susciter la curiosité.
DEB
29 février 2016 @ 22:46
Je lis ce livre, pour l’instant et je suis assez d’accord avec vous.
L’auteur vérifie ses sources et tord le coup à certaines rumeurs, jamais étayées.
Je ne suis pas encore arrivée à l’affaire royale mais j’ai hâte d’y être.
Severina
29 février 2016 @ 09:23
Une dame et une histoire vraiment intéressantes, que je ne connaissais pas avec toutes ces nuances, merci Régine.
Jean Pierre
29 février 2016 @ 09:24
C’etait visiblement une peste trés imbue d’elle même. Mais on ne saurait lui dénier une grande dignitè. Ce n’est pas rien quand on pense à la fadeur de la cour de Belgique dans les annèes 70/80.
Au fond j’y vois une femme meurtrie par des médiocres. C’est dur !
aux
29 février 2016 @ 15:42
Assez d’accord avec vous sur votre conclusion !
kalistéa
1 mars 2016 @ 09:59
il me semble que vous êtes dans le vrai jean-Pierre.Une femme intransigeante pour elle-même et pour les autres.Sa fille marie-christine a fait paraitre un livre où elle explique qu’elle n’était pas maternelle , plutôt indifférente mais exigeait beaucoup de son entourage.
(mes majuscule s ne sortent pas facilement)
Dominique-Gibbs
29 février 2016 @ 09:59
Je vais me procurer ce livre qui semble intéressant.
Je prends acte de votre résumé Madame Salens (il y a des fautes de frappe…) et je m’en tiendrais à la conclusion car il y a beaucoup à écrire.
Si Madame Baels mère était consciente des épreuves pour sa fille, j’ose espérer qu’elle n’avait pas occulté celles bien plus importantes pour l’Etat Belgique.
Me concernant, c’est clair : je l’ai toujours méprisée.
Son attitude face au prince Charles, régent, fut révoltante.
Cet homme a fort bien rempli son devoir pour son pays durant la question royale et il disparu ensuite abandonné de tous.
La Vie est très injuste.
Tout le monde doit savoir, ici, que je n’ai pas de langue de bois.
Zorro
29 février 2016 @ 14:55
De quelle attitude méprisante à l’égard du prince Charles, la princesse se serait-elle rendue coupable ? Plus largement quel rôle exact la princesse Lilian a-t-elle joué dans la mise à l’écart (politique et familiale) du prince-régent après 1950 ?
Merci de nous donner des détails précis et pas des idées générales basées sur des on-dit.
Francine du Canada
29 février 2016 @ 16:23
Peut-être devriez-vous créer votre propre blog Dominique-Gibbs? FdC
Dominique-Gibbs
29 février 2016 @ 20:51
Figurez-vous que j’y ai déjà pensé Francine !
D-G
Xavier
1 mars 2016 @ 00:28
Dominique-Gibbs, pourriez-vous, s’il vous plaît, détailler les « épreuves » causées à la Belgique par la princesse Lilian? Je dis bien les épreuves causées par la princesse de Réthy elle-même, et pas celle créée par les partis de la gauche belge, qui a utilisé la princesse de Réthy, et abondamment manipuler la population belge, pour atteindre Léopold III et ainsi tenter de mettre fin à la monarchie, ce qui était le but ultime des hommes politiques du parti socialiste et du parti communiste?
Comme Zorro, je suis également curieux de connaître les exemples de l’attitude méprisante de la princesse Lilian à l’égard du prince Charles… qui s’est lui-même, dès 1950, retiré de la vie publique et a coupé les ponts avec sa famille, avant d’essayer, dans les tout derniers mois de sa vie, de renouer les liens?
Dominique-Gibbs
29 février 2016 @ 09:59
tiendrai !!
Jérôme J.
29 février 2016 @ 10:11
Passionnant ouvrage. Bravo à l’auteur !
Anne-Cécile
29 février 2016 @ 10:38
Il y a bien des réflexions de personnes ayant côtoyé la Princesse Lilian et son beau-fils, Baudoin, sur l’ascendant que la belle-mère avait sur le Roi Baudoin et l’adoration véritable du beau-fils pour Lilian . En revanche les plus sérieux balaient d’un revers de main une liaison entre les deux: Lilian adorait son mari et considérait ses beaux-fils comme ses enfants.
On peut donc comprendre que plus qu’un déménagement, le mariage de Baudoin était l’occasion de couper un cordon invisible avec un roi déchu et abhorré pour le gouvernement belge qui n’osait le demander sans fard au fils souverain, et pour la nouvelle épouse d’affranchir son foyer de l’ombre altière de la ravissante belle-maman.
C’est à ce prix là que les fils grandissent.
Xavier
1 mars 2016 @ 00:33
Seuls quelques ministres, ô surprise opposés à Léopold III, ont jugé bon de prétendre que ce dernier usait de son influence sur son beau-fils. La princesse Lilian n’a été citée que par ricochet, car si des liens très affectueux l’unissait aux deux futurs rois des Belges, il n’y a aucune trace d’une quelconque influence de la princesse de Réthy dans les affaires de l’Etat entre 1950 et 1960.
Zorro
1 mars 2016 @ 10:49
Trop souvent on tend à démontrer que c’est la princesse Lilian qui tenait la culotte dans le ménage et que le roi Léopold III était falot. Au niveau politique, le roi Léopold III était un tueur et savait très bien ce qu’il voulait. De 1934 à 1940, Léopold III avait remonté les bretelles à bien des ministres qui lui ont voué par la suite une rancune tenace. Ce n’est pas Lilian qui a manipulé le roi Léopold. Je pense au contraire que Lilian, totalement éprise de son mari, a été influencée par lui et l’a soutenu aveuglément dans son entêtement. Lilian a été un soutien indéfectible à son mari bien plus que son éminence grise.
Il est clair que la présence du roi Léopold III et de sa famille à Laeken entre 1950 et 1960 a été l’occasion pour Léopold III d’utiliser son fils comme instrument de son mécontentement envers des ennemis politiques. Grosso modo entre 1950 et 1957, c’était une véritable diarchie. Léopold III continuait à manœuvrer en coulisse. A Laeken, le Chef de l’Etat n’était pas le chef de famille. C’était Léopold III. Et la princesse Lilian tenait à cœur son rôle de maitresse de maison et première dame du pays. Ainsi, quand le premier ministre Pholien (premier ministre entre 1950 et 1952) avait été convié à Laeken, la princesse Lilian avait demandé au Roi des Belges d’aller chercher un cendrier pour leur hôte… Pholien en fut très choqué.
Il a fallu attendre l’entrée dans la vie du roi Baudouin en 1957-58 de Léon Joseph Suenens, recteur de l’UCL et archevêque auxiliaire de Malines-Bruxelles à cette époque pour que le roi Baudouin prenne véritablement son envol. Suenens est véritablement devenu le confident et le confesseur du roi Baudouin et à de ce fait exercer une influence considérable sur le roi Baudouin.
Le roi Baudouin a coupé les ponts avec ses parents lorsque Suenens lui a ouvert les yeux de Baudouin sur son ‘Auguste’ Père qui s’était fourvoyé, d’une part en ayant des liaisons extraconjugales et d’autre part en ayant utilisé son fils pour régler ses comptes avec certains hommes politiques. Hermann De Croo témoigne de cette prise de conscience du roi Baudouin en ces termes : « tout s’est fendu comme un beau vase chinois ». Ça n’a plus jamais été pareil ensuite : Suenens et Veronica O’Brien ont pris la place définitive du père et de la belle-mère. Le mariage avec doña Fabiola et la création d’un foyer pour le roi Baudouin a été le coup de grâce de Suenens (et le gouvernement CVP) pour écarter définitivement le roi Léopold III et la princesse Lilian de la sphère publique (et familiale).
Les relations entre Laeken et Argenteuil ont été très rares par la suite. Hermann Liebaers (Grand maréchal de la Cour dans les années ’70) témoigne qu’il avait été appelé par le roi Léopold III à Argenteuil pour qu’il trouve un emploi (plutôt une occupation) à la princesse Marie-Christine. Quand Hermann Liebaers est arrivé à Argenteuil, la princesse Lilian ne lui a dit que du mal de sa fille et Hermann Liebaers se demandait ce qu’il faisait là…. Au retour à Laeken, Liebaers a rapporté le résultat de sa visite à Argenteuil et son embarras . Et le roi Baudouin de répondre au sujet de la princesse Lilian : « Elle est toujours comme ça… ».
Pierre-Yves
1 mars 2016 @ 18:36
Très Intéressant apport, merci Zorro. J’ai sur ce sujet une vue très partielle et sans doute assez peu juste, donc je vous suis reconnaissant de vos éclairages.
clementine1
2 mars 2016 @ 00:18
j’ai hâte de lire ce livre et penserai certainement à votre commentaire ce faisant. Merci Zorro.
Blanc Rita
29 février 2016 @ 10:38
Toujours et encore choquée par l’image de Lilian portant les boucles d’oreilles en étoiles de la Reine Astrid. Astrid les avait reçues de ses parents Ingeborg et Carl de Suède !
Et aussi on la voyait régulièrement porter d’autres bijoux de la Reine Astrid dont un bracelet avec une émeraude !
Quelle bassesse !
Pauvre Astrid !
Je comprends pourquoi Joséphine-Charlotte la détestait !
Zorro
29 février 2016 @ 14:47
Blanc Rita,
Je crois qu’il ne faut pas tout ramener à une futile histoire de bijoux. Joséphine-Charlotte ne détestait pas sa belle-mère, tout au plus pourrait-on dire qu’elles entretenaient des relations distantes, et c’était pour d’autres motifs que pour une affaire de boucles d’oreilles.
C’est vraiment dommage de se focaliser sur ces détails surtout quand ceux-ci occultent tout le reste. Le rôle de la princesse Lilian dans l’histoire de Belgique entre 1940 et 1960 mériterait un autre éclairage que celui toujours rabâché de l’intrigante qui a épousé Léopold III juste pour pouvoir parader avec les bijoux de la « trop tôt disparue Sainte Reine Astrid ».
Damien B.
29 février 2016 @ 17:04
En effet Zorro, la princesse Lilian méritait un autre éclairage loin des clichés et c’est désormais le cas grâce à cette excellente biographie.
Anne-Cécile
1 mars 2016 @ 04:55
Zorro,
lorsque l’on voit combien de participants sur ce site, qui clament que l’apparence n’est rien lorsqu’une princesse bien née apparait médiocrement, mais soupirent après l’apparition d’un diadème sur la tête d’une autre ou sur la sortie de telle pierre d’un coffre de famille pour être vendu;
il n’y a donc pas à s’étonner de l’âpreté des récriminations de femmes qui estiment devoir récupérer et porter des joyaux se trouvant dans le coffre d’une autre et des rancunes tenaces que cela soulève!
Flore
29 février 2016 @ 16:19
Et si Astrid les avait remises à son époux pour sa successeuse…
On en déduit que ce n’était pas pour Joséphine.
Leonor
29 février 2016 @ 12:12
Pas encore eu le temps de lire plus que le titre de cet article très fouillé sur un livre que Dame Régine nous dit très fouillé.
Mais a priori (*), ou plutôt à ne regarder que la page de couverture, le livre n’est sans doute pas bienveillant pour la princesse Lilian. La photo choisie, en effet, n’est pas flatteuse. Cigarette à la main, menton levé, attitude comme de défi.
Bien sûr, une seule photo sortie de son contexte peut être trompeuse et sujette à toutes les interprétations.
Mais là, cette image a été choisie comme photo de couverture.
Si l’éditeur connaît son métier, elle est signifiante.
A plus tard après lecture de l’article.
(*) non, je ne mettrai pas d’accent grave sur le « a » de a priori. C’est du latin et ça le restera.
Damien B.
29 février 2016 @ 12:32
Détrompez-vous Leonor, la biographie d’Olivier Defrance qui se lit avec délectation est très objective, on en reparlera volontiers.
Cordialement
Damien B.
Robespierre
29 février 2016 @ 16:09
J’avoue que la photo m’a fait rire. On dirait une bourgeoise dressée sur ses ergots et prête à en découdre. Donc il ne doit pas s’agir d’une hagiographie. Tant mieux parce que le personnage est complexe. Et même fasciant. Et si on parle d’infidélité de la part du mari, on voit que tout ce qui brille n’est pas d’or. J’imaginais le couple roucoulant non stop depuis 1942 jusqu’à ce que la mort les sépare. Elle aimait son mari, ça c’est sûr et s’est battue pour le garder, et qui le lui reprocherait ? Cette histoire de frontière espagnole m’a laissé pantois. Si c’est vrai.
Le livre a l’air intéressant et Racine est une maison d’édition sérieuse. Je n’aurais pas acheté le livre de la fille de Lilian, trop biaisé, mais celui-ci me tente, surtout si Damien B l’apprécie.
J’aimerais savoir de ce dernier si le livre analyse les rapports mère-filles.
Damien B.
29 février 2016 @ 17:12
Merci Robespierre, je puis vous assurer qu’Olivier Defrance a passé des années de travail avant de nous présenter cette biographie.
En ce qui regarde les relations de la princesse de Réthy avec ses filles, vous trouverez des réponses dans le chapitre « Un nouveau départ ».
Cordialement,
Damien B.
Leonor
29 février 2016 @ 18:36
Oui, Damien, c’est ce que je lis sur des sites belges sérieux. Avant de passer au livre dès que j’aurai mis la main dessus.
>> + réflexions similaires à celles de l’ami Robespierre.
Zorro
1 mars 2016 @ 16:24
Cette photo a été prise par le roi Léopold vers 1970 à Argenteuil juste au moment où Léopold et Lilian venaient de poser leurs valises après un long voyage en Amérique latine. Cette photo se trouve dans le livre « Léopold III mon père ».
beji
29 février 2016 @ 12:36
j’ai lu le livre d ‘où je déduis que la dame n’était pas commode,,elle ne s’entendait ni avec sa belle-mère la reineElisabeth(qui était opposé au mariage civil de son fils avec elle) ni avec les couples baudouin/Fabiola et Albert/Paola,s’est fâchée avec une de ses filles et n’a jamais voulu rencontrer l’épouse de son fils Alexandre,( là on peut comprendre puisque Léa en était à son troisième mariage) elle n’a consenti au
mariage d’Esmeralda qu’en raison du fait que le futur mari était professeur de médecine;beaucoup de hauts et de bas dans son union,notamment une grave crise dans les années soixante quand l’ex-roi Léopold a eu une liaison avec une jeune française avec laquelle il partait en Espagne mais à la frontière on a fait comprendre à l’ex-souverain qu’il devait rentrer en Belgique,là Liliane a craint le divorce et a fait intervenir des autorités.
Francine du Canada
2 mars 2016 @ 05:48
et bla, bla bla…
marielouise
29 février 2016 @ 12:38
Intéressant article sur un destin de femme difficile…comme souvent!
ml
marielouise
29 février 2016 @ 12:42
Une allure altière, élégante mais glacée…ce qui me semble être son principal trait de caractère!
ml
Charles
29 février 2016 @ 13:05
Lilian était une femme de tête que le Roi Léopold III a aimé.
Il est évident également que son caractère fort a empêché Leopold III de voir ses enfants et sa famille. Il semble que ce couple a vécu à l’écart de tous et Lilian est devenu aigrie avec le temps,
Heureux que ce livre apporte des éléments nouveaux. La Reine Fabiola n’a jamais été la cause de la rupture entre les deux rois et il est bien de rétablir la vérité aujourd’hui.
Ce qui est choquant c’est que la princesse de Rethy ait portée les bijoux privés de la Reine Astrid. Cette indélicatesse a pu être considéré comme une provocation et je peux comprendre que les enfants de la Reine Astrid aient été meurtri.
La Princesse de Rethy aurait du d’elle même offrir tous les bijoux de la Reine Astrid aux trois enfants de la regrettée souveraine.
Nico
29 février 2016 @ 13:12
C’est une femme dont le grand tort a été de dire ce qu’elle pensait tout haut, notamment sur la classe politique belge, et qui en a payé le prix. Elle n’a jamais voulu renter dans le moule et a du serrer les dents bien des fois face à une presse particulièrement violente et déchaînée.
Un figure intéressante , loin d’être lisse et politiquement correcte.
CAROLINE VM
29 février 2016 @ 14:07
Intéressant ! pas simple à démêler en même temps…
Ghislaine
29 février 2016 @ 14:22
J’ai suivi ce feuilleton en son temps , ce que je retiens de cette femme c’est sa suprême élégance , sa classe et la main-mise manifeste qu’elle avait sur le futur roi Baudouin.Elle était altière .
L’aura de la Reine Astrid lui a fait de l’ombre et je pense que Camilla actuellement est dans la même situation.
racyma
29 février 2016 @ 14:32
que j aimerai lire ce livre .mais dans mon fin fond de campagne ce sera introuvable.peut etre dans quelques annees dans une brocante si je peux encore les frequenter
Damien B.
29 février 2016 @ 17:14
Racyma, vous pouvez commander la biographie directement via le site des éditions Racine.
Voici le lien :
http://www.racine.be/fr/lilian-et-le-roi
olivier kell
29 février 2016 @ 14:44
on pourrait aussi dire qu’elle était trop brillante par rapport au niveau général de la cour ……
mais aussi à force d’être vilipendée comme elle l’a été on en devient un peu pitbull
Zorro
29 février 2016 @ 14:45
Rien de neuf sous le soleil. Tout ce qui est dit dans ce livre n’apporte guère d’éléments neufs. Ce qui est dommage est que ce livre s’attache d’avantage à décrire une personnalité (c’est plus intéressant d’un point de vue marketing) avec comme arrière fonds l’histoire de Belgique. Pour moi, il aurait fallu faire le contraire. Ce livre laissera le lecteur dans l’illusion que la princesse était l’actrice principale de l’histoire de Belgique entre 1940 et 1960 et que tout a tourné autour d’elle (ce que j’appelle la « Stéphanebernisation » de l’histoire).
Olivier de France a au moins le mérite de compiler les informations que tout le monde savait déjà en un seul livre et par là de ranger aux oubliettes la précédente (et de piètre qualité historique) biographie de la princesse écrite par Evrard Raskin et sortie dans les années ’90.
Damien B.
29 février 2016 @ 17:22
Je ne partage pas votre avis très sévère et injuste Zorro car Olivier Defrance a étudié des correspondances privées inédites jusqu’ici et ce n’est pas le seul mérite de ce livre.
Que le sujet gravite autour de Lilian est normal : cette biographie la concerne au premier chef !
Si l’auteur était influencé par l’aspect marketing de l’Histoire il y a longtemps qu’il aurait écrit en quelques semaines ce qu’on a pu voir paraître ces dernières années ici et là.
Il s’est au contraire fait un point d’honneur à choisir des personnages méconnus du grand public (Louise, fille de Léopold II, Dora, fille de cette dernière ou encore Clémentine d’Orléans) et n’a jamais surfé sur la vague de la facilité, ce que j’approuve et applique sans concessions.
Zorro
1 mars 2016 @ 10:11
Oui certes. Olivier Defrance est un historien sérieux qui a fait un travail très rigoureux. Ce n’est pas vraiment ça que je critique. Pour moi qui suis historien, l’histoire ne se limite pas aux biographies de princesses méconnues (même si elles ont participé à la grande histoire à des degrés divers). Ce n’est pas à travers elles ou leur destin respectif que l’on retrace les grandes tendances de l’histoire. Ce livre très bien écrit sur base de sources inédites (correspondance familiale) ne délivre rien de bouleversant au niveau de l’histoire de Belgique et de la Question royale. Les scoops (rares pour moi) sont bien souvent du ressort de l’anecdotique. Donc oui, ce livre sérieux fait l’état de la question et rétabli une certaine vérité historique au sujet d’un des personnages les plus irrationnellement haïs de Belgique en tordant le cou à des légendes noires. Dans ce sens, c’est positif. Ce n’est que justice et … il était temps !
Damien B.
1 mars 2016 @ 12:44
D’accord avec vous sur l’essentiel Zorro, mais comme vous le savez Olivier Defrance a également écrit un excellent Léopold 1er et le clan Cobourg, véritable panorama des royautés européennes du XIXè.
Ses sujets de biographies de princesses moins connues constituent souvent un prétexte à rencontrer des figures majeures de l’Histoire et à explorer l’Histoire des mentalités, un domaine qui me passionne tout particulièrement.
Pour parler de mes propres travaux également publiés chez Racine j’ai pris plaisir à regarder l’Histoire s’écrire sous les yeux de Philippe Comte de Flandre et de son fils le prince Baudouin.
Zorro
1 mars 2016 @ 18:27
Ah c’est vous ???
Je n’avais pas fait le rapprochement ! J’ai lu et acheté votre livre sur le prince Baudouin que j’ai trouvé très intéressant (notamment un fait que je ne connaissait pas : la profonde amitié entre le prince Baudouin et le futur prince Louis II de Monaco et le refus de Léopold II de le voir assister aux funérailles de son neveu) !
Respect !
Zorro
1 mars 2016 @ 18:27
connaissais pardon
Damien B.
2 mars 2016 @ 08:10
Merci Zorro !
Francine du Canada
2 mars 2016 @ 05:58
Cette fois je ne suis pas d’accord… Lilian de Rethy a eu un énorme impact sur Baudouin et même sur Albert. FdC
Zorro
2 mars 2016 @ 17:45
Oui, la princesse Lilian a joué un rôle important dans la vie de Baudouin et d’Albert, mais parmi bien d’autres. Quand on fait le bilan de la vie de Baudouin et de son règne (l’aspect le plus important de sa vie étant donné qu’il considérait sa fonction quasiment comme une mission (divine) et un apostolat), le rôle de la princesse Lilian n’est pas parmi les plus essentiels qui me viennent à l’esprit.
Parmi les événements qui ont totalement construit la destinée du jeune roi Baudouin : c’est la mort de sa mère lorsqu’il avait à peine 5 ans. Cet évènement à ce moment-là de sa vie a déterminé tout le reste. A cet égard, Joséphine-Charlotte a eu un rôle extrêmement important pour ses frères à ce moment-là. Lilian n’est arrivée qu’en 1940/41, c’est-à-dire quand la douleur de Baudouin (qui était au seuil de l’adolescence) avait été plus ou moins métabolisée (le scoutisme l’avait pas mal aidé en ce sens). Lilian n’a donc pas été une mère de substituions pour Baudouin (elle est arrivée trop tard), elle était la belle-mère (c’est-à-dire la femme de son auguste Père) qui avait su recréer un foyer uni. A cet égard, Hermann de Croo témoigne que la princesse Lilian « avait été une couveuse extraordinaire pour les deux princes ». Je pense que Baudouin et Albert appelait Lilian maman, mais Joséphine-Charlotte était restée pour Baudouin et Albert le lien qui les unissait à leur défunte mère.
Quand les deux princes se sont mariés en 1959 et 1960 et ont créé leur propre foyer, ils n’ont plus appelé Lilian maman. Son rôle de couveuse était terminé. Par contre Baudouin et Albert ont toujours entretenu des relations très fortes avec leur sœur aînée ainsi qu’avec ses enfants (Margaretha notamment). D’ailleurs, quand Joséphine-Charlotte est décédée en 2005, le roi Albert avait été très affecté et avait porté le deuil de sa sœur pendant une année entière.
Zorro
29 février 2016 @ 15:20
Précision qui a son importance (dans le contexte du livre) : la roi Baudouin n’avait pas coupé les ponts de manière aussi radicale que le résumé semble le faire croire. A cet égard, une petite anecdote : le roi Baudouin s’était rendu à Argenteuil au milieu des années ’70 auprès de son père malade (maladie que le roi Léopold avait contracté au cours de ses expéditions en Amérique latine). Le roi Baudouin avait demandé à la princesse de l’accueillir à Argenteuil et de le conduire directement auprès de son père. Cette visite devait rester secrète et le roi s’était d’ailleurs rendu incognito en voiture banalisée (seul el grand chambellan de la Cour, Hermann Liebaers avait été mis au courant et à posteriori). Le roi avait précisé à la princesse qu’il ne voulait croiser personne du château d’Argenteuil au cours de sa visite.
Alors que le roi Baudouin se trouvait à l’étage au château d’Argenteuil, il vit passer quelqu’un subrepticement dans le couloir qui menait aux chambres. Baudouin se retourne alors vers sa belle-mère et lui dit : « mais il y a quelqu’un ! » et la princesse de lui répondre : « mais c’est votre sœur… »
Jean Pierre
29 février 2016 @ 17:48
Au Rosey ne l’avait t’on pas surnommé « Bobo le bigleux » ?
Nico
29 février 2016 @ 18:36
Anecdote très révélatrice. Lilian avait su cerner l’hypersensibilité de Baudoin et s’est efforcée de garder un cocon familial avec le jeune roi. Ce dernier était trop influençable et comme disait Leopold III « ton règne sera long car tu ne déranges personne ». Ce qui fut vrai. Lilian et Leopold ont été tout bonnement éjecté de la vie de Baudoin par la classe politique qui voulait avoir main mise sur la Couronne et qui les trouvait trop envahissant. Baudoin fut donc réduit a inaugurer les chrysanthèmes, ce que son père n’aurait jamais accepté.
Enfin Lilian fut très lucide sur Fabiola et l’omniprésence du mouvement charismatique, voyant d’un mauvais œil cette piété proche du fanatisme et qui n’allait pas de paire avec un souverain de tous les belges. Les événements lui donnèrent également raison .
Il est toujours très facile pour les amateurs de papier glacé de tout réduire à une histoire de meubles ou de bijoux. La réalité est sans doute plus complexe et plus sordide, en plein cœur des bassesses politiques de la Belgique d’après guerre (avec encore des résonances de nos jours).
aux
1 mars 2016 @ 09:01
100% d’accord avec vous.
Zorro
1 mars 2016 @ 12:06
Commentaire très juste à mais égard. Cependant, plus que la classe politique, c’est le rôle de Léon Joseph Suenens et de l’Eglise catholique dans la vie du roi Baudouin qui l’ont influencé. Léopold III reprochait à son fils d’être trop proche de ses anciens adversaires, à savoir les sociaux chrétiens et les socialistes ! De fait, le roi Baudouin a toujours favorisé les gouvernements CVP-PS. Tous ses amis politiques étaient de cette tendance : Willy Claes (SP), Guy Spitaels (PS), Wilfried Maertens (CVP), etc. Son chef de cabinet, Jacques van Yperseele était CVP et ancien collaborateur de Jean-Luc Dehaenne. Pour autant, le roi Baudouin n’a pas vraiment inauguré les chrysanthèmes. Baudouin s’est révélé être un tueur politique, n’hésitant pas à écarter les ministres qui ne lui plaisaient pas. Le roi Baudouin avait à la fin de sa vie une influence considérable sur le monde politique belge. Il était respecté et redouté. A la fin de sa vie (sachant qu’il ne lui restait plus longtemps à vivre), il a vraiment voulu laissé un héritage politique et appliquer les principes de l’Evangile dans son règne et a été franco : refus de libéraliser l’avortement, lutte contre la traites des êtres humains, etc. ( A ce propos, Jacques van Yperseele était membre du Renouveau Charismatique et chantre de la politique sociale du roi mentionnée plus haut). En 1993, Baudouin avait un pouvoir d’influence énorme (sans compter les crises politiques et communautaires à répétition au cours des années ’80 et ’90 dans lesquelles il a joué un rôle majeur voire déterminant) et très très respecté par les Belges.
Concernant la reine Fabiola, je nuancerais. Ce n’est pas elle qui a amené le mouvement du Renouveau Charismatique à la Cour, c’est Léon Joseph Suenens et Veronica O’Brien au début des années ’70. D’ailleurs, si il y avait bien à rechercher un bigot dans le couple royal, c’était bien d’avantage Baudouin que Fabiola. Au tout début des années ’90, le roi s’était rendu en Hongrie en visite officielle. Au cours de son périple le roi et la délégation belge ont été amenés à rencontrer l’archevêque de Budapest. Le roi lui a demandé quelle était l’état de la foi en Hongrie après la chute du communisme et l’archevêque de lui répondre : « pas brillant votre majesté ». Baudouin aurait dit : « mais ça ne va pas du tout ! ». Il s’est levé et a encouragé toute l’assistance à prier. L’archevêque s’est retrouvé tout penaud devant le roi qui présidait la séance de prière avec tous les ambassadeurs et ministres des deux pays…
Lilian avait été effrayée plus d’une fois par les crises mystiques du roi Baudouin. Léopold III et Lilian craignaient que ces délires mystiques soient encouragés par Suenens et n’affectent à terme la conduite de son règne. C’est une des raisons pour lesquelles Lilian voyait d’un mauvais œil l’arrivée de la fiancée choisie par Suenens. Par ailleurs, la mère de doña Fabiola, doña Blanca avait confié à Lilian que sa fille était probablement stérile (Fabiola avait été fiancée à un aristocrate espagnol et les fiançailles avaient été rompus brutalement pour des raisons inconnues). Lilian et Léopold ont essayé de raisonné leur fils qui ne voulait rien entendre. Lilian aurait alors dit à Suenens que Fabiola n’était pas la femme qui convenait à Baudouin et qu’en un plus elle était probablement stérile. Suenens lui aurait rétorqué que « Dieu y pourvoirait ».
Par la suite, le mariage de Baudouin avec Fabiola et la tendance catho-gauchiste de l’entourage du roi Baudouin furent les deux motifs d’éloignement du père d’avec son fils. Le roi Albert a témoigné à une historienne flamande que, au début des années ’60, quand les réunions familiales étaient encore existantes (sans les belles-filles cependant), qu’ils devaient regarder la télévision car sinon, ils finissaient toujours par se disputer sur ces deux sujets.
marie.françois
1 mars 2016 @ 20:37
Vous semblez bien informé, Zorro.
Que Baudoin ait jugé l’attitude de son pere au bout d’ un certain temps, cela est compréhensible.
Qu’il ait rompu avec lui alors que ce dernier s’était retiré à Argenteuil, n’avait plus de vie officielle et était souvent absent de Belgique, compte tenu de ses longs voyages lointains , l’est moins.
Que la soeur et le frere de Baudoin aient aussi rompu avec leur pere est aussi difficile à comprendre. Ils n’étaient pas, pourtant, sous l’influence du cardinal Suenens!
Robespierre
2 mars 2016 @ 08:43
Excellent commentaire. Le frère cadet et la soeur qui épousent la querelle de Baudoin-Fabiola, c’est tout de même curieux.
Zorro
2 mars 2016 @ 10:21
C’est vrai que j’ai été amené à connaître certaines choses sur le roi Baudouin (que j’admire beaucoup), pour autant, je ne suis pas dans le secret des dieux. J’ai beaucoup lu d’autobiographies et d’articles concernant les personnes qui ont gravité autour du roi Baudouin. J’ai aussi reçu des témoignages d’historiens qui avaient rencontré dans un cadre professionnel les proches de la cour (grands chambellans, chefs de cabinet), le roi Léopold ou la princesse Lilian (jamais le roi Baudouin cependant), etc. On peut connaître aussi beaucoup de choses via les livres écrit par ou sur le cardinal Suenens. Il y a eu aussi beaucoup de très bons documentaires sur le roi Baudouin ainsi que de témoignages d’hommes politiques qui l’ont connu personnellement (généralement des anecdotes qu’il faut interpréter en contexte).
Je me suis plus concentré sur le roi Baudouin et la période de son règne. Les relations intrafamiliales ne m’intéressent pas vraiment en tant que telles. C’est pourquoi les relations entre Joséphine-Charlotte et Albert d’une part et Léopold III, Lilian d’autre part me paraissent moins intéressantes.
Ce que je peux dire c’est qu’Albert a toujours été soumis à son frère aîné qu’il appelait d’ailleurs le « patron ». Ainsi, je pense qu’il y avait un principe entre les deux frères : ne pas remuer le passé et éviter toute polémique pour le bien suprême du pays. Les visites du roi à son père étaient rares et se déroulaient toujours incognito. De même pour Albert. On n’a plus jamais vu le roi Léopold III apparaître officiellement au côté de ses fils après le décès de la reine Elisabeth en 1965.
Concernant Joséphine-Charlotte, c’était différent : elle vivait à Luxembourg (était devenue princesse étrangère) et avait plus de liberté (ou moins de comptes à rendre) pour rendre visite à son père. Elle était d’ailleurs la seule de la famille à avoir assisté à la communion solennelle de la princesse Marie-Christine à Ohain dans les années ’60 (le cardinal Suenens ne présidait pas la cérémonie, cela va sans dire, mais un archevêque américain !). Je pense que Joséphine Charlotte voyait régulièrement son père (et sa belle-mère ?) mais elle ne le criait pas sur les toits. Je me rappelle avoir lu qu’elle ne considérait pas très bien sa demi-sœur, la princesse Marie-Christine qui a eu une jeunesse assez tumultueuse et ne savait pas tenir son rang. En tout cas à la mort du roi Léopold III en septembre 1983, il paraît que le roi Baudouin ne comptait pas assister aux obsèques de son père et que c’est Joséphine-Charlotte qui l’aurait convaincu d’y assister. Joséphine Charlotte était malgré tout restée la sœur aînée.
Zorro
2 mars 2016 @ 13:46
Roberspierre,
Vore commentaire démontre que vous n’avez ni lu le livre ni mes commentaires. C’est fatigant de constater que l’on pase son temps à écrire et à tenter d’expliquer un fait complexe, il y en a toujours qui veulent rester sur leurs aprioris et leurs préjugés.
aux
29 février 2016 @ 15:46
Cette était avait bien trop de personnalité pour cette « petite » cour de Belgique.
Elle rayonnait et avait certainement aussi droit au bonheur.
Difficile de vivre avec l’ombre de la Reine Astrid qu’on idolâtra car très tôt disparue!
Moi j’aime cette femme, distinguée, amoureuse et avec de l’ambition.
Francine du Canada
2 mars 2016 @ 19:13
Vous savez aux, je pense exactement comme vous; j’ai 61 ans et je n’ai encore jamais rencontré des gens qui font le mal pour faire le mal… seulement des « mal aimés » qui, se sentant lésés cherchent à se venger. Les gens font des erreurs (quelquefois des crimes) parce qu’ils sont « humains »; pour moi, c’est aussi simple que ça : L’humain est faillible et imparfait. Bonne journée, FdC
Dominique-Gibbs
29 février 2016 @ 16:51
Voici le commentaire de l’éditeur :
« La biographie riche en révélations de la princesse Lilian
À propos de l’ouvrage
Cette nouvelle biographie de Lilian a été écrite sur base d’archives totalement inédites, telles que des notes personnelles et des lettres de Lilian, mais aussi du roi Léopold III et d’autres membres de la famille.
Bien des choses ont été écrites sur Lilian Baels. Elle fut l’une des cibles privilégiées des anti-léopoldistes, lui collant une image d’intrigante, à la manière de la méchante marâtre de Blanche-Neige. Mais la réelle personnalité de la princesse demeurait mystérieuse, plongée dans l’ombre de son époux et de la Question royale.
Aujourd’hui, le temps a passé et les réactions passionnées font place à des réflexions plus nuancées. Ses relations avec sa famille Baels étaient-elles harmonieuses ? Que faisait-elle durant les années trente en Autriche ? Dans quelles circonstances s’est organisé son mariage secret avec le roi Léopold ? Que pensait Lilian de son beau-frère Charles, le prince régent ? A-t-elle joué un rôle majeur auprès du jeune Baudouin à partir de 1950 ? Quel regard portait-elle sur la politique belge et internationale ? Quelles sont les causes de la rupture de 1960 ? »
A propos de :
Olivier Defrance
Historien formé à l’Université libre de Bruxelles, Olivier Defrance est l’auteur de nombreux articles. Il a également publié chez Racine plusieurs ouvrages : Léopold Ier et le clan Cobourg, La Médicis des Cobourg. Clémentine d’Orléans, La fortune de Dora. Une petite-fille de Léopold II chez les nazis et, avec Christophe Vachaudez, L’Album royal. De Léopold Ier à Baudouin.
Maria
29 février 2016 @ 17:01
où est ce qu’on trouve ce livre? amazon ne l’a pas ce qui est étonnant…
Lisa
29 février 2016 @ 17:24
Elle avait des amitiés pronazies, elle fréquenta d’ailleurs un prince autrichien nazi, mais le mariage fut impossible car elle était roturière.Cela se passait dans les années 1930.
En pleine guerre, en 1941, le roi et elle firent leur voyage de noces (sous un faux nom en Autriche).
Elle a pesé sur la décision du roi de ne pas partir en exil pendant la guerre, ce que les belges ne lui ont jamais pardonné.
Zorro
1 mars 2016 @ 09:54
C’est absolument grotesque.
Deux de vos trois propositions sont fausses : ce n’était pas un prince autrichien mais un comte hongrois/croate : Peter Draskovich. A ma connaissance, il n’était pas sympathisant nazi (à moins que vous ne considériez tous les allemands et peuples apparentés comme des nazis et des personnes qui ont soutenu et approuvé la mise en place de la ‘solution finale’ dès 1943/44)
La princesse n’a pas pesé sur la décision du roi Léopold III de ne pas partir en exil, vu que le roi a décidé en mai 1940 de rester en Belgique prisonnier avec son armée et de ne pas suivre son gouvernement à Londres invité par le Gouvernement britannique qui avait dit que l’Armée belge pouvait se faire sacrifier du moment qu’elle permette à l’Armée britannique de rembarquer à Dunkerque. Par ailleurs, si le roi avait suivi son gouvernement à Londres, Lilian et Léopold III auraient pu se marier normalement et ça serait passé comme une lettre à la poste.
beji
29 février 2016 @ 19:26
le gouvernement souhaitait le départ de Laeken de l’ex-roi et de sa famille,bien avant la rencontre de Baudouin et de Fabiola afin que le couple n’interfère pas dans le règne du jeune roi;l’installation à Argenteuil n’a donc rien à voir avec l’arrivée de Fabiola.
Caroline
29 février 2016 @ 22:43
Après avoir lu les commentaires précedents pas très favorables envers cette Lilian, j’ hésite à acheter ce nouveau livre!
vieillebranche
29 février 2016 @ 23:15
je n’ai pas encore lu le livre intéressant semble-t-il. personne ne fait allusion à la « rumeur » qui était très répandue dans ma famille il y a longtemps: comme Wallis Simpson à la cour d’Angleterre, Lilian aurait été manipulée par des dignitaires allemands et aurait influencé les choix politiques du Roi de Belgique , en effet peu résistant au IIIè Reich.
jo de st vic
1 mars 2016 @ 08:54
Je ne connais pas assez la vie de Lilian pour me prononcer, par contre j’ai toujours entendu que ses beaux fils lui étaient trés attachés..alors elle ne devait pas être aussi « malveillante »
Tina Jean
1 mars 2016 @ 12:27
En tout cas elle a vécu des épreuves dures mais semble aussi avoir été dire envers elle et les autres notamment ses enfants.
Refuser leurs choix de vie, refuser de rencontrer les conjoints de ses enfants, ne pas aller aux événements familiaux…
En fait, il y’a plein de problèmes dans la famille royale belge, ça ne donne pas envie d’en faire partie.