C’est un livre très fouillé qui est paru aux Editions Racine « Lilian et le Roi » revient comme son titre l’indique sur le parcours de la princesse Lilian, épouse du roi Léopold III. Cet ouvrage retrace sa vie depuis sa naissance à son décès en 2002. Lilian Baels ne laissa personne indifférent : on l’admirait ou on la haïssait. C’est aussi tranché que cela. Sa grande beauté, sa vive intelligence, son aisance en société, son bagout et son multilinguisme parfait subjuguaient ou la rendaient insoutenable.
Issue de la bourgeoisie flamande avec un père qui fut ministre et gouverneur de province, cette grande adepte du golf et de la chasse, conquit le cœur du roi Léopold III au début de la Deuxième Guerre Mondiale alors que celui-ci était veuf depuis 5 ans de la mythique reine Astrid.
Leur mariage digne d’une saga (mariage religieux sans aucune valeur légale et contraire à la constitution car célébré avant un mariage civil) puis un mariage civil car Lilian était enceinte du prince Alexandre, sidéra l’opinion publique mais aussi la classe politique en grande partie hostile au fait que le roi soit resté en Belgique et n’ait pas suivi le gouvernement en exil. D’une part on reprochait amèrement que le roi prisonnier des Allemands en son château de Laeken ait cette faculté de se marier et d’autre part on n’accepta pas que le roi « remplace » la bien-aimée reine Astrid.
Pourtant l’harmonie familiale régna avec les princes Baudouin et Albert ravis d’avoir une présence féminine et qui l’appelèrent « Mumie ». En revanche liens plus tendus avec la princesse Joséphine-Charlotte qui passait alors des périodes auprès de sa tante la reine Marie José d’Italie. Les relations entre cette dernière et sa belle-soeur Lilian évoluèrent au fil des ans, jusqu’à une brouille. Avec la reine Elisabeth, relations aussi en dents de scie avec des hauts, des bas et des froids comme lorsque la reine dut quitter Laeken pour s’installer au Stuyvenberg au retour de la famille de Léopold III.
Lilian était une femme de trempe, aux convictions très arrêtées. Le livre d’Olivier Defrance met en perspective divers témoignages sur des épisodes marquants de la vie de la princesse et du roi lors de leur déportation en Allemagne puis en Autriche, lors de l’exil au moment de la Question royale en Suisse, les nuançant, les infirmant ou les confirmant mais tordant aussi le cou aux rumeurs qui ont la peau dure.
Episode particulièrement douloureux pour Lilian : la mort de sa mère. il fut interdit par le gouvernement belge de venir de Suise même discrètement à Ostende pour l’accompagner dans ses derniers instants ainsi qu’aux funérailles. La princesse écrit dans une lettre que c’est là probablement le sacrifice le plus dur qu’elle eut à payer.
Après le mariage du roi Baudouin, Léopold III et Lilian avec leurs enfants déménagent vers le domaine d’Argenteuil, comme cela avait été décidé sous l’impulsion du gouvernement de longs mois auparavant. Ce sera le schisme entre les deux « Cours ». Mais donc ce déménagement ne fut pas précipité pendant le voyage de noces en Espagne de Baudouin et Fabiola, tout avait été conclu de longue date. Lilian ne tenait pas plus que cela à sa vie Laeken mais pour elle ce déménagement signifiait d’une certaine manière que la classe politique avait eu gain de cause.
Que s’est-il concrètement passé ? Il était évident que les deux familles ne pouvaient continuer à vivre sous le même toit à Laeken. Baudouin I devait définitivement se détacher de l’emprise (pourtant fort effacée) de son père (qui voyageait beaucoup) auquel il succéda bien malgré lui en 1951. La frontière n’était pas assez clairement soulignée entre les relations père/fils et père/souverain.
On y apprend que Baudouin n’informa ses parents de son mariage que la veille de ses fiançailles ! Mais qu’est-ce qui provoque concrètement la cassure entre Joséphine-Charlotte, Baudouin et Albert et celle qui les éleva ? La correspondance entre eux ne permet pas de le cerner. Certes, il y a une grave crise conjugale entre Léopold et Lilian qui a découvert une infidélité de son époux. Avec le temps et l’intervention de la reine Elisabeth, ils se rabibochèrent. Lilian avait décidé de ne pas paraître au mariage d’Albert et Paola.
Les enfants prirent-ils le parti de leur père face à Lilian qui voulut divorcer ? La rupture avec Lilian sera totale même si Léopold gardera un contact épisodique avec ses enfants. Il refusera d’assister après le baptême du prince Philippe dont il est le parrain aux fêtes de famille pour faire bloc avec son épouse avec qui il s’est durablement réconcilié. On a évoqué des querelles pour des bijoux de la reine Astrid que la princesse Joséphine-Charlotte souhaitait récupérer mais rien ne filtre des écrits dans lesquels on fait allusion à des rencontres qui se sont soldées par d’évidents blocages.
Mais celle qui fut toujours la mal-aimée de la famille royale se consacra alors avec passion à sa fondation de cardiologie créée pour aider les familles ayant un enfant devant être opéré comme ce fut le cas pour son fils Alexandre. Il faut dire que nul ne proposa jamais à la princesse un quelconque patronage et on ne trouve ni école, ni rue portant son nom…
La princesse suivit régulièrement son époux dans ses missions d’exploration aux quatre coins du monde et notamment avant l’indépendance au Congo.
La mort en 1983 du prince Charles ne permit pas une réconciliation familiale. Léopold III et Lilian refusèrent d’assister aux funérailles nationales de l’ancien régent qui e son côté avait tenté dans les années 70 un rapprochement vers Lilian.
La mort de Léopold III fut un coup terrible pour la princesse. Ce jour-là, le roi Baudouin ne put contenir ses larmes.
La princesse choisit de continuer à vivre discrètement à Argenteuil où elle recevait des personnalités politiques et du monde scientifique. Elle n’approuva évidemment jamais le départ de sa fille la princesse Mari Christine qui se maria à deux reprises, n’accepta jamais de rencontrer Léa Wolman épouse de son fils le prince Alexandre et mit du temps à ouvrir son cercle familial à Salvador Moncada, époux de la princesse Esmeralda, qui fut la seule à lui donner eux petits-enfants Alexandra et Leopoldo.
Elle refusa d’assister aux funérailles du roi Baudouin qu’elle n’avait pour ainsi dire plus jamais vu depuis 1960. Ses enfants la représentèrent. En 1999, le roi Albert l’invita au mariage de son fils Philippe mais elle déclina à nouveau, estimant que sa place n’était pas au sein de la famille royale et transmis ses meilleurs voeux à ce « petit-fils » qu’elle ne connaissait pas…
Vivant entre Argenteuil et son cher chalet d’Hinterniss en Autriche, Lilian porta jusqu’à son dernier jour le poids de son destin royal. Sa propre mère apprenant son mariage avec le roi, l’avait violemment giflée, consciente des épreuves que cela supposerait pour sa fille. Elle les sous-estima grandement…
« Lilian et le Roi », Olivier Defrance, Editions Racine, 2015, 334 p.

val
1 mars 2016 @ 13:38
Liliane on fait les valises et ont rentre à la maison !!!!!
jo de st vic
1 mars 2016 @ 13:39
Zorro..d’accord avec vous…beaucoup oublie que les premiers déportés ont été les allemands qui étaient contre le nazisme…il était nombreux et souvent jeunes, on ne parle pas souvent d’eux…
racyma
1 mars 2016 @ 14:16
merci damien b mais je suis bien incapable de faire toutes ces manipulations sur mon ordi pour arriver a passer commande de ce livre
framboiz07
1 mars 2016 @ 19:31
Demandez de l’aide , racyma ! Amitiés .
C’est pour cela que l’on apprécie N&R , on est au moins au courant des choses , qui se passent .
marie.françois
1 mars 2016 @ 16:33
Interessant ouvrage ou l’o apprend que Lilian Baels n’était pas une oie blanche lorsqu’elle a épousé son roi mais l’on apprend pas grand chose sur les raisons de la brouille entre Leopold III et ses trois enfants ainés. Il y est fait mention de l’influence de Fabiola sur Baudoin, pour expliquer l’inimitié survenue . Mais cela n’explique pas la réaction similaire de Joséphine Charlotte et d’Albert.
Francine du Canada
2 mars 2016 @ 06:11
Personnellement, je ne crois pas que Joséphine Charlotte était une « oie blanche »… FdC
Dominique-Gibbs
2 mars 2016 @ 13:15
Des preuves Francine !
lorraine 1
1 mars 2016 @ 20:49
J’ai vu la princesse Lilian une fois. A Cannes en 1976. Je dînais en famille à l’hôtel Majestic, lorsqu’elle est entrée dans le restaurant : très belle et grande femme en tailleur Channel, le visage assez marqué, le verbe très haut. Elle était suivie d’un dame et de sa fille Marie-Christine et cette jeune fille très blonde avait des coups de soleil qui lui avait brûlé la peau quasiment au troisième degré, aurait-elle été ma fille que je l’aurais fait hospitaliser sur le champ. Pendant le dîner, non seulement Lilian a continué à pérorer avec sa voix très forte, mais elle n’a ni parlé à sa fille et ne lui a même pas jeté un regard. Nous étions choqués.
Zorro
2 mars 2016 @ 16:30
C’est tout à fait ça. Votre témoignage est très éclairant. Il y avait réellement un problème entre Lilian et sa fille puinée. Notons que Marie-Christine est restée dans une sorte de « minorité prolongée » (sous la coupe de sa mère) jusqu’à ses 30 ans.
Je pense que Lilian qui était frustrée du traitement que la classe politique et plus largement la population belge lui infligeait (à tort ou à raison), a voulu reporter ses espoirs et son ambition débordante sur sa progéniture. Des enfants brillants (qui auraient épousés des conjoints tout aussi brillants) l’auraient rachetée. Ça n’a pas été le cas. Il semble que la princesse Marie-Christine a joué le rôle de souffre-douleur de sa mère. Il semble aussi que Léopold III était assez indifférent par rapport à elle, Marie-Esméralda étant la préférée (comme souvent les enfants nés sur le tard et plus encore quand se sont les cadets).
Robespierre
3 mars 2016 @ 15:07
Excellente analyse, Zorro.
Les rapports parents-enfants, quels que soient les milieux concernés, sont toujours intéressants.
Pour en revenir à vos remontrances à mon égard, je me dis que cette histoire est vraiment complexe et qu’il est difficile de s’y retrouver.
Leonor
2 mars 2016 @ 00:35
Je souhaite remercier vivement ici Damien B. et Zorro, pour leurs messages bourrés d’informations vivantes et fort intéressantes.
septentrion
2 mars 2016 @ 12:28
Leonor, je me joins à vous, si vous le permettez ; j’ai très envie de me procurer le livre suite à l’article et à la lecture de tous les commentaires.
Francine du Canada
2 mars 2016 @ 19:27
Moi aussi je me joins à Leonor; les commentaires de Damien B. et ceux de Zorro sont extrêmement intéressants et c’est une des raisons pour lesquelles j’aime bien N&R. FdC
Zorro
3 mars 2016 @ 10:38
Merci à vous tous et toutes ! Grâce à vous je n’ai pas l’impression d’écrire dans le vide !
Leonor
2 mars 2016 @ 09:48
L’un d’entre vous, qui se trouverait déjà en possession de ce livre, pourrait-il s’il vous plaît indiquer le code ISBN ?
L’ouvrage ne figure pas – pas encore ? – dans les catalogues informatisés de mon pourtant excellent libraire. Le code lui faciliterait la vie pour passer commande. Merci.
Damien B.
2 mars 2016 @ 12:56
Je ne suis pas chez moi Leonor et vérifierai l’ISBN figurant sur mon exemplaire.
Toutefois, voici déjà l’EAN : 9782873869427
Cordialement,
Damien B.
Damien B.
2 mars 2016 @ 16:05
Leonor, en fait l’EAN a remplacé depuis 2007 l’ISBN.
Donc le code que je vous ai donné est valable.
Vous devriez pouvoir le commander aisément.
Leonor
4 mars 2016 @ 14:48
Merci pour la réponse, Damien. En effet, la commande est partie.
Dominique-Gibbs
2 mars 2016 @ 11:44
L' »erreur » que je reproche à Lilian Baels est d’avoir épousé le roi Léopold III en période de guerre.
Tout comme un mariage religieux précédé d’un mariage civil ce qui est interdit légalement en Belgique.
D’autres se sont mariés et ont eu des enfants durant la guerre mais ils n’étaient pas ROI.
La situation était dramatique pour bien des familles qui n’ont pas toutes considéré élégant ce remariage alors qu’un père, un frère, un oncle, … étaient prisonniers des Allemands dans des conditions très pénibles.
Je parle de vécu même si je n’étais pas née.
Pour la génération de mes parents et celle de mes grands-parents, il était souhaitable de ne pas prononcer le nom de Léopold III et de l’intrigante Lilian Baels.
L’amour est une chose mais lorsque l’on est souverain(e), on ne peut prétendre bénéficier du même statut que le citoyen lambda puisque par essence on se défend de l’être.
Ils auraient pu avoir la décence de se marier après la guerre, alors que les événements s’étaient apaisés.
Madame Baels n’était pas une midinette et elle a fait le vide autour d’elle à commencer par ses propres enfants. Comment pourrais-je respecter une telle personne ?
Elle a eu beaucoup d’influence sur le prince Bauduin et je n’ai aucune difficulté à comprendre qu’elle ne pouvait entretenir de bonnes relations avec Joséphine-Charlotte, Paola et Fabiola (je l’ai ai volontairement notée par ordre d’arrivée dans la famille royale).
Elle s’est vue reine des Belges mais la vox populi ne l’entendait pas de cette oreille.
L’ombre de la reine Astrid continuait de planer sur la Belgique.
Elle était tout l’opposé de Lilian Baels.
Nous ne saurons jamais comment aurait été l’ambiance au sein de la famille royale si Astrid avait vécu.
Quant au prince Charles, qui, dites-moi, qui a eu quelques attentions envers lui alors qu’il a « sauvé la mise » même s’il ne faisait que son devoir.
Il était un peu original mais cela n’a jamais fait de tort à quiconque.
Lilian a refusé d’assister à ses funérailles !
… Il y a encore beaucoup à écrire.
La question royale n’est pas arrivée par hasard…
DEB
2 mars 2016 @ 17:20
Leonor,
Voici le code ISBN 978-2-87386-942-7 et bonne lecture.
Leonor
6 mars 2016 @ 00:01
Merci, Deb, à vous aussi.
Xavier
2 mars 2016 @ 17:35
Dominique-Gibbs,
Je vous suis reconnaissant d’avoir bien voulu répondre aux interrogations que Zorro et moi vous posions ci-dessus.
Votre commentaire est marqué d’un ressentiment assez irrationnel, qui par moment vous fait perdre toute objectivité; ce n’est pas une critique, juste une constatation. Vous avez grandi dans un milieu hostile à Léopold III, vous l’écrivez vous-même. Si ma mémoire est exacte, vous êtes originaire du Hainaut, là où justement on (le parti socialiste et le parti communiste) a répandu, entre 1945 et 1950, la légende des origines allemandes de la princesse de Réthy, afin de bien exacerber la rancoeur d’une population ouvrière (dont vous êtes issue, si mes souvenirs sont toujours exacts) contre le Roi et le principe monarchique. Ces éléments expliquent grandement votre manque d’objectivité.
Vous reprochez à Léopold II et à la princesse Lilian (qui ne s’est jamais appelé Madame Baels comme vous l’écrivez… ) de s’être mariés en pleine guerre. Vous reconnaissez néanmoins que ce mariage était loin d’être le seul célébré en Belgique à l’époque, tout comme vous reconnaissez que le prince Alexandre n’est pas le seul bébé né entre 1940 et 1944.
Pourquoi dès lors faire ce reproche? Je ne vois pas ce qui empêchait le Roi, comme tout un chacun, de convoler, alors que le pays était occupé. Des mariages ont été célébrés dans des familles dont plusieurs membres étaient à l’époque prisonniers de guerre ou même politiques en Allemagne (le cas s’est présenté deux fois au sein de ma propre famille), dans la discrétion certes. Tout comme le mariage de Léopold III et de la princesse de Réthy.
Le mariage religieux a effectivement précédé le mariage civil. Pourquoi? Tout simplement parce que la princesse de Réthy était enceinte, que le Roi était prisonnier de guerre à Laeken, que le gouvernement belge était à Londres, et surtout que les relations entre le Roi et son gouvernement était pour le moins mauvaise (et c’est un euphémisme!)
Une fois le mariage religieux célébré, le cardinal Van Roey, Primat de Belgique et archevêque de Malines-Bruxelles (proche de la Famille royale) a fait annoncer dans toutes les paroisses que le Roi avait commis une « faute » (au sens de l’Eglise catholique, la princesse de Réthy étant enceinte) et que le mariage avait été célébré pour « réparer ».
Cette annonce était maladroite, c’est vrai. Mais il faut la remettre dans le contexte de l’époque. Il était impensable de laisser passer la naissance du prince Alexandre, puis de procéder au mariage par après!
Et nul n’a jamais soutenu la nullité du mariage parce que la cérémonie religieuse avait précédé la cérémonie civile!
La princesse Lilian avait en effet un caractère bien trempé. Peut-on vraiment lui en vouloir, alors qu’elle a essuyé des tombereaux d’insultes? C’était une femme fort intelligente, qui partageait amplement l’opinion de son mari sur la classe politique belge de l’époque. Je rappelle aussi, à toutes fins utiles, que le roi Albert Ier avait également, à la fin de son règne, une fort mauvaise opinion de la classe politique belge, et que les désaccords étaient vraiment nombreux à sa disparition. La situation ne s’est pas améliorée sous Léopold III, et certains ont vu un bon moyen dans la question royale de régler quelques comptes avec le Roi. Notons que bien plus tard, le Roi se réconciliera avec Paul-Henri Spaak, ténor du parti socialiste, qui pourtant était l’un de ses opposants les plus virulents lors de la Question royale.
Il est complètement faux de dire que la princesse de Réthy se soit vue, à un moment donné, reine des Belges. Il était acquis dès l’origine que le mariage serait un mariage morganatique, que l’épouse ne serait jamais reine, et que la descendance issue de ce mariage, bien que titrée prince et princesse de Belgique et jouissant du prédicat d’Altesse royale, n’entrerait pas dans l’ordre de succession (à l’époque uniquement masculin).
Vous évoquez l’ombre de la reine Astrid. La reine était décédée en 1935, alors qu’elle était enceinte du quatrième enfant du couple, à l’âge de trente ans. Sa disparition tragique l’a instantanément déifiée. Pourquoi la comparer à la princesse Lilian, alors qu’elles avaient vécu dans des circonstances fort différentes, qu’elles venaient de milieux différents également? Léopold III a aimé ses deux épouses, là s’arrête toute certitude.
Concernant le prince Charles: il a lui-même refusé tous les honneurs qui lui étaient offerts à la fin de la Régence. Il a refusé la liste civile qui lui était accordée (avant de se rétracter par la suite), il a refusé de résider à Argenteuil comme le gouvernement le lui avait proposé, et il s’est lui-même, volontairement, retiré de toute activité publique (alors qu’il apparaissait avant la guerre au sein de la Famille royale), et même de tout lien privé avec sa famille (à part quelques contacts avec sa soeur, la reine Marie-José, contacts ponctués d’ailleurs de querelles homériques). Vous dites que le prince était un peu original, et c’est un euphémisme. Sa vie privée des plus compliquées, son procès contre un financier de ses amis qui l’avait escroqué; son autre procès contre son avocat pour les mêmes raisons, etc., ont renforcé cet isolement. Ce n’est qu’à la fin de sa vie (la princesse Paola et le prince Laurent le rencontrant en 1977 lors d’une exposition de ses oeuvres) qu’il tenta de renouer avec les siens; mais il était trop tard. Le roi Baudouin et la reine Fabiola le visitèrent sur son lit de mort, mais son frère, Léopold III, refusa de le revoir. Ce n’est donc pas la princesse Lilian qui empêcha Léopold III de voir son frère (il n’appréciait pas sa belle-soeur, et c’était réciproque); les deux frères ne s’entendaient pas, et ce depuis leur petite enfance. L’entourage du prince Charles (principalement son chef de cabinet durant la Régence devenu son conseiller privé jusqu’à son décès, André de Staercke) était aussi fort hostile à Léopold III.
Comme vous le dites, la Question royale n’est pas arrivée par hasard. C’est simplement la gauche de l’échiquier politique belge, principalement mais pas uniquement, qui a fait feu de tout bois pour faire disparaître la monarchie en Belgique. Et la princesse Lilian, au centre des critiques, a été un instrument, sans plus.
Dominique-Gibbs
3 mars 2016 @ 09:36
Xavier,
Je vous remercie pour votre réponse à laquelle je n’argumenterai pas… cela me lasse au-delà de tout et que s’il est nécessaire d’être dans le « royalement correct » pour être encensé, je ne le serais jamais. Mais je n’ai jamais cherché cela en venant sur ce site.
Avez-vous eu des proches, prisonniers des Allemands ?
Précision de taille me concernant : je suis une Ardennaise de Belgique pure et je ne suis donc pas née dans le Hainaut même si j’y ai vécu.
Bonne journée
Dominique-Gibbs
3 mars 2016 @ 09:37
…je ne le serai…
J’espère pouvoir avoir une opinion qui diverge de la norme.
Je vous remercie.
Xavier
3 mars 2016 @ 23:04
Dominique-Gibbs,
C’est entièrement hors de propos, mais je vous réponds quand même. Oui, plusieurs membres de ma famille ont été prisonniers de l’occupant en 39-45: mon grand-père, prisonnier d’abord dans un oflag, puis à Buchenwald, qui en est revenu mourant mais qui a survécu à cet enfer; mon grand-oncle, décapité à Breendonk; et un autre grand-oncle, mort sous la torture à Buchenwald.
Bonne soirée.
Dominique-Gibbs
3 mars 2016 @ 10:09
Xavier,
Permettez-moi juste d’ajouter que durant la guerre 1940-45, je n’avais aucune famille dans le Hainaut.
Nous y sommes arrivés bien plus tard et que je ne me sens aucun lien avec la mentalité de cette région.
Par contre, j’ai énormément d’affinités avec ma région natale.
Dorénavant, je posterai des commentaires sur les inaugurations de chrysanthèmes; cela me vaudra peut-être moins de jugement.
Dominique-Gibbs
3 mars 2016 @ 10:44
Xavier,
Vous voyez, « mon manque d’objectivité » tombe compte tenu que vos arguments sont erronés…
Si mes grands-parents étaient ouvriers, ils n’étaient pas pour autant débiles et ne vivaient pas dans le Hainaut !
Mes parents se sont ensuite hissés dans l’échelle sociale et moi encore après eux.
Je n’ai donc besoin ni de l’opinion de l’un ou de l’autre pour me faire MON opinion. Mes petites cellules grises de petite Belge fonctionnent très bien.
Je vous remercie.
Concernant le mariage, le roi n’est pas le citoyen lambda donc puisque ces majestés estiment être au-dessus de leurs sujets, je pense qu’elles ont des devoirs et un respect qui ne sont pas demandés à la population.
Le roi est un symbole pour un pays.
Chaque acte posé compte davantage et différemment que pour le commun des mortels.
La future princesse de Réthy était enceinte ? La belle affaire.
Si, Léopold III était décédé avant le mariage civil de décembre – cela arrive hélas – Alexandre serait né hors mariage car vous savez fort bien qu’en Belgique, légalement, seul compte le mariage civil.
Le cardinal Van Roey était fort loin d’être ravi d’apprendre la nouvelle a posteriori.
Je n’excuserai donc pas ce genre de comportement quoique la Terre entière me tienne tête.
Je crois savoir que nous vivons encore en démocratie et j’entends bien l’utiliser un maximum.
Maintenant, j’en ai terminé et j’ai écrit ce que je pense définitivement.
Les Ardennais sont têtus; le savez-vous ?
Je ne demanderai jamais à quiconque de partager mes opinions mais je demande qu’on me laisse exprimer les miennes qui ne sont pas moins valables et on le mérite d’être rédigées sans faute d’orthographe.
Bien à vous,
D-G
Beaucoup sont morts pour notre liberté.
Feu, un oncle de mon époux, brillant polytechnicien a aussi été prisonnier des Allemands.
Voulez-vous que je vous dise ce qu’il pensait de Léopold III ?
Il est souhaitable que je ne le fasse pas.
Dominique-Gibbs
3 mars 2016 @ 10:46
onT le mérite !!!
Xavier
3 mars 2016 @ 23:00
Dominique-Gibbs, vous m’avez vraiment mal lu: j’ai dit que je ne vous critiquais pas et que je ne faisais que constater. Le ton de votre réponse me donne à penser que vous n’y avez vu que critique. Soit, c’est dommage.
Dans le même ordre d’idée, je m’excuse de m’être trompé dans vos origines. Puisque vous en parlez, je tiens à vous dire que la condition ouvrière de vos grand-parents n’en faisaient pas des débiles à mes yeux, où diantre êtes-vous allée chercher cela?
La position de vos parents dans l’échelle sociale pour reprendre vos termes, ainsi que la vôtre d’ailleurs, est totalement étrangère au débat.
Je n’ai évoqué la propagande des partis de gauche lors de la Question royale (propagande formatée à l’égard de la population ouvrière du sud du pays) que parce que vous la reprenez quasiment in extenso.
Vous m’en donnez un nouvel exemple: en terminant votre commentaire ainsi: « Beaucoup sont morts pour notre liberté », vous me rappelez étrangement la phrase inscrite sur la plaque commémorative des quatre morts de Grâce-Berleur, le 30 juillet 1950, évènement dramatique qui entraîna l’abdication de Léopold III!
Je vous rappelle le texte de cette plaque (vous en trouverez aisément une photo sur internet, si vous ne la connaissez pas): « En cet endroit, le 30 juillet 1950, Albert Houbrechts, Henri Vervaeren, Joseph Thomas et Pierre Cerepana tombèrent sous les balles de la répression pour sauvegarder les droits du peuple ». On se demande bien en quoi les « droits du peule » étaient menacés par le retour de Léopold III sur le trône…
Juste pour mémoire, la fusillade éclata pendant une manifestation organisée par un membre socialiste de la Chambre des représentants, manifestation interdite; ce socialiste, Simon Pâque, était l’un des membres du gouvernement wallon séparatiste, quasiment uniquement composé de socialistes, qui devait proclamer l’indépendance de la Wallonie dans le courant de la journée du 31 juillet 1950. Heureusement, le retrait du Roi, verbalisé dans la journée du 31 juillet, puis annoncé le matin du 1er août, fit tout capoter. Quand je vous disais que la Question royale avait été bien alimentée par la gauche belge…..
Inutile d’évoquer votre droit à penser différemment,vos petites cellules grises et que sais-je encore; je ne crois pas vous avoir jamais écrit le contraire. Par contre, je démonte vos arguments, je vous donne les miens, et je vous laisse seule juge, ainsi que les autres lecteurs de ce blog.
La « belle affaire » que la princesse de Réthy soit enceinte avant d’être mariée? Vous connaissez bien mal la mentalité de l’époque! Imaginiez-vous le scandale que cela aurait représenté? Je crois que oui, dans le fond.
Tout, dans vos écrits, démontre que vous ne raisonnez pas dans ce dossier, que vous êtes dans la réaction émotionnelle, et vous perdez toute objectivité. Désolé, mais c’est un fait, encore une fois, et non pas un jugement.
Bien à vous.
Dominique-Gibbs
3 mars 2016 @ 16:40
Xavier,
Si mon commentaire vous semble « assez irrationnel », voici ce que déclarait Maria-Esméralda dans « La Libre » du 31/08/2013 au sujet du mariage de ses parents.
« Dernier évènement, son mariage avec votre mère, Lilian Baels*, en pleine guerre. Certains parlent ici d’une ‘succession de gaffes’ : le fait de se marier d’abord religieusement ensuite civilement, avoir gardé cela secret, le voyage de noces en Autriche,… Quelle est votre interprétation de ces évènements ?
Pour moi, c’est d’abord un sujet très douloureux. C’est le mariage de mes parents. C’est assez dur à évoquer (émue) . Si on observe cela de manière neutre et impartiale, c’est évident que ce n’était pas le bon moment ! Ce fut même une catastrophe de se marier alors qu’il était prisonnier. Cela allait évidemment susciter des réactions très négatives. Mais pour eux, qui ne savaient même pas s’ils allaient survivre ou pouvoir se revoir s’ils ne se mariaient pas, c’était un vrai mariage d’amour. Pourquoi le mariage religieux d’abord ? Car ils voulaient éviter que cela soit connu à ce moment-là. Vous me direz que c’était très naïf de penser que cela puisse rester quelque chose de privé… Je pense que c’est réellement ce qu’ils ont estimé à ce moment-là. »
Dominique-Gibbs
2 mars 2016 @ 13:21
Long mais fort intéressant.
Je garde le document dans ma bibliothèque.
»
Joséphine-Charlotte
Dynasties belges
Les ducs de Bourgogne
Charles Quint
Les archiducs Albert et Isabelle
Monarchie actuelle
Généalogie
Accueil
Remonter
roi61.jpg (6243 octets)La princesse Joséphine Charlotte, Grande Duchesse du Luxembourg (1927 – 2005)
De tous les membres de la famille royale, la princesse Joséphine-Charlotte fut la plus active dans la défense de son père pendant la Question royale. Alors que le dénouement politique se faisait attendre, la fille aînée du Roi avait effectué une visite en Belgique du 11 au 16 avril 1949 qui s’était transformée déjà en une sorte de plébiscite royal par fille interposée. Agée alors de 21 ans, un charme indéniable et un visage rappelant immanquablement celui de sa mère, la reine Astrid, l’aînée des enfants royaux avait reçu un accueil digne de son rang en remontant d’Arlon jusqu’en Flandre. La ressemblance était si frappante que «Le Cri du Peuple» (pro-léopoldiste) avait publié, fin mai 1949, une série de photos avec une légende en forme de slogan: «Hier, ELLE nous a rendu le sourire de CELLE que nous avons perdue. Demain, ELLE nous rendra CELUI que nous attendons»… La reine Astrid fut donc «instrumentalisée» post mortem à la fois par les léopoldistes et par les adversaires du Roi qui l’opposèrent à la princesse Lilian. Joséphine-Charlotte avait fini par être très proche de sa belle-mère. Si la Flandre faisait partie du programme, c’est surtout au sud du pays que la princesse se déplaça, recueillant un réel succès de foule.
Sa grande piété filiale incita aussi Joséphine-Charlotte à participer à la consultation populaire mais son arrivée ne fut annoncée que l’avant-veille du scrutin. Le retour à Bruxelles de la princesse n’en donna pas moins lieu à une cohue indescriptible. Comme le rappelle Vincent Dujardin (UCL), grand spécialiste de la Régence, l’on dut faire appel aux pompiers pour de disperser la foule massée à l’aéroport. Mais les «hommes du feu», hués, durent renoncer à intervenir et ce ne fut qu’après une intervention du ministre de l’Intérieur, Albert De Vleeschauwer, que la princesse atteignit sa voiture. Le 12 mars 1950, Joséphine-Charlotte alla donc voter pour le retour de son père. Elle était si proche de Léopold III qu’elle se heurta à la reine Elisabeth, ou plutôt aux idées de sa grand-mère: lors d’un déjeuner, la princesse déplora qu’ «elle n’ait pas caché ses sympathies communistes!» Mais l’enthousiasme de la princesse fut encore davantage refroidi lors de son retour à Prégny chez Léopold III et Lilian. Non seulement personne ne vint l’accueillir mais lors du dîner familial qui suivit il ne fut question que de… golf. Et pourtant, la jeune princesse resta très fidèle aux siens, consciente que sa jeunesse n’avait pas été ce conte de fées que l’on prête aux jeunes filles de la plus noble extraction.
Une mère pour ses frères
Joséphine-Charlotte était née à l’Hôtel Bellevue, l’actuel Musée de la Dynastie, juste à côté du Palais, le 11 octobre 1927. Vingt-et-un coups de canons tirés depuis la plaine des Manoeuvres apprirent aux Belges la naissance d’une fille chez le prince héritier Léopold et la princesse Astrid. Comme la loi salique était loin d’être abolie, Joséphine-Charlotte, Ingeborg, Elisabeth, Marie-José, Marguerite, Astrid serait condamnée à vivre dans l’ombre de ses frères. Son prénom lui vient de la fascination de sa mère, enceinte, pour l’impératrice Joséphine alors qu’elle lisait une biographie de la souveraine. Charlotte n’étant autre que le prénom de sa maraine et future belle-mère la grande duchesse Charlotte de Luxembourg. Le destin tragique de la famille royale avec les morts accidentelles de son grand-père, le roi Albert, puis de sa mère, la reine Astrid, firent que l’encore très jeune princesse s’occupa avec une attention maternelle de ses frères Baudouin et Albert avant d’être inscrite à la Vierge fidèle à Bruxelles après avoir reçu les bases élémentaires de l’école au palais de Bruxelles.
Le déclenchement de la Seconde Guerre amena la jeune princesse sur les routes de l’exil avec ses frères alors que Léopold III décida de rester aux côtés des Belges. En Espagne, la jeune princesse accomplit un premier acte plus politique en accueillant, même pas âgée de treize ans, le ministre des Colonies, Albert De Vleeschauwer, qui avait déjà eu des contacts avec Londres. Ce dernier lui remit un rapport, qu’elle donna à son père. Début juin 1944, après le débarquement en Normandie, la princesse connut les affres de la déportation en Allemagne. La complicité avec la princesse Lilian fut totale: alors que celle-ci s’efforçait de détruire une version du fameux testament politique du Roi, elle chargea sa belle-fille d’aller enterrer une partie du texte dans un champ de blé. Après la fin de la guerre, la princesse Joséphine-Charlotte suivit ses parents en Suisse. Elle poursuivit sa formation à l’Ecole supérieure de la rue Voltaire à Genève avant de suivre les cours du célèbre psychologue de l’enfance Jean Piaget.Retour aux mois agités de la fin de la Question royale: c’est en se rendant àà Bruxelles qu’elle fit, lors d’une étape à Fischbach chez sa marraine, la grande-duchesse Charlotte, la connaissance de son futur époux. Ce dernier, tout auréolé de son engagement dans la Seconde Guerre, aux côtés des Irish Guards, avec lesquels il libéra Bruxelles, dut être impressionné par la jolie princesse, qui le lui rendit bien. Cupidon n’avait pourtant pas encore tiré sa flèche que d’aucuns s’inquiétèrent des perspectives d’un mariage entre les cours de Bruxelles et de Luxembourg. Mais le 7 novembre 1952, la grande-duchesse Charlotte et le prince Félix annoncèrent les fiançailles de leur fils avec la princesse belge. Léopold III confirma… mais d’aucuns redoutaient encore une proximité entre le royaume et le grand-duché, le premier ayant eu jadis la (vilaine) tentation d’annexer le second. Des craintes peu justifiées puisqu’il y eut entre-temps une Union économique belgo-luxembourgeoise solide et surtout un Benelux qui agrandit encore le cercle de famille à l’autre branche des Nassau. Il n’empêche: pour l’ambassadeur du Luxembourg en poste à Bruxelles, il y avait un réel danger de voir le Luxembourg atteint par une reprise de la Question royale. Il s’en était encore ouvert après… le mariage, célébré le 9 avril 1953, dans une lettre à son ministre des Affaires étrangères, Joseph Bech. Pour Lambert Schaus, cité par Vincent Dujardin dans sa biographie sur Harmel, il y avait un réel danger d’accueillir Léopold III et Lilian à Luxembourg. Il en conçut une panique exagérée puisqu’il redoutait même que le nouveau couple grand-ducal apparaisse sur des photos en même temps que le quatrième Roi des Belges qui avait cédé le relais à son fils Baudouin!
Invasion belge à Luxembourg
En réalité, les craintes non fondées de Schaus avaient aussi trait à l’europhilie réelle de Jean de Luxembourg alors que le Palais de Bruxelles adoptait alors un certain euroscepticisme, qui ne dura évidemment pas. C’était aussi oublier qu’en se mariant, la princesse Joséphine-Charlotte avait pris une réelle indépendance à l’égard de son père et de sa belle-mère.
Mais à l’heure du mariage célébré par le bourgmestre Hamilius de Luxembourg puis par le nonce apostolique, Mgr Cento, l’heure était vraiment aux réjouissances. Près de 400 journalistes et reporters avaient envahi la capitale luxembourgeoise pour couvrir l’événement. Pour la famille royale belge, c’était, enfin, un moment de vrai bonheur familial qui pouvait s’exprimer après les deuils de 1934 et 1935, le remariage du roi Léopold III n’ayant pu, et pour cause, s’extérioriser de la même manière. Une certitude: les Belges appréciaient l’union car plus de soixante mille de nos compatriotes avaient traversé la frontière pour voir de près le nouveau bonheur princier.
Très symboliquement, la famille royale belge s’était rendue en train à Luxembourg à la grande joie d’autres badauds tout le long du parcours tout heureux de capter un très éventuel sourire, bien hypothétique en raison de la vitesse du convoi! Alors que le couple régnant occupait comme il se doit le château de Colmar-Berg, Jean de Luxembourg et Joséphine-Charlotte s’établirent après leur mariage au château de Betzdorf, dans une gentilhommière de 25 hectares sise au sud-est de la capitale. C’est là qu’allaient naître les cinq enfants du couple: la princesse Marie-Astrid, le 17 février 1954; le prince Henri, le 16 avril 1955; le prince Jean et la princesse Margaretha, le 15 mai 1957, et, enfin, le prince Guillaume, le 1er mai 1963.
Entre-temps, le Grand-Duc héritier avait été nommé Lieutenant-représentant, sorte de fonction intermédiaire vers la plus haute marche du trône grand-ducal. Le 12 novembre 1964, le prince Jean de Luxembourg succédait officiellement à sa mère alors que la nouvelle Grande-Duchesse s’impliqua très vite dans ses nouvelles fonctions tout en s’occupant encore de très près de l’éducation de ses enfants.
Les ennuis de santé ne l’épargnèrent toutefois pas: au début des années septante, elle dut subir deux importantes opérations de la colonne vertébrale.
La Croix-Rouge comme son frère
Malgré ces soucis, la Grande-Duchesse s’impliqua pleinement dans la vie associative: après avoir été présidente de diverses sociétés engagées dans le travail sanitaire et humanitaire, elle devint à l’instar de son frère, le prince Albert, chez nous à Bruxelles, la présidente d’honneur de la Croix-Rouge grand-ducale. Il y a quinze ans, elle accepta encore de présider le Mouvement Guide du Luxembourg mais elle avait aussi des préoccupations plus spirituelles, présidant ainsi la Société Pierre Teilhard de Chardin. On lira par ailleurs que cette femme passionnée par les belles choses avait aussi un goût pour l’art le plus moderne, s’efforçant de le faire partager par ses proches. Parallèlement, la grande-duchesse Joséphine-Charlotte partageait l’amour de la reine Paola pour l’aménagement de parcs et jardins, n’hésitant pas, comme cette dernière, à montrer sa main verte. Mais si à la fin de sa vie, elle n’eut plus guère l’occasion de se livrer à ses sports favoris, le ski, les sports nautiques et la chasse et la pêche, les plus anciens ont aussi retenu une attirance certaine pour l’alpinisme, suivant en cela son grand-père le roi Albert, qu’elle ne connut malheureusement que pendant quelques années. Ces dernières années, elle était surtout proche de ses enfants. Avec parfois quelques tensions: il y a deux ans, la princesse Maria-Teresa avait confié que les rapports n’étaient pas au beau fixe avec sa belle-mère. Et de préciser que celle-ci n’aurait pas apprécié le mariage de son fils avec une roturière. Une explication plutôt surprenante car lors du mariage d’Henri et Maria-Teresa, il se racontait dans les salons huppés luxembourgeois que ce fut Joséphine-Charlotte qui la défendit le mieux devant sa propre belle-mère… Reste que la crise fit long feu, au grand dam de la presse «pipole» tout heureuse de cette querelle inédite dans un Grand-Duché peu porté sur de tels conflits…
«Une grande dame»
Chacun, au Luxembourg, savait la grande-duchesse Joséphine-Charlotte malade et l’issue tragique inéluctable. Reste que, hier matin, le choc a été profond dès l’annonce du décès de celle qui, venue de Belgique, avait su se faire adopter et aimer presque comme une mère par chaque Luxembourgeois, parce que la soeur du roi Albert II a marqué l’histoire de son pays. Par une action constante au profit des plus démunis et par sa très grande culture et sa passion pour les arts. Le Premier ministre, Jean-Claude Juncker, a d’ailleurs parlé, dans l’hommage qu’il a très rapidement rendu à la souveraine, de la perte d’une «grande dame». Un avis unanimement partagé par les citoyens, hier matin.
Un peu partout dans le pays, les registres de condoléances ont immédiatement fleuri, dans les maisons communales, les écoles, les paroisses, les grandes entreprises parfois. La plupart des médias préparaient dès hier matin des éditions spéciales. En radio, RTL Luxembourg a très rapidement diffusé une programmation spéciale. Mais pas, comme souvent, en ne passant que de la musique classique. La «programmation douce», sur cette radio luxembourgophone, a même fait une large place à la chanson française, Brel, Ferrat, Nougaro, Duteil ou Cabrel, entre autres.
«Beaucoup de respect»
A Pétange, commune frontalière, la population a, comme partout, rapidement réagi. Les édifices publics n’étaient pas les seuls à arborer un drapeau en berne. Ça et là, des maisons particulières avaient mis les couleurs nationales. «C’était un peu notre reine mère», commente une quinquagénaire, ornant d’un voile noir la hampe du drapeau sorti au balcon. «Ici au Luxembourg, nous avons beaucoup de respect pour la famille grand-ducale. Joséphine-Charlotte, même d’origine belge, était vraiment devenue un symbole pour notre petit pays, dont elle aimait et défendait la culture. Elle était presque plus populaire que son époux, le grand-duc Jean. Peut-être parce qu’elle semblait très proche des gens, notamment en tant que présidente de la Croix-Rouge luxembourgeoise». Non loin de Luxembourg-ville, le sujet était spontanément abordé par les clients, lors de brèves conversations au comptoir d’une station service. «Certains se demandaient déjà s’ils auraient un jour de congé!», s’offusque le gérant.
Une commerçante, dans le centre, résume assez bien le sentiment de la rue au sein de la population luxembourgeoise. «Je ne suis pas particulièrement royaliste ou abonnée des revues people. Mais la Grande-Duchesse était un personnage. Elle est entrée dans l’histoire, dans notre histoire. Moi, je suis d’accord avec ce qu’en a dit notre Premier ministre à la radio. C’était une grande dame. Elle mérite un coup de chapeau, le respect et la dignité.» Fait remarquable, cet avis n’est pas celui d’une seule tranche d’âge. Les plus jeunes et les lycéens, qui ont bien évidemment vu leurs programmes de cours modifiés, le partagent pleinement. Parce qu’il y avait, entre la Grande-Duchesse et toute la population, une véritable complicité.
© La Libre Belgique 2005″
Zorro
3 mars 2016 @ 10:11
L’auteur de cet article ?
Dominique-Gibbs
3 mars 2016 @ 12:53
Il n’est pas mentionné; vous pouvez faire la recherche.
Vous pensez bien que j’y ai veillé.
Dominique-Gibbs
3 mars 2016 @ 13:12
Vous tapez « Jeunesse de Joséphine-Charlotte de Belgique » sur Google.
Là, il y a un titre « Joséphine-Charlotte ».
Le document ressemble à un parchemin mais pas de nom…
Xavier
3 mars 2016 @ 22:32
Comme le journal, la date et le style plutôt sirupeux le faisaient penser, il s’agit d’un article de Christian Laporte publié dans la Libre du 11 janvier 2005, Christian Laporte qui est bien connu au Soir d’abord, à la Libre Belgique ensuite pour égratigner d’une manière qui se veut fort subtile et objective (mais qui n’est ni l’une ni l’autre, bien entendu) les sujets qui lui déplaisent: la princesse Lilian, Monseigneur Léonard, j’en passe et des meilleures…
Dominique-Gibbs
2 mars 2016 @ 13:31
Je continue de me documenter.
Que les vrais historiens démentent ce qui ne serait pas exact.
« Lilian Baels
Titre
Princesse consort de Belgique
6 décembre 1941 — 16 juillet 1951
(9 ans 7 mois et 10 jours)
Prédécesseur Astrid de Suède (reine)
Successeur Fabiola de Mora y Aragón (reine)
Biographie Titulature Princesse de Rethy
Naissance 28 novembre 1916
Londres (Royaume-Uni)
Décès 7 juin 2002 (à 85 ans)
Waterloo (Belgique)
Sépulture Crypte royale de Laeken
Père Henri Baels
Mère Anne-Marie de Visscher
Conjoint Léopold III de Belgique
Enfants Alexandre de Belgique
Marie-Christine de Belgique
Marie-Esméralda de Belgique
Résidence Château d’Argenteuil
Mary Lilian Henriette Lucie Josephine Ghislaine Baels, née le 28 novembre 1916 à Londres et morte le 7 juin 2002 à Waterloo, fille d’Henri Baels, fut la deuxième épouse du roi Léopold III, portant le titre de princesse de Belgique, mais connue comme la princesse de Rethy.
Enfance
Septième enfant d’une famille de la haute bourgeoisie ostendaise réfugiée en Angleterre en raison de la guerre, Mary Lilian Baels naît à Londres le 28 novembre 1916.
Son père Henri Louis Baels est notamment avocat, échevin, actionnaire de sociétés de pêcherie, député à la Chambre, ministre de l’Agriculture et des Travaux Publics, et gouverneur de la province de Flandre Occidentale à partir de 1933.
Mary Lilian fréquente l’école primaire des Sœurs de Saint-Joseph à Ostende, puis l’Institut des dames du Sacré-Cœur. Elle parle le français, le néerlandais, l’anglais et l’allemand.
Sa famille s’installe à Knokke-le-Zoute en 1931.
Le mariage
Le 6 décembre 1941, le cardinal Van Roey fait lire une lettre dans toutes les églises de Belgique : le roi a épousé religieusement mais secrètement Lilian Baels le 11 septembre précédent. Le mariage civil n’aura lieu qu’en novembre soit deux mois plus tard en contravention à la législation belge, qui précise que seul le mariage civil a force de loi, et donc que le mariage religieux doit le suivre et non le précéder.
Cette nouvelle fait l’effet d’une bombe dans le peuple belge et sera un des éléments qui déclencheront la question royale, dont les véritables motifs résident dans la séduction que les régimes autoritaires avaient exercée sur le roi, et dans le fait qu’il s’était désolidarisé de son gouvernement réfugié à Londres.
Les sentiments pro-nazis que l’on prêtait à la princesse de Réthy seront accrédités auprès de la population belge lorsque les journaux révèlent qu’Adolf Hitler lui a envoyé des fleurs.
De plus, à cette époque, il n’est pas possible à un prince de sang royal d’épouser une femme qui n’est pas de sang royal sans renoncer à ses titres et prérogatives or le roi ne renonce pas au trône. Lilian renonce au titre de reine (et reçoit du monarque le titre de « princesse de Réthy ») tandis que le Palais fait savoir que les futurs enfants nés de cette seconde union ne seront pas dynastes.
Le scandale est d’autant plus grand que ce mariage était anticonstitutionnel et que le Palais n’est pas compétent pour décider si les enfants du Roi sont dynastes ou non : seule la Constitution le peut. »
Zorro
3 mars 2016 @ 10:04
Gibbs,
Comme à votre habitude, vous retapez mot pour mot des articles de presse ou de Wikipedia tels quels, sans le moindre esprit ou distance critiques. Vous vous appropriez un prêt-à-penser qui d’ailleurs est hors-propos. En effet, votre pensée me semble dispersée : vous ne cernez pas les vraies questions et le plus fort c’est que vous y répondez à côté.
Malgré tout cela, vous avez le toupet de demander à des vrais historiens de démentir votre compilation. Je vais vous expliquer pourquoi je ne le ferais pas : votre méthodologie historique ou d’appréhension du réel (comme vous voudrez) est problématique : vous partez d’une thèse ou d’une hypothèse que vous essayez de démontrer en ne sélectionnant que les sources d’information (par ailleurs non pertinentes) qui la conforte. Ce n’est pas comme cela que l’on arrive à une compréhension objective des choses. Il faut d’abord circonscrire l’objet de sa recherche, partir des faits, lire toutes les sources qui s’y rapportent (en essayant d’être exhaustif) et les interpréter en contexte. Etre objectif, c’est synthétiser le résultat de ses recherches, que le résultat vous plaise ou non. C’est comme ça que travaille les « vrais » historiens.
DEB
2 mars 2016 @ 17:52
Gibbs,
Pensez-vous qu’il aurait mieux valu que le roi Léopold III fasse de Liliane Baels uniquement sa maîtresse et que le prince Alexandre naisse hors mariage ?
Je pense que le mariage s’imposait pour le roi.
Chaque famille a des ressentis différents.
Vos parents et grands – parents pouvaient ne pas aimer le roi Léopold mais ma famille était wallonne et léopoldiste.
Mon père m’a toujours expliqué que le roi Léopold, a préféré rester auprès de son peuple, pendant la guerre,comme il a supposé que son père, le roi chevalier l’aurait fait.
Si chez vous, il n’était pas souhaitable de prononcer le nom du roi, chez moi, il n’était pas question de toucher à un de ses cheveux.
Quant aux politiciens de l’époque, je pense que tout fût prétexte pour se débarrasser d’un roi qui avait, à leurs yeux, trop de caractère et, parfois, un penchant à dépasser le cadre de la constitution qui était dévolu à sa fonction.
Quant à la princesse de Réthy, j’avoue que les avis étaient plus circonspects car son frère Walter n’était pas « bien vu » et son père était jugé arriviste .
Tant de rumeurs calomnieuses avaient été répandues sur son compte, elle avait une telle allure altière et , comme il est dit dans le livre « un tempérament qui ne peut se contenter d’adopter un rôle passif et effacé », alors oui elle n’ était pas populaire.
Cela n’empêchait pas certains d’admirer sa beauté.
Mon père me disait aussi que le prince Charles avait parfaitement rempli son rôle de régent et ne comprenait pas qu’il avait été mal remercié , après guerre, mais nous savons maintenant que l’inimitié entre les frères datait de l’enfance et que pendant toute la durée de la guerre et , bien que résidant tous les deux à Laeken , ils ne s’étaient pas adressé la parole pendant 4 ans.
Dominique-Gibbs
3 mars 2016 @ 09:42
DEB,
Merci pour votre réponse.
Je n’ajouterai plus rien; je me suis expliquée plus haut.
J’espère, une fois de plus, qu’il est possible d’avoir des opinions qui ne sont pas celles de la majorité.
Mes beaux-parents, avec lesquels, je n’ai bien évidemment aucun lien de parenté, méprisent aussi Léopold III.
Le père de ma belle-mère a été prisonnier cinq ans en Allemagne…
Cela laisse des traces.
Bonne journée
Je dérange souvent car je n’aime pas « suivre la foule ».
Je suis ainsi.
Zorro
3 mars 2016 @ 13:21
Rassurez-vous Gibbs, contrairement à l’image que vous voulez vous donner de votre personne (genre « femme forte qui s’est élevée toute seule dans l’échèle sociale et qui se battra jusqu’à la mort pour ses opinions »), vous êtes en tout point conforme à la pensée dominante et normative actuelle. Rien que pour vous citer, il faut vraiment avoir un problème d’égo pour écrire : « Tout le monde doit savoir ici que je n’ai pas la langue de bois » et surtout : Je dérange souvent car je n’aime pas « suivre la foule ».
Vous voulez persister dans l’illusion d’avoir une haute moralité et d’appartenir à une noble lignée qui s’élève au-dessus de la mêlée, alors qu’en fait, vous n’avez qu’un jugement de petite bourgeoise faussement subversive. Vous êtes remplies de préjugés et d’aprioris, et vous voulez convaincre tout le monde, y compris vous-même, que ce ne sont ni plus ni moins que des convictions. Votre système de pensée vous empêche d’appréhender les nuances de jugement et la complexité. Je pense que vous êtes incapable de remise en question, voire d’évoluer. A quoi bon, vous avez sans doute atteint un degré de perfection ultime qui vous octroie le droit de juger, de condamner et de distribuer votre mépris (définition du dictionnaire : le mépris est une émotion intensément négative à l’égard d’un individu ou groupe d’individus perçu comme inférieur ou sans intérêt) à tort et à travers.
Pour conclure, mon grand-père a été prisonnier des Allemands pendant 5 ans au Stalag VIIIa près de Frankfurt-Oder, lui aussi avait une opinion défavorable au sujet de Léopold III, au début. Par la suite, il a lu, s’est renseigné et a fini par donner raison à l’action du roi Léopold III, surtout après la publication des Mémoires du roi : « Pour l’Histoire » en 2001 (j’ajoute que mon grand-père n’était pas une midinette qui n’avait que le motif du mariage religieux précédant le mariage civil à lui reprocher).
Dominique-Gibbs
3 mars 2016 @ 11:42
Un dernier article qui n’est pas de moi.
Léopold III (1934-1951)
La Question royale
Cependant, ces mêmes ministres entrent en grave conflit avec le roi dès le 25 mai 1940, au moment où l’armée belge livre bataille sur la Lys à l’armée allemande. Léopold III considère que la Belgique est neutre et doit se contenter de défendre le territoire belge sans se lier à la France et au Royaume-Uni. Il capitule le 28 mai comme chef de l’armée, pour les raisons qu’on vient de dire et pour des raisons de politique intérieure : les comportements des régiments flamands et wallons divergent à ce point que le roi craint que les Allemands n’en tirent prétexte pour reprendre leur politique de séparatisme de 1914 à 19183. Le jour même, le Premier ministre Hubert Pierlot estime que le roi « a rompu le lien qui l’unissait à son peuple ». C’est le début de la Question royale. Robert Devleeshouwer juge sévèrement le Testament politique de début 1944 où le roi justifie sa politique de guerre4.
Le Gouvernement belge à Londres
Après une période d’hésitation consécutive à la défaite française, quatre des principaux ministres belges (Hubert Pierlot, Paul-Henri Spaak, Camille Gutt et Albert de Vleeschauwer) se retrouvent à Londres en octobre 1940 et décident de continuer la guerre aux côtés des Britanniques. Le ministre des Colonies Albert de Vleeschauwer était déjà à Londres depuis le 4 juillet 1940. Ils s’opposaient ainsi à la politique du roi mais en protestant néanmoins de leur fidélité. Ils considéraient le roi comme dans l’impossibilité de régner du fait de l’occupation, ce qui correspondait au statut de prisonnier de guerre que Léopold III revendiquait.
Prisonnier, le roi cherchera cependant à rencontrer Hitler par l’entremise de sa sœur la princesse Marie-José, épouse du prince héritier d’Italie Umberto : cette réunion, qui restera secrète, aura lieu le 19 novembre 1940 à Berchtesgaden. Léopold III fait essentiellement des demandes humanitaires en faveur des prisonniers de guerre belges et du ravitaillement de la population civile. Il demande également des garanties quant à l’indépendance future du pays. Hitler refusera d’accéder à ces demandes. D’après l’historien Jean Stengers, ce refus de Hitler et sa décision de laisser cette réunion secrète ont sans doute sauvé l’avenir du roi qui aurait en effet pris alors des positions politiques opposées à celles de son gouvernement à Londres. Par la suite, de 1941 à 1944, le roi s’enfermera dans le silence, ignorant de manière délibérée l’action de son gouvernement.
Toujours prisonnier, le roi se marie cependant en 1941 avec Lilian Baels, mariage qui fut annoncé en Belgique en décembre 1941. Cette annonce dans un pays occupé fut mal reçue et constitua sans doute la première étape de la rupture entre le souverain et l’opinion publique (ou au moins une partie de cette opinion).
Le roi est transféré en Allemagne en juin 1944 (après le Débarquement du 6 juin 1944). Après, dès avril ou mai 1945, entre en jeu l’opinion publique populaire défavorable au roi qui va déclencher ultérieurement les graves événements de juillet 1950. Notons cependant que d’autres monarchies ont connu des difficultés dans les mêmes circonstance.
Charles, le prince Régent (1944-1950)
Question royale.
À la Libération, le Parlement belge élit Régent le frère du Roi Léopold III, Régent çà veut dire que le roi n’est pas la et qu’il le remplace. Le prince Charles que la classe politique jugea plus souple que son frère. Son chef de Cabinet André de Staercke a publié un ouvrage sur cette période de l’histoire de Belgique.
Dominique-Gibbs
3 mars 2016 @ 11:59
Xavier,
Je continue de chercher.
Voici un article du « Soir » de 2000 mais je recherche des statistiques sociologiques car des divergences d’opinion ne peuvent qu’être très très instructives à mon avis.
Madame Baels ? J’ai employé cette formule par mépris.
La consultation populaire ne régla nullement la question royale et révéla la fracture des communautés Il y a 50 ans, le pays se divisait sur Léopold III Il y a cinquante ans, Léopold III perdait la Belgique Un résultat qui ne contentait aucun camp «Le vote de toutes les frustrations» Des catholiques contre le roi
LAPORTE,CHRISTIAN
Samedi 11 mars 2000
La consultation populaire ne régla nullement la question royale et révéla la fracture des communautés Il y a 50 ans, le pays se divisait sur Léopold III
Ce dimanche 12 mars, il y a cinquante ans, jour pour jour, la question royale, qui empoisonnait la Belgique depuis septembre 1944, entrait dans une phase décisive. Après des mois de tensions se déroulait la consultation populaire qui avait finalement été arrachée par les sociaux-chrétiens (et une petite minorité de libéraux) afin de tenter de sortir de l’imbroglio politique. Retour sur un événement qui a eu des répercussions jusqu’à aujourd’hui dans la vie de la Belgique…
Dès l’été 1945, les droites catholiques s’étaient prononcées pour ce référendum qui ne disait pas son nom. Le roi s’y rallia, non sans poser ses conditions: il estima ne pouvoir recoiffer sa couronne que si une majorité incontestable lui marquait son appui. Et de placer la barre à 55%. Pour les socialistes, le roi aurait cependant dû obtenir deux tiers des votes en sa faveur; quant aux libéraux, ils avaient prévu que le roi devait abdiquer s’il obtenait moins de 55 %, mais considéraient le scrutin comme une simple base d’appréciation si Léopold III n’emportait pas au moins 70 %.
Nombre d’observateurs, Spaak en tête, avaient parlé d’une folie à propos de la consultation, estimant qu’elle ne réglerait rien. Une vision prophétique: Léopold III obtint certes une majorité de 57,68 % en faveur de son retour, mais les régions, au sens politique actuel, votèrent dans des directions diamétralement opposées. Alors que 72 % des Flamands soutenaient le roi, 58 % des Wallons et 52 % des Bruxellois ne voulaient pas le voir reprendre ses prérogatives. La Belgique unitaire fut sérieusement ébranlée par ce vote qui fut aussi celui de toutes les frustrations selon la formule de José Gotovitch. Quatre mois, plus tard, c’est dans un climat insurrectionnel que Léopold III abdiqua en faveur de son fils, le futur Baudouin I er …
Xavier
3 mars 2016 @ 23:10
Oui, j’avais compris que vous utilisiez « Madame Baels » par mépris.Cela montre, une fois de plus, que vous ne savez pas prendre de la distance par rapport à votre sujet d’étude. Relisez ce que Zorro a très justement écrit là-dessus un peu plus haut. Merci!
Je vous ai écrit un peu plus haut ce que je pensais des polémiquettes qui font le quotidien de journaliste et les délices de Christian Laporte; je ne me répèterai pas.
Par contre, je ne résiste pas à vous signaler que José Gotovitch, cité par Christian Laoporte, est aussi et surtout un fervent communiste, et ne s’en est jamais caché. Vu la position du communisme belge sur Léopold III, vous comprendrez que son opinion doive être prise avec, comment dire?, des pincettes?