
De 2004 à 2012, 50 000 objets et archives de la famille royale grecque ont été stockés dans trois pièces fermées de l’ancien palais de Tatoi au Nord d’Athènes. Une opération que l’on imagine titanesque.
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De 2004 à 2012, 50 000 objets et archives de la famille royale grecque ont été stockés dans trois pièces fermées de l’ancien palais de Tatoi au Nord d’Athènes. Une opération que l’on imagine titanesque.
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Silvia 2
30 janvier 2020 @ 10:52
Pourquoi voulez vous qu ils investissent dans quelque chose qui leur a été confisqué ! Et après des années de procès ont obtenu de la part du tribunal européen quelques compensations pour confiscations de biens privés. Maintenant le domaine est à l état grec. Qu il s en débrouille. Faire mal au cœur du roi et ses sœurs de voir leur maison dans cet état , oui sans doute. Mais ils font bien d avoir tiré un trait. La seule chose et je les comprends qui leur importe est l entretien des tombes de leur famille qui sont dans le parc.
mimi
30 janvier 2020 @ 13:26
IL Y A EU DES FIANCAILLES ROYALES SOPHIE ET JUAN CARLOS? DENFANTS ROYAUX? TRES BELLE VILLA? RETAURER ABSOLUMENT
Myriam Schopfer
30 janvier 2020 @ 13:27
Sur cette photo on ne voit qu’une petite partie, en réalité Tatoï
est vraiment plus grand, plutôt un palais serait le mot juste
marie francois
30 janvier 2020 @ 20:15
Il y a beaucoup de commentaires sur ce sujet provenant de personnes qui n’en connaissent pas ni les premices ni l’histoire.
Le domaine de Tatoi a été confisqué à l’ancienne famille royale par l’Etat grec il y a des dizaines d’années . Il a fallu que l’ex roi Constantin aille jusqu’à la cour de justice européenne pour obtenir une compensation financiere .
La famille royale a pu récupérer tous les biens mobiliers historiques et familiaux présentant un interet.Il est resté quelques biens domestiques dont personne ne voulait, objet de cet article. Il faudrait que son auteur soit franc sur le sujet.
Il ne sert à rien de dire que l’ex famille royale devrait aider l’Etat grec à entretenir un domaine qui ne leur appartient plus.
Chers amis de N R, cessez donc vos commentaires à coté de la plaque !
Iankal21
31 janvier 2020 @ 12:32
Suite aux certains commentaires, et le manque d’informations concernant le domaine de Tatoi et ses péripéties, j’ai essayé esquisser en quelques lignes le parcours historique du domaine.
Le domaine de Tatoi de 42.000 hectares, fut racheté au Prince Soutzo et son épouse Princesse Cantacuzène (qui ont eux-mêmes racheté de vastes terres par des notables Ottomans fuyants la Grèce après son indépendance dans les années 1830), par le fondateur de la 2eme dynastie Grecque (1864), Georges 1er et son épouse Olga sur leurs deniers personnels dans les années 1880.
Les architectes de la cour leur ont proposé des plans de palais néoclassiques magnifiques, mais eux ont choisi de reproduire une bâtisse relativement modeste, appelée « Ferme » (1826-1829), une des villas, du domaine de Peterhof, œuvre de l’architecte Ménélas, villa ou le Tzar Alexandre II, oncle paternel de la Reine Olga, aimait séjourner. http://www.royalchronicles.gr/anaktora-tatoiou-kai-epavli-peterhof/
Le domaine a vu parader toutes les Royautés du 19eme et 20eme siècles, notamment la Reine Alexandra, sœur de Georges 1er, auteur de plusieurs photos sur le domaine. Tatoi fut aussi adoré par l’Impératrice douairière d’Allemagne, fille ainée de Victoria et mère de Sophia, épouse de Constantin 1er. Les présidents Américains Truman et Eisenhower étaient aussi reçus, comme Jackie Kennedy quelques semaines avant le drame de Dallas. Autres tragédies vécues sur place étaient la mort martyrique du Roi Alexandre en 1920 et de son frère le Roi Paul en 1964.
Au fil des décennies le domaine produisait du lait et du beurre, comme des vins de ses vignobles, produits servis à la table du Roi et aussi commercialisés. Depuis le début se fut évident que le domaine était financièrement déficitaire et ne pouvait se financer que par la cassette privée des souverains, renflouée à chaque génération par les dots importantes des épouses des souverains successifs (Russie, Prusse, Roumanie, Hanovre, Danemark). Cette remarque est rajoutée pour démontrer le caractère strictement privé et familial des fonds utilisés, entièrement indépendants des finances de l’état.
Autre trait unique du domaine est sa partie réservée aux sépultures de la famille Royale, lieu inaliénable – s’il en est- de son identité, où le familial se confond avec le national et l’historique.
Le domaine de Tatoi était confisqué une première fois en 1923 par la première République Hellénique et restitué en 1936, suite au referendum et le retour de la dynastie. Le premier Président de la République, Alexandre Zaimis, un des anciens Premiers Ministres de Georges 1er, a gardé la résidence et sa décoration intacte et utilisât pour lui qu’une des chambres d’hôtes et pas la chambre du Roi. Respectée et scellée par l’occupant Allemand, entre 1941 et 1944, la résidence était dégradée par la guerre civile en 1945. Une rénovation avec les moyens modestes de l’époque était entreprise par Georges II en 1946 dès son retour, où plusieurs éléments architecturaux étaient altérés. Décédé le 1er Avril 1947, c’est son frère Paul et son épouse Frederica qui ont pris le relais. La vie de cette époque à Tatoi est décrite dans les « Mémoires insolites » de Michel de Grèce.
La triste histoire de Tatoi et des possessions personnelles de la famille Royale commence le jour du contre coup d’état du Roi Constantin contre le régime des colonels le 13 Décembre 1967.
Malgré l’affront, les résidences et possessions des Rois ont resté intouchées. Ce n’est que suite à un referendum fantoche des dictateurs en Juillet 1973, que la “République” était proclamée et comme la fortune Royale, tous les meubles et effets personnels de la famille étaient confisqués, mais laissés sur place. Principalement en provenance du Palais Royal d’Athènes qui appartient à l’Etat depuis sa construction c.1890 à l’usage du Diadoque Constantin (1er). Aussi meubles et objets provenant du château de Rododaphne (bâtisse construite par la Duchesse de Plaisance au 19eme siècle et appartenant à l’Etat), de la villa de Psychico ou résidait la Reine Mère avec la princesse Irène et même de la villa de Mon Repos à Corfou qui était considérée comme bien privé.
Apres la chute des dictateurs, en 1974 un referendum en bonne et due forme a déclaré une République en toute légalité et le Roi était prié de récupérer ses affaires des résidences appartenant à l’état. C’est alors que tous ces objets, voitures et carrosses étaient tassés dans trois bâtisses (et pas des pièces de la villa), du domaine (notamment la laiterie, les garages etc.)
Quand l’ancien professeur du Roi en philosophie, Constantin Tsatsos était élu 2nd Président de la République, en 1975, il a appelé le Roi et lui a demandé de quoi meubler le palais d’Athènes. Carte blanche lui était donné et ainsi environ 300 pièces étaient rapatriées de Tatoi.
La fortune privée des Rois fut l’objet de moult tractations inachevées.
Puis en 1992 le Roi a voulu récupéré une partie de ses biens mobiles et 9 containers avec quelques tonnes d’objets (environ 600 m3) sont partis pour l’Angleterre. L’opposition a fait grand cas du “rififi royal” et grand nombre d’objets ( environ 7.000 m3) incluant carrosses et voitures est resté sur place.
Une grande vente chez Christie’s a vu dispersé un volume impressionnant d’ argenterie appartenant à Georges 1er et Olga, notamment des cadeaux des familles Danoise, Anglaise et Russe, objets Fabergé, meubles et tableaux de qualité moyenne. Les objets et œuvres d’art d’intérêt Hellène (notamment les portraits par de Laszlo), étaient conservées par le Roi.
Les politiciens qui ont connu de près le Roi, même ses adversaires, ne pouvaient qu’admettre le caractère privé de sa fortune concernant Tatoi, le domaine de Polydendri, la villa « Mon Repos» à Corfu et les biens mobiles. C’est pour cela que deux accords étaient mis en place entre le Roi et la République, le premier étant partiellement appliqué, dont les 9 containers d’objets et gelé après les réactions de l’opposition. Le second était prêt à être signé par Andreas Papandreou, mais son état de santé à amener la chute de son gouvernement.
En 1994 le gouvernement socialiste a commencé une campagne féroce contre la famille qui a abouti à un blocage total des biens et même à l’annulation de leurs passeports Grecs.
Cette histoire a pris fin en 2003 quand la Cour Européenne de Justice a décidé la restitution de la fortune privée de la famille, ou son indemnisation. Le gouvernement a refusé la restitution. Le calcul de la hauteur de l’indemnisation était confié par la Cour de Justice a un comité de trois personnalités, dont deux venaient de l’Europe de l’Est et un universitaire Grec, chef de file antiroyaliste du referendum de 1974. C’était justement l’époque après la chute du Mur et des régimes des pays de l’Est et grande peur régnait dans les Chancelleries Européennes sur le cout éventuel des restitutions/indemnisations des fortunes Royales et aristocratiques.
La somme proposée par ce comité et incorporée dans la décision de la Cour était de 12millions d’euros pour le Roi et 900.000 euros pour la Princesse Irène. Cette somme correspondait au 2% de l’estimation des biens par la République Hellénique qui était à la hauteur de 550 millions de dollars, légèrement supérieure de celle de la famille Royale.
L’estimation n’incluait pas les biens mobiles qui eux bloqués dans les bâtisses, ont fait office de butin de guerre…
Ceci explique la raison pour laquelle les spécialistes n’ont commencé qu’en 2005 à se pencher sur quelques-uns des 50.000 objets tassés dans trois bâtiments de Tatoi. 10.000 objets seulement sont déjà examinés. Dans les 40.000 qui restent on garde toujours espoir de retrouver la robe de mariée de la Reine Anne-Marie.
Dernièrement 10 “objets” étaient déclarés “monuments nationaux”. Parmi eux, la Rolls Royce officielle, avec option de toiture de verre, deux MG sport appartenant au Roi Paul et la Reine Frederica. N’oublions pas que dans leurs collections appartenait le carrosse destiné à l’entrée triomphale et jamais effectuée à Paris du Comte de Chambord, racheté par le Roi Georges 1er. Il était de service aux mariages royaux de 1962 et 1964.
Le nouveau Premier Ministre de Grèce (Centre-droite, depuis Juillet 2019) s’est engagé à sauvegarder et valoriser le domaine de Tatoi, et ce, dès son discours d’investiture. Je crois que les intentions du Premier Ministre et du Ministère de la Culture sont sérieuses.
Selon mon humble avis, Tatoi, outre sa grande valeur économique et culturelle, englobe les racines de la Dynastie de Georges 1er en Grèce et l’esprit des fondateurs Georges et Olga de vivre sans ostentation dans une “ferme” près de la nature et y être enterrés. C’est exactement pour cela que tout plan de sauvegarde et valorisation reste une affaire sensible et délicate.
Espérons au mieux, tant que “L’Association des amis de Tatoi” (https://www.tatoi.org/ktima-tatoiou/ktiria-ke-egkatastasis/) est en activité et tous ces conservateurs éponymes et anonymes sont penchés sur cette partie de l’histoire et du patrimoine Grec.
Cosmo
1 février 2020 @ 16:50
Il me semblait avoir vu le carrosse préparé pour le comte de Chambord, à Chambord, il y a de nombreuses années.
Iankal21
30 juin 2020 @ 08:54
@Cosmo
Le mystère du… dédoublement des carrosses est résolu par un article de l’historien de renom Costas Stamatopoulos au quotidien Kathimerini, ce mois de Juin 2020.
Une série de 8 carrosses était commandée chez Binder à Paris, pour l’entrée du Comte de Chambord et de sa suite. Une d’elles seulement était achetée par Georges 1er de Grèce, identique ( appart des armoiries) à celle conservée à Chambord.
Iankal21
31 janvier 2020 @ 12:50
P.S. à mon commentaire d’avant.
Le couple Royal a créé la fondation « Anna-Maria » et l’a dotée des 12 millions d’euros, destinés au secours des sinistrés des catastrophes naturelles (la somme était prise sur le budget de l’Etat Grec concernant les catastrophes naturelles).
Les 900.000 euros été remis par la Princesse Irène à la fondation « Mundo in Armonia » créé par ses soins. Des bourses d’études musicales sont attribuées annuellement en Grèce par cette fondation.
Philippe Gain d'Enquin
1 février 2020 @ 09:54
Merci à vous pour cette contribution passionnante et documentée. Cordialement, PGE
Silvia 2
31 janvier 2020 @ 15:02
Athena, il faut lire le texte, le comprendre, avant de répondre ! Désolée !
Pascal
2 février 2020 @ 10:33
Merci infiniment pour toutes ces informations.
Je croyais quant à moi que le roi Constantin avait touché beaucoup plus.
J’espère aussi que cet ensemble unique et qui me semble de nature à attirer bien des convoitises sera intégralement préservé alors que l’on assiste à la mise à l’encan du patrimoine grec.
Et cela à cause des décisions iniques de la troïka.
Qu’on sache cependant que le PIB grec a chuté de façon importante mais que la Grèce peut à nouveau se refinancer à des taux corrects.
Il faut dire qu’entre temps la théorie monétaire a changé, voilà ce qui arrive quand on invente une monnaie sans aucune assise serieuse , pour des raisons idéologiques.
Cependant toute la jeunesse qui le pouvait a du émigrer et la misère a considérablement augmenté.