Le secret avait été bien gardé. C’est une véritable opération digne d’un film d’espionnage. Pendant 48 heures, personne n’a su à quel moment la célèbre tapisserie de Bayeux avait quitté la Normandie. Ni les journalistes, ni les curieux, ni même les nombreux opposants à son départ. Opération « top-secret » !
Ce n’est que vendredi que le ministère de la Culture a levé le voile : la veille, sous la plus haute surveillance, le chef-d’œuvre du XIe siècle a discrètement traversé la Manche pour rejoindre le British Museum de Londres.

Escorte de gendarmes, hélicoptères, conservateurs spécialisés… tout avait été prévu afin que le voyage se déroule dans le plus grand secret. Vous imaginez une grève de ferry ou une attaque de drones, voire Une prise d’otages ?
Le soulagement est immense outre-Manche. Après tout, cette broderie monumentale raconte la conquête de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant en 1066, un épisode fondateur de l’histoire britannique. Pour les Anglais, c’est un peu comme si une partie de leur mémoire nationale rentrait momentanément à la maison. « Home, sweet home » !
Mais ce déplacement exceptionnel continue de faire débat en France. Fragilisée par près de mille ans d’existence, la tapisserie présente déjà une trentaine de déchirures et près de 10 000 perforations. Beaucoup estimaient qu’elle ne devait plus voyager.
Les autorités françaises assurent pourtant que toutes les précautions imaginables ont été prises. Avant le départ, plusieurs transports tests ont même été réalisés avec une réplique installée dans un double caisson maintenant une température parfaitement stable.
Désormais installée au British Museum, la tapisserie va d’abord subir un examen extrêmement minutieux afin de vérifier que le voyage ne lui a causé aucun dommage. Ce n’est qu’après cet état des lieux qu’elle sera présentée au public, à plat, dans une vaste vitrine spécialement conçue pour l’accueillir et dans la pénombre.
L’exposition ouvrira ses portes le 10 septembre prochain et se prolongera jusqu’au 11 juillet 2027. Un triomphe annoncé.
Un bal du British Museum est même prévu le 17 octobre pour fêter l’événement. Ce prêt constitue l’un des gestes culturels les plus forts entre la France et le Royaume-Uni depuis des décennies. Un symbole de l’amitié franco-britannique et de la relance de l’Entente cordiale. (Merci à Bertrand Meyer)