C’est l’un des grands rendez-vous historiques et royaux de l’année 2027. Pour la première fois, la légendaire couronne du Saint-Empire romain germanique quittera son cadre habituel du Trésor impérial de la Hofburg pour être présentée dans le bâtiment principal du Kunsthistorisches Museum de Vienne.
Intitulée « La Couronne impériale. Pouvoir et mythe », cette exposition invite à redécouvrir l’un des plus fascinants symboles de souveraineté de l’histoire européenne.
Réalisée probablement au Xe siècle, cette couronne d’or se distingue par sa forme octogonale, ses pierres précieuses et ses plaques émaillées représentant des personnages bibliques.
Longtemps associée à Charlemagne, couronné empereur en l’an 800, elle ne fut pourtant pas fabriquée pour lui. Sa datation exacte demeure discutée entre spécialistes.
Pendant des siècles, elle incarna la dignité impériale et accompagna les cérémonies de couronnement des souverains du Saint-Empire, jusqu’au dernier couronnement impérial, en 1792.
Pesant environ 3,5 kilos, cette couronne a traversé les bouleversements de l’histoire européenne. Conservée à Nuremberg à partir du XVe siècle, elle fut mise à l’abri à l’époque des guerres napoléoniennes avant de rejoindre Vienne.
En 1938, après l’Anschluss, Adolf Hitler la fit transférer à Nuremberg. Elle survécut à la Seconde Guerre mondiale et retrouva Vienne en 1946.
Plus récemment, des investigations scientifiques menées jusqu’en 2024 ont permis de découvrir deux intailles antiques dissimulées à l’intérieur de la couronne. Grâce à la microscopie numérique, les chercheurs ont réalisé quelque 60 000 images de ce chef-d’œuvre d’orfèvrerie.
L’exposition de 2027 entend confronter la réalité historique à la légende, en interrogeant la puissance symbolique d’un objet qui demeure associé à l’idée même d’empire. (Merci à Bertrand Meyer)
Informations pratiques : Kunsthistorisches Museum — Maria-Theresien-Platz, 1010 Vienne, Autriche – Dates : 16 février – 30 mai 2027
ISA
3 novembre 2026 @ 06:31
Espérons que les musées viennois soient plus sécurisés que les nôtres…
milou
3 novembre 2026 @ 07:23
Merci pour toutes ces infos!
Bellefleur
3 novembre 2026 @ 08:25
Une bonne raison de découvrir ou redécouvrir la ville de Vienne.
J ‘en garde le meilleur souvenir .
Brimbelle
3 novembre 2026 @ 08:27
Hitler fit transférer cette couronne à Nuremberg par train spécial, avec les Régalia, autres insignes du Saint-Empire et les fit cacher dans un abri souterrain du château de Nuremberg lors des bombardements.
C’est grâce à la section des « Monuments Men », officiers travaillant dans le milieu de l’art, que des milliers d’œuvres d’art pillées par les nazis furent retrouvées, dont les Regalia et la Couronne.
À la fin de la guerre court la rumeur que cet ensemble aurait été jeté au fond du lac de Starnberg ou détruit. Le lieutenant Walter Horn, professeur de l’art à Berkeley , n’y croit pas et interroge les responsables locaux.. Sous la pression, un conseiller municipal craque et conduit le lieutenant Horn et et quelques hommes dans une galerie souterraine , montre l’accès à une petite pièce cachée : ils y trouvent quatre conteneurs en cuivre dans lesquels sont enfermés les Regalia et la couronne. Ils sont restitués en janvier 1946 à l’Autriche.
Walter Horn et les Monuments Men ont mené d’autres « chasses au trésor » en sauvant des œuvres importantes et organisé leur restitution.
Lilamay
3 novembre 2026 @ 09:19
Un trésor historique. . On aimerait en savoir un peu plus sur les pierres précieuses comment elles ont été taillées ( si elles l étaient )leur provenance et surtout la réalisation des plaques émaillées. Elle a traversé les siècles et survecu aux aléas des conflits. Imaginons Napoléon se coiffant de cette couronne! Le Saint Empire Germanique se voulait l héritier de l Empire Romain d Occident !
Sigismond
3 novembre 2026 @ 09:42
La couronne de l’Empereur avec un grand E, le seul (pas l’Ogre) !
Danielle
3 novembre 2026 @ 10:03
Superbe couronne.
Passiflore
3 novembre 2026 @ 10:22
On peut penser que la couronne du Saint Empire romain germanique ait été porté, la première fois, par son fondateur, Otton Ier (Othon le Grand), lorsqu’il a été couronné empereur à Rome, le 2 février 962, par le pape Jean XII.
Dans un genre plus modeste, la couronne du roi de Prusse (Guillaume II), réalisée en 1889, ornée d’un grand saphir, d’une croix en or et diamants, de 142 diamants, 18 brillants, 8 perles et 8 arches, elle, ne fut jamais portée. On peut la voir dans le château de Hohenzollern, à 5 kms d’Hechingen, dans le Bade-Wurtemberg. Lors de l’abdication de l’empereur, en novembre 1918, la couronne a été conservée par la famille Hohenzollern. Cachée pendant la Seconde Guerre mondiale (murée dans la crypte de l’église évangélique de Kleinenbremen, près de Minden), elle a, ensuite, été restituée à la famille et fait partie des Joyaux de la Couronne prussienne.
Quant au trône de Charlemagne, dans la cathédrale d’Aix la Chapelle, il ne serait pas son trône mais celui du couronnement d’Otton 1er, comme roi de Germanie, en 936. Après lui, et Jusqu’en 1531, 30 rois furent couronnés à Aix-la-Chapelle. Charlemagne avait été sacré roi des Francs, à Noyon, et couronné dans l’ancienne basilique Saint-Pierre de Rome par le pape Léon III, le jour de Noël de l’an 800.
Carmina burana
3 novembre 2026 @ 10:52
Magnifique!
Ces pierres multicolores donnent l impression que cette couronne est illuminée…magique.
Florence Bouchy-Picon
3 novembre 2026 @ 11:04
Espérons que cette couronne mythique soit mieux gardée que le trésor du Louvre….
Mini
3 novembre 2026 @ 11:44
Il est à souhaiter que la sécurité et la protection soient mieux organisées qu’au Louvre dans la galerie d’Apollon.
A moins que, judicieusement, soit exposée une copie….ce qui serait presque préférable.
Pascal Hervé
3 novembre 2026 @ 12:27
Une des plus précieuses et des plus symboliques couronnes qui nous sont parvenues.
Si ce n’est pas une couronne reliquaire c’est presque une relique .
Pascal Hervé
3 novembre 2026 @ 12:34
Il paraît que l’État autrichien conteste la donation des joyaux Habsbourg récemment réapparus au Canada dont le ”Florentin”.
J’avoue que je n’ai pas d’avis tranché, je comprends parfaitement ce qui motive la famille et je n’ai rien de particulièrement favorable à l’Autriche actuelle mais je ne vois pas tellement ce qu’ils ont à faire au Canada.