
Dans les palais royaux, les robes ont toujours eu leur langage. Elles racontent les fastes d’un couronnement, les exigences du protocole, les goûts personnels d’une princesse et parfois même ses petites rébellions.
À Hillsborough Castle, en Irlande du Nord, l’exposition « Royal Style in the Making », prolongée jusqu’au 3 janvier 2027, lève le voile sur les secrets de fabrication de quelques-unes des tenues les plus remarquables de la monarchie britannique.
Au fil des créations, des dessins préparatoires et des échantillons de tissus, le visiteur découvre un univers où rien n’est laissé au hasard. Derrière chaque toilette se cachent des heures de travail, des essayages minutieux et, surtout, une étroite complicité entre les femmes de la famille royale et leurs couturiers.
La reine mère, une souveraine cousue d’or
Parmi les pièces les plus précieuses figure une rare toile préparatoire de la robe portée par Elizabeth, future reine mère, lors du couronnement de son époux George VI, en mai 1937. Conçue par Madame Handley-Seymour, cette création témoigne de la minutie nécessaire à la réalisation d’une tenue destinée à entrer dans l’histoire.
Les motifs floraux choisis pour l’occasion possèdent une signification particulière : ils évoquent les différentes nations du Royaume-Uni. Car une robe de couronnement n’est jamais un simple vêtement. Elle constitue aussi un manifeste dynastique, un symbole de continuité et de puissance.

Margaret, la princesse qui aimait éblouir
Changement d’atmosphère avec la princesse Margaret, sœur cadette d’Elizabeth II, dont l’extravagance vestimentaire n’était plus à démontrer. En 1964, elle apparaît dans une spectaculaire robe de bal d’inspiration XVIIIe siècle, imaginée par Oliver Messel pour une soirée costumée à Mansion House.
Avec son goût pour le théâtre, les silhouettes romanesques et les toilettes spectaculaires, Margaret incarne une autre facette de la monarchie : celle d’une princesse qui considère la mode comme un art de vivre et une manière d’affirmer sa personnalité.

Elizabeth II, elle, privilégie une élégance plus institutionnelle, sans pour autant renoncer au faste. En témoigne une somptueuse robe du soir en mousseline de soie brodée de fils d’or, créée par Hardy Amies et portée notamment lors d’un dîner d’État à Bahreïn en 1979. Une toilette parfaitement adaptée aux exigences de la représentation royale.
Diana, une princesse qui savait ce qu’elle voulait
Mais c’est peut-être Diana qui réserve les surprises les plus touchantes. L’exposition présente des dessins originaux de David Sassoon, accompagnés d’échantillons de tissus et, surtout, d’annotations manuscrites de la princesse de Galles.
Ces documents permettent de découvrir une Diana très impliquée dans la conception de ses tenues. Sur un croquis de 1982, elle précise ainsi qu’elle souhaite une robe bleu foncé. Un détail révélateur de son attention aux couleurs, aux matières et à l’image qu’elle entend donner d’elle-même.
Autre pièce évocatrice : un dessin de 1990 lié à sa célèbre caring dress, une robe colorée qu’elle affectionnait pour ses visites dans les écoles et les hôpitaux. Diana avait compris que ses vêtements pouvaient aussi devenir des instruments de communication, capables de transmettre chaleur, proximité et bienveillance.
Quand la couture raconte l’Histoire
Au-delà des broderies, des soieries et des silhouettes somptueuses, Royal Style in the Making rappelle combien la mode a contribué à façonner l’image publique de la monarchie britannique. (Merci à Bertrand Meyer)
Régine ⋅ Actualité 2026, Angleterre, Expositions, Mode 1 Comment
Caroline
2 novembre 2026 @ 11:21
Dommage que ce soit en Irlande !
J’aurais beaucoup aimé visiter cette exposition ‘ vintage ‘ !