
Cinq châteaux se sont succédé en 2000 ans depuis l’antique castrum gallo-romain jusqu’au grand château construit par le duc d’Aumale. Aux XVI et XVII siècles, le château est la propriété de la famille de Montmorency qui fait élever le Petit Château actuel au milieu du XVIème siècle. Le connétable Anne de Montmorency le fait décorer par les meilleurs artistes de son temps. Ci-dessus la cour d’honneur et la statue du connétable Anne de Montmorency.

La mère du Grand Condé, Charlotte de Montmorency, hérite des lieux à l’extinction du dernier descendant du connétable. Le Grand Condé (1621-1686) se consacre à l’embellissement du château avec la fougue et la maîtrise qu’il apporte aux opérations militaires. Après 20 ans de travaux, il en sort une oeuvre splendide, dont une bonne partie subsiste encore aujourd’hui. Son arrière petit-fils, Louis-Henri de Bourbon, donne à Chantilly un très vif éclat. Il fait construire les Grandes écuries, chef d’oeuvre du XVIIIe siècle. Mais pendant la révolution, les étages du Grand Château sont rasés jusqu’à hauteur du rez-de-chaussée. Le Petit Château, ici sur la photo, échappe à la destruction.


A la mort du dernier des Condé, le duc de Bourbon, le château revient à son filleul le duc d’Aumale, cinquième fils du roi Louis-Philippe. C’est lui qui fait édifier de 1875 à 1881, le Grand Château actuel, dans un style Renaissance.

Chef d’oeuvre de Jean Aubert, les Grandes Ecuries sont le plus noble monument de Chantilly hérité du XVIIIe siècle. Leur plus belle façade s’ouvre sur la pelouse. Du temps des princes de Condé, cet ensemble de bâtiments réunissait 240 chevaux, 500 chiens et un personnel de près de 100 palefreniers, cochers, piqueurs,… C’est devant les Grandes Ecuries que se dresse la statue équestre d’Henri d’Orléans, duc d’Aumale.



Le Hameau aménagé dans le parc en 1775, a précédé celui de Trianon, plus célèbre. Sous l’influence de Jean-Jacques Rousseau, il était alors de bon ton pour les princes de rechercher le dépaysement dans des villages en miniature. On y trouve un moulin et quelques maisons à colombages. Toutes les fêtes données à Chantilly comportaient un souper dans ce joli coin de parc.

Le duc d’Aumale est le dernier prince à avoir habité Chantilly. Il meurt en 1897, léguant à l’Institut son domaine avec les magnifiques collections qui forment le musée Condé. L’escalier d’honneur donne accès aux appartements des Princes, dans le Petit Château et aux somptueuses collections rassemblées par le duc d’Aumale dans le Grand Château.


Le Grand Condé avait commandé sa propre galerie des batailles dont il ne devait pas voir l’achèvement. Elle comporte de nombreuses toiles faisant l’apologie des batailles de Louis XIV.



Le salon des singes est décoré d’un ensemble de « singeries » du début du XVIIIe siècle, chef d’oeuvre d’un peintre ornemaniste inconnu. Les scènes, pleines de finesse et d’humour, représentent les singes en train de jouer de différents instruments de musique.

Les salons XVIIIe. Les appartements du Grand Condé et de ses descendants ont été embellis au XVIIIe siècle de boiseries Régence et de rocaille.

Le Cabinet des Livres est un émerveillement tant par sa décoration que par la rareté des ouvrages qu’il contient. Parmi eux, les Très Riches Heures du duc de Berry enluminées par les frères de Limbourg, datent de XVe siècle.

Galerie de peinture et Rotonde du Grand Château. Moins soucieux de composer un musée éducatif que de réunir une belle collection, le duc d’Aumale groupait les oeuvres au hasard de ses acquisitions ou rassemblait dans une salle celles qu’il préférait. Les conservateurs ont respecté cette présentation. Suivant les termes du leg à l’Institut, celui-ci a l’obligation « de n’apporter aucun changement dans l’architecture extérieure et intérieure du château », et l’interdiction de prêter le sobjets conservés.


Les Trois Grâces de Raphaël et la Naissance de Vénus de Boticelli. (Un tout grand merci à Francky pour ses photos et ses recherches)
Michael
9 décembre 2010 @ 12:15
Lisez Contre-Enquête sur le comte et la comtesse de Paris par Vincent Meylan
Padraig
9 décembre 2010 @ 13:24
Sauternes
Lisez aussi les auteurs qui ne vous conviennent pas ! Faites un effort, lisez pour ce faire l’ouvrage de Vincent Meylan « Contre enquête sur le comte et la comtesse de Paris », Pygmalion Éditeur, cela vous évitera de rapporter éternellement les mêmes ragots.
Décidément l’anti-orléanisme est une maladie qui risque (surtout après leurs derniers problèmes internes) d’être la seule façon d’exister pour les alphonsistes ! Mieux vaut en rire… ;-)
jean-marie
9 décembre 2010 @ 14:31
Sauternes.86
Une demande de mise sous tutelle de Jaime de Borbon duc de Ségovie,introduite par ses fils devant le tribunal de la Seine,aboutit,le 24 janvier 1962,à la nomination d’un conseil judiciaire pour l’administration de son patrimoine.
Si le duc de Cadix et son frère ont fait cette démarche,c’est bien que le duc de Ségovie avait de l’argent.
Alphonse XIII n’est pas parti sans rien en exil!
Sauternes
9 décembre 2010 @ 19:52
A Mickael 90,
Mon propos voulait répondre à Daniel D 83 qui avait attaqué injustement le prince Jacques-Henri de Bourbon, duc d’Anjou et de Ségovie.
Faire de l’anti-orléanisme primaire ne m’intéresse pas, je reconnais que cette branche cadette capétienne a ou a eu des princes de qualités et d’autres beaucoup moins (euphémisme) même si ces derniers ont laissé plus de traces historiques que les premiers. J’avais dit dans un autre fil de discussion que je répondrais coup par coup aux attaques injustes contre la branche ainée des Bourbons, et c’est là ce je que fit.
Mickaël vous voulez défendre l’indéfendable, c’est louable de votre part mais c’est surtout un combat perdu : il est un fait que feu Henri d’Orléans a dilapidé VOLONTAIREMENT toute sa fortune qui n’était pas mince. Je vous renvoie au livre de SAR le prince Jacques d’Orléans : « les affaires ténébreuses du comte de Paris » ce prince a sans doute par la suite regretté ce livre quand à son opportunité, mais ne l’a pas démenti quand à son contenu.
On y apprend des tas de choses intéressantes :
-Feu Henri d’Orléans a voulu passer en fraude la parure de Marie-Antoinette en Suisse pour la vendre secrètement 8 millions de francs français, s’étant fait pincer par les douanes, il dû la vendre suite à l’intervention de Mitterrand, au musée du Louvre pour 5 millions seulement, alors que selon le code des douanes, l’état français aurait pu confisquer le bijou tout simplement.
– Beaucoup de meubles, tableaux, souvenirs de la famille Orléans et non les moindres ont été éparpillés par une vente aux enchères par Sotheby’s en 1996.
– la gestion de la fondation Condé a été très douteuse, à un point tel que le commissaire aux comptes avait refusé de certifier les comptes.
– les dons et cadeaux somptueux qu’il a donné à sa « dame de compagnie »
Et j’en passe…
Feu Henri d’Orléans contrairement à ce que vous dites n’a jamais voulu préserver quoi que ce soit, il a voulu simplement déshériter ses propres enfants par le biais entre autres de ces fondations Condé et St Louis. S’il avait géré la France comme il l’a fait pour sa famille et son patrimoine, la France n’existerait plus.
Sauternes
Philippe Delorme
10 décembre 2010 @ 09:39
Padraig (93). Pour aller dans ton sens, j’ajouterai qu’il est faux de dire que feu le comte de Paris a « dilapidé » toute la fortune des d’Orléans.
Primo, il a placé l’essentiel du patrimoine historique (le château d’Amboise en particulier) dans une fondation (la fondation Saint-Louis) afin justement d’éviter la dispersion.
Secundo, ses 9 enfants survivants (et son petit-fils Robert comte de la Marche) ont touché chacun un coquet héritage de plusieurs millions d’euros. Son petit-fils Jean, privilégié par sa grand-mère, a obtenu 1/8e du total.
Et l’héritage n’est pas encore complètement liquidé.
PHD
Sauternes
10 décembre 2010 @ 11:39
A Padraig 92
Monsieur, vous m’accusez de colportrer des ragots, et de faire de l’anti-orléanisme : or il se trouve que les éléments que j’ai cités proviennent du livre de SAR le prince Jacques d’Orléans, duc d’Orléans (pour vous faire plaisir), fils de feu Henri d’Orléans, vous le voyez l’anti-orléanisme n’est pas forcément là où vous le croyez.
Accuser le prince d’écrire des ragots, lui qui a vécu tout cela de l’intérieur, est insultant envers sa personne.
Je ne suivrai pas votre conseil de lire l’ouvrage de M.Meylan qui a vécu ces évenements de l’extérieur, de façon indirecte, par témoinagnes donc forcémment( et peut-être involontairement) déformée, de plus sa qualité de journaliste de PdV lui enlève toute neutralité sur ce sujet, puisqu’il est connu que cette revue qui a charmé pour certains leur enfance par la qualité de ses photos avait un contenu très « henriniste ».
Sauternes
Etienne
10 décembre 2010 @ 11:51
Sauternes,
je ne vous félicite pas car vos propos sont souvent mensongers.
La famille de France existe bien. Mgr le comte de Paris est le seul prétendant officiel au trone de France.
Le Dauphin assume son role d’héritier de la couronne de France. Il est aimé et respecté par les Français pour ce qu’il est.
N’essayez pas d’induire en erreur les lecteurs de ce site car vos propos sont souvents inexacts.
padraig
10 décembre 2010 @ 13:10
Sauternes 96
Plusieurs des enfants du comte de Paris ont démentis ainsi que Madame la comtesse de Paris à l’époque les propos du duc d’Orléans. Vous choisissez de ne retenir que les écrits défavorables comme d’habitude !
La pathologie anti-orléaniste est d’autant plus vivace, sur ce site uniquement, que l’alfonsisme est en pleine crise (Cf IMB, Charles avait bien raison de la pronostiquer…) le seul élément fédérateur pour eux, est de donner libre cours à leur pathologie. ;-D
Reste la participation à quelques rares cérémonies dans telle ou telle église française avec leur « roi ».
padraig
10 décembre 2010 @ 13:34
Philippe Delorme 95
Mais ça leur fait tellement plaisir de colporter des racontars en l’absence de « leur roi » ! Pour eux, c’est fédérateur…
C’est la trop fameuse pathologie « anti-O ». ;-) qui s’exprime presque exclusivement sur N&R…
Bonne journée Philippe dans notre région bien enneigée encore.
marie-françois
10 décembre 2010 @ 14:05
Philippe Delorme
Que reste-t-il à liquider sur l’héritage ?
Le Comte de Paris est décédée en 1999 et la Comtesse de Paris en 2003.
Michael
10 décembre 2010 @ 17:37
Sotheby’s précise en 2005: »les joyaux devaient être vendus à Genève, un des plus importants marchés mondiaux pour les bijoux. Les procédures d’importation légales ont été respectées et les douanes françaises informées. Nous avions reçu l’autorisation officielle de sortir les bijoux du territoire français lorsque le musée du Louvre nous a très courtoisement informés qu’il souhaitait les acquérir. le comte de Paris avait parfaitement le droit de poursuivre son dessein initial et de vendre les bijoux à Genève, ou il aurait certainement obtenu un meilleur prix. Au contraire, il a décidé de céder les bijoux au Louvre pour le montant de l’estimation afin que cet ensemble reste dans le patrimoine national français. » cité p 402, Vincent Meyland, Contre enquête sur le comte et la comtesse de Paris
Michael
10 décembre 2010 @ 17:48
Don Jaime de Borbon, duc de Ségovie précise dans un e déclaration lorsque sa famille a introduit une instance à son encontre auprès du tribunal de la Seine en 1961: « .. je soulèverai l’incompétence du Tribunal de la Seine. En effet quelques soit mon estime pour la personne des juges qui le composent, je dénie à toute juridiction ETRANGERE A MON PAYS (il s’agit d’un tribunal français) le droit de statuer dans une question dynastique qui n’intéresse que l’ESPAGNE… ».
Sophie2
11 décembre 2010 @ 10:48
Magnifique chateau!
Sauternes
11 décembre 2010 @ 11:13
A Mickaël 98,
Merci d’avoir apporté des éléments de réponses, cela fera sans doute avancer la discussion contrairement à Etienne qui tient des propos stériles,enfantins et insultants.
Je prend acte de votre version des faits concernant la parure de bijou de la reine Marie-Antoinette (portée aussi par la reine Hortense et la reine Marie-Amélie)cependant je dois avouer que la version de M.Meylan apportée par vos soins contredit la version donnée par SAR le prince Jacques d’Orléans page 197 de son livre.
Alors qui croire ? un journaliste ou un prince de la Maison d’Orléans ?
Laissons parler SAR le prince Jacques :
« Tout cela pour qu’un soir d’hiver, notre père se fasse arrêter par les douanes comme n’importe quel trafiquant à la frontière suisse.Les douaniers furent assez surpris de truover dans la voiture de Monseigneur, entre deux couches de chaussettes un sac en velours mauve empli de verroteries étincelantes. Le Ministère des Finances eut quelques difficultés à croire que le comte de Paris avait oublié de déclarer cette petite valeur par étourderie.En réalité papa se rendait en Suisse pour vendre en secret la parure de Marie-Antoinette. Un joli coup qui aurait du rapporter plus de neuf millions de francs.Au regard du code des douanes, le comte de Paris aurait pû être arrêté et déféré devant un juge d’instruction. Dans ces conditions,il risquait outre un peu de prison, la confiscation de biens objets de la fraude et une mande du montant de leur valeur.Il n’en fut rien. L’amitié qui liait François Mitterrand à papa le sauva.(…)Les bijoux ne furent pas confisqués, il n’eut pas d’amende mais le prince fut obligé de vendre au Louvre à un prix très avantageux pour le musée, les bijoux qu’il souhaitait occulter des ses biens propres.
Je retiens que selon les deux versions contradictoires des faits, feu Henri d’Orléans avait bien l’intention de vendre cette parure historique à Genève aux enchères, et peut être aussi mettre l’argent de cette vente dans un compte en Suisse.
Cette parure aurait donc quitté la France, et aurait été sans doute portée par une des épouses des familles richissimes du Golfe Persique. Alors qu’on ne vienne pas me dire que feu Henri d’Orléans a voulu protéger son patrimoine par le biais des fondations Condé et St Louis.Je persiste à penser qu’il voulu laisser que des miettes à ses enfants, même si ces miettes sont beurées.
M.Philippe Delorme qui nous a fait l’honneur d’intervenir ne distingue pas dans l’héritage reçu des enfants : la part provenant du comte de Paris et celle de la comtesse de Paris qui n’était pas pauvre, loin s’en faut.
Cordialement
Sauternes
Philippe Delorme
12 décembre 2010 @ 10:13
Marie François (100). Il reste un nombre assez considérable d’objets artistiques et historiques que la Fondation Saint-Louis doit restituer aux héritiers du prince. L’accord sur ce point n’est pas encore finalisé.
PHD
Michael
12 décembre 2010 @ 11:59
Saunternes, je comprend bien ce que vous voulez dire. Il faudrait peut-être reposer la question au duc d’orléans face à la déclaration officielle de Sotheby’s. Peut-être que le duc d’orlénas est allé un peu vite dans son livre pamplétaire et que Sotheby’s n’a pas voulu se mêler d’intentions peu avouables du comte de Paris. Pourtant la version de Sothby’s est logique, c’est une constance chez le comte de Paris de vouloir donner l’essentiel à la France à travers ses institutions.
jean-marie
12 décembre 2010 @ 13:08
Sauternes.104
Le livre du prince Jacques duc d’Orléans a été condamné non seulement par la défunte comtesse de Paris sa mère mais aussi par l’actuel comte de Paris son frère.
Livre bourré de contre-vérité d’après Henri de France comte de Paris mais aussi par ses soeurs.
Pour la parure en question,il me semble que le comte de Paris avait bien le droit de la vendre en Suisse puisque celle ci lui appartenait,il a choisi de la vendre au musée du Louvre alors qu’il aurait pu la vendre plus chère à Genève en toute légalité.
Alors qui croire Jacques duc d’Orléans ou l’ensemble des frères et soeurs de celui ci.
Et oui le feu comte de Paris a fait don au travers de la fondation St-Louis d’un formidable patrimoine historique au peuple Français,un peu comme le prince Henri d’Orléans duc d’Aumale avec Chantilly.
Voulez vous me dire ce qu’ont laissé Jaime duc de Ségovie et son fils Alphonso duc de Cadix en héritage à la France.
Alphonso de Borbon-Dampierre n’avait-il pas affirmé qu’il avait donné son accord,avec les princes de Parme pour le retour des sépultures de la Famille de Charles X en France alors que cela n’était pas vrai,qu’il n’y a jamais eu de projet entre la France et la Slovénie concernant cette question.
Voyez vous il y a des princes qui racontent n’importe quoi et le duc de Cadix n’était pas le dernier.
Une chose est sure,c’est que le château Royal d’Amboise,le château de Dreux et la chapelle Royale Saint-Louis,le château de Bourbon-l’Archambault,de la chapelle Notre-Dame de la Compassion ainsi que divers monuments et immeubles font partie de la Fondation Saint-Louis qui fut crée par le défunt comte de Paris avec l’aval de son épouse Isabelle en 1974.
La vérité est celle ci.
Francky
12 décembre 2010 @ 13:57
Sauternes
N’avez-vous pas reconnu « Étienne » ? Cherchez bien !!!
C’est très facile !!! ;)
marie-françois
12 décembre 2010 @ 19:44
Philippe Delorme
Merci pour votre réponse à ma question.
d'Artagnan
13 décembre 2010 @ 09:42
Les Orléans qui vendent le patrimoine et qui prétendent à la couronne … Cherchez l’erreur …
padraig
13 décembre 2010 @ 18:24
Merci de nous avoir permis de voir ou revoir le superbe château de Chantilly, remis en état et enrichi par ses riches collections, Henri d’Orléans duc d’Aumale, mais souvenons nous aussi qu’après le passage de l’Empire et de la Restauration notre non moins superbe château de Versailles était à l’abandon.
C’est grâce à Louis-Philippe, roi des Français et père du duc d’Aumale, que des travaux de restauration (sans jeu de mots…) et de construction comme la superbe « Galerie des batailles », ont enfin été entrepris avant qu’il ne soit trop tard et que château de Versailles tombe en ruines dans l’oubli…
Les Orléans ont ainsi sauvé et mis en valeur deux trésors architecturaux de notre histoire !
padraig
14 décembre 2010 @ 01:45
Mon copier/coller m’a fait écrire une phrase incompréhensible, veuillez m’en excuser, je voulais écrire :
« Merci de nous avoir permis de voir ou revoir le superbe château de Chantilly, remis en état et enrichi par Henri d’Orléans duc d’Aumale qui y a accumulé ses riches collections »
d'Artagnan
15 décembre 2010 @ 02:20
La mort suspecte du dernier Condé (Source: Historia)
01/06/2006 – 714
Le 27 août 1830 au matin, on retrouve le corps de Louis Henri Joseph de Bourbon, prince de Condé, pendu à l’espagnolette de sa fenêtre. Suicide ou crime ? Seule certitude : son héritage ne laisse personne indifférent.
Ce jour-là, à huit heures du matin, le valet Lecomte frappe à la porte de la chambre du prince de Condé, au château de Saint-Leu-la-Forêt. N’obtenant pas de réponse, il donne l’alerte. On décide d’enfoncer la porte et l’on trouve, dans la pénombre, le corps du prince pendu par deux mouchoirs noués à l’espagnolette d’une fenêtre. La porte de la chambre étant fermée de l’intérieur, il semble évident qu’il s’agit d’un suicide. Pourtant, bien des choses paraissent étranges. Comment le prince qui, par suite d’une blessure et d’un accident de chasse, ne peut se servir correctement de ses doigts ni lever les bras, a-t-il pu monter sur une chaise, nouer solidement les mouchoirs et les suspendre au petit crochet du haut de l’espagnolette ? D’autres détails corroborent le fait qu’il ne peut s’agir d’un suicide : les pointes de pied touchent le sol, le mouchoir dans lequel la tête est passée ne forme pas un noeud coulant, le lit a été bougé de place, l’aspect physique du mort ne ressemble pas à celui d’un pendu – le teint est pâle, la langue à peine visible – et le prince a remonté sa montre comme à son habitude. En outre, on ne trouve aucun papier expliquant ce geste si contraire à ses convictions. Alors, un assassinat ? Mais il y a le verrou fermé. C’est Méry-Lafontaine, inspecteur des forêts, qui démontre bientôt qu’avec un lacet on peut facilement manoeuvrer le verrou de l’extérieur. Dès lors la thèse du crime prend corps et le bruit s’en répand dans tout Paris.
Retour vingt-cinq ans en arrière. La mort du duc d’Enghien, fusillé à Vincennes le 21 mars 1804, a laissé la maison de Condé sans héritier. Le duc de Bourbon, bien que séparé de sa femme depuis plus de vingt ans, est toujours marié et, comme la religion n’accepte pas le divorce, il ne peut convoler en de nouvelles noces et donc espérer un héritier. En 1812, se trouvant en Angleterre, le prince fait la connaissance, d’une jeune Anglaise d’origine très modeste, Sophie Dawes, qui devient sa maîtresse en dépit de leur différence d’âge. Jolie, vive, spirituelle, très intelligente, mais ambitieuse et autoritaire, elle fait tomber le duc sous son charme. Leur liaison se termine deux ans plus tard, mais se poursuit par une relation épistolaire marquée par une affectueuse amitié. Tout au moins le prince le prend-il ainsi. Au début, la jeune Sophie est, en effet, flattée d’avoir été remarquée par un si haut seigneur bien qu’il ne vive que modestement grâce aux secours que lui verse le gouvernement anglais. Mais après Waterloo, tout change. Le duc de Bourbon n’est plus un pauvre exilé, il est redevenu un des premiers princes du sang à la tête d’une fortune immense qui reprend possession de son Palais-Bourbon.
Sophie se trouve alors à Paris. Sans ressources, elle se tourne vers son ancien protecteur pour lui demander une aide financière. Bon et compatissant, le duc ne la lui refuse pas. Ainsi commence l’emprise que la jeune Anglaise va avoir sur cet homme vieillissant, riche et généreux. Mais pour vivre auprès de lui, elle doit être mariée. Ayant rencontré un militaire qui lui plaît, M. de Feuchères, elle se décide à l’épouser, en ayant soin de lui faire croire qu’elle est une fille naturelle du prince, afin d’expliquer ses relations avec lui. Une fois mariée, elle peut enfin entrer dans l’entourage du prince, dont elle est bien décidée à ne plus sortir. Très vite, elle va régner sur toute la maisonnée, obtenant, entre autres, le titre de baron pour son mari. Mais de vives discussions s’élèvent souvent dans le ménage Feuchères à propos des origines de Sophie. Au cours de l’une d’elles, celle-ci, dans sa colère, finit par lancer à son époux : « Non, je ne suis pas sa fille, mais j’ai été sa maîtresse. » Humilié, furieux, Feuchères rend toutes les charges qu’il a obtenues et quitte à jamais le Palais-Bourbon. L’esclandre a un retentissement énorme dans toute la bonne société, et les portes des Tuileries se ferment à la jeune femme.
La « pauvre Sophie », comme elle aime à se désigner, n’en a pas moins gardé toute son influence sur le prince de Condé. Elle sait que son bienfaiteur est prêt à lui donner tout ce qu’elle veut, jusqu’à, pourquoi pas, son fabuleux héritage. Mais elle se doute bien que celui-ci lui sera aussitôt contesté.
A ce moment entre en scène Talleyrand, dont elle a fait la connaissance lorsqu’il désirait renouer des relations avec le duc de Bourbon. Sur ses conseils et par son intermédiaire, elle se tourne vers les Orléans. Il s’agit de faire hériter un des fils de Louis-Philippe, le duc d’Aumale par exemple, dont le prince est le parrain, tout en gardant pour elle une part importante de la succession. Ainsi, grâce à la protection des Orléans, le testament ne pourra être attaqué. En s’attirant leur reconnaissance, Sophie pourra les faire intervenir auprès du roi pour être admise aux Tuileries.
Dès qu’il a connaissance du projet, Louis-Philippe l’accepte d’enthousiasme et entame une correspondance familière et suivie avec cette femme tant décriée. Reste encore à convaincre le prince de Condé de consentir à faire son testament. On est en 1827, il a 71 ans. Il vient de vendre à l’Etat le Palais-Bourbon et se rend compte qu’il doit trouver quelqu’un à qui léguer sa fortune. Il a bien songé à la laisser aux enfants du duc de Berry, mais la position de futur roi du duc de Bordeaux l’en empêche. Il est donc dans la plus grande incertitude et n’est pas pressé.
Il n’en est pas de même de la baronne de Feuchères, qui redoute de le voir mourir intestat. Le 1er mai 1829, elle se résout donc à lui écrire une longue lettre dont voici un extrait : « Il y a bien longtemps, my dearest friend [c’est ainsi qu’elle a l’habitude d’appeler le prince], qu’un objet important m’occupe, mais jusqu’à présent, je n’ai pas eu le courage de vous ouvrir mon coeur entièrement dans la crainte de vous affliger. […] Lorsque je vous ai vu, my dearest friend, si indisposé dernièrement à Chantilly, les réflexions les plus cruelles se sont emparées de moi et, en fait, si cette maladie était devenue plus grave, quelle aurait été ma position ? Moi qui, dans un tel moment, devait espérer de vous rendre les soins les plus tendres, j’aurais été la première qu’on eût éloignée de vous, et cela par suite des vues intéressées qu’on me suppose sur votre fortune. […] Après bien des réflexions, mon opinion est que c’est le jeune duc d’Aumale qui réunit le plus de titres à cette haute faveur. […] Si, malgré ce que je viens de vous dire, votre coeur trop froissé ne vous portait pas à faire cette adoption, j’ose dire que l’affection et désintéressement que je vous ai toujours montrés méritent que vous le fassiez pour moi. Vous assureriez par là, my dearest friend, la bienveillance de la famille royale et un avenir moins malheureux à votre Sophie. »
La lettre est habile, mais le dearest friend n’est pas décidé, d’autant qu’il n’aime guère les Orléans, dont il n’a jamais partagé aucune des idées. Il n’entretient avec eux que des relations de pure courtoisie. Or Sophie est très pressée de conclure. Des disputes éclatent qui dégénèrent parfois en scènes violentes. Un jour, le vieil homme déclare à son intendant, M. de Surval : « Je n’ai pas fermé l’oeil de la nuit. Tous ces tourments-là m’enflamment le sang d’une manière horrible. Y a-t-il rien de plus affreux que de se voir pressé avec une telle violence pour faire un acte qui m’est aussi désagréable ! On n’a plus à me parler d’autre chose à présent : ma mort est le seul objet qu’on ait en vue ! »
Pour sortir de cette situation, le prince tente de s’adresser au duc d’Orléans afin qu’il calme son alliée. Le 20 août 1829, il lui écrit : « L’affaire qui nous occupe, entamée à mon insu et un peu légèrement par madame de Feuchères et dont elle s’est chargée de presser la conclusion auprès de moi, m’est infiniment pénible, comme vous avez pu le remarquer […]. Je viens aujourd’hui en appeler à votre générosité, à votre amitié pour moi et à la délicatesse de vos sentiments pour que je ne sois pas tourmenté et harcelé comme je le suis depuis quelque temps pour terminer une affaire qui se rattache à d’autres arrangements. […] Je compte donc sur votre amitié pour moi, je vous le répète, pour obtenir de madame de Feuchères qu’elle me laisse tranquille sur ce point… »
L’intervention de Louis-Philippe ne fait qu’aggraver les persécutions. Le 29 août 1829 éclate une épouvantable dispute dont le duc sort brisé. Le lendemain, il rédige son testament selon les volontés de la baronne. S’il fait du duc d’Aumale son légataire universel, il donne à la petite Anglaise un somptueux cadeau : le château de Boissy et ses terres, le château de Saint-Leu et son domaine, la forêt de Montmorency, le château de Mortefontaine, plus deux millions, le tout libre de droits.
La « pauvre Sophie » est comblée. Pourtant, afin de couronner sa victoire, il lui faut obtenir sa rentrée à la cour. C’est le prix que doivent payer maintenant les Orléans et, le 13 janvier 1830, après maintes démarches, Louis-Philippe lui annonce enfin qu’il a obtenu du roi que la mesure prise contre elle soit levée. La baronne triomphe, mais elle n’est pas encore entièrement satisfaite car, pour plus de sûreté, elle voudrait entrer tout de suite en possession de son legs. Cependant, devant l’importance des droits qu’elle aurait à payer, elle se voit obligée d’y renoncer.
La révolution de juillet 1830, si elle réjouit la baronne de Feuchères, qui voit le duc d’Orléans monter sur le trône, effraie et consterne le duc de Bourbon, qui songe à quitter la France. Plusieurs projets de départ sont même élaborés puis reportés. Sophie a beau sermonner le prince et lui répéter que tout va pour le mieux, celui-ci est assailli par la plupart des gentilshommes de sa maison qui l’incitent à rejoindre Charles X en exil. Toute cette agitation n’est pas sans inquiéter la baronne. Sa peur est qu’une fois parti, n’étant plus sous sa coupe, le prince ne veuille modifier son testament.
Si à Saint-Leu, madame de Feuchères est dans la crainte, au Palais-Royal, Louis-Philippe ne l’est pas moins. Le bel héritage de son fils va-t-il lui échapper ? Dans son affolement, il va commettre une grave imprudence en écrivant à sa comparse qu’il ne faut « à aucun prix » laisser partir le duc de Bourbon. Par ailleurs, pour convaincre son cousin de demeurer en France, il n’hésite pas à lui dépêcher sa femme, la nouvelle reine, Marie-Amélie, afin de lui porter le grand cordon de la Légion d’honneur et lui demander de siéger à la Chambre des pairs. Le résultat ne sera pas celui attendu, car le prince confiera au comte de Choulot : « Vous comprenez que c’est impossible. »
On est à la fin du mois d’août 1830. Le 25, jour de la Saint-Louis et de la fête du prince, tous les habitants du village de Saint-Leu viennent lui manifester leur attachement et leur reconnaissance, dont il est vivement touché. Le lendemain, le valet Manoury surprend dans le salon une vive altercation entre Condé et madame de Feuchères, au cours de laquelle il entend prononcer le nom de M. Choulot ; le prince a en effet rendez-vous avec le comte en vue d’évoquer un départ pour Chantilly. Le soir, toute la compagnie joue au whist. Condé perd et déclare qu’il paiera ses dettes le lendemain. A minuit, il monte se coucher, accompagné de son médecin, le docteur Bonnie, et du valet de service, Lecomte. Après s’être déshabillé avec leur aide – il a du mal à le faire seul -, il donne l’ordre à Lecomte de le réveiller comme d’habitude. C’est le corps sans vie du duc que le valet découvrira.
Louis-Philippe, informé de la macabre découverte, envoie aussitôt à Saint-Leu des personnes de son entourage, dont le chancelier Pasquier, pour lui rendre compte de ce qui s’est passé. Il connaît suffisamment madame de Feuchères pour ne pas avoir toutes les craintes. Pasquier, d’ailleurs, confirme que l’affaire est suffisamment bizarre pour qu’on ouvre une instruction. Etant donné l’importance qu’a prise cette mort suspecte, le gouvernement est obligé d’en confier le suivi à un magistrat instructeur, M. de La Huproye.
L’enquête se limite à l’audition successive des témoins, sans confrontation entre eux. Le magistrat, devant les déclarations qui accusent toutes madame de Feuchères, est sur le point de conclure à sa comparution en cour d’assises. Or il ne peut être question qu’un tel procès ait lieu, car il compromettrait le roi et sa famille. Il faut donc conclure à un suicide. M. de La Huproye voit en effet arriver le procureur général Persil, qui lui dit : « Votre rapport ne verra pas le jour » et ajoute : « Il s’agit bien de la culpabilité ou de l’innocence d’une femme flétrie ! Il y va de l’honneur et de la considération de la maison d’Orléans, engagée dans une compromission funeste, sur le coup d’une solidarité déplorable dont il faut qu’elle se tire. » M. de La Huproye est mis à la retraite et remplacé par M. Brière Valigny, qui va s’empresser de classer l’affaire en faisant conclure à la cour qu’« il n’était pas établi que la mort du prince de Condé fut le résultat d’un crime ».
Madame de Feuchères est sauvée. La petite Anglaise de l’île de Wight va donc conserver sa somptueuse part d’héritage de la maison de Condé. Cependant, les décisions de justice n’ont trompé personne et la société la délaisse. Même les Orléans lui ferment bientôt leur porte. Elle vend le château de Saint-Leu et, en 1837, rentre en Angleterre où elle mourra quatre ans plus tard.
Par Dominique Paladilhe
Francky
15 décembre 2010 @ 14:34
d’Artagnan
Merci pour cet article concernant les détails de la mort du prince de Condé que j’ignorais… La famille d’Orléans a donc joué un rôle bien sombre dans la disparition du dernier prince de sa lignée, après avoir joué un rôle encore plus sombre dans la mort de Louis XVI…
Tout cela est peu glorieux pour elle ! C’est le moins que l’on puisse dire…
C’est dommage que votre article soit arrivé si tard, car peu de lecteurs en auront connaissance…
jean-marie
16 décembre 2010 @ 16:37
Il n’aimait pas la famille d’Orléans le duc de Bourbon mais alors pourquoi avoir été le parrain du prince Henri d’Orléans duc d’Aumale et pour l’avoir couché dans son testament.
Enfin si la porte de la chambre du duc de Bourbon était fermée de l’intérieur et qu’il a fallu défoncée cette même porte.
Il n’y a pas d’énigme,il s’agit bien d’un suicide et pas d’un meurtre à moins que le meurtrier soit sorti par la cheminée comme le père Noel.
Il à toujours bon dos le roi Louis-Philippe 1er pour les légitimistes intégristes favorable d’un prince d’Espagne.
padraig
16 décembre 2010 @ 23:50
jean-marie 115
C’est toujours la (trop) fameuse « pathologie O. » qui a encore frappé !
Ils ne peuvent pas s’en empêcher…
Je pense qu’un jour, ils vont chercher à prouver que l’ancêtre de la Famille d’Orléans a cassé le vase de Soissons. ;-))
Bonne soirée
padraig
16 décembre 2010 @ 23:52
jean-marie
Oupss, je me suis trompé, c’est bien sûr « la pathologie anti-O. » dont il s’agit…
d'Artagnan
17 décembre 2010 @ 23:40
Une fois de plus aucun arguments historiques dans les commentaires orléaniste. C’est pitoyable !
francois
22 décembre 2010 @ 03:03
Un juriste ou une equipe de juristes ultra competents pourraient-ils negocier un contrat BETON en accord avec l’Institut et les Orleans permettant sans appel le retour dans des conditions (pret, ou autre) a determiner de la commode de la chambre de Louis XVI a Versailles? N’est-ce pas abusif de la part d’un individu (le duc d’Aumale en l’occurence) d’imposer son caprice a un objet qui devrait appartenir avant tout a la communaute nationale?
Padraig, plutot que manifester de la reconnaissance a Louis-Philippe pour avoir « sauve » Versailles ne devrait on pas etre conscients des degats qu’il y a commis. La destruction des appartements de l’
aile du Nord et surtout des appartements princiers de l’aile du Midi avec les milliers de boiseries arrachees (et brulees ensuite par le Prussiens en 1870). Les cheminees arrachees. LP a saccage le chateau de Versailles que les equipes responsables tentent de remettre en etat de nos jours. Certains degats sont reparables a grand frais, d’autres sont irreversibles et ce n’est pas la galerie des Batailles qui nous consolera du massacre. Ce qui interesse aujourd’hui c’est le chateau habitation et non pas les enfilades sans ame comme celle qui occupe l’aile du Nord.
Padraig
22 décembre 2010 @ 10:18
francois
Tout est affaire de goût, mais que valait il mieux faire, laisser Versailles à l’abandon comme cela avait été le cas sous la Restauration ? Ou effectuer des modifications dans le goût de son époque par Louis-Philippe et redonner ainsi vie au Palais comme à chaque étape de notre histoire.
Sans ses interventions, comme la construction de la fameuse Galerie des Batailles qui a un rôle éminemment symbolique, en effet, nous n’aurions peut être plus le loisir d’en parler aujourd’hui.