C’est à la reconstitution de cette vie brève, hors norme et décisive que se livre ici Jean-Philippe Rey. S’étant précocement engagé contre l’autorité absolue du roi, d’abord aux côtés des parlements puis dans la défense des droits du tiers état, c’est parmi les premiers Jacobins qu’il émerge au sein des états généraux.
De gauche, mais royaliste, il s’impose comme une des voix les plus écoutées de l’Assemblée nationale constituante. Il met son sens politique au service de convictions affirmées : la Révolution doit accoucher d’une monarchie constitutionnelle, qui organiserait la séparation des pouvoirs et accompagnerait le nouvel ordre social.
Alors que l’Assemblée est sur le point de doter le royaume d’une constitution selon ses vœux, les événements de Varennes (juin 1791) accélèrent le cours de la Révolution.
Devenu moins influent à l’Assemblée, il choisit de conseiller en secret la reine Marie-Antoinette. Un choix qui lui sera fatal après la chute de la monarchie. La jeune République le condamne à comparaître devant le tribunal révolutionnaire. Qui le condamne à mort en 1793″. (merci à Marina)
« Antoine Barnave. le révolutionnaire royaliste », Jean-Philippe Rey, Passés/Composés, 2026, 310 p.
Bastide
26 octobre 2026 @ 07:50
De mémoire, même Robespierre est arrivé aux États Généraux en espérant qu’une monarchie constitutionnelle sur le modèle anglais serait possible.
Brimbelle
26 octobre 2026 @ 08:10
il fut surnommé « Le tigre » après avoir pratiquement cautionné l’assassinat par la foule de l’intendant général Foullon et de son gendre, ce qui le classa dans « l’extrême gauche » ce qui l’éloigne de Mounier, son ami avocat comme lui. C’était un brillant orateur, un des responsables du Serment du Jeu de Paume, et sa facilité oratoire lui acquit une grande popularité.
Il fut maire de Grenoble pendant quelques mois avant de devenir pendant quinze jours le président de l’Assemblée constituante.
Une phrase prononcée en 1790 « Le nègre ne peut croire qu’il est l’égal du blanc » fit basculer sa popularité auprès de nombreux patriotes. Il réussit même, le 24 septembre 1791, à faire abroger un décret qui accordait l’égalité de certains « hommes de couleur libres », ceux qui étaient propriétaire, l’égalité avec les blancs. Cette position fit partie de l’acte d’accusation qui le mena à l’échafaud en 1793.
Passiflore
26 octobre 2026 @ 09:18
Après l’arrestation de la famille royale à Varennes, le 22 juin 1791, elle fut reconduite à Paris par la Garde nationale. Barnave et deux autres députés de l’Assemblée furent choisis pour venir la raccompagner dans la capitale, partageant la même berline pendant 23 heures. Contrairement à l’impolitesse de Pétion, Barnave apparut comme un gentleman, engageant une conversation polie avec la sœur du roi, Madame Elisabeth, et avec Marie-Antoinette elle-même. La reine fut impressionnée par son éloquence. Cette rencontre fortuite allait donner lieu à une correspondance secrète entre Barnave et Marie-Antoinette. Ils s’écrivaient par le biais d’un intermédiaire, le chevalier de Jarjayes, Marie-Antoinette désignant Barnave par le code 2:1 (en référence aux deux premières lettres de son nom). Mais cette correspondance fut découverte et il fut arrêté. Pendant plus d’un an, il continua à écrire depuis sa cellule. Le 28 novembre 1793, il fut reconnu coupable de trahison, sur la base des lettres découvertes aux Tuileries, et guillotiné le lendemain.