Lorsqu’elle épouse, en 1874, le charismatique Lord Randolph Churchill, descendant de la prestigieuse lignée des ducs de Marlborough, Jennie Jerome n’a que vingt ans et séduit déjà Londres par son intelligence, sa beauté et sa modernité.
Rapidement, elle s’impose comme une actrice reconnue de la vie publique jusqu’aux cercles les plus fermés du pouvoir. Elle mène des campagnes électorales, prend la parole en public, fonde un magazine littéraire, soutient des œuvres humanitaires et participe aux grands événements de son époque, de la guerre des Boers à la Première Guerre mondiale.
Veuve à quarante-et-un ans, elle poursuit sans relâche ses engagements tout en veillant sur ses deux fils, Winston et Jack. Convaincue du destin hors du commun de son aîné, elle accompagne ses premiers pas politiques et nourrit son ambition avec une confiance et une énergie inébranlables ».
« Jennie. La femme qui a fait Churchill », Christine Oddo, Tallandier, 2026, 384 p.
Erato deux
14 août 2026 @ 06:10
Voilà de quoi agrémenter les lectures d’été. Je ne connais pas l’histoire de cette dame,mais le descriptif m’invite a découvrir celle qui semble être une femme remarquable d’intelligence et modernité.Merci pour l’information.
Marie-Caroline de Bretagne *
14 août 2026 @ 08:36
Lady Randolph Spencer-Churchill choqua à l’occasion de son remariage avec George Cornwallis-West qui était tout juste né quinze jours avant son fils aîné, Winston… Une quinzaine d’années plus tard, son divorce fit jaser et Jennie Churchill choqua encore davantage en épousant Montagu Phippen Porch, de trois ans le cadet de Winston ! Parmi ses amants supposés, outre le futur Edward VII et le roi Milan de Serbie.
Marie-Caroline de Bretagne*
15 août 2026 @ 12:33
Me suis perdue à la fin de ma dernière phrase… Je voulais écrire “outre le futur Edward VII et le roi Milan de Serbie, elle eut pour amants, le 8e Fürst Kinsky von Wchinitz und Tettau et le 7e vicomte Falmouth, père supposé du second fils de Jennie, John Strange Spencer-Churchill, père officiel de Clarissa Eden, comtesse d’Avon, épouse du Premier ministre Anthony Eden qui succéda à Winston Churchill à Downing Street.
L’épouse de John, lady Gwendoline Bertie, fille du 7e comte d’Abingdon, fut longtemps liée au politicien Harold Baker aujourd’hui reconnu comme père biologique de Clarissa…
May Plas
17 août 2026 @ 07:34
Chère Marie Caroline,
Merci pour ces informations. Si une contraception efficace et moderne avait existé à cette époque les lignées familiales auraient gagné en sérénité et perdu en maux de tête…
Mayg
15 août 2026 @ 13:37
Et bien, Elle a une une vie bien riche en rebondissements 😅
Loris
17 août 2026 @ 01:05
Vous appelez cela comme ça Mayg ? 😉😂😂
DEB
14 août 2026 @ 09:32
L’enfant qui suppliait sa mère de passer le voir dans son internat et qui venait très rarement.
Il paraît qu’ils étaient plus proches par la suite.
Menthe🌻🌻
15 août 2026 @ 15:38
Elle était occupée ailleurs !
Roxane
14 août 2026 @ 09:52
Livre tentant !
Robin des Bois
14 août 2026 @ 10:06
Ce n’est pas que je veuille casser l’ambiance mais j’ai eu il y a longtemps le meilleur livre sur Jenny Jérôme , épouse Churchill, qui en effet marqua son époque et montre que Jenny ne fut pas une dame patronnesse.. « The life of Lady Randolph Churchill. » en deux tomes, par Ralph G.Martin est très disert sur sa vie plutôt mouvementée. Son rôle dans la haute société et ses tribulations matrimoniales. C’était une femme. brillante et intelligente .Et très courtisée.
Elle eut des amants pendant son mariage dont le prince Kinski et le futur EdouardVII alors prince de Galles.
Veuve a 41 ans , elle se remaria deux fois avec des hommes plus jeunes, de 20 et 23 ans. Elle divorça du second mari, un homme de la bonne société, et epousa un haut fonctionnaire quand elle avait 64 ans et lui 41 ans. Un veuvage. Un divorce et …un veuf. La pauvre mourut a 67 ans d’une chute ds les escaliers. On dut l’amputer et cela s’infecta.
Ses soeurs pensaient que le second fils n’etait pas du mari Randolph, membre du Parlement. Mais Jenny eut une vie de chien avec lui . Il avait contracté la syphillis pendant ses études et développa un caractère querelleur et parfois violent . (Quand on voit son portrait on remarque qqch de fou dans les yeux.). La syphillis avait pu éloigner la femme de son mari .
Marie-Caroline de Bretagne*
15 août 2026 @ 12:44
Lord Randolph était un ‘cas’ ! Effectivement fortement soupçonné d’avoir contracté la syphilis dont l’une des conséquences était alors une progressive maladie mentale. Pensons à la fin de Guy de Maupassant…
L’une des théories du suicide de l’archiduc-héritier Rodolphe était qu’il était syphilitique et préféra mettre fin à ses jours avant d’être confronté aux séquelles de la maladie.
Marie-Caroline de Bretagne*
15 août 2026 @ 12:46
Le 7e vicomte Falmouth était probablement le père du second fils de Jennie.
Robin des Bois
18 août 2026 @ 13:49
C’est l’opinion des deux soeurs de Jenny.
Mayg
15 août 2026 @ 13:43
On va dire qu’à son époque, elle était à mi chemin entre Caroline de Monaco ( 3 mariages dont un divorce et un veuvage) et la comtesse Alexandra ex princesse du Danemark, pour ce qui est de son amour pour les hommes plus jeunes 😅
Caroline
14 août 2026 @ 11:08
Très intéressant !
Pas un livre sur son mari, une forte personnalité britannique ?
PATRICIA
14 août 2026 @ 11:10
Et qu’est devenu Jack, son deuxième fils ?
PATRICIA
14 août 2026 @ 11:11
Et qu’est devenu Jack, son second fils ?
Régine
15 août 2026 @ 09:10
Décédé en 1947 des suites d’une crise cardiaque
Passiflore
15 août 2026 @ 20:59
Son second fils ne s’appelait-il pas John ? La fille de John était mariée à Sir Anthony Eden.
DX
16 août 2026 @ 10:09
Exact Passiflore.
DX
16 août 2026 @ 10:09
Il se prénommait John.
Bellefleur
14 août 2026 @ 12:50
Comme quoi une américaine peut s’adapter à la societé aristocratique anglaise tout en gardant une liberté d’action pour se construire une vie humainement riche.
Serait-ce une question d’intelligence et d’échelle de valeur?
Mayg
15 août 2026 @ 13:45
Pour riche, sa vie a été riche surtout côté cœur…
Mais en matière de coucherie, les anglais n’ont rien à envier aux américains…
Marie-Caroline de Bretagne*
16 août 2026 @ 11:16
Ce fut tout aussi difficile pour Jennie Jerome de s’adapter à sa nouvelle vie au sein de l’aristocratie britannique que pour toute Américaine d’aujourd’hui, quel que soit son milieu d’origine.
Jennie fut l’une des premières Américaines épousées par des aristocrates ayant besoin d’argent. La plus célèbre étant Conduelo Vanderbilt, duchesse de Marlborough.
Le dernier roman de la merveilleuse Edith Wharton, Les Boucanières, évoque ces mariages.
Mirabelle
14 août 2026 @ 13:52
Je reviens d’un séjour d’un mois en Angleterre, et effectivement, Churchill reste une figure incontournable de l’histoire du 20 ème siècle pour son pays.
J’ai eu l’occasion de passer une journée complète à Bletchley park, c’est fascinant.
Une telle modernité dans le management de milliers de scientifiques et littéraires pour déchiffrer à l’échelle industrielle les codes de l’ennemi pour gagner la guerre….
Je me suis fait la réflexion que les modèles de management aujourd’hui appliqués dans nos entreprises sont l’exact opposé de ce qui a permis la victoire des équipes de Bletchley pour faire avancer l’armistice de deux ans…..
Passiflore
15 août 2026 @ 09:14
Mirabelle, j’ai, aussi, visité le centre de décryptage d’Enigma à Bletchley Park. Là se tenait la Government Code and Cypher School où furent déchiffrés durant la seconde guerre mondiale les codes de la machine à encrypter allemande Enigma par Alan Turing et son équipe (cf. film « Imitation game ») qui mit au point la « bombe », premier grand ordinateur et dont les travaux fondèrent ensuite l’informatique.
Notre guide était critique vis-à-vis du film sur Alan Turing, considérant qu’il aurait dû s’appeler « imaginating game ». Les 9.000 civils qui travaillaient dans ce manoir devaient obligatoirement habiter à l’extérieur. Dans ce grand bâtiment, au 1er étage se tenaient les services secrets et au rez-de-chaussée, les déchiffreurs de codes (référence : 16 lettres signifiant « prévisions météorologiques »).
Turing aurait dû être honoré comme un héros mais on découvrit son homosexualité, considérée alors comme « atteinte aux bonnes mœurs ». On lui proposa la prison ou la castration, puis il se suicida en croquant, paraît-il, une pomme empoisonnée d’où l’icône représentant la marque Apple. Il avait 41 ans.
Brimbelle
15 août 2026 @ 19:54
Merci Passiflore, l’histoire de Bletchley Park est passionnante. Ce sont au départ trois mathématiciens polonais qui dévoilent une technique brisant le chiffrement d’ Enigma. Alan Turing et les autres mathématiciens vont construire la Bombe, puis Colossus qui sont les ancêtres des ordinateurs. Alan Turing est considéré comme le père de l’informatique et on ne peut que s’attribuer face à la suite…
Toutes les personnes travaillant à Bletchley Park etaient tenues au secret absolu quant à leur travail, et certains en ont souffert, pouvant parfois être considéré s comme des « planqués » .
De nombreux livres, romancés ou non, ont traité de cet extraordinaire service secret.
Brimbelle
17 août 2026 @ 20:01
On ne peut que s’indigner , et non s’attribuer.
Mirabelle
15 août 2026 @ 21:41
Merci Passiflore de partager votre vécu sur cette visite et ces informations.
Nous y sommes restés 7h00 avec mon fils de 6 ans, passionné de l’histoire de la seconde guerre mondiale. J’ai vraiment été plongée dans l’époque. Je recherchais le non de la tante d’une amie, qui a travaillé aux côtés d’Alan Turing, au service de l’armée de l’air, et j’ai retrouvé sa trace. Elle avait toujours caché son activité à Bletchley park à sa famille. Elle ne l’a dis qu’après ses 80 ans.
Tant de secrets verrouillés après la guerre….
C’est une expérience formidable que de visiter le site. Il y a un podcast très complet sur Turing, sur l’application radio France Passiflore, si cela vous tente.
Caroline 2
16 août 2026 @ 12:49
7 h avec un enfant de 6 ans passionné par la seconde guerre mondiale ????
Mirabelle
17 août 2026 @ 13:39
Mais oui Caroline, c’était même la demande de mon fils. Il voulait absolument visiter ce site pour notre séjour en Angleterre ! Nous l’avons fait, et il en était été très content. Il a tout suivi avec attention.
Passiflore
16 août 2026 @ 19:42
Mirabelle, plus que passionnante votre recherche et qui a abouti ! J’ai commencé à écouter le podcast de Radio France, merci !
Catherine M.
16 août 2026 @ 07:49
En effet Alan Turing aurait dû être reconnu à hauteur de son génie. Aujourd’hui il est vénéré par les chercheurs en sciences de l’informatique.
Mayg
14 août 2026 @ 14:33
Intéressant.
D'Italie
14 août 2026 @ 14:36
Difficile de ne pas lire sans émotion les lettres poignantes du jeune Winston à sa mère dans lesquelles il se plaint de l’extrême rareté de ses visites, courriers qui demeuraient d’ailleurs le plus souvent sans réponse.
Passiflore
14 août 2026 @ 16:01
Jeanette Jerome (fille de Leonard Jerome), veuve de Randolph Spencer-Churchill, décédé en 1895 à 45 ans, s’est remariée le 28 juillet 1900, avec George Cornwallis-West dont elle a divorcé, en 1914, puis s’est mariée avec Montagu Phippen Porch, le 1er juin 1918.
Pendant la seconde guerre des Boers (1899-1902), Jennie Churchill mobilisa la société britannique et des fonds américains pour transformer le paquebot Maine en un hôpital flottant pour soigner les soldats britanniques blessés sur le front sud-africain. Elle a personnellement servi à bord en tant d’administratrice et infirmière.
Passiflore
16 août 2026 @ 09:09
Lors de la seconde guerre des Boers, Winston Churchill lui-même, correspondant de guerre pour le journal The Morning Post, est fait prisonnier le 15 novembre 1899, après l’attaque et le déraillement de son train blindé. Il est transféré dans un camp de prisonniers à Pretoria. Il réussit à s’enfuir au bout de quatre semaines. Sans papiers ni nourriture, il saute dans un train de marchandises et parvient en Afrique orientale portugaise (le Mozambique) après un très long parcours en terre ennemie. Le jeune Churchill devient, alors, un héros au Royaume-Uni.
DX
16 août 2026 @ 10:11
Elle est né Jennie…
Iankal21
14 août 2026 @ 16:19
Ça a l’air passionnant, ce livre !
Passiflore
15 août 2026 @ 08:59
Iankal121, j’avais ajouté quelques lignes à votre sujet Kensington parce que la comparaison entre les deux palais m’avait étonnée.
Iankal21
15 août 2026 @ 17:04
@Passiflore: Merci de me prévenir !
En fait les pièces où Mary a vécu à Kensington sont en train d’être réaménagées. Espérons que nombre de ses porcelaines notamment de Delft, seront exposées.
Évidemment une comparaison des deux Palais Het Loo et Kensington aurait approfondi le sujet.
Athena
14 août 2026 @ 17:00
Churchill en garde un autre souvenir : une mère, oui, mais pas maternelle pour un sou, plus préoccupée de ses mondanités et de ses charités que de ses enfants … Churchill lui a écrit des lettres déchirantes lorsqu’il était pensionnaire à même pas 10 ans, dans lesquelles il suppliait qu’on vienne le chercher. Il n’a eu aucune réponse. Il y a même eu une année de pensionnat au cours de laquelle il n’a vu ni sa mère, ni son père. Ce dernier est mort de la syphilis après avoir mené une vie de barreau de chaise … C’est cette enfance à la dure, presque maltraitante, qui l’a façonné.
Lapiequichante
14 août 2026 @ 18:54
Derrière tout grand homme, il y a une femme. Sa mère. Et éventuellement ensuite sa femme.
Bénédicte
15 août 2026 @ 10:28
Dans ce cas présent, sa mere était bien rarement derrière le pauvre Winston.
Une femme beaucoup plus sûre mère, triste pour les enfants.
Hellras
15 août 2026 @ 14:22
En l’occurrence c’est plutôt le « dévouement « de cette dernière, son épouse, qui lui permit de trouver le minimum de stabilité pour assurer son rôle extraordinaire pendant la 2e guerre et la victoire des alliés
Brimbelle
14 août 2026 @ 19:22
Ne pas oublier son épouse Clémentine, une femme très intelligente qui s’ occupa des cantines pour les ouvriers lors de la Première guerre mondiale et travailla pour la Croix Rouge lors de la Seconde.
Bénédicte
15 août 2026 @ 10:29
Oui heureusement que Winston rencontra Clémentine dont il était très épris.
DX
15 août 2026 @ 09:18
Elle aurait des ascendantes huguenotes.
Le nom Jérôme devint Jerome.
Robin des Bois
15 août 2026 @ 11:53
Tout à fait.