Gersende, Thérèse, Françoise, Dauphine, Roselyne, Marie, Josèphe de Sabran-Pontevès est née le 29 juillet 1942 au château d’Ansouis, dans le Vaucluse. Elle est la fille de Foulques de Sabran-Pontevès, 7ème duc de Sabran et de Roselyne Mancat-Amat, des ducs de Vallombrosa et d’Asinari. La Maison de Sabran qui remonte au début du XIe siècle appartient à la noblesse féodale du Languedoc. Gersende est une petite-nièce de Dauphine de Sabran, épouse du général-comte de Gondrecourt, lui même précepteur militaire du comte de Paris à partir de 1928. Gersende descend par sa mère de Madame de Tourzel, gouvernante des Enfants de France qui suivra la famille royale au Temple et de Jean Lannes, duc de Montebello, Maréchal d’Empire.
Gersende de Sabran-Pontevès a effectué ses études primaires à Paris, à l’Institution Méréci. Elle a pris ses premières leçons de piano à l’âge de 10 ans et a découvert sa vocation pour le piano à cette époque. La jeune fille était très proche de son grand-père maternel, le comte de Vallombrosa, un musicien de renom, organiste de Saint-Eustache à Paris. Conseillée par ce grand-père musicien, Gersende rentra au Conservatoire à l’âge de 14 ans dans la classe de Bernard Gavoty. La jeune fille a poursuivi des études musicales poussées et obtient deux prix de Conservatoire. Elle a donné son premier concert en 1963 et s’exerce au piano six heures par jour.En 1969, Gersende de Sabran-Pontevès a enregistré un disque consacré à l’oeuvre de Mozart.
Gersende rencontre le prince Jacques de France, un des fils du Comte de Paris, en 1968 au château d’Ansouis, lors d’une visite du Comte de Paris et du prince Jacques à la famille de Sabran. La jeune fille et le fils du Chef de la Maison de France tombent très vite amoureux l’un de l’autre et partent quelques jours plus tard ensemble au Portugal rejoindre la famille de France en vacances.
Les fiançailles sont célébrées au château d’Ansouis le 5 octobre 1968 et le prince Jacques reçoit le titre prestigieux de duc d’Orléans à cette occasion. Le 3 août 1969, le duc de Sabran, très malade, conduit sa fille Gersende à l’autel de la petite église romane d’Ansouis sous les vivats de la foule et de la famille réunies.
Gersende de Sabran-Pontevès, coiffée par Alexandre de Paris, porte une élégante guirlande de fleurs d’oranger dans les cheveux et une robe classique en patchwork à large ceinture de Saint-Laurent. Le prince et la princesse de Monaco, la reine Marie-José d’Italie, la comtesse de Barcelone, l’infante Pilar d’Espagne et bien d’autres membres du Gotha entourent les mariés durant ces trois jours de fête. Seule ombre au tableau les trois demoiselles d’honneur Catherine de Limburg-Stirum, Marie de France et Mathilde de Wurtemberg ont dû rester à Eu car elles avaient attrapé la coqueluche ainsi que tous leurs frères et cousins chez leur grand-mère la Comtesse de Paris quelques jours auparavant.
Après leur mariage, le duc et la duchesse d’Orléans s’installent à Paris, dans un appartement situé face aux Invalides. Le duc d’Orléans travaille dans une société immobilière et la duchesse d’Orléans continue à donner des concerts sous son nom de jeune fille.
La princesse Gersende met au monde une fille prénommée Diane en 1970 puis en 1972 Charles Louis et en 1974 Foulques.
Le duc et la duchesse d’Orléans mènent une vie mondaine intense et font partie du « Tout-Paris ». La duchesse d’Orleans et ses trois enfants passent les vacances d’été au château familial d’Ansouis et le prince Jacques les rejoint dès que possible. La duchesse d’Orléans est une princesse élégante, elle porte régulièrement des robes du soir réalisée par son amie la couturière Madame Grès.
La princesse Jacques de France a mis sa carrière de pianiste entre parenthèses lors des naissances de ses enfants et la reprend au début des années 1980. Gersende de Sabran, spécialiste de Mozart, a effectué des tournées de récital en Inde, au Japon et aux USA. Elle continue de donner des concerts en France jusqu’au début des années 1990. Elle joua en 1991 à Eu pour la famille de France réunie à l’occasion du 80eme anniversaire de la Comtesse de Paris.
La duchesse d’Orléans, ici au côté de la princesse de Kent, lors d’une cérémonie en l’honneur de Diane de Poitiers au château d’Anet, participe toujours à la vie parisienne et honore de sa présence les grandes soirées mondaines. La duchesse d’Orléans assiste régulièrement aussi à des concerts et à des festivals musicaux. Elle est présente à toutes les réunions de famille et événements de la Maison de France.
Le duc et la duchesse d’Orléans ont marié leurs deux aînés. La princesse Diane, épouse du vicomte Alexis de Noailles est maman de trois filles et le prince Charles-Louis, duc de Chartres est le père comblé de cinq enfants. Seul le prince Foulques titré comte d’Eu et duc d’Aumale par le Comte de Paris défunt est toujours célibataire.
La princesse Jacques de France cultive l’art d’être grand-mère et gâte ses huit petits-enfants. La duchesse d’Orléans, une princesse discrète, coquette, artiste et proche de ses enfants s’apprête à célébrer son 70 ème anniversaire en famille le 29 juillet prochain. (Merci à Charles – Copyright photos : Point de Vue, Brigitte & Christian, Valentin D., Getty images et Jour de France)











Danielle
7 juin 2012 @ 21:20
Merci à Charles pour ce portrait de famille.
Je me souviens très bien du reportage TV mais je ne juge pas car les affaires de famille doivent se régler dans l’intimité.
mimi
7 juin 2012 @ 21:30
je me souviens avoir vicité ce venerable chateau millenaire, avec pour guide la Duchesse de Sabran Ponteves en 1968et son petit chien…il faisait chaud, mon père était ennuyé d être en short….château surprenant avec beau point de vue..
photos de queen Mum, de Grace de Monaco etc…
Silvia
7 juin 2012 @ 22:18
Charles, vous nous donnez le nom de l’époux de la princesse Diane, mais vous ne précisez pas le nom de l’épouse du prince Charles Louis, duc de Chartres.
Comme vous le savez, il s’est marié avec Mlle Iléana Manos, une jeune roturière grecque. Elle est apparentée de loin avec Aspasia Manos, qui avait contractée un mariage non-dynaste (bien sûr) en secret avec le roi Alexandre de Grèce en 1919. Cela a causé un vrai scandale à l’époque.
Gérard
8 juin 2012 @ 09:20
la noblesse n’ayant jamais été reconnue en Grèce dans les temps modernes, ni même les titres, on peut dire que tous les Grecs sont hauturiers, à l’exception de la famille royale. Néanmoins la noblesse phanariote, à laquelle appartient la famille Manos, pour être officieuse n’en est pas moins respectée.
Silvia
8 juin 2012 @ 21:53
Je suis d’accord avec vous sur plusieurs points, Gérard, sauf qu’il n’y a pas une telle chose que « la noblesse phanariote », sauf dans l’imagination et selon les prétensions de certains. Les phanariotes appartenaient à la grande bourgeoisie cultivée de Constantinople:
http://en.wikipedia.org/wiki/Phanariotes
Ils étaient, sans doute, très respectés, mais il n’y a aucune question de noblesse. C’est la raison pour laquelle le mariage secret de Mlle Aspasia Manos avec le roi de Grèce en 1919 a causé un tel scandal… et je soupçonne que c’est aussi la raison pour laquelle notre Charles ne nous a pas donné le nom de l’épouse du prince Charles Louis. ;)
Silvia
8 juin 2012 @ 22:31
Il se peut qu’une certaine confusion existe parce qu’une ou deux familles qui sont devenues « phanariotes » (c’est à dire, qui ont habité le quartier Phanar de Constantinople, où le pouvoir économique et social des grecs se concentrait pendant l’Empire Ottoman) avaient des aïeuls nobles. Par exemple, les Palaiologues (Παλαιολόγος) étaient parmis ces familles, mais les Manos ne l’étaient pas. Ils descendent des fourreurs.
Il ne faut pas confondre les faits et l’histoire sociale. Le fait d’avoir habité le quartier Phanar et d’avoir acquis de l’argent et du pouvoir social dans les années de l’Empire Ottoman ne garantie pas qu’une famille ait une ascendance byzantine noble ou royale.
Gérard
10 juin 2012 @ 16:28
Les Manos étaient considérés comme nobles. Certes ils ont fait leurs débuts et leur fortune dans la fourrure mais celle-ci à Constantinople revêtait une importance considérable et leur valut les plus hautes fonctions et les plus flatteuses alliances. Ils protégèrent le Patriarcat et se dévouèrent pour la cause hellénique. La dévolution dynastique ne contenait pas de clause d’égalité de naissance mais si le mariage divisa la maison royale ce fut surtout en raison du difficile contexte familial et international. Néanmoins les Grecs furent fiers de cette princesse issue de leur sang.
luc
8 juin 2012 @ 13:16
La familla Manos appartient aux meilleurs familles de Gréce
JAusten
7 juin 2012 @ 23:23
Merci Charles.
Une belle princesse au nom illustre qui vivait autrefois dans un beau château.
beji
8 juin 2012 @ 16:11
Le château a( heureusement! )été acheté par une famille de Marseille,et non par quelque émir du golfe nouveau riche russe ou chinois.
Maigre consolation.
Concernant le château du duc de Castres,selon certains,ils se débarassait plutôt d’une charge;l’Académie le loue à la région ou a trouvé un arrangement avec elle.Je suppose que
« le Versailles du Languedoc » comme on appelle ce château qui a reçu le Reine -mère Elisabeth
était un cadeau empoisonné.
corentine
11 juin 2012 @ 10:25
Détrompez vous RN, Kalistéa a raison, beaucoup de français aiment les Orléans
mais qu’avez vous contre les Orleans, contre Charles, contre certains autres, contre ce site même ?
faites comme beaucoup : ne consultez que les articles qui vous plaisent
Fan_de_Chantilly
11 juin 2012 @ 20:21
Je suis un inconditionnnnnnel de cette princesse avec un si joli prénom. Inutile de revenir sur sa beauté de jeunesse et actuelle tout a été dit plus haut et dans ds sujets passés de ce site.
Trop discrète : juste aperçue une fois à la télé au début des années 90 dans une émission musicale entre 23 h et 1 h pour une remise des prix dans une robe jonquille… de princesse !
J’ignorais l’existence du vinyle « Mozart », une bonne idée de chasse au trésor. Les PdV ont été facile à trouver. Charles a oublié un beau portrait du premier semestre 89.
Son règlement d’héritage ne nous concerne en aucun cas.
Pour clôturer, merci beaucoup à Charles pour son article et à tous les intervenants au « débat ».
Kalistéa
14 juin 2012 @ 22:59
Lire ce tendancieux commentaire une fois suffisait largement, pourquoi donc le bisser?
Gérard
16 juin 2012 @ 23:26
Les interventions du Prince Jean sont pourtant nombreuses et pertinentes.
LANFRANCHI
23 juillet 2018 @ 18:22
Merci pour toutes ces informations. Mon père m’a donné le prénom de Gersende, en hommage à la duchesse d’Orléans qu’il avait vu en concert et qu’il avait trouvé magnifique. Je ne lui ressemble pas, mais je suis ravie de porter le prénom de cette artiste, de cette pianiste admirable. Gersende LANFRANCHI
LANFRANCHI
29 juillet 2018 @ 17:43
Très bon anniversaire,en musique avec Mozart, Gersende de Sabran !
Gersende LANFRANCHI
LE MIRE, Marc David
3 juillet 2019 @ 19:18
Je n’ai pas lu les commentaires précédents.
J’ai eu le bonheur d’être présenté à Leurs Altesse Royales Monsieur le Duc et Madame la Duchesse d’Orléans lors d’un récital du pianiste Rudolf Serkin au Théâtre des Champs Élysées à Paris, lorsqu’ils vinrent saluer la professeure de piano Germaine Mounier dans sa loge où elle m’avait invité. Je fus immédiatement charmé par la gentillesse de Madame la Duchesse.
Par la suite je l’ai croisée plusieurs fois, notamment aux obsèques de Madame Mounier, où comme toujours la distinction et la finesse naturelles de la Princesse Jacques de France se firent remarquer. Une dame délicieuse !
Stan
23 janvier 2024 @ 14:34
Je suis admiratif du parcours de Gersende de Sabran-Pontevès, duchesse d’Orléans, qui a su concilier sa passion pour la musique et son rôle au sein de la Maison de France. C’est une femme de caractère, de culture et de générosité, qui a épousé le prince Jacques de France par amour et qui a élevé ses cinq enfants dans le respect des traditions et des valeurs royales. J’ai apprécié de découvrir son histoire, sa famille et ses engagements à travers ce portrait très complet et documenté. Merci à Noblesse & Royautés pour ce bel hommage à une grande dame !