En novembre dernier, 95 princes et haut dignitaires saoudiens avaient été arrêtés dans le cadre de la mise en place d’une commission anti-corruption sur proposition du prince héritier Mohammed Ben Salmane. Depuis, tous sont privés de liberté et logés au Ritz Carlton de Riyad, qui a été réquisitionné pour l’occasion.
On apprend à présent qu’une proposition leur a été faite : verser une somme globale de 100 milliards de dollars, soit 15 % du PIB de l’Arabie-Saoudite en échange de l’abandon de la procédure judiciaire. Ce versement se fera en cash ou via transfert de biens immobiliers.
Le prince Alwaleed fait partie des princes mis aux arrêts. L’hôtel Ritz Carlton réouvrira ses portes à sa clientèle mi-février, ce qui donne à penser que les transactions sont sur le point de se conclure. ‘(Source : Le Figaro – Merci à Anne)

framboiz 07
26 janvier 2018 @ 08:24
J’imagine, que contrairement à la France, les gardiens ne font pas grève …
Cétéa
26 janvier 2018 @ 13:32
Nous devrions en prendre de la graine et l’appliquer à notre scandaleuse république bananière !!!
Pascal
26 janvier 2018 @ 17:22
Il est un fait que dans nos pays civilisés la justice , à mon sens , s’occupent trop de faire payer aux condamnés une prétendue dette envers la société dont ils enfreignent les lois et pas assez de dommages intérêts envers les victimes réelles.
Il me semble que le droit mérovingien se souciait d’avantage de dommages aux victimes que de punition.(y compris le fameux « Wergeld » )
Je ne suis pas certain que nous ayons gagné au change.
C’est pourquoi cette forme « d’arbitrage » ne me choque pas fondamentalement.
Mélusine
27 janvier 2018 @ 18:27
Pascal,
Le problème est que, dans notre pays, la plupart des condamnés sont insolvables ou se rendent insolvables. Pour eux, il n’y a que la prison et encore, pas toujours, quand on voit tous les multirécidivistes qui circulent librement.
Pascal
29 janvier 2018 @ 08:40
Je ne crois pas que le problème réside là seulement .
C’est une question d’état d’esprit des agents de l’Etat et notamment ceux de la Justice.
Pour une fois on pourrait peut être tirer profit de l’étude détaillée du système judiciaire des U.S.A. sans nécessairement l’adopter in extenso.
Et il y a aussi la question de l’ Habeas corpus.
Mélusine
29 janvier 2018 @ 21:23
Pascal,
C’est une idée à creuser, en effet, même si le système judiciaire américain est tellement différent du nôtre, qui montre parfois ses limites et a besoin d’être dépoussiéré. S’inspirer des éléments positifs pour les intégrer peu à peu, oui, pourquoi pas ? Gros travail en perspective pour les experts.
Gérard
26 janvier 2018 @ 17:34
Le premier prince à avoir été libéré le 28 novembre 2017 après avoir été arrêté le 4 novembre comme des environ 200 autres personnalités saoudiennes, le prince saoudien Metab ben Abdallah avait dû débourser un milliard de dollars contre sa libération du Ritz-Carlton de Riyad où il était enfermé avec des dizaines d’autres personnalités saoudiennes
Le prince Metab, 65 ans, était l’un des princes les plus puissants du royaume, troisième fils du précédent roi, Abdallah, mort en janvier 2015. Il était le ministre de la Garde nationale, force d’élite de 100 000 hommes, et lui-même est diplômé de l’Académie militaire britannique de Sandhurst et du King Khalid Military College. On le considérait comme le plus important des rivaux du prince héritier Mohammed ben Salmane (MBS) après l’éviction en juin du prince héritier précédent Mohammed ben Nayef. Il était le dernier membre de la famille de l’ancien roi à avoir une position influente après le limogeage de ses frères Mishaal et Turki de leurs postes de gouverneurs dès 2015.
Accusé de « détournement de fonds, d’emplois fictifs et d’accorder des contrats publics à ses propres sociétés », selon une source officielle saoudienne citée par l’agence Reuters, le prince Metab aurait notamment passé un contrat de 10 milliards de dollars d’achat de talkies-walkies et d’équipements pare-balles pour les forces de la Garde nationale qu’il dirigeait. De telles pratiques étaient jusque-là courantes en Arabie Saoudite, où les membres de la famille royale saoudienne profitent de leurs positions officielles pour grossir leur fortune personnelle. Bien plus que le milliard annoncé officiellement, des sources de l’opposition saoudienne citées par la presse arabe avancent le chiffre de 10 milliards de dollars cédés par le prince Metab au Trésor saoudien pour sa libération. Ses frères et sœurs auraient contribué à réunir les fonds en propriétés foncières et sociétés commerciales en Arabie Saoudite et à l’étranger.
Le prince Metab s’y connait en palaces puisqu’il a acheté en 2010 l’hôtel de Crillon à Paris pour 250 millions d’euros, qui lui a coûté 200 autres millions pour les nouveaux aménagements.
La possibilité que le prince vienne en France, où il a des intérêts, a été évoquée par des journaux arabes financés par le Qatar. Le quotidien Al-Quds al-Araby, publié à Londres, rapporte que son frère cadet Abdel-Aziz ben Abdallah, ancien vice-ministre des Affaires étrangères, se trouve déjà en France, où il aurait demandé l’asile politique. Le prince avait demandé à MBS, peu avant la purge anticorruption, l’autorisation de voyager pour se faire soigner et l’avait obtenue. En novembre en tous cas le prince avait rejoint son palais à Riyad. Était-il encore en résidence surveillée ?
Le prince Metab est apparu le 30 décembre 2017 au côté du prince héritier lors du festival annuel des courses de chevaux de Riyad, ce qui évidemment laisse penser à une réconciliation effective.
On peut dire aussi que ce prince avait considérablement réformé la Garde nationale avec efficacité au début des années 2010 et que c’est pour lui qu’a été créé en 2013 le ministère de la Garde nationale alors que jusqu’alors il en était le commandant en chef. Le prince est politiquement conservateur. Il est père de six enfants dont trois fils. L’aîné des fils, Abdallah, né en 1984, a participé deux fois aux Jeux olympiques en saut d’obstacles.
On disait aussi en novembre 2017 que trois autres personnalités arrêtées auraient signé un accord en vue de leur libération. À cette époque le prince héritier disait au New York Times : « 95% des personnes arrêtées ont accepté un règlement », et l’opération « liberté contre argent » devrait rapporter au total « environ 100 milliards de dollars » au Trésor saoudien, ce qui pouvait être utile pour financer les projets lancés par le nouveau maître du pays pour comme il l’avait promis en mai au président américain d’acheter pour 110 000 milliards de dollars d’armement américain.
Deux princes ont été libérés le 28 décembre après un accord financier.
beji
26 janvier 2018 @ 21:27
Je n’arrive pas à me faire une opinion au sujet de ce prince héritier;veut-il punir des gens malhonnêtes ou se débarrasser de gens qui le gênent ?
Mélusine
27 janvier 2018 @ 18:22
Les deux, beji !
Marie de Cessy
27 janvier 2018 @ 12:30
Ils ont de drôles de façon de régler leurs histoires en Arabie Saoudite…
Claude-Patricia
27 janvier 2018 @ 16:09
110 000…milliards d’armement, il ne peut pas acheter de quoi faire vivre son peuple???
Mélusine
27 janvier 2018 @ 18:22
Quoi qu’il en soit, avec un coup pareil, le prince héritier vient de se faire 95 « amis ». :)