Les amateurs de Belle Époque et d’histoire littéraire vont se réjouir. Les éditions du Passeur publient « Il faut que je me livre telle que je suis ! – Cahiers bleus, été 1919 », un volume inédit de la célèbre Liane de Pougy, dans une édition établie, présentée et annotée par Hervé Duchêne.

Courtisane mythique, vedette des Folies Bergère, romancière à succès, puis
princesse Ghika par mariage,
Liane de Pougy (1869-1950) fut l’une des personnalités les plus fascinantes de la Belle Époque.
Son existence romanesque l’a conduite des salons les plus brillants de Paris à une quête spirituelle qui marquera profondément la fin de sa vie.
Dans ces Cahiers bleus rédigés durant l’été 1919, alors qu’elle approche de la cinquantaine, Liane entreprend de raconter son quotidien et ses souvenirs à destination des lecteurs du futur.
Elle ouvre les portes de son pavillon de Saint-Germain-en-Laye et livre des confidences tantôt drôles, tantôt mélancoliques.
Au fil des pages apparaissent des figures majeures de la vie artistique et mondaine de l’époque : Natalie Clifford Barney, Max Jacob, Reynaldo Hahn et bien d’autres. La diariste évoque également la douleur jamais refermée causée par la mort de son fils, l’aviateur Marc Pourpe, disparu au début de la Première Guerre mondiale.
Ces notes, publiées ici pour la première fois dans leur intégralité, constituent un témoignage précieux sur le Paris intellectuel et mondain de l’après-guerre. On y découvre une femme libre, spirituelle, souvent ironique, qui observe avec une rare lucidité le monde qui l’entoure.
Paru au Passeur Éditeur, ce volume de 318 pages inaugure la publication des premiers Cahiers bleus et permet de redécouvrir une plume longtemps éclipsée par la légende de la grande courtisane. Un « must » pour les passionnés de la Belle Époque, des Années folles, de Natalie Barney ou des grandes figures féminines du Paris d’autrefois. (Merci à Bertrand Meyer)
Iankal21
16 juin 2026 @ 06:37
Bref…un trésor pour les amateurs.
Sincères remerciements à Bertrand Meyer et à Régine, bien sûr !
particule
16 juin 2026 @ 07:01
Ce livre est pour moi bienvenu. J’ai toujours été fasciné par ces « demi-mondaines » de la Belle Epoque et les folies des hommes qui se ruinaient pour elles …
Quel pouvoir ces femmes !
l'Alsacienne
16 juin 2026 @ 09:23
Particule,
Oui quel pouvoir ces femmes !
Elles se sont battues avec leurs armes.
Claude MARON
16 juin 2026 @ 11:41
Oui, mais certaines ont fini dans (presque) le caniveau. Je me souviens d’un reportage sur Cléo de Mérode (?) qui a perdu des fortunes au casino de Monte-Carlo et qui, ruinée, lui a demandé une pension, qu’elle a effectivement reçue. On la voyait, fin 40 ou début 50, déjà âgée, se promener à Monaco, comme une vénérable grand-mère. Mais quand on sait tout ce qu’elle a fait, l’image est cocasse…
Philomène
16 juin 2026 @ 12:31
Je rejoins particule. Le peu que j’en connaisse sur cette personne et sur Nathalie Barney, ces limites dans la tricherie et dans la franchise, les prises de risques, tout crie une intensité de vie hors du commun.
Perceval
17 juin 2026 @ 15:28
Particule, Je fais mien votre commentaire
Lunaforever
16 juin 2026 @ 07:11
Celui- là donne envie de le lire !
Menthe🌻🌻
16 juin 2026 @ 11:09
N’est-ce pas, finalement, ce qu’elle savait le mieux faire, se livrer – à des rois et princes de préférence – !
Caroline
16 juin 2026 @ 21:53
A acheter ce livre pour nos prochaines vacances d’été !
Marie-Caroline de Bretagne *
16 juin 2026 @ 08:21
Chaque écrit où il est question de Liane de Pougy livre un portrait plutôt attachant de la femme qu’était la belle courtisane née Anne-Marie Chassaigne. Quelle vie ! Éduquée au couvent de Sainte-Anne d’Auray, dans le Morbihan, mariée à 17 ans à un officier de marine, mère à 18 ans, divorcée deux ou trois ans plus tard, danseuse de cabaret et bientôt courtisane… Le quotidien fut probablement parfois nettement moins fascinant. Quelques années avant sa mort, elle était devenue Sœur Anne-Marie de la Pénitence…
Elisabeth-Louise
16 juin 2026 @ 08:33
Je vais le commander…..Merci Bertrand Meyer, j’ignorais tout de ces « Cahiers bleus » !
Jean Pierre
16 juin 2026 @ 08:54
Tout n’a donc pas été dit dans « Mes cahiers bleus », journal d’une femme un peu fatiguée par la vie et les désillusions qui vont avec.
Alix
16 juin 2026 @ 09:02
J’ai l’impression que l’on ne peut plus écrire certaines choses apparemment…. heureusement Natalie Barney reste une référence, pour certaines.
Passiflore
16 juin 2026 @ 09:05
Anne-Marie Chassaigne, qui se fit appeler Liane de Pougy, avait épousé en 2e noces, le 8 juin 1910, le prince Georges Ghika après avoir divorcé de l’officier de marine Armand Pourpe (dont elle eut un fils, Marc, aviateur, mort pour la France en 1914). Après la mort du prince Ghika, en 1945, elle se tourna vers la dévotion. Elle avait rencontré la mère supérieure de l’asile Saint Agnès à Saint Martin le Vinoux (Isère) et pris en charge cet institut, puis était devenue, le 14 août 1943, tertiaire de l’ordre Saint Dominique sous le nom de Sœur Anne-Marie de la Pénitence. Ses souvenirs, écrits entre juillet 1919 et janvier 1941, deviendront un livre ayant pour titre Mes cahiers bleus. En Janvier 1941, elle écrivait : « Ce livre va être remis au Père Rzewuski [son confesseur]. Tous les autres cahiers ont été déposés par mes soins chez les dominicains d’Estavayer (Canton de Fribourg en Suisse)». Le dépositaire du livre, selon les vœux de Liane de Pougy, le publiera en 1977 et en fera la préface. Morte à l’hôtel Carlton de Lausanne, elle est enterrée dans l’enclos de Sainte Agnès.
Kalistéa
16 juin 2026 @ 10:00
Liane de Pougy (pseudonyme d’apparence noble) était une courtisane atypique . Très belle mais peu sensuelle et très distante , elle recevait ai je lu dans une biographie , des hommages platoniques.
Menthe🌻🌻
17 juin 2026 @ 13:44
Croyez-vous !
Danielle
16 juin 2026 @ 12:55
Ce livre est tentant.
Mayg
16 juin 2026 @ 13:25
Intéressant.
Passiflore
16 juin 2026 @ 17:00
L’abbé Mugnier écrivait, le 30 mai 1922 : « Eté chez Mme de La Béraudière où j’ai fait connaissance de la princesse Ghika (…) Elle disait avoir été en Grèce, en Egypte, à Constantinople, promené son « chagrin d’aimer ». Elle racontait les coups qu’elle a reçus de son premier mari. Elle est d’une famille des environs de Rennes et d’une autre espagnole. Elle a été élevée à Sainte Anne d’Auray qu’elle aime beaucoup. Elle lit « L’Imitation » et le « Pater » de Sainte Thérèse : « Dieu est mon père ».
Framboiz 08
17 juin 2026 @ 00:07
Qui en hérita ?
Kalistéa
20 juin 2026 @ 09:59
Probablement l’ordre religieux dans lequel elle rentra , chère Framboiz 08 .
Robin des Bois
17 juin 2026 @ 08:57
« Il faut que je me livre telle que je suis » … faut voir. Telle qu’elle était, peut-être, mais après combien de billets de banque ?
Je ne connais pas sa vie. Il est possible que comme tant d’autres avant elle, elle versa dans la dévotion. Quand sa beauté la quitta.