Il fallait oser. Le plus populaire des stylos français, celui des trousses d’écoliers, des bureaux et des listes de courses, s’offre soudain des allures de courtisan. Une vraie révolution de palais !
Le château de Versailles et BIC ont imaginé quatre versions du mythique 4 Couleurs, chacune habillée d’un motif directement inspiré du palais ou de ses jardins.

Et bonne nouvelle : nul besoin d’avoir la cassette de Louis XIV pour se les offrir. Chaque stylo coûte 8 euros à la boutique du château. Soit 32 euros pour la collection complète.
BONY – Le plus Marie-Antoinette
C’est sans doute le plus précieux des quatre. Son décor est adapté d’un dessin à la gouache de 1786 attribué à Jean-François Bony, destiné aux broderies du lit et de la chambre de Marie-Antoinette.
Roses, lilas, plumes de paon : tout l’univers décoratif de la reine tient désormais dans la main. Le projet original, conservé à Versailles, avait été approuvé en mai 1786 par Thierry de Ville-d’Avray.
CABINET DORÉ – Pour écrire ses petits secrets
Fond blanc et arabesques dorées : celui-ci s’inspire du Cabinet doré de Marie-Antoinette, son boudoir privé à Versailles. La reine aimait notamment s’y retirer pour rédiger sa correspondance personnelle. Autrement dit, le stylo tout indiqué pour écrire une lettre confidentielle — ou, plus modestement, noter un potin qu’on ne souhaite surtout pas voir circuler à la Cour.
PARTERRE – Le Nôtre dans la poche
Ici, direction les jardins. Le décor reprend l’esprit des fameux parterres de broderie d’André Le Nôtre : buis taillés, arabesques et compositions géométriques conçus pour former, vus depuis le château, de véritables tapis de verdure. Le jardin à la française ramené aux dimensions d’un BIC : il fallait y penser.
TOPIAIRES – Versailles côté jardin
Le quatrième modèle rend hommage à l’art topiaire, ces buis et ces ifs sculptés en cônes, pyramides ou sphères qui structurent les jardins depuis le XVIIe siècle. Versailles indique que ses jardiniers entretiennent encore aujourd’hui plus de 700 topiaires. Une manière très chic de tailler ses phrases, à défaut de tailler les buis.
Les quatre conservent évidemment ce qui a fait la gloire du BIC 4 Couleurs : bleu, noir, rouge et vert, dans un stylo rétractable et rechargeable. Mais désormais, au moment de signer un chèque ou de corriger une épreuve, on peut hésiter entre Marie-Antoinette et Le Nôtre.
À 8 euros pièce, Versailles n’a probablement jamais été aussi accessible. (Merci à Bertrand Meyer)
ISA
5 octobre 2026 @ 05:17
Mettre Versailles à la sauce Bic, c’est comme écouter Vivaldi sur un répondeur téléphonique. C’est déprécier l’un sans anoblir l’autre…
Aline
5 octobre 2026 @ 06:27
Au bout de 3 lignes, je sature en lisant ce style ampoulé et prétentieux.
Roxane
5 octobre 2026 @ 10:09
Un style IA…
Louise.k
5 octobre 2026 @ 07:29
8€ ???? Trop cher pour moi, je les achète par 2 au supermarché, j’en ai toujours un dans ma trousse que je traîne depuis des dizaines d’années dans mon sac, mais jamais je ne paierai 8€ pour ce stylo
Merci tout de même à Bertrand Meyer de partager ses trouvailles avec nous
Claudia
5 octobre 2026 @ 07:30
Le prix n’est pas excessif, ils sont beaux ces stylos
Mini
5 octobre 2026 @ 07:35
Bonne idée ! Mais, le succès sera peut-être plus du côté des visiteurs étrangers que des français. Idée copiée sur nos voisins britanniques ??
Brimbelle
5 octobre 2026 @ 07:54
Un petit stylo français devenus grand, le BIC, dont la marque est presque un nom commun.
L’entreprise fondée en 1945 par Marcel Bich, franco-italien, prend le nom de BIC, fabrique des pièces pour stylos plume, porte-mine et de la papeterie. En 1949, l’achat du brevet du stylo bille fabriqué par un Hongrois lui permet de mettre au point le Bic cristal que nous connaissons.. Depuis, c’est le plus vendu : cent milliards dans le monde, et aujourd’hui, encore 4 000 par jour.
Le grand essor se fait en 1965, grâce à une directive de l’Éducation Nationale qui autorise l’ entrée du stylo bille dans les écoles, et c’est le « grand boom ».
Bic rachète des entreprises, s’étend un peu partout sur les continents, diversifie ses produits , briquets, rasoirs, avec toujours la couleur orange si repérable, planches à voile. Il y eut des échecs : les parfums, le Bic phone.
Le baron Bich aime le sport et devient un mécène, participe à la Coupe de l’America, finance une équipe de cyclisme professionnelle.
Quatre de ses onze enfants, nés de trois mariages, ont exercé des charges de haut niveau dans l’entreprise, mais depuis 2025, le directeur général n’est plus un memebre de la famille Bich. Et actuellement, le chiffre d’affaires est en baisse.
Passiflore
5 octobre 2026 @ 09:22
Brimbelle, je n’avais pas encore posté mon commentaire et je viens de lire le vôtre. Mais je le « maintiens », si vous le permettez.
Le baron Marcel Bich (titre accordé à son grand’père par Charles-Albert de Sardaigne), né en 1914 à Turin, d’un père ingénieur naturalisé français d’une Française Marie Muffat de Saint-Amour, avait commencé sa carrière dans une entreprise d’articles de bureau. A la Libération, un ancien collègue lui vend sa fabrique de stylos et, en 1953, Marcel Bich a sa première idée de génie : il lance la pointe Bic. Le Bic Cristal fait partie des collections permanentes du Museum of Modern Art) à New York et du Centre Pompidou à Paris.
Il avait aussi inventé le briquet jetable, en 1973, et le rasoir en 1976.
Passionné de voile, il fut le premier non-anglophone à participer à la Coupe de l’America, en 1970, qu’il fit à trois reprises sur son bateau « France ». Il fut, par ailleurs, le sponsor principal de l’équipe cycliste Bic-Hutchinson avec Anquetil et Ocana.
Il avait été pensionnaire au collège des dominicains Saint Elme d’Arcachon, à qui il offrit un voilier, en 1977.
ll avait fondé Bic Sport en 1979, qui fabriquait et commercialisait des planches à voile et en devint le premier fabricant mondial, avec 90.000 unités vendues par an. Bic Sport (devenue TAHE) fabrique des équipements de sport nautique et de glisse.
Marcel Bich avait associé à ses affaires la plupart de ses onze enfants, issus de trois mariages. Il est décédé en 1994. C’est son petit-fils Edouard Bich, qui assure la présidence du conseil d’administration de l’entreprise.
Gabrielle-Pnth
5 octobre 2026 @ 08:16
C’est original. 😀
Philomène
5 octobre 2026 @ 08:16
Et pour une pensée limpide et transparente il y a aussi le bic cristal 😉
Bénédicte
5 octobre 2026 @ 09:25
Et savez-vous pourquoi, il y avait une petite boule sur le dessus, transformée aujourd’hui par un cercle creux ?