
A Leyde, le roi Willem Alexander des Pays-Bas a reçu le livre sur l’histoire de la Maison d’Orange et les colonies de 1600 à 2025. Le souverain a commandé en 2022 une enquête de recherches indépendantes pilotée par le professeur Gert Oostindie.

A Leyde, le roi Willem Alexander des Pays-Bas a reçu le livre sur l’histoire de la Maison d’Orange et les colonies de 1600 à 2025. Le souverain a commandé en 2022 une enquête de recherches indépendantes pilotée par le professeur Gert Oostindie.
Greg van N
3 octobre 2026 @ 09:09
Le nom du professeur est au final très approprié pour l’étude !
Sigismond
3 octobre 2026 @ 09:29
Les Pays-Bas furent un grand pays colonisateur, il leur en reste quelques perles en Amérique, comme la moitié de Saint-Martin.
Jay
3 octobre 2026 @ 09:53
L’histoire c’est l’histoire, ras-le-bol de t’excuser pour le passé !!
Artagnan
3 octobre 2026 @ 11:25
Les Pays-Bas ont été une puissance coloniale pendant plus de quatre siècles. Durant cette période, la Maison d’Orange-Nassau a constitué la famille la plus influente du pays.
Jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale, la possession d’un empire colonial était perçue positivement. Elle renforçait la puissance et l’économie de l’État tout en conférant du prestige à la dynastie royale.
L’étude a conclu que les stathouders et les rois de la Maison d’Orange-Nassau — jusqu’à la reine Wilhelmine incluse — considéraient le colonialisme comme un fait tout à fait naturel et allant de soi. Ce point de vue était partagé par l’Église, le Gouvernement, le Parlement, les forces armées, l’appareil d’État dans son ensemble et les principaux acteurs économiques.
Ce n’est qu’à partir du règne de la reine Juliana (1948-1980) que les mentalités concernant les colonies ont commencé à évoluer.
Le roi Willem-Alexander a lui-même commandé cette étude et l’a financée à hauteur de 1,6 million d’euros sur ses fonds propres. Il a pleinement accepté les conclusions sans équivoque selon lesquelles les stathouders et les rois avaient tiré profit du colonialisme, de l’esclavage et de l’exploitation.
La commission a estimé que la Maison d’Orange-Nassau avait engrangé environ 500 millions d’euros ; cette somme ne provenait toutefois pas de la traite esclavage, mais des dividendes versés par la Compagnie néerlandaise des Indes orientales (VOC).
Lors de l’invasion par les troupes napoléoniennes en 1795, la quasi-totalité des biens de la Maison d’Orange-Nassau fut confisquée. De nombreux trésors sont aujourd’hui conservés dans des collections françaises. Le stathouder, le prince Guillaume V d’Orange-Nassau quitta les Pays-Bas en 1795, totalement ruiné.
Iris Iris
4 octobre 2026 @ 09:02
Très très intéressant, Artagnan. Je me suis demandé ce qui pouvait être l’ équivalent du stathouder dans les Pays-Bas du Sud: le gouverneur, peut-être? Ces deux fonctions avaient-elles la même importance?
Artagnan
4 octobre 2026 @ 09:52
Le stathouder était le représentant du Duc de Bourgogne (comprenez : le Roi d’Espagne) dans les Pays-Bas, correspondant à l’actuel Benelux.
Après que les provinces du nord des Pays-Bas eurent rejeté l’autorité du Roi d’Espagne, les États-Généraux assumèrent de fait la fonction de Chef de l’État.
Les princes de la Maison d’Orange-Nassau continuèrent d’exercer la charge de stathouder. Cette fonction suprême fut même déclarée héréditaire à deux reprises par les États-Généraux….
Grâce à une politique matrimoniale habile — et compte tenu du fait que les États-Généraux constituaient une entité aux contours flous (une assemblée), tandis que les stathouders étaient des figures bien identifiées issues de la famille la plus illustre du pays — ces derniers en vinrent progressivement à être considérés comme les égaux des monarques européens.
La distinction entre un stathouder héréditaire aux Pays-Bas et un monarque souverain ailleurs en Europe devint quasi imperceptible, en particulier lorsque le stathouder en Pays-Bas était simultanément Roi d’Angleterre, d’Écosse et d’Irlande (Guillaume III de Orange-Nassau)…
Iris Iris
5 octobre 2026 @ 11:27
Merci pour vos précisions, Artagnan.
Framboiz 08
4 octobre 2026 @ 23:01
Mais,comment ont ils refait leur fortune en 1 siècle et demi ?
Catherine
3 octobre 2026 @ 12:42
Choix sans doute du au wokisme ambiant de l’époque, mais, pourvu que ce soit réellement une recherche indépendante, initiative à suivre.
Passiflore
3 octobre 2026 @ 22:38
A propos de la Maison d’Orange et bien qu’elle ne fut pas une colonie, on peut rappeler que la Principauté d’Orange (dans l’actuel département du Vaucluse) devint, au XVIe siècle, la propriété de la Maison de Nassau, donnant naissance au titre de « Prince d’Orange ». En 1620, Maurice de Nassau entreprit de vastes travaux de fortifications de la ville d’Orange et du château. Louis XIV, en lutte avec Guillaume III de Nassau, stathouder des Provinces-Unies et futur roi d’Angleterre, ordonna la destruction du château, qui sera définitive, en 1673. La ville devint française au Traité d’Utrecht, en 1713.
La reine Juliana des Pays-Bas, accompagnée de sa fille, Beatrix (14 ans), a planté un chêne, en 1952, sur la Colline Saint-Eutrope à l’emplacement de l’ancien château des princes d’Orange. Une route des « Princes d’Orange » y mène.
Jean Pierre
4 octobre 2026 @ 09:03
Les troupes japonaises furent accueillies en libératrices par les habitants des iles indonésiennes, car elles les débarrassaient de l’oppression néerlandaise et de la colonisation forcenée et répressive (avec il faut bien le dire la complicité des familles royales et princières locales). Ils ont vite déchanter.