Décès à l’âge de 92 ans à son domicile de Neuilly-sur-Seine de l’académicien, écrivain, acteur et chroniqueur Jean d’Ormesson. C’est en 1925 à Paris que Jean, Bruno, Wladimir, François de Paule Lefebvre d’Ormesson vit le jour. Son père André d’Ormesson appartenant à la noblesse, fut ambassadeur. Sa mère était Marie Henriette Anisson du Perron. Jean d’Ormesson a grandi au château de Saint-Fargeau. Il était membre de l’Académie française depuis 1973 et en était actuellement le doyen. (Merci à Gibbs)

villers
10 décembre 2017 @ 00:30
c’est en voyant le cercueil, recouvert des trois couleurs, emporté par les gardes républicains que l’immense détresse m’est venue. Là l’évidence nous sautait aux yeux: jean d’Ormesson quittait définitivement ce monde ne nous laissant que son œuvre.. C’est beaucoup, merci Monsieur. Mais votre voix ne viendra plus bercer nos nostalgies. Vos merveilleux yeux bleus ne viendront plus ponctuer vos bons mots de cet éclair de malice qui entrainait notre adhésion pourtant déjà toute acquise. Nous guetterons la sortie de vos ultimes ouvrages. Je suis déjà bouleversé à l’avance en pensant qu’en refermant cet « Hosanna sans fin » il ne nous restera plus rien de nouveau à attendre de vous. Votre style qui est d’abord un sommet de l’élégance française restera. Il suffira de lire à voix haute vos si belles pages pour croire vous entendre toujours. Votre message plus encore demeurera ancré en moi tel que je l’ai synthétisé en cette formule que je veux qu’on dise pour moi lorsque viendra mon tour: Au très Saint Nom de l’Espérance et au plaisir de Dieu.
Enfin, je suis un peu peiné que si peu aient fait allusion à cette sorte de prémonition qui vous faisait mettre votre propre mort en scène à l’entame de « la douane de mer ». Ce premier paragraphe résonne un peu modifié en moi: le 5 décembre, un peu avant l’aube, il lui est arrivé quelque chose que je n’oublierai plus: Jean d’Ormesson est mort. La vie est injuste. La mort aussi. Il a eu de la chance. Tout s’est passé très vite. Le cœur a lâché. Il aurait pu se blesser. Pas du tout. Il est tombé d’un seul coup, sans la moindre égratignure. J’aurais aimé pour lui que ce soit dans les bras de Marie, devant la douane de mer d’où la vue est si belle sur le palais des Doges et sur le haut campanile de San Giorgio Maggiore. Il avait essayé plus d’une fois de donner à un de ses livres le titre de « la douane de mer ». On fait parfois ce qu’on veut. La douane de mer s’était glissée dans sa vie et son oeuvre. Aujourd’hui elle est entrée dans sa mort, dans sa postérité, dans sa légende.