Près d’un siècle après sa parution, « Le Livre de ma vie » retrouve une nouvelle jeunesse grâce à cette élégante édition de poche publiée par Omnia.
Ultime ouvrage de l’une des plus grandes voix de la littérature française, ce texte inclassable est bien davantage qu’une autobiographie : c’est le portrait sensible d’une femme exceptionnelle, d’une poétesse au sommet de son art qui se retourne, avec une émotion intacte, sur les paysages enchantés de son enfance, ses premières découvertes et la naissance de sa vocation littéraire.
Paru quelques mois avant la disparition d’Anna de Noailles en 1933, ce récit demeure inachevé, mais il n’en possède que davantage de force. Des rives du Danube et du Bosphore aux bords du Léman, des salons parisiens aux rêves de la jeune « petite Assyrienne » célébrée par Anatole France, la comtesse fait revivre un univers disparu avec une langue d’une richesse et d’une musicalité incomparables.
Cette édition Omnia restitue toute la modernité d’une écrivaine admirée par Marcel Proust, Colette, Paul Valéry ou encore Maurice Barrès. Elle permet de redécouvrir une œuvre où l’intime se mêle constamment à la poésie, dans une célébration lumineuse de la nature, de la mémoire et de la vie. Viva Anna !
« Le Livre de ma vie », Anna de Noailles, Omnia, 2026, 253 pages,12 €
D'Italie
30 juin 2026 @ 03:37
« Du reste, c’est simple, si Dieu existe, je serais la première à en être avertie ! » expliquait Anne de Noailles ainsi que le relatait, en autres, Jean Cocteau.
Ludovina
30 juin 2026 @ 09:27
Anna-Elisabeth Bibesco-Bassaraba de Brancovan (1876-1933) a épousé Mathieu de Noailles, marquis de Noailles (1873-1942), elle était sa 1ère épouse.
Son mari s’est uni en secondes noces avec sa nièce Yolande de Noailles (1896-1976), fille de son frère Adrien (1869-1953).
La soeur d’Anna, Hélène (1878-1929), était la 1ère épouse d’Alexandre de Riquet de Caraman-Chimay (1873-1951).
Le père d’Alexandre Joseph (1836-1892) était le frère de Valentine (1839-1914).
George Valentin (1880-1941), prince Bibesco, fils de Valentine, était le conjoint de la femme de lettres Martha Lucia Lahovary (1886-1973), princesse Marthe Bibesco.
Mayg
30 juin 2026 @ 15:53
Son mari a épousé en seconde noces sa nièce ? 🤢
Passiflore
1 juillet 2026 @ 11:47
Mayg, c’était courant dans certaines « grandes familles », Pereire, Rothshild, etc.
Ludovina
1 juillet 2026 @ 12:35
A l’instar d’Amadeo I di Savoia, rey de España (1845-1890) qui a épousé en secondes noces sa nièce Marie Laetitia Eugenie Catherine Adelaïde Bonaparte, princesse Napoléon (1866-1926), fille de sa sœur Clotilde, principessa di Savoia (1843-1911).
Caroline
30 juin 2026 @ 22:28
Ludovina
Merci pour votre commentaire intéressant !
Kardaillac
30 juin 2026 @ 09:29
Son cœur a été déposé dans un jardin d’Amphion au bord du lac Leman.
Parmi ses admirateurs figurait Charles Maurras, helléniste comme elle.
Antoine1
30 juin 2026 @ 10:50
Le coeur d’Anna de Noailles fut, dans un premier temps, inhumé dans le couvent des clarisses de Publier. Il se trouve aujourd’hui au cimetière de Publier.
Passiflore
30 juin 2026 @ 14:34
« Pousse la porte en bois du couvent des Clarisses,
C’est un balsamique relais,
La chapelle se baigne aux liquides délices
De vitraux bleus et violets.
Peut-être a-t-on mis là, comme je le souhaite,
Mon cœur qui doit tout à ces lieux,
A ces rives, ces prés, ces azurs qui m’ont faite
Une humaine pareille aux dieux.
S’il ne repose pas dans la blanche chapelle,
Il est sur le coteau charmant
Qu’ombragent les noyers penchants de Neuvecelle,
Demain montez y lentement. (« Forces éternelles », 1920)
Déjà, en 1913, elle écrivait : « J’ai, pendant mon enfance et mon adolescence, parcouru cette route avec un plaisir si fort qu’il me semble avoir failli mourir de la joie de vivre ».
Et François Broche, auteur de « Anna de Noailles : Un mystère en pleine lumière » (Laffont, 1989), précise : Le dimanche, la famille Brancovan se rendait à la chapelle du couvent des Clarisses de Publier, à quelques kilomètres d’Amphion. Anna était vivement émue par les statues « innocentes, violentes » de sainte Colette et sainte Claire, par le crucifix, symboles d’épisodes à jamais tragiques. Elle accomplissait ses dévotions scrupuleusement ; elle possédait, à n’en pas douter, le sens religieux, mais cette disposition de l’âme devait probablement tout au décorum, à la poignante atmosphère du lieu ».Déjà, en 1913, elle écrivait : « J’ai, pendant mon enfance et mon adolescence, parcouru cette route avec un plaisir si fort qu’il me semble avoir failli mourir de la joie de vivre ». Et François Broche, auteur de « Anna de Noailles : Un mystère en pleine lumière » (Laffont, 1989), précise : Le dimanche, la famille Brancovan se rendait à la chapelle du couvent des Clarisses de Publier, à quelques kilomètres d’Amphion. Anna était vivement émue par les statues « innocentes, violentes » de sainte Colette et sainte Claire, par le crucifix, symboles d’épisodes à jamais tragiques. Elle accomplissait ses dévotions scrupuleusement ; elle possédait, à n’en pas douter, le sens religieux, mais cette disposition de l’âme devait probablement tout au décorum, à la poignante atmosphère du lieu ».
Kalistéa
30 juin 2026 @ 10:45
J’en connais un qui doit être content c’est Alexandre D’oriano , fondateur des « Amis d’Anna de Noailles »… coucou , Alex !
Antoine1
30 juin 2026 @ 11:11
Anna de Noailles est une immense poétesse injustement oubliée. Dès l’école primaire, où l’on apprenait alors maintes de ses poésies, j’ai été fasciné par son style (et celui d’Albert Samain, aussi oublié qu’elle). En 1931, elle sera la première femme commandeur de la Légion d’Honneur. Ses funérailles à La Madeleine, en 1933, réunirent dix mille personnes. Elle fut accompagnée durant sa maladie par l’abbé Mugnier à qui l’on doit ce mot fameux qui peint son âme d’élite : « elle m’a dit des choses si belles que j’ai risqué l’absolution »… Il ne parlait pas, me semble t-il, d’Anna de Noailes, peut-être de la princesse Bibesco. Certes, Anna de Noailles s’aimait beaucoup. Il fallait qu’elle soit partout la plus brillante, la plus entourée, la plus courtisée (alors qu’elle n’était pas une grande amoureuse). Mais quel talent ! On pardonne beaucoup au génie. Son corps repose dans la chapelle des Brancovan, au cimetière de Père-Lachaise. Ses détracteurs disaient qu’on aurait dû y déposer une plaque avec l’inscription : » je n’étais pas faite pour être morte »…
Sa biographie de référence est celle de François Broche parue chez Laffont en 1989.
Kalistéa
1 juillet 2026 @ 10:32
Tout à fait de votre avis Antoine 1.
Albert Samain m’emmène encore souvent sur son « chariot d’or » , mais j’y suis seule.
Passiflore
30 juin 2026 @ 13:07
Anna de Noailles décrivait ainsi sa mère, Raluka (ou Rachel) Musurus, fille de Constantin Musurus, et mariée à Grégoire Bibescu : « La beauté de ma mère, son radieux talent de musicienne était le trésor et la foi inébranlable de notre famille. Nous eussions douté de la clarté du jour, mais non de la valeur attachée à la pureté d’un front que prolonge la ligne impeccable d’un nez fin et droit. Nous la contemplions aussi avec ferveur quand elle s’approchait du piano. »
Le grand’père maternel d’Anna de Noailles, Constantin Musurus (1807-1891) avait été Ambassadeur de la Sublime Porte à Athènes (1848-1851), Vienne (1848-1851), Londres (1851-1879). Il était marié à Ana Vogoridi, ou Vogondis (1814-1867) qui mourut au cours de la réception offerte, à Londres, par son époux à la reine Victoria et au Sultan Abdul-Aziz, en 1867. C’est lors de cette visite du sultan à Londres, qu’il avait reçu le titre de pacha.
aubépine
30 juin 2026 @ 15:45
Je croyais qu’elle reposait au Père Lachaise .
Antoine1
1 juillet 2026 @ 10:43
C’est bien le cas, Aubépine, pour son corps, dans la chapelle BRANCOVAN. Je crois que la princesse BIBESCO y repose aussi. Les deux cousines s’appréciaient peu et furent en rivalité leur vie entière.
Comme je l’ai écris plus haut, le coeur a été transporté à Publier. C’était son souhait. Comme le dit si bien Passiflore, ce n’était pas une mystique ni une grande catholique car trop panthéiste et naturaliste. Mais la splendeur de la liturgie catholique d’alors la transcendait et elle avait gardé un souvenir ébloui des offices dans la chapelle des Clarisses de Publier.
salome
30 juin 2026 @ 18:19
Elle a une plume élégante, mais assez classique en dépit du côté extravagant du personnage. Elle est morte sans comprendre de quoi, considérant qu’aucun organe en particulier n’était défaillant. On penche actuellement pour une tumeur au cerveau non détectée.
Kalistéa
2 juillet 2026 @ 09:30
Et il ne faut pas oublier son amant Edmond Rostand ,avec lequel elle vécut dit on à Arnaga en ménage à quatre avec le comte de Noailles et Rosemonde Gérard !
(« ça s’appelle des commérages » ..)
Passiflore
2 juillet 2026 @ 18:57
Le diplomate Roland de Margerie, neveu d’Edmond Rostand, écrivait dans la « Revue des Deux Mondes : « Je fis la connaissance de Mme de Noailles un soir de juillet 1914 ; mon père était à Saint-Pétersbourg avec le président Poincaré, ma mère donnait un dîner auquel elle assistait avec, entre autres, Edmond Rostand, le comte Primoli et Boni de Castellane ; je passais pendant l’après-midi l’oral de mon baccalauréat. On m’avait dit : « Si tu es reçu, tu dîneras avec nous ; si tu es refusé, tu resteras dans ta chambre à cacher ta honte. » Reçu, je vins. Mme de Noailles, qui était très sensible à l’admiration de la jeunesse, s’empara de moi après le dîner et voulut bien signer les exemplaires de ses œuvres que je possédais. E n même temps, elle m’interrogeait sur mes goûts, et le dialogue passa dans ses dédicaces (…). Telle fut ma première rencontre avec cette femme de génie que je devais retrouver bien souvent dans la suite.
Ces dîners devaient être fascinants !
Kalistéa
3 juillet 2026 @ 17:26
Certes Passiflore . Cela me fait penser à mr le ministre Debré qui disait dans un bavardage de TV , que son professeur de français au lycée était fou d’André Malraux . Or celui ci était souvent invité chez les parents Debré(Michel Debré) . le jeune homme montre à Malraux son dernier sujet de littérature. Malraux lui dit: « prends un stylo , je vais te dicter . ».. et il lui fait son devoir. Copie rendue, le prof du jeune Debré lui dit que son charabia qui dit tout et n’importe quoi , vaut zéro … le jeune Debré dit ; « monsieur j’avoue qu’on me l’a fait ; c’est André Malraux ! »