“Madame de Fleurville était la mère de deux petites filles, bonnes, gentilles, aimables, et qui avaient l’une pour l’autre le plus tendre attachement. On voit souvent des frères et des soeurs se quereller, se contredire et venir se plaindre à leurs parents après s’être disputés de manière qu’il soit impossible de démêler de quel côté vient le premier tort. Jamais on n’entendait une discussion entre Camille et Madeleine. Tantôt l’une, tantôt l’autre cédait au désir exprimé par sa soeur.” Ci-dessus, la couverture de l’édition Hachette.
Camille et Madeleine de Malaret
Ainsi commence “Les Petites Filles Modèles”, second ouvrage de la comtesse de Ségur, née Rostopchine, paru en en 1858.
Camille et Madeleine de Fleurville sont dans la vie Camille et Madeleine Martin d’Ayguevives de Malaret, les petites-filles de l’auteur, filles aînées du baron Paul Martin d’Ayguevives de Malaret, diplomate de carrière et de Nathalie de Ségur.
Les petites filles modèles ont bien existé et si leurs sages aventures ont séduit des millions de lecteurs de par le monde, avec celles de leurs amies Sophie de Réan et Marguerite de Rosbourg, c’est grâce au talent de leur impétueuse grand-mère.
La comtesse de Ségur – O.Kiprensky (Musée Carnavalet – Paris)
La comtesse de Ségur, Sophie Rostopchine, n’était pas une petite fille modèle, loin de là. Fille du comte Fiodor Rostopchine, gouverneur de Moscou, auteur présumé de l’incendie de la ville en 1812 et de la comtesse Catherine Protassova, elle est élevée par une armée de domestiques dans un gigantesque domaine, un château immense au milieu de 45000 hectares de terres et de bois, Voronovo. Elle est la favorite de son père, aussi fantasque que riche, et enfant fort peu aimée de sa mère aussi fantasque que fanatique dans son catholicisme. Et Sophie accumule les bêtises pour lesquelles elle reçoit des punitions parfois méritée.
Comte Rostopchine par O. Kiprensky (Galerie Tetriakov à Moscou)
Catherine Protassova, comtesse Rostopchine par O. Kiprensky (Galerie Tetriakov à Moscou)
L’exil en France de la famille en 1817 de ce descendant supposé de Gengis Khan marquera la vie de la jeune Sophie. En 1819, à peine âgée de 20 ans, Sophie est mariée au comte Eugène de Ségur, issu d’une des plus vieilles familles de la noblesse d’épée, les Ségur, et de la noblesse de robe, les d’Aguesseau.
Ce mariage arrangé n’apportera pas le bonheur à Sophie car Eugène de Ségur est dépensier et volage. Mais il lui apportera en cadeau de noces, le château des Nouettes, offert par son père, en plus de la dot confortable confiée aux bons soins d’un banquier véreux et qui finit par disparaître. Sophie avait été épousée pour l’argent de son père. Elle eut à en souffrir toute sa vie car lorsque l’argent disparut, le Faubourg Saint-Germain ne se souvint plus que de l’excentricité du comte Rostopchine, excentricité que partageait Sophie.
Le château des Nouettes, dessiné par Gaston de Ségur
Mais il lui restait les Nouettes, un domaine de 72 hectares de prés et de bois, au milieu desquels se trouve un joli château de la fin du XVIIIe, une ferme, un moulin. Le tout a été payé 100 000 francs. Après ses enfants, il sera le grand amour de la comtesse de Ségur qui y vécut de 1822 à 1872. Il est avec les petites filles modèles l’autre héros de la trilogie de Fleurville ( “Les malheurs de Sophie” – “Les petites filles modèles” et “Les vacances”), ainsi que de bien d’autres romans écrits par la comtesse, mettant en scène la noblesse en province sous le Second Empire et toutes les couches de la société qui gravitent autour d’elle.
La comtesse de Ségur y élèvera sept de ses huit enfants : Gaston, né en 1820, Anatole en 1823, Edgar en 1825, Nathalie en 1827, Sabine et Henriette jumelles nées en 1829 et Olga née en 1835.
Les Ségur sont une famille légitimiste mais qui a su trouver sa place également à la cour de Louis-Philippe, comme à celles de Napoléon Ier et III.
Le 14 novembre 1846, la fille aînée d’Eugène et de Sophie, Nathalie, épouse un ami de pension de son frère Gaston, le baron Paul Martin d’Ayguevives de Malaret.
Les Martin d’Ayguevives sont une famille de la noblesse parlementaire et terrienne du comté de Toulouse possédant des centaines d’hectares en Lauragais, des seigneuries dont Ayguesvives, Corronsac, Pouze, Montgiscard, Garrevaques. Ils sont également hauts fonctionnaires, membres du Parlement de Toulouse, diplomates ; propriétaires de plusieurs châteaux (Ayguesvives, Fonbeauzard), deux hôtels à Toulouse.
Le père de Paul est Paul Alphonse Martin marquis d’Ayguesvives (1796-1831), procureur général de la Cour d’Appel de Toulouse. Sa mère est Camille de Malaret (1798-1882) fille d’une autre famille puissante de la noblesse parlementaire toulousaine. De ce côté également, on possède des centaines d’hectares de terre. Joseph François Madeleine de Malaret, grand père maternel des Petites Filles Modèles, fut aussi maire de Toulouse (1811-1815), possédait le château de Verfeil et l’hôtel d’Hautpoul à Toulouse.
Château d’Ayguesvives près de Toulouse
Paul a accepté, à la demande de son grand-père maternel qui n’avait pas eu de fils, de relever le nom de Malaret et devint ainsi le baron de Malaret par ordonnance royale du 6 septembre 1842, reprise par un jugement du Tribunal de Première Instance de Toulouse en date du 16 août 1844. Il sera connu désormais comme le baron Paul de Malaret. Le frère aîné de Paul est Albert, marquis d’Ayguevives.
Camille de Malaret naît à Rome le 28 février 1848 et Madeleine de Malaret, à Toulouse le 29 novembre 1849. Camille est la première des petites-filles de la comtesse de Ségur. Elle fut aussi sa préférée.
Camille et Madeleine naissent sous les meilleurs auspices. Elles appartiennent à des familles, tant du côté paternel que du côté maternel, riches, puissantes et bien en cour. Paul et Nathalie de Malaret ont toute leur place aux Tuileries, auprès de l’empereur et de l’impératrice. Paul est considéré comme un diplomate de talent et en 1853. Il sera successivement attaché surnuméraire à Rome (1846). En 1856, Paul de Malaret est nommé premier secrétaire à l’ambassade de France à Londres. Il s’y installe avec sa famille. Il sera ensuite ministre plénipotentiaire à Brunswick et Hanovre (1862), puis ministre plénipotentiaire à Turin en 1865 et à Florence en 1866, les deux villes tant successivement capitales du nouveau royaume d’Italie
Almanach Impérial – Année 1853
Nathalie occupera le poste envié de dame d’honneur de l’impératrice Eugénie de 1853 à 1856. Le groupe des dames d’honneur sera immortalisé par Winterhalter en 1855.
L’Impératrice Eugénie et ses dames d’Honneur par Winterhalter – Nathalie de Malaret est en jaune à droite
Et c’est du départ à Londres que naîtra l’aventure fabuleuse de la comtesse de Ségur, auteur.
Camille de Malaret
Sophie qui adore ses petites-filles supporte mal l’idée de la séparation. La carrière mondaine de sa fille et de son gendre l’avait emmenée à s’occuper de ses deux petites-filles qu’elle avait souvent avec elle aux Nouettes, ou à Paris, remplaçant ainsi les parents pris dans le tourbillon impérial.
Madeleine de Malaret
Les voir s’éloigner lui déchira le coeur, même si elle partit immédiatement pour Londres pour continuer à s’occuper de ses “Amourets”, comme elle les appelait. Elle passa six mois dans la capitale anglaise, l’aima au début puis finit par la détester.
La comtesse de Ségur ne faisait jamais dans la demie-mesure. Rentrée en France, elle souffrit à nouveau de la séparation et eût l’idée d’écrire des contes pour amuser Camille et Madeleine. Ces contes remplaceraient les histoires quelle avait l’habitude de leur raconter.
Et c’est ainsi que naquirent en 1856, “Les Nouveaux Contes de Fée”, publiés chez Hachette grâce à Louis Veuillot, dont elle était amie, et qui avait été séduit par la lecture qu’elle lui en avait faite. Puis vint l’envie de raconter la vie d’enfants vivant dans un beau château, entourés essentiellement de l’affection de leurs mères, les pères étant souvent absents. L’oeuvre de la comtesse de Ségur était née et chaque ouvrage fut dédicacé à chacun de ses petits enfants.
Pierre, né en 1853, Henri en 1856 et Marie-Thérèse (1859)de Ségur, enfants d’Anatole, marquis de Ségur et pair de France et de Cécile Cuvelier.
Valentine(1860), Louis(1861) et Mathilde (1866) de Ségur, enfants d’Edgar de Ségur-Lamoignon et de Marie de Reiset.
Louis (1856) et Gaston de Malaret (1862) frères de Camille et Madeleine.
Elisabeth (1851), Sabine (1853), Henriette (1857) et Armand (1861) Fresneau enfants d’Henriette de Ségur et du vicomte Armand Fesneau.
Jacques (1857), Jeanne (1858), Marguerite(1853), Paul (1862), Françoise(1864) et Louis (1872) de Simard de Pitray, enfants d’Olga et du vicomte Emile de Simard de Pitray.
La comtesse de Ségur mettra tous ses petits-enfants, sous leurs prénoms, ou sous leurs caractères dans la plupart de ses ouvrages. Elle les aimera tous mais Camille de Malaret et Jacques de Pitray furent ses préférés.
Tous ces cousins se retrouvaient l’été chez leur grand-mère, au château des Nouettes, ou dans les châteaux de leurs familles respectives, Kermadio près de Saint-Anne d’Auray, chez les Fresneau, au château de Malaret près de Toulouse, ou du moins dans la garde ferme car le château n’est pas terminé, au château de Livet chez les Pitray.
La comtesse de Ségur ou Madame de Fleurville
Château de Livet dans l’Orne près des Nouettes, propriété du vicomte et de la vicomtesse de Pitray, née Olga de Ségur
Tous ces châteaux se condensent et se mêlent pour constituer les différents châteaux des livres de la comtesse de Ségur. Fleurville n’est pas que les Nouettes, c’est aussi Kermadio.
Château de Kermadio près de Sainte-Anne d’Auray, propriété du vicomte et de la vicomtesse Fresneau, née Henriette de Ségur
Dans la mémoire collective des lecteurs de la comtesse de Ségur, quatre petites-filles sont là, les premières. Sophie de Réan, qui est la comtesse elle-même, Marguerite de Rosbourg, qui est à la fois Marguerite de Pitray, Elisabeth et Sabine Fresneau, Camille et Madeleine de Fleurville qui sont Camille et Madeleine de Malaret.
Il y en a bien d’autres mais leur nom ne vient pas spontanément à la mémoire. Camille et Madeleine donc viennent au monde deux fois. La première fois à leur naissance et la deuxième fois en 1858 lors de l’écriture des Petites Filles Modèles.
Les petites filles modèles – dans une vignette de l’ouvrage
La comtesse de Ségur nous laisse sur notre faim après “Les Vacances”, elle dit quelques mots du futur de ses héroïnes, qui pourraient se résumer ainsi : elles se marièrent avec leurs amis d’enfance, eurent beaucoup d’enfants et furent heureuses.
Madeleine de Malaret – La vraie petite fille modèle –
La vie de Camille et Madeleine ne fut pas hélas ce que Grand-Maman Ségur avait imaginé. Les petites-filles suivent leurs parents dans les différents postes diplomatiques qu’occupent leur père. En 1854, il est premier secrétaire à la légation de Berlin, capitale du royaume de Prusse, puis ce fut le poste à Londres, puis ce fut le poste de ministre plénipotentiaire à Turin et celui d’ambassadeur à Hanovre. A moins de quarante ans, ce sont de beaux postes, qui montrent la faveur dont il jouit auprès de Napoléon III. Turin, c’est Cavour et Cavour c’est la future Italie unifiée. En 1862, il est ambassadeur à Bruxelles. Sans l’effondrement de l’Empire, en 1870, il est probable que Paul de Malaret aurait occupé des fonctions diplomatiques de premier plan, comme ambassadeur à Londres, Vienne ou Saint-Petersbourg. Sa naissance, sa fortune, son mariage lui permettaient de tels espoirs. En 1852, il fut fait chevalier de la Légion d’Honneur, il avait 32 ans et en 1867, Grand-Officier.
Paul de Malaret et ses filles
L’empereur était généreux avec ceux qui le servaient et les Malaret, à leur fortune personnelle ajoutaient de beaux émoluments qui leur permettaient de mener grand train.
Considérée comme une beauté d’enfant Camille est, malgré tout, une petite fille fragile. Elle souffre d’une faiblesse pulmonaire et dès 1860, elle crache du sang. Sa famille l’entoure de tous les soins possibles mais les antibiotiques n’existaient pas et la grand-mère, croyant bien faire, applique des remèdes “de bonne femme”. N’avait-elle pas publié, à compte d’auteur en 1855, “La santé des enfants” ? La lecture de l’ouvrage est édifiante et il semble que l’arnica soit le remède miracle, avec le cataplasme Valdajou. Camille n’est ni mieux ni moins bien soignée que les autres enfants à l’époque. Madeleine jouit d’une excellente santé.
Des deux soeurs, la cadette est la raisonnable, l’aînée la fantaisiste. Certes toutes les deux sont des petites filles modèles, mais Madeleine est plus modèle que Camille. Il y a toujours une mare pas très loin de Camille qui aime bien y tremper les pieds malgré les avis de Madeleine. Il y a aussi toujours des vers de terre prêts à trouver la ligne de la canne à pèche de la petite fille, qui aime aussi les filets à papillons et les courses à dos d’âne Toutes ces activités se retrouvent tout au long des ouvrages de la comtesse de Ségur. Les bonnes, au moins aussi présentes que leurs mères, préparent, réparent, se font du souci, grondent et cajolent.
Camille et Madeleine avec leur bonne Elisa – Vignette de l’ouvrage
Les deux fillettes sont, bien entendu, des modèles de foi enfantine. La communion solennelle est le grand moment de leur enfance. S’il y a peu de curés dans le monde de la comtesse de Ségur, il y a beaucoup de prières le soir avant de s’endormir. Les petites filles, et les petits garçons confient à Dieu ceux qu’ils aiment, et lui demandent sa miséricorde en confessant leurs petits péchés.
Camille et Madeleine de Malaret sont bien Camille et Madeleine de Fleurville.
L’été, c’est à Saint-Sernin des Rais, près du château de Malaret qu’elles assistent à la messe. Le château de Malaret est le rêve de leur père. Il fait construire cette immense bâtisse rectangulaire, sans beaucoup de charme. Et pendant la construction, les Malaret habitent les vastes bâtiments de ferme pas très loin. Camille et Madeleine adorent ce domaine, comme elles adorent les Nouettes. Elles courent dans les prés. L’été est chaud en Lauragais, la maison est fraîche et confortable. Certes elle est moins élégante que les autres châteaux, les appartements parisiens du Faubourg Saint-Germain ou les hôtels des ambassades, mais la vie y est belle. Et ce sont les vacances, même si vacances ne veut pas dire oisiveté. Camille et Madeleine prennent des leçons tous les matins, hiver comme été. Nathalie de Maleret, contrairement à Madame de Fleurville, n’a pas le temps de s’occuper de l’éducation de ses filles. Leur bonne en premier, puis une gouvernante enseigneront les rudiments de lecture, écriture, histoire. Sophie de Réan, comme Sophie Rostopchine, livrée à elle-même envie l’éducation dont bénéficient Camille et Madeleine. Elles apprendront aussi les travaux d’aiguille, de tapisserie, de peinture. Puis viendra le temps de la pension.
Mais ces occupations formatrices ne doivent pas faire oublier l’essentiel, la charité envers autrui, surtout les pauvres qui soit vivent sur le domaine soit arrivent au domaine car jetés sur les routes par un monde capitaliste envers lequel la comtesse n’a pas beaucoup de sympathie, même si son mari, Eugène, touche de gros jetons de présence dans les conseils d’administration dont il est membre, notamment comme président de la Compagnie des Chemins de fer de l’Est. Ou peut-être parce qu’elle connait le manque de coeur de son mari qui l’a laissée élever ses enfants sans lui donner d’argent. Celui qu’elle gagnera grâce à ses livres, un peu plus de mille francs par ouvrage, sera toujours bien venu
La comtesse de Ségur sous le Second Empire – l’auteur à la mode
Si Nathalie de Malaret suit la mode et porte de larges crinolines, il n’en sera jamais ainsi pour sa mère, qui prêche la simplicité des mises. Mais Camille et Madeleine sont habillées par leur mère et elles-aussi portent les crinolines des petites filles, illustrées par le “Journal de la Mode”. Elles sont élégantes.
Elles montent aussi à cheval et montent bien. L’équitation fera toujours partie de leur vie.
Le 15 novembre 1856, elles eurent un petit frère, Louis. Elles l’attendaient avec impatience et joueront à merveille le rôle de petite maman auprès du bébé, qui aura l’empereur pour parrain et l’impératrice pour marraine. (Merci à Patrick Germain pour cet article – http://blogpatrickgermain.blogspot.be/)


















Mayg
25 juillet 2016 @ 13:38
Merci pour cet article très intéressant.
Ontheroadagain
25 juillet 2016 @ 14:06
Merci Régine (je ne le dis pas assez) de nous faire connaître encore davantage la Comtesse de Ségur et son univers proche ! Je pense aussi à un autre écrivain, Trilby (de son vrai nom Thérèse de Marnyhac) que je considère comme la Comtesse de Ségur du XXème siècle, car elle écrivait elle aussi des livres pour enfants voire adolescents dans le même style catholique et rempli de valeurs morales et éducatives, mais avec son temps et moins caricatural (les enfants prenaient le train, téléphonaient), dans les années 30-40 : https://fr.wikipedia.org/wiki/T._Trilby
où trouver les livres : http://www.editionsdutriomphe.fr/search/node/trilby
Si certains d’entre vous connaissent…
Anastasie
25 juillet 2016 @ 22:03
J »adorais les livres de Tribly magnifiquement illustrés dans mon édition de dessins de Minouvis. Mon préféré était « Le peit monsieur Vincent. »… rempli de bons sentiments !!!
Robespierre
25 juillet 2016 @ 14:19
Sophie n’a eu de chance ni avec sa mère ni avec sa belle-mère. Celle-ci, xénophobe, la méprisait d’être russe. Elle critiquait tout chez elle, notamment l’habitude de prendre un bain complet tous les jours. Elle trouvait ça quasi scandaleux. Le beau-père s’était suicidé par chagrin d’amour, je crois me rappeler, car il aimait sa femme qui le lui rendait mal. La vie de sophie, c est aussi deux hommes qui aimaient trop des femmes qui ne les méritaient pas : son père et son beau-père.
Mais quand Sophie se maria, ces prétentieux Segur ne pouvaient offrir au jeune couple qu’un petit appartement sans air où Sophie s’étiolait et c’est grâce à l’argent du beau-père russe, que Sophie qui adorait la campagne put s’échapper vers le château des Nouettes. Caroline a raison, Sophie ressemble beaucoup à son père et elle a un visage très slave. Le comte Rostopchine dit quand sa fille se maria qu’elle ne serait pas heureuse parce que le jeune mari était trop beau. Il était surtout mondain, ce que sophie n’était pas.
On peut trouver sur internet un ouvrage, très court, rassemblant des réflexions du comte Rostopchine. Il y a quelques phrases savoureuses.
Patrick Germain
25 juillet 2016 @ 21:16
Vous avez raison, Dear Rob, de rappeler la prétention des Ségur et leur petitesse.
Amicalement
Patrick
pit
25 juillet 2016 @ 14:40
Excellent ! Merci
lorraine 1
25 juillet 2016 @ 15:51
Rien n’exprime mieux pour moi l’atmosphère des vacances… que ce livre merveilleux « Les Vacances ». J’ai aussi le souvenir des « Nouveaux contes de fées » illustrés par Gustave Doré, livre que j’ai toujours conservé. Et elle écrivait si bien. Il y a aussi « Un amour d’enfant » qui conte l’histoire d’une insupportable petite fille.
COLETTE C.
25 juillet 2016 @ 16:32
Merveilleux article . Enfant, je connaissais par cœur ces livres !
La comtesse de Ségur est inhumée avec un de ses fils dans le cimetière de Pluneret, près de Sainte Anne d’Auray, donc près du château de Kermadio, où elle a vécu auprès de sa fille avant de décéder. J’ai vu sa tombe ,émouvant !
ciboulette
25 juillet 2016 @ 17:54
Merci , Régine et Patrick Germain , pour ce si bel article qui me replonge , comme beaucoup d’autres personnes , dans mes souvenirs d’enfance , et m’apprend aussi des éléments inconnus .
maman monique
25 juillet 2016 @ 18:03
Merci pour ce magnifique article
c est un bon dans mon enfance
le père Noël m avait aussi offert ces livres en cadeaux
très emouvant
Ghislaine
25 juillet 2016 @ 19:21
Cet article est très intéressant – Pour sa partie bretonne la Comtesse de Segur demeurera chez son gendre et sa fille comme il l’a été indiqué plus haut , son beau fils étant député catholique du Morbihan (Chateau de Kermadio près d’Auray 56) et ceci pendant une vingtaine d’année .
Elle mourra a Paris mais demandera à être inhumée dans le petit cimetière de Pluneret (56)
force m’est de signaler qu’elle ne faisait pas l’unanimité dans la région :
« La comtesse de Ségur est intrigante : elle est à la fois une grand-mère modèle, adorant ses petits-enfants, leur racontant des histoires au coin du feu… Elle est également une épouse délaissée, créant une oeuvre dont le sadomasochisme est évident. Elle est aussi une femme qui partage les valeurs de son rang et de son époque, et qui prêche la morale de sa caste : respect de l’ordre établi qui est manifestement voulu par Dieu, antisémitisme et horreur des parvenus, respect pour l’argent… Elle est en tout cas une romancière de talent, car la mièvrerie de ses histoires n’altère pas la finesse psychologique avec laquelle elle dépeint ses personnages. »
j’ai tout lu d’elle , à l’époque sans doute pas tout capté , souvenir encore très vif de certains détails comme cette poupée en cire, fondue au soleil , souvenir !
vieillebranche
25 juillet 2016 @ 20:29
bravo pour l’article et aussi -une fois n’est pas coutume-pour les commentaires de qualité qui enrichissent encore le fond du sujet.
a parte: bizarre ce site comme mélange détonnant ! relativement nouvelle comme lectrice, j’aimerais un jour que madame R. fondatrice de cette édition relate l’historique de son site, ce qui éclairerait peut-être les écarts constatés.Quel travail de toute façon!!
JAusten
25 juillet 2016 @ 20:37
Merci Dear Patrick ! Quelle belle histoire que je connais quasiment par cœur tellement la vie de Sophie Rostopchine m’avait à un moment passionnée ! La pauvre Sophie souffrait depuis l’âge de 15 ans de violents maux de tête (qui ne l’ont jamais quitté) et l’on a mis ça sur le compte de sa mère qui la rejetait.
Marie1
25 juillet 2016 @ 21:17
Merci pour cet article intéressant et très agréable à lire.
Véronick
25 juillet 2016 @ 21:38
Bravo et merci Patrick Germain,
Pour cette belle rétrospective, bien documentée et riche en illustrations , concernant les « Vraies petites filles modèles » de la Comtesse Sophie de Ségur…..!
Camille et Madeleine de Malaret ( ou de Fleurville ), m’ont charmée pendant mon enfance, que de souvenirs……..!!!!
C’est une magnifique trilogie : « Les malheurs de Sophie », « Les petites filles modèles » et « Les vacances »…..! Qui a ravie ses petits-enfants et beaucoup d’autres……!!!!
À bientôt de vous lire pour la suite…..
Amicalement.
Véronick
Marie de Bourgogne
26 juillet 2016 @ 09:44
mais Patrick mais qu’est ce qu’elles ont pu me gonfler les « petites filles modèles » ^^
Je les avais, par ailleurs, trouvées odieuses elles et leur mère, lorsqu’elles sont allées réclamer la poupée à la pauvre petite fille du moulin.
Patrick Germain
26 juillet 2016 @ 14:23
Marie,
Votre commentaire m’a bien fait rire.
Amicalement
Patrick
Marie de Bourgogne
26 juillet 2016 @ 09:46
Mon commentaire commence bizarre (je dois être une dyslexique qui s’ignore ^^) :
Merci Patrick, mais qu’est ce qu’elles etc, etc….
paul de Bernard
29 novembre 2016 @ 17:10
Bonjour
Pouvez-vous me dire dans quel ordre à Toulouse est entrée Madeleine de Malaret ?
merci
Paul
cassar
19 juin 2017 @ 11:38
C est très intéressent toute cette histoire moi je travail dessus photo texte visite etc que de passion
Une Fleurvilloise
21 octobre 2018 @ 07:07
Je m’interroge sur un éventuel passage dans la commune de Fleurville de la comtesse. A t-elle été inspirée par cette petite commune et son château ou est-ce une pure coïncidence?
Beaucoup de Fleurvillois se posent cette question.
Clem Marchal
13 mars 2019 @ 15:30
Merci beaucoup pour cet article très intéressant ! Je me pose cependant deux questions: est-ce que Paul d’Aubert est l’alter ego écrit de Paul de Malaret, et est-ce que Madame Fichini est l’alter-ego écrit de la mère de Madame la Comtesse de Ségur ?