Ce n’est pas évident de quitter son pays, sa famille, ses amis, ses habitudes pour s’installer ailleurs. C’est pourtant le pas qu’on franchit Maxima Zorreguieta, Mary Donaldson, Alexandra Manley et Charlene Wittstock. Gros plan sur leur parcours et leur adaptation à une nouvelle vie…sous le feu des projecteurs.
Maxima Zorreguieta a grandi et suivi des études à Buenos Aires en Argentine. Diplômée en économie, elle travaille dans la capitale argentine avant de s’établir à New York. Lors de la feria de Séville d’avril 1999 où elle est invitée par des amis, elle fait la connaissance du prince héritier Willem Alexander des Pays-Bas. L’idylle se poursuit par internet puisque Maxima retourne ensuite à Manhattan. Rapidement, les amoureux décident de se rapprocher et Maxima demande son transfert à Bruxelles.
Elle s’établit alors dans le quartier de la place Brugmann. Les week-ends se passent souvent aux Pays-Bas avec le cercle d’amis du prince. Progressivement Maxima se met à l’apprentissage de la langue néerlandaise. En 2001 lorsque les fiançailles sont annoncées, la jeune femme prend tout le monde de court en s’exprimant avec grande aisance pour indiquer que compte tenu du passé de son père qui fut Secrétaire d’Etat à l’agriculture sous le régime de Videla, ses parents ne seront pas présents le jour des noces.
Le 2 février 2002, sans son père et sa mère auprès d’elle, Maxima devient princesse des Pays-Bas. Elle a alors déjà conquis par son charme et sa spontanéité ses nouveaux compatriotes. Quelques semaines avant de mettre au monde son premier enfant la princesse Catharina Amalia, Maxima doit se ménager. Elle ne peut plus se déplacer pour rendre visite à ses parents. Il est alors convenu que Monsieur et Madame Zorreguieta peuvent venir aux Pays-Bas. Ils ont depuis assisté aux baptêmes de leurs trois petites-filles et aux événements familiaux, pas en revanche à l’intronisation de leur gendre en 2013.
Une nouvelle langue vie maîtrisée et une famille à des milliers de kilomètres mais Maxima a parfaitement réussi son adaptation, pouvant aussi pleinement compter sur le soutien de son époux et de sa belle-mère Beatrix des Pays-Bas.
Lorsque le prince Joachim de Danemark annonce ses fiançailles à la surprise générale en 1995, les Danois sont immédiatement conquis par la charmante Alexandra Manley. Fille d’un citoyen britannique d’origine chinoise de Hong Kong où elle a grandi et d’une Autrichienne, la jeune femme travaillait dans le domaine de la finance à Hong Kong où elle fit la connaissance du fils cadet de la reine Margrethe, qui y effectuait un stage auprès de la compagnie danoise Maersk.
Pas facile de s’acclimater à la vie au Danemark et de quitter la bouillonnante Hong Kong. Alexandra et Joachim s’établissent en effet au domaine de Schackenborg dans le Jutland même s’ils viennent régulièrement à Copenhague.
Déjà polyglotte, Alexandra se met à l’apprentissage de la langue danoise qu’elle maîtrise apparemment très vite, laissant tout le monde ébahi comme le racontait à l’époque sa tante par alliance la reine Anne-Marie de Grèce, née princesse de Danemark.
A leur retour de voyage de noces aux Etats-Unis, les jeunes mariés donnent une conférence de presse où l’on remarque déjà qu’Alexandra comprend parfaitement la langue danoise. Très populaire, Alexandra confie qu’elle a dû s’habituer à une vie plus calme et plus paisible mais aussi à des goûts culinaires très différents de ce qu’elle connaissait jusqu’alors.
Ses parents viennent s’établir au domaine de Schakenborg après la rétrocession de Hong Kong à la Chine, étant ainsi aussi plus près de leurs petits-enfants Nikolai et Félix. Après l’annonce de sa séparation, Alexandra s’installe dans un quartier résidentiel de Copenhague dans une demeure achetée par la reine Margrethe. Elle a fait le choix de rester au Danemark où elle compte désormais un noyau de fidèles amis et où ses fils vont continuer à être scolarisés.
Jeux olympiques de l’an 2000 à Sydney en Australie. Mary Donaldson, une juriste originaire de Tasmanie est de sortie avec une bande d’amis et fait la connaissance du prince héritier Frederik de Danemark qui fait de même avec son cousin le prince Nicolas de Grèce et le prince des Asturies. Coup de foudre qui se poursuit au vu des distances grâce aux mails et à skype.
Mary se rapproche géographiquement de Frederik en s’établissant quelques mois à Paris où elle donne des cours d’anglais puis à Copenhague où elle intègre la compagnie Microsoft et commence à se familiariser avec les us et coutumes mais aussi avec la langue.
La jeune femme se plonge avec ardeur dans l’étude de la langue danoise, pleinement consciente que c’est un élément clé de son adaptation dans sa nouvelle patrie. Après son mariage, son père et sa belle-mère s’installent une partie de l’année à Copenhague, ce qui lui permet d’avoir sa famille près d’elle tandis que ses sœurs et son frère vivent en Australie.
Depuis, entre voyages officiels (elle est une véritable star dans son pays natal) et vacances programmées, Mary retourne de temps en temps jusqu’à Sydney comme en cette fin d’année 2015.
Née au Zimbabwe, Charlene Wittstock a toutefois grandi en Afrique du Sud. Dans le cadre des compétitions sportives auxquelles elle a participé, elle voyage énormément. Lorsqu’elle retrouve le prince Albert de Monaco à qui elle a écrit suite au décès du prince Rainier en 2005, Charlène passe de plus en plus de temps sur le Rocher continuant à s’entraîner en piscine avant qu’une lésion ne l’oblige à arrêter la haute compétition, prenant part aux côtés de la famille Grimaldi à quasiment tous les grands événements.
Son frère Gareth est établi à Monaco et ses parents toujours d’une très grande discrétion font des séjours, se divisant comme ils l’expliquent entre la vie à Monaco pour être auprès de Charlène et de leurs petits-enfants Jacques et Gabriella mais aussi en Afrique du Sud auprès du reste de la famille.
La princesse peut compter sur un petit cercle d’amis fidèles à Monaco et sur la présence régulière de ses parents. En revanche, elle n’ose à tout le moins pas encore s’exprimer en français à l’exception d’un petit discours prononcé lors des 10 ans de règne de son époux. Même si elle ne retourne pas régulièrement en Afrique du Sud, la princesse a son pays natal dans son cœur, l’associant notamment dans le cadre des programmes de sa fondation. Dans les cuisines du Palais, on a aussi eu la délicatesse de mettre à l’honneur des mets sud-africains. (Copyright photos : getty images et DR)




Ogier le Danois
2 janvier 2016 @ 00:27
N’oubliez pas que la princesse Charlène sait déjà l’afrikaans. Elle devrait être reine des Pays-Bas ou des Belges. Dans le dernier cas elle aurait aussi apprendre le français, mais son accent en néerlandais est peut-être meuilleur que celui de la reine Mathilde !
Paris Match écrit que la princesse Charlène souhaite que ses enfants connaissent la culture sudafricaine, apprentissage de zoulou et l’afrikaans inclu !
Gibbs
2 janvier 2016 @ 09:36
Je viens de lire (mais ce n’est pas la première fois) que Maxima si elle parle le néerlandais le parle mal car elle commet beaucoup de fautes.
Voir sur My Royals
Milena K
2 janvier 2016 @ 10:35
Quelle importance?!Au moins,elle fait l’effort!
Gibbs
3 janvier 2016 @ 10:05
Milena K,
Ai-je écrit le contraire ?
Le néerlandais de Mathilde est scolaire mais elle est bien obligée de le parler; ce qui n’est pas mon cas.
Bon dimanche
Ogier le Danois
2 janvier 2016 @ 16:29
Quant à la princesse Charlène :
Parlante le français avec le r alvéolaire typiquement anglais, évidemment ne maîtrisante le r uvulair du français parisien standard, elle aurait été avisé d’abord d’adopter le r roulé émblematique du Midi, malgré que, autant que je sache, il n’y a pas en monésgasque (qui a seulement des r uvulaires et palatals (sonnant presque comme des l).
Il aurait été rigolant si cette nageuse roturière apprendrait le monégasque en lieu du bon français, comme une commère vendeuse de poisson d’antan en lieu d’une princesse venue de loin, alors la Françoise de Combray et pas la duchesse de Guermantes !
Gibbs
3 janvier 2016 @ 10:16
Pour Ogier le Danois,
Ce que vous dites concernant le néerlandais, à l’origine de la Belgique, est bien exact.
Langues en Belgique
Langues officielles
Néerlandais
Français
Allemand
Langues principales
Langues régionales brabançon, champenois, flamand occidental, flamand oriental, francique ripuaire, limbourgeois, lorrain (gaumais), luxembourgeois, picard, wallon
Principales langues étrangères Anglais, espagnol, italien, amazighe, arabe, turc, portugais, yiddish
La Belgique compte trois langues officielles : le néerlandais, le français et l’allemand. La politique linguistique, en Belgique, relève des Communautés. Les conflits entre les locuteurs de ces langues sont la source des problèmes communautaires de la Belgique.
Sommaire
1 Évolution historique
1.1 La francisation de Bruxelles
2 Les langues officielles
2.1 Statut officiel
3 Situation linguistique en communauté flamande
3.1 Brabançon
3.2 Flamand occidental
3.3 Flamand oriental
3.4 Limbourgeois
4 Situation linguistique en communauté française
4.1 Wallon
4.2 Picard
4.3 Lorrain
4.4 Champenois
4.5 Luxembourgeois
4.6 Brabançon
4.7 Limbourgeois
4.8 Néerlandais
5 Situation linguistique en communauté germanophone
5.1 Francique ripuaire
5.2 Luxembourgeois
5.3 Thiois
Évolution historique
Lors de la proclamation de l’indépendance de la Belgique en 1830, ni le français, ni le néerlandais standard n’était la langue de la majorité de la population. Partout, le peuple parlait alors surtout des langues régionales et le pays servait de carrefour linguistique. Au Nord, il s’agissait de langues bas-franciques : le flamand occidental, le flamand oriental, le brabançon et le limbourgeois. Au Sud c’étaient des langues d’oïl : le wallon (très majoritaire), le picard (en Hainaut occidental), le lorrain gaumais et le champenois sugnysien. Enfin, au sud-est se délimite une zone moyen-francique (dite allemande par convention) comprenant, du nord au sud, le francique rhéno-mosan (nl : Platdiets) et le francique ripuaire (canton d’Eupen), ainsi que le francique mosellan (canton de Saint-Vith) et le luxembourgeois (Arlon). D’autre part, au nord comme au sud du pays, la bourgeoisie était francisée.
Progressivement, toutes ces langues endogènes ont reculé, au profit du français dans le sud du pays d’abord, et plus tard à Bruxelles, mais du néerlandais dans le nord. Graduellement on a commencé à appliquer le nom Flandre à toutes les provinces néerlandophones et le nom Wallonie à toutes les provinces francophones (quoique le mot wallon avait depuis longtemps un sens parent : ainsi le Brabant wallon fut nommé comme tel au xvie siècle). Les langues endogènes sont cependant restées plus vivantes dans la partie néerlandophone du pays.
On pourra s’étonner de voir ici figurer l’allemand. Lors de la signature du Traité de Versailles en 1919, la Belgique annexa en effet des territoires appartenant jusqu’alors à la Prusse, dont la Wallonie malmédienne (qui avait lutté contre son assimilation à l’Allemagne), du nom de la petite ville de Malmedy. Or, l’annexion engloba également deux villes Eupen et Saint-Vith qui n’étaient pas de langue wallonne ou française comme Malmedy, mais de langue allemande (ou plutôt moyen-francique).
La francisation de Bruxelles
Article détaillé : Francisation de Bruxelles.
Au cours des xixe et xxe siècles, Bruxelles s’est transformée d’une ville quasiment entièrement néerlandophone en une ville bilingue, voire multilingue, avec le français pour langue majoritaire et véhiculaire. Bien qu’historiquement Bruxelles fut une cité dont les habitants parlèrent un brabançon régional — communément appelé flamand —, la situation linguistique bruxelloise changea radicalement au cours des deux derniers siècles. À côté d’une immigration française et wallonne, cette progression du français s’explique avant tout par la conversion linguistique de la population néerlandophone au cours des générations. La raison en fut le manque de considération dont jouissait le néerlandais en tant que langue de culture au sein de la société belge, renforcé par l’attrait que représentait à l’époque le français comme langue de haute culture et des échanges internationaux.
Cette transformation démarra graduellement au xviiie siècle mais prit toute son ampleur lorsque la Belgique devint indépendante et que Bruxelles déborda au-delà de ses murs. La francisation réelle et massive de la population urbaine ne commença cependant que dans la seconde moitié du xixe siècle. À partir de 1880, on constate une véritable explosion de bilingues au détriment des néerlandophones unilingues. Le néerlandais ne se transmettait plus à la génération suivante, ce qui a eu pour effet une augmentation considérable du nombre des francophones unilingues après 1910. À partir des années 1960, à la suite de la fixation de la frontière linguistique et de l’essor socio-économique de la Région flamande, la francisation des néerlandophones a stagné.
Durant la seconde partie du xxe siècle, Bruxelles devint progressivement une ville d’échanges internationaux, ce qui contribua à un afflux d’immigrants qui favorisèrent l’augmentation de l’usage du français ainsi que de l’émergence d’autres langues, aux dépens du néerlandais. Simultanément, à la suite de l’urbanisation et du Brusseleer, un nombre supplémentaire de communes précédemment néerlandophones de la Périphérie bruxelloise devinrent majoritairement francophones. Ce phénomène, connu en Flandre comme la « tache d’huile francophone », constitue, en même temps que la question du statut de Bruxelles, un des principaux sujets de contentieux de la politique belge.
Les langues officielles
Situation linguistique en communauté flamande
Aujourd’hui, la situation flamande, avec trois couches linguistiques, est plus vivace que celle connue par la communauté française. En Flandre se parlent :
acrolecte : le néerlandais belge normatif (nl : standaardtaal),
ex. : Heb je nog een kop koffie voor me? (« As-tu encore une tasse de café pour moi ? »)
régiolecte : les néerlandais belges régionaux (nl : tussentaal ou verkavelingsvlaams),
ex. : ‘Ebde nog een tas koffie voor mij?
allolecte : les langues bas-franciques endogènes (le flamand occidental, flamand oriental, brabançon, limbourgeois ; nl : streektaal).
ex. : Édde nog een zjat kaffe veu maai?
Autrefois, il ne se parlait que deux parlers, à savoir le français, langue d’administration, et les langues bas-franciques. Ensuite, le belgo-néerlandais normalisé a remplacé le français comme langue de scolarisation en 1886, ce qui a coïncidé avec l’alphabétisation du pays flamand. Au cours du xxe siècle, les Flamands sont désormais diglossiques, dont la conséquence la plus récente est la création et l’essor des régiolectes belgo-néerlandais au profit des allolectes bas-franciques. Cette dernière étape vient boucler le processus de néerlandisation de la Flandre. En sociolinguistique, on appelle dialecte consécutif tout régiolecte qui se substitue à un allolecte endogène apparenté à la langue de base ; l’allolecte cédant ou cédé s’appelle dialecte constitutif. Les allolectes sont en recul.
Pluriformes, les régiolectes belgo-néerlandais constituent un interlecte (mésolectal) « mélangeant » néerlandais standard et allolecte ; ils changent donc en fonction du locuteur, selon qu’ils se basent sur tel allolecte bas-francique. Les régiolectes brabançon et est-flamand sont très peu marqués par rapport au standard car ses deux allolectes bas-franciques correspondants sont déjà proches de l’acrolecte belge parlé, et les locuteurs de ces régiolectes peuvent alterner leur discours librement entre régiolecte et acrolecte. De plus, ils peuvent facilement passer d’un régiolecte (p. ex. : néerlandais brabançon) à un autre (p. ex. : néerlandais est-flamand).
Il est à noter que les allolectes bas-franciques brabançon et flamand oriental sont parfois estimés par erreur des variétés du néerlandais, au contraire du flamand occidental et du limbourgeois qui se rapprochent très peu du néerlandais. Cela résulte de la distanciation relative (du standard) en ce qui concerne le degré de particularité linguistique et l’absence de l’inter-compréhension d’un allolecte donné vis-à-vis de l’acrolecte (néerlandais standard).
En 2009, selon le Réseau Eurydice dans son rapport Chiffres clés de l’enseignement des langues à l’école en Europe – 2012, dans la Communauté flamande de Belgique, 6,8 % des élèves de 15 ans parlaient une langue autre que la langue d’enseignement (le néerlandais) à la maison.
Les langues étrangères les plus étudiées en Communauté flamande de Belgique en pourcentage d’élèves qui les apprennent dans l’enseignement secondaire inférieur (CITE 2) en 2009/2010 sont le français avec 92,9 % puis l’anglais avec 46,2 %