Rare photo de la Princesse Isabelle de France, comtesse von Schönborn-Buchheim, au coté de son frère le Prince Henri, actuel Comte de Paris, et de son neveu le Prince Jean, Duc de Vendôme, prise lors d’une cérémonie familiale au début des années 1990. La Princesse Isabelle, qui deviendra grand-mère pour la 12 ème fois dans les prochains mois, va célébrer le 8 avril prochain en famille son 85 ème anniversaire au château de Weyerburg en Autriche. (Merci à Charles)

Gérard
28 février 2017 @ 18:27
Fiançailles me paraît être un bien grand mot à moins que vous ayez des informations privées, en ce qui concerne le roi Baudouin et la princesse Isabelle. Que leurs parents respectifs aient songé à un mariage est certes très vraisemblable, qu’eux-mêmes se soient posé la question est possible, mais on a prétendu que le roi aurait été heurté par le fait Isabelle ait rendu visite à des familles nécessiteuses dans des quartiers populaires, ce qui est peu vraisemblable quand on connaît un peu la vie du roi Baudouin.
Il me semble surtout que le roi était très religieux et certainement timide avec les femmes et en même temps il cherchait à se marier et il était le roi des Belges. Il me semble aussi que la vie de reine ne devait pas attirer spécialement la princesse Isabelle qui était très discrète.
Pourquoi le futur cardinal Suenens aurait-il voulu faire rompre un projet de fiançailles ? Sauf bien entendu s’il avait la certitude que les deux jeunes gens n’étaient pas amoureux l’un de l’autre et que le mariage aurait été voué à l’échec et n’aurait pas constitué un mariage chrétien quant au consentement. Dans les souvenirs que le cardinal fit publier sur le roi Baudouin, celui qui était alors évêque auxiliaire de Malines évoque les confidences du roi lors de promenades.
Et Mgr Suenens mit en rapport le roi avec une irlandaise Veronica O’Brien (1905-1998) des Légions de Marie dont il s’occupait. Il pensait que le roi gagnerait à parler avec cette femme d’expérience, très compétente dans les problèmes de la famille, ne serait-ce que pour des raisons personnelles, et qui fut la fondatrice en France de la Légion de Marie et joua un rôle au Concile.
La Légion de Marie est une association catholique de fidèles fondée à Dublin en 1921 suivant la spiritualité de saint Louis-Marie Grignon de Montfort et dont les principales activités sont la rencontre de tous, pauvres ou riches, jeunes ou vieux et spécialement des marginaux de la société (sans domicile fixe, prostitués, prisonniers…), ainsi que des non catholiques.
Veronica fut reçue à Laeken et le roi lui parla de son célibat, de son désir de fonder une famille chrétienne, de rencontrer par conséquent quelqu’un qui pourrait partager sa vie, partager sa foi et partager la charge royale.
Il lui avoua sa préférence pour l’Espagne, poursuit le cardinal Suenens, mais se dit perplexe sur le mode d’approche. Sous couvert d’une enquête sur l’apostolat en milieu aristocratique, Veronica qui connaissait l’Espagne et en avait fréquenté la bonne société, rencontra rapidement Fabiola. Elle pensa qu’elle avait le profil de l’épouse idéale pour un jeune roi comme Baudouin. Elle la décrivit au roi comme « grande, mince, bien bâtie, visage avenant, pétillante de vie, d’intelligence, d’entrain, de droiture, de clarté. Visage ovale, cheveux touffus châtain clair, beau front. Bouche peinte, généreuse, assez grande ».
Fabiola refusa d’abord d’envisager une telle union mais elle consentit à rencontrer en secret le roi au domicile de la sœur à Bruxelles, rue de Suisse, près de la barrière de Saint-Gilles, ils auraient pour noms de code Luigi et Avila. Ils se rencontrèrent, se plurent, se revirent et promirent de s’unir le 8 juillet 1960 lors d’un pèlerinage, entre Lourdes et Tarbes. Puis le roi entra précipitamment pour Bruxelles à cause des troubles au Congo. Et le mariage fut bientôt annoncé pour le 15 décembre 1960.
Zorro
1 mars 2017 @ 14:25
Le roi était une personne très seule et qui n’avait pas d’amis ou en tout cas peu d’occasion de se faire des amis : enfance et adolescence en captivité, catapulté roi à 20 ans… Les seuls amis qu’on lui connaissait étaient ses camarades qu’il avait connu aux scouts. Le fait qu’il est perdu sa mère à 5 ans a conforté son côté mystique (enfant Baudouin se réveillait souvent en pleine nuit affolé en demandant à sa nounou si sa maman était bien au paradis). Le scoutisme a eu aussi un rôle dominant dans la formation de sa personnalité, ainsi que la captivité en Allemagne.
Dans ce contexte, la famille de Baudouin a un rôle essentiel : Très proche, voire fusionnel avec son frère et sa sœur ainsi qu’avec ses parents.
Léopold III, personnage supérieur qui «en imposait » dominait complètement le jeune roi Baudouin. Baudouin appelait d’ailleurs Léopold III, son Auguste Père. Quant à la princesse Lilian, c’était une couveuse hors pair qui entourait le roi Baudouin d’un capiteux protectorat. Baudouin était ébaubi d’admiration à l’égard de ses parents, qui rappelons le, devait « normalement » être à sa place sur le trône. Baudouin se sentait usurpateur (en tout cas jusqu’à son voyage au Congo en 1955).
Il est certain que Léopold III a cherché à se venger de ses ennemis politiques par son fils interposé. Le roi Baudouin n’hésitait pas à dédaigner les hommes politiques socialistes (notamment une prise à partie célèbre avec le bourgmestre socialiste de Liège, Paul Gruselin) ainsi que les personnalités alliées puis otanistes qui s’étaient opposées à Léopold III. Le comportement de loyauté de Baudouin à l’égard de son « Auguste Père » a rendu l’exercice de la fonction royale délétère avec le monde politique. Le CVP s’en est inquiété. Le futur cardinal Suenens est entré dans la danse et a à cet égard eu un rôle extrêmement important et décisif. Suenens a contribué à éclairer Baudouin sur le rôle néfaste que Léopold III exerçait sur lui. Suenens a convaincu Baudouin que Léopold III se servait de lui pour se venger des hommes politiques et ainsi handicapait son règne, sa vie et la « mission » qu’il avait à mener. C’est là la cause essentielle de la rupture entre le père et le fils.
L’anecdote des fiançailles d’Isabelle et de Baudouin a été révélée par l’historien Francis Balace lors d’une interview.
Moi j’explique la « rupture » ou la non concrétisation des fiançailles par le fait que : Etant donné la mainmise de Léopold III et Lilian sur Baudouin, une épouse (et donc future reine) choisie par eux, signifiait que Léopold III et Lilian continueraient plus que probablement à faire la pluie et le beau temps à Laeken, ou à tout le moins continuerait à influencer d’une manière ou d’une autre le jeune roi dans une optique de « confrontation » avec le monde politique. Il fallait une rupture nette. Fabiola a été l’instrument d’émancipation de Baudouin. Se faisant, Suenens et Veronica O’Brien ont dès lors pris la place laissée vacante par Léopold III et Lilian, Leur influence a perduré jusqu’à la mort de Baudouin en 1993 (Cf. : Renouveau Charismatique, etc.)
Corsica
28 février 2017 @ 22:00
Un fois encore, cette photo prouve que l’élégance, l’allure et le bon goût ne viennent pas automatiquement avec une naissance princière ou aristocratique.
england
28 février 2017 @ 22:33
Ludovic moi je serai partante pour visiter une exposition avec toutes les robes, courtes, longues de la comtesse de Paris (l’ancienne) La nouvelle pour moi est insignifiante!
Gérard
1 mars 2017 @ 10:56
La princesse Isabelle disait que la presse la fiançait souvent : « il suffit que j’accepte de danser deux fois avec le même cavalier. »
Il y eut donc le roi Baudouin du temps où le roi Léopold et la princesse Liliane étaient fréquemment avec le comte et la comtesse de Paris leurs amis. Lors d’un bal officiel donné à Bruxelles le jeune roi avait longtemps bavardé avec Isabelle. Il y eut à l’occasion du mariage en 1956 de la princesse Élisabeth de Luxembourg
avec le prince Franz de Hohenberg, le prince de Liège qui était son cavalier. En 1958 lors d’un bal costumé donné par le comte et la comtesse de Paris chez eux à la Quinta au Portugal le prince des Asturies avec lequel elle dansa, costumée en petite fille modèle, et plaisanta comme chaque fois qu’elle le voyait. Mais pour Juan Carlos on pensait plutôt à Diane qui était plus en rapport d’âge. On parla aussi d’un bel aviateur portugais. En 1962 il y eut Raymond Eddé (1913-2000), député et avocat, fils de l’ancien président de la république du Liban Émile Eddé et de Laudi Sursock.
La comtesse de Paris se demandait pourquoi sa fille aînée ne se mariait pas. D’autant qu’elle était très jolie, elle avait perdu les rondeurs de son adolescence et suivait plus les conseils de sa mère pour s’habiller. Isabelle était très secrète, cependant elle était constamment de bonne humeur et toujours soucieuse des autres.
Elle était néanmoins originale par son énergie, son ardeur dans la conversation, sa curiosité de l’art, de l’histoire, de toute culture et son goût pour les exercices violents comme le rapporte Marianne Andrau dans son reportage publié sous le titre Famille royale à la mode de France en 1959. Car sa franchise et son esprit de décision pouvaient en effrayer plus d’un.
Isabelle disait : « ce qui importe ce n’est pas la couronne, mais ce qu’il y a dessous. »
Avec son diplôme d’infirmière de la Croix-Rouge française elle se rendit en Autriche pour préparer le diplôme d’assistante sociale. Pendant deux ans elle fut l’hôte des parents de son futur mari, elle avait fait la connaissance du comte et de la comtesse de Schönborn-Buchheim en 1954 au bal des princes zu Schwarzenberg à Vienne. Friedrich-Karl était un jeune homme très gentil avec lequel elle s’entendait mieux qu’avec les autres, un frère de plus. Après ses études elle travailla à l’hôpital psychiatrique de Brooklyn pour 240 $ par mois, c’était une vie difficile mais une vie qui
avait un sens disait-elle.
Elle rentre en 1963 et passe plusieurs mois à Schönborn s’occupant de la restauration du Musée Albertina à Vienne.
Le jeune homme est maintenant ingénieur agronome et forestier.
L’amitié se transforme en amour.
Le mariage est célébré les 9 et 10 septembre 1964 à Louveciennes et à Dreux.
Zorro
1 mars 2017 @ 13:06
Bonjour Gérard,
La princesse Isabelle d’Orléans devait se marier avec le roi Baudouin. Ce projet n’est pas né d’une idylle romantique lors d’un bal de la Cour (la comparaison avec « Sissi » de Mariscshka s’arrête là) mais d’un projet dynastique sérieux fomenté par les parents des jeunes gens. Que les propos de la princesse Isabelle relate dans la rubrique mondaine de Point de Vue « il suffit que j’accepte de danser deux fois avec le même cavalier pour être fiancée » ne veut pas dire qu’il y avait un projet matrimonial sérieux pour elle, bien au contraire .
Je me permets de relater cette anecdote car c’est l’historien Francis Balace (sur base de sources et de témoignages fiables) qui l’a révélé en premier.
Pour info, le bal de la Cour n’avait pas pour but premier de trouver une épouse au roi Baudouin, mais bien de redorer le blason de la dynastie Belge et de la Belgique à l’occasion de l’inauguration de l’exposition universelle de Bruxelles en avril 1958. C’était la première exposition universelle d’après-guerre et sans doute la plus prestigieuse à ce jour.
Quant au concept d’union dynastique et politique en dehors de toutes considérations amoureuses, ce n’était pas encore tout à fait une histoire ancienne à la Cour de Belgique dans les années 1950. Pour rappel, les dynasties catholiques n’étaient plus que deux en 1946.
La dynastie belge ne tenait qu’à un fil en 1950. C’est pourquoi, les mariages des enfants de Léopold III devaient contribuer au prestige national et international du pays et de la dynastie.
Ainsi, Joséphine Charlotte avait été mariée en 1953 à Jean de Luxembourg sous l’insistance du roi Léopold III et de la Grande-duchesse Charlotte. Ce n’était pas un mariage d’amour comme la légende le prétend, encore aujourd’hui. C’était une alliance familiale (Charlotte de Luxembourg était la marraine de Joséphine-Charlotte), politique (le Benelux était né en 1944) et de prestige (Léopold III tenait absolument à marier sa fille à un prince, futur chef d’Etat, catholique et qui ne soit pas allemand). Jean de Luxembourg était donc le seul candidat possible pour Joséphine Charlotte d’autant plus qu’il était un héros de guerre bien vu par les alliés.
Pour Baudouin, il fallait évidemment une princesse, catholique (les princesses protestantes ou orthodoxes étaient exclues) et de préférence française (les allemandes et italiennes étaient exclues). La monarchie belge était impopulaire auprès des francophones et perçue à l’époque comme pro-flamande (Lilian Baels était flamande, la consultation populaire de 1950 avait donné une nette majorité en Flandre pour le retour du roi Léopold III, les ministres socialistes francophones n’étaient pas en odeur de sainteté à la Cour, etc.). Isabelle était née en 1932, Baudouin en 1930 et il n’y avait pas 36 autres princesses de son pédigrée dans tout le gotha à l’époque.
Je suis prêt à réviser mon analyse si on a des éléments probants à m’opposer. En tout cas, cette version explique bien des choses et colle parfaitement aux faits périphériques.
Gérard
2 mars 2017 @ 13:50
Ce que vous dites est très intéressant Zorro et je connais moins bien l’histoire de la dynastie belge que vous mais il me semblait que ce projet n’était pas si avancé qu’on puisse parler de fiançailles. Mais il est vrai qu’il y a eu un moment où l’on a voulu distinguer le roi du couple royal constitué par son père et sa belle-mère qui était un peu devenue une mère de substitution qu’il aimait beaucoup.
Mary
1 mars 2017 @ 22:45
Merci pour votre récit ,Gérard .
JACQUES
1 mars 2017 @ 13:29
Prince Jean en uniforme français. Et Louis de Bourbon pseudo duc d’Anjou ?
Naucratis
2 mars 2017 @ 15:27
Merci Jacques de nous permettre de rappeler que les 19 et 20 janvier 2017, le prince Louis de Bourbon duc d’Anjou, chef de la Maison de Bourbon, et son épouse la princesse Marie-Marguerite, duchesse d’Anjou étaient en visite à Besançon au 19ème Régiment du Génie. La princesse est en effet la marraine de ce régiment.
Pepsi
8 mars 2017 @ 17:25
Ce qui est sur c’est que de ce pseudo prince espagnol, personne n’en a voulu… Le déshonneur qui a présidé à sa naissance a fait fuir toutes celles qui aurait pu en vouloir… Il a du aller jusqu’au fin fond de la jungle pour qu’une parvenue veuille de lui et de son titre usurpé….
Charles
1 mars 2017 @ 14:35
S’il est vrai qu’il y a eu des projets et même des tractations de mariage entre le Roi Baudouin et la Princesse Isabelle de France, il est vrai aussi que c’était la pratique courante de l’époque chez les Princes du Gotha. Des listes de jeunes Princesses à marier circulaient dans les différentes Maisons Royales et les pères en parlaient à leurs fils de manière régulière. Dans cette affaire, il semble que ce soit bien la Princesse Isabelle et elle seule qui ne donna pas suite au projet au grand dam de Leopold III, de Lilian et de la Comtesse de Paris qui pensait qu’un tel parti ne se refuse pas. Avec sagesse et intelligence, le Comte de Paris préféra respecter le choix de sa fille.
La Princesse Isabelle aurait décliné d’autres propositions de jeunes Princes au grand désespoir de la Comtesse de Paris qui aurait aimer marier jeune sa fille.
Je suis même certain que ce 8 avril, un Souverain Emerite n’oubliera pas de passer un coup de fil à sa Princesse « Isa » en souvenir des belles années. Force est de constater que la Princesse Isabelle a fait le bon choix, aujourd’hui je n’hésite pas à dire que la Princesse Isabelle a été et est toujours la plus heureuse des six Filles de France. La Princesse aime la campagne, les plaisirs simples, la chasse et sa famille, elle déteste le faste, la publicité et les excès en tout genre même si elle possède également la fantaisie de sa regrettée mère.
Arielle
1 mars 2017 @ 17:38
Certainement une femme très bien à tous égards. Très loin du gotha superficiel, mais quel look de mémère sur cette photo !!!
Kalistéa
2 mars 2017 @ 17:41
De toute façon il est bien évident que Fabiola de Mora y Aragon a été le grand amour du roi Beaudouin et que leur lmariage était une réussite.elle était très exactement la femme qu’il lui fallait , pour l’aimer , le soutenir dans son métier de roi et partager sa foi.Ils ont été un couple très soudé.
Ghislaine
2 mars 2017 @ 18:10
Charles c’est ainsi que je perçus la chose à l’époque où j’étais non loin du Coeur-Volant. Epoque où la Princesse (je dirais même certaines princesses de France , c’est ainsi que nous les désigniions à l’époque étaient rondelettes) .
Si ma mémoire est bonne , Isabelle suivait des études d’infirmière , elle surveillait Madame qui s’était cassé une jambe et jouait les téméraires dans le jardin avec ses cannes .
Pour ce qui est du roi Baudoin , plus que de l’influence présumée de son père , j’avais à l’époque la nette impression qu’il essayait d’échapper à la main-mise de la Princesse de Rethy sur sa jeune personne .
Je crois d’ailleurs que Fabiola n’a pas tardé à faire comprendre à sa double belle-mère que désormais elle s’occuperait parfaitement de son mari , ce qui fut.