
Le château de Randan se situe en Auvergne entre Vichy et Clermont-Ferrand. En 1821, Madame Adelaïde, soeur de Louis-Philippe achète l’ancien duché de Randan. Avec l’aide de l’architecte Fontaine, premier architecte du royaume, la princesse Adelaïde transforme et agrandit le vieux château et fait planter le parc de 100 hectares.

A la mort de la princesse Adelaïde en 1847, le duc de Montpensier, 5ème fils du roi Louis-Philippe, hérite du château. La comtesse de Paris, fille du duc de Montpensier en hérite à son tour en 1890. Elle rend vie à la demeure, en la modernisant et en l’entretenant avec soin jusqu’à son décès en 1919. Le château de Randan revient alors au prince Ferdinand, duc de Montpensier qui s’installe avec son épouse Marie Isabelle Gonzalez de Olaneta, 3ème marquise de Valdeterrazo, Grande d’Espagne.

Le prince Ferdinand décède en 1924 à Randan des suites d’une overdose. Par testament, tous ses biens sont légués à sa veuve. Le château est la proie des flammes l’année suivante. La duchesse de Montpensier s’installe dans la maison de l’inspecteur du domaine, entourée par les tableaux et le mobilier qui ont pu être sauvés de l’incendie grâce au dévouement des villageois.

La duchesse de Montpensier, veuve du prince Ferdiannd, épouse secrètement son majordome Jose Maria de Huarte. Lors de sa mort en 1958, c’est donc son second époux qui hérite de Randan et le conserve jusqu’à sa propre mort en 1969. Le château pase ensuite entre les mains du frère et du neveu de José Maria de Huarte.

En 2003, le Conseil général d’Auvergne achète le domaine ainsi que la totalité des collections mobilières des princes d’Orléans. Le parc, la terrasse, la chapelle et les cuisines ont été rénovées. De nombreux trophées de chasses sont rassemblés dans les cuisines et constituent un extraordinaire musée cynégetique, rendant hommage au prince Ferdinand, duc de Montpensier, grand chasseur et voyageur.
Le domaine est fermé mais ouvrira ses portes au printemps 2010. (Merci à Charles pour les photos et tous les détails)
JAusten
9 octobre 2009 @ 06:21
c’est toujours triste de voir un château en ruine ! Comme disait un internaute, pour le remettre en état il faudrait la fortune d’un magnat des pays du Golf.
yatilunfauvedanslarene
9 octobre 2009 @ 06:27
Dommage qu’il est en mauvaise état !!!
Normalement ce domaine revient aux Orléans et non à une personne qui a juste fait en sorte d’épouser une princesse d’Orléans.
C’est injuste !
jean-marie
9 octobre 2009 @ 07:18
Bonjour à tous
M
Merci Charles pour ces photos.
Je suis allé visiter le domaine royale de Randan et je peux dire que la restauration de la terrasse des cuisines et de la chapelle est très bien.
Dommage que le château de Madame Adélaide,soeur du roi Louis-Philippe ne soit pas reconstruit.
Par ailleurs très belle collection d’animaux naturalisés provenant des chasses de Ferdinand d’Orléans duc de Montpensier.
Je conseille aux personnes séjounant dans le Puy de Dôme ou traversant ce département de visiter ce site.
DANIELLE
9 octobre 2009 @ 08:12
Merci Charles.
Je suis contente que le Conseil Général puisse redonner vie à cet ensemble qui a l’air joli.
Le musée cynégétique doit être superbe.
Audouin
9 octobre 2009 @ 08:16
Régine,c’est le Conseil régional d’Auvergne, et non le Conseil général (du Puy-de-Dôme) qui s’est rendu acquéreur du site de Randan en 2003
Sophie
9 octobre 2009 @ 08:43
Toujours ravie de découvrir des demeures historiques. merci à Charles pour sa collaboration et ses photos.
Bernard-Frédéric
9 octobre 2009 @ 09:15
Ah Randan ! mon refuge et ma tour d’ivoire , les bois sont charmants mais gardés par des requins qui chassent et qui coupent les arbres à tout va pour replanter de vulgaires sapins .Encore dix ans et le domaine sera présentable .
christine
9 octobre 2009 @ 09:48
Merci Régine pour ces photos du château de Randan. J’habite à quelques kilomètres de là et nous nous étions promis de le visiter cet été (ainsi que la superbe collection de trophées de chasse !). Mais, ayant partagé nos vacances entre l’Ecosse, Montréal et Shanghaï, nous n’avons pas eu le temps d’aller à Randan ! Grâce à vous, nous avons le plaisir de faire une petite visite.
Bonne journée.
pierre-jean
9 octobre 2009 @ 10:01
Un grand merci Charles.
Inès
9 octobre 2009 @ 10:13
Des pays du Golf,Jausten? Je ne savais pas que ce sport permettait d’être milliardaire…:))
marie-c.
9 octobre 2009 @ 10:41
Chère Régine, cela est toujours aussi intéressant de faire revivre sous nos yeux tous ces châteaux chargés d’histoire.
Réjouissons-nous que le Conseil général se soit décidé à sauver Randan.
Laurent F
9 octobre 2009 @ 10:59
J’ai habité 20 ans Clermont-Ferrand, je n’ai jamais mis les pieds à Randan, quelle honte ! Bien qu’administrativement en Auvergne, le domaine royal de Randan est situé dans le Bourbonnais, berceau de la dynastie royale française.
le château avant l’incendie
http://cards.geneanet.org/pics/carte/normal/b/boelem946.jpg
http://cards.geneanet.org/pics/carte/normal/b/boelem947.jpg
Si vous voulez tout savoir sur Randan
http://amisdomainerandan.free.fr/index.htm
Laurent F
9 octobre 2009 @ 11:02
Que s’est-il passé à Randan en 1925 ?
Dans la nuit du 24 au 25 juillet, entre 1h00 et 5h30, le feu prend dans le salon chinois de cette magnifique propriété du Puy-de-Dôme, située entre Clermont-Ferrand et Vichy.
Voyant des flammes sortir par la fenêtre, un serviteur donne l’alerte. La duchesse de Montpensier, qui vit rarement au château depuis le décès de son mari, est réveillée par les cris, en langue maternelle, de sa vieille nourrice espagnole. Le personnel s’active pour circonscrire l’incendie. A 5h30, le tocsin retentit dans le village. Les habitants accourent. Sous le commandement du lieutenant Seguin, les pompiers de Randan sont déjà l’œuvre. Mais, faute de pression dans les pompes, l’eau vient à manquer. Malgré des efforts désespérés pour acheminer, le long d’une chaine humaine, l’eau du bassin au château, à l’aide de seaux, les flammes gagnent en intensité et le sinistre se propage rapidement aux étages.
Pendant ce temps, le maire de Randan et le notaire de la famille de Montpensier tardent à revenir de Vichy avec des renforts. Les pompiers de Clermont-Ferrand et de la maison Michelin, sollicités par téléphone, arrivent trop tard.
Le feu n’est pas contenu avant 10h00. A cette heure, les dernières flammes faiblissent sous le jet des lances à incendie. Le château n’est plus qu’un amas noirci de poutrelles métalliques et de pans de murs calcinés. Les étages ont disparu. Le calme est revenu. Le mobilier et les collections d’art, qui ont réchappé tant bien que mal au brasier, reposent sur la pelouse, au soleil. On ne déplore aucun blessé.
A 14h00, des flammes reprennent et donnent le coup de grâce aux derniers planchers qui tiennent encore debout. Des pompiers sont touchés, certains gravement.
La duchesse quitte le château pour Vichy. Afin d’éloigner les curieux et les imprudents, les grilles sont cadenassées et le château placé sous haute surveillance. Le destin de Randan est scellé par une enquête sans conclusion. Des hypothèses, alimentées par les rumeurs locales, sont écartées. Mais le mystère de l’incendie de Randan ne sera jamais élucidé.
Charles
9 octobre 2009 @ 12:09
Laurent F,
Merci de nous faire vivre le recit de ce mysterieux incendie.
DANIELLE
9 octobre 2009 @ 12:14
Merci Laurent F, j’ai revécu cet incendie en direct.
JAusten
9 octobre 2009 @ 12:18
Inès, (vous portez soit-dit en passant ce merveilleux prénom comme ma maman), le golf est le sport qui rapporte le plus actuellement (quand on est numéro 1 bien sûr) :) mais je parlais, et je pense que vous avez compris des Pays du Golf Persique ;)
chantal 2
9 octobre 2009 @ 12:44
Merci Charles et Merci Laurent F de nous faire découvrir ce château et de raconter son histoire.
Audouin
9 octobre 2009 @ 12:48
JAusten (16)
Vous n’avez pas très bien compris ce qu’Inès voulait vous suggérer… Golfe (persique) s’écrit avec un E…C’est de la géographie,non un sport…
chantal 2
9 octobre 2009 @ 12:54
Laurent F,
Je suis comme vous, je n’ai jamais visité Randan. Pourtant, j’habitais le Puy-en Velay, par contre, j’allais souvent à Clermont-Ferrand et j’ai fait de très belles promenades dans le Cantal où les espaces verdoyants et le calme inspirent au repos.
Audouin
9 octobre 2009 @ 12:55
marie-c.(11)
Mon message (5) a du vous échapper…C’est le CONSEIL REGIONAL qui a racheté Randan, non le Conseil général
Marie Christine
9 octobre 2009 @ 13:09
quelle histoire palpitante Laurent F et merci à Charles pour les photos.
Sur la 3eme photo ce sont des serres?
J’aime beaucoup les vases Médicis fleuris de la 1ere photo..
Charles
9 octobre 2009 @ 13:48
Extrait des « Memoires d’exil et de combats », du comte de Paris (1908-1999) se rapportant au domaine de Randan.
« Pourtant, si, j’ai present a l’esprit une scene qui m’a, a l’epoque, beaucoup frappé. J’avais six ans et nous etions en villegiature, ma mere, mes soeurs et moi, a Randan, chez ma grand-mere la comtesse de Paris. Chaque mercredi, nous allions en voiture a Vichy faire des courses. Cela m’amusait follement. Pour le petit bledard que j’etais, Vichy etait la grande ville, feerique, avec ses jets d’eau, ses grands arbres, son asphalte arrose, ses hotels majestueux, ses voitures a chevaux et ses automobiles……. »
Plus loin
« Des que la guerre a ete declaree, mon pere est parti pour la France ou il s’est engage dans la Croix-Rouge, parce que la loi d’exil de 1886 interdisait a tout membre des familles regnantes de servir sous le drapeau francais. Nous l’avons accompagne et nous nous sommes arretes a Randan, chez ma grand-mere.
Aidee de religieuses et de personnes devouees et benevoles, elle s’occupait des blesses. Ma mere et elle, vetues de blanc, une croix rouge au front, pensaient les soldats. Le dimanche, on distribuait des tartes aux pommes dont les soeurs nous faisaient profiter. Je jouais avec les convalescents dans le jardin. »
Philippe Delorme
9 octobre 2009 @ 13:51
JAusten (16). Il s’agit donc des pays du GolfE (Arabo-)Persique. C’est ce que voulait vous dire Inès, avec une pointe d’humour. Ah ! les subtilités de la langue française ! Mais l’anglais distingue aussi « golf » et « gulf »…
PHD
Audouin
9 octobre 2009 @ 13:53
Laurent F.(12)
Selon la plupart des historiens, le berceau de la race royale française se situerait plutôt sur les bords du Rhin…Elle est sortie d’un Robert le Fort, comte d’Angers et de Tours, cité dans un acte de 852 et mort en 866. C’était l’arrière-grand-père de Hugues II, dit Capet, élu roi de France en 987. Ce Robert appartenait à une puissante race du Rhin remontant jusque vers la moitié du VIIIème siècle. Ses membres étaient comtes d’Oberheingau, Wormsgau et Mayenfeldgau. Ils étaient alliés par les femmes aux Mérovingiens et aux Carolingiens et portaient, selon la coutume franque, le prénom héréditaire de Robert.
Quant à la seigneurie de Bourbon, elle entra dans la famille capétienne par le mariage de l’héritière, Béatrix de Bourgogne, baronne de Bourbon avec le sixième fils de Saint Louis, Robert de France, comte de Clermont. Leurs descendants prirent le nom de la seigneurie érigée en duché et constituèrent la nouvelle Maison de Bourbon qui accéda au trône de France avec l’avènement d’Henri IV
Charles
9 octobre 2009 @ 14:24
La comtesse de Paris avait, en effet, mis a la disposition des blesses de guerre, le batiment des cuisines de son chateau. C’est ce batiment bas avec toit terrasse que l’on voit au premier plan de la photo 1. Ce batiment existe toujours puisqu’il na pas ete brule. La terrasse sur le toit des cuisines servait a la famille royale pour se rendre en cortège a la chapelle neo-classique construite au bout des cuisines. Le personnel se rendait a la chapelle par le long couloir des cuisines, aussi emprunte par la famille royale les jours de pluie. La chapelle a conserve son mobilier de Jacob, ses vitraux de Sevres et ses cenotaphes dont celui de Madame Adelaide.
Les cuisines se visitent et l’on decouvre tour a tour la boulangerie, la rotisserie, la boucherie…
Les collections d’animaux empailles du duc de Montpensier, sauvees du chateau lors de l’incendie sont visibles dans le batiment des cuisines. Cette collection exceptionelle, classee Monument Historique a ete entierrement restauree par l’etat, après avoir ete oubliee pendant plus de 75 ans.
De nombreuses photos des princes d’Orleans a la chasse sont aussi visibles.
Philippe
9 octobre 2009 @ 16:15
Personne d’entre vous n’a lu le livre du Prince Michel de Grèce ? La réponse concernant cet incendie est pourtant clairement exprimée. Pour lui en tout cas la réponse est précise.
Charles
9 octobre 2009 @ 17:09
Marie-Christine,
La photo 3 represente l’orangerie du chateau, un tres vaste batiment en cours de restauration. Au 1er plan, ce sont bien les serres de la princesse Adelaide.
JAusten
9 octobre 2009 @ 17:12
a tous ceux qui m’ont repris, j’avais bien saisi l’humour d’Inès, sauf que j’ai refait la faute en tapant…. et ça …. c’est une maladie benigne dont nous sommes excessivement nombreux à être atteints :)
Mais c’est bien vu messieurs !
Ouh lala ! la barre est mise très haut… il va falloir que je me surveille ;)
Colette C.
9 octobre 2009 @ 17:16
Merci, Charles et Laurent F pour toutes ces précisions!
Charles
9 octobre 2009 @ 17:44
Philippe,
Bien entendu j’ai lu et apprecie le livre du prince Michel de Grece. On apprend beaucoup sur la personnalite etrange de l’epouse du duc de Montpensier et les circonstances aussi etrange de l’incendie du chateau.
Le comte de Paris defunt avait invite la duchesse de Montpensier au mariage du comte de Clermont et de la duchesse Marie-Therese de Wurtemberg, future duchesse de Montpensier en 1957 en vue d’un rapprochement. Ce qu’il ne savait pas c’est que cette derniere etait remariee et qu’elle avait fait un testament en faveur de M de Huarte son nouveau mari.
En toute logique, les biens Orleans de la duchesse de Montpensier auraient du revenir au defunt comte de Paris, neveu et meme filleul du duc de Montpensier.