
Le manoir du « Coeur-Volant » se situe sur la commune de Louveciennes, à 10 kilomètres de Paris entre les villes royales de Versailles et de Saint-Germain en Laye. La propriété faisait partie autrefois du domaine de la comtesse du Barry sur les collines de Louveciennes.
Le « Coeur-Volant » a appartenu à Madame Aubernon dont Marcel Proust s’inspira pour camper Madame Verdurin. Le manoir se situe au n°12, route de Marly, à mi-pente de la côte du « Coeur Volant ». Le manoir actuel est plutôt une gentilhommière d’un style anglo-normand. Il a été habité au début du 20ème siècle par le riche ambassadeur argentin de Alvear, futur président de la république d’Argentine et amoureux de la France. Le manoir fut ensuite occupé par les Allemands durant la Deuxième Guerre Mondiale, Goering y séjourna un temps et des abominations y auraient même été perpétrées dans les caves.

Le comte de Paris acheta le domaine en 1952 afin de s’y établir avec la comtesse de Paris et leurs 11 enfants. Il régla l’achat du domaine et les travaux grâce à la vente d’une forêt et d’une parure héritée de la reine Amélie du Portugal.

Le domaine comprend un très vaste parc, le bâtiment principal, une annexe baptisée « Blanche Neige », une maison du 18ème siècle où loge le personnel, des garages et deux serres. le comte de Paris a fait redessiner le parc et restaura le manoir et ses dépendances.

Le comte de Paris et sa famille s’installèrent au Coeur-Volant en octobre 1953 après 20 mois de travaux. A l’époque du prince, le manoir se compose au rez-de-chaussée d’un immense hall d’entrée, d’un salon en rotonde donnant sur le jardin, une salle à manger donnant sur la route de Marly, un immense bureau faisant office de pièce de vie ainsi qu’une salle de jeux en prolongement. Le premier étage est consacré aux appartements privés du comte et de la comtesse de Paris. Le deuxième étage est habité par les princes Henri et François, les princesses Isabelle et Hélène ainsi que par le prince Michel de Grèce.

Une seconde maison genre fermette normande « Blanche Neige » fut aménagée pour loger les 7 princes cadets et leur gouvernante Mademoiselle de Montbron ainsi qu’une salle à manger pour le petit-déjeuner. Le comte et comtesse de Paris venaient chaque matin y prendre le petit-déjeuner. Dans ses mémoires, la comtesse de Paris décrit le « Coeur-Volant » en ces termes : « La maison principale, sans grand caractère, rappelait une villa fin de siècle de Deauville, ne comportait que très peu de pièces mais très spacieuses ».

Le comte de Paris a vendu le domaine au début des années 70. le parc a alors été loti et le manoir vendu à une banque et à une ambassade. « Blanche-Neige » a hélàs depuis perdu de son charme campagnard. (Merci à Charles pour les photos et le texte)
Pierre-Jean
6 avril 2010 @ 06:18
Je m’en doutais que c’était de Charles, vous nous faites tant plaisir avec ces reportage, j’espère que vous pourrez continuer.
Merci pour cet article très intéressant.
LALANNE
13 octobre 2015 @ 04:27
J ai souvent lu des reportages sur le comte et la comtesse de Paris et leur famille dans PDV et cet article m a permis de situer physiquement ce lieu mythique …
GRANDET
31 janvier 2020 @ 13:46
le comte et la comtesse de Paris ont eu 11 ENFANTS. Ici pris en photo dans l’escalier de la maison.
Gaëtan Portier
23 octobre 2016 @ 21:57
Quelqu’un pourrait il me communiquer le témoignage de L.Glaziou en entier : je ne parviens pas à trouver le PDV d’ocazz !
Si quelqu’un pouvait me l’envoyer à cette adresse: gaetportier@yahoo.fr merci d’avance!
Il faudrait faire un article sur ces grands dîners du cœur volant !!
Pomeline
6 avril 2010 @ 07:13
Trop chou ;)
Charlotte
6 avril 2010 @ 07:35
Merci beaucoup à Charles pour cet article.
Quelle ambassade s’y est installée ? Tout semble bien « endormi »
Clémentine
6 avril 2010 @ 07:39
quel plaisir Charles ! Merci pour ce reportage.
Marie 29
6 avril 2010 @ 07:52
Merci beaucoup Charles.
Je ne voyais pas du tout la propiété sous cet aspect, mais plutôt un genre d’un petit château au milieu d’un grand parc.
Marie de Bretagne où la journée ne sera pas encore au top
marie louise
6 avril 2010 @ 07:58
Suis très contente de mieux connaitre ce lieu que la comtesse de Paris a tant aimé et dont elle en a beaucoup parlé!Merci!
monique
6 avril 2010 @ 07:58
Je le connais très bien pour y avoir séjourner plusieurs jours il y a bien longtemps car j’ai travaillé pendant 38 ans et demi dans cette grande banque qui l’a acheté.
Merci Charles…. cela me rappelle d’agréables souvenirs !
stef34
6 avril 2010 @ 08:04
très belle maison que je ne connaissais que de nom.
merci charles pour ces photos .
colette 1
6 avril 2010 @ 08:35
Merci pour ce reportage, cela me rappelle des souvenirs avec les lectures de PDV de l’époque, où l’on suivait la vie de Madame et des enfants.
Trianon
6 avril 2010 @ 08:38
Merci pour ce reportage,je me souviens quand j’étais « jeune », chez mes grands parents je lisais des vieux Match et Point de Vue, on y voyait souvent la famille d’Orléans dans cette demeure…
Agnès
6 avril 2010 @ 08:51
oh oui charles, vraiment cet article me plaît beaucoup.
Charles
6 avril 2010 @ 08:53
Charlotte,
Le manoir est desormais la maison de campagne de l’ambassadeur de Guinee a Paris. Un manque d’entretien est évident.
Le manoir a été conserve en l’état. Seules deux portes ont été percées au centre de la façade, a partir des quatre fenêtres du hall d’entrée, face au grand escalier de chêne. Le grand hall a été aussi sépare en deux.
Arielle
6 avril 2010 @ 08:55
Merci beaucoup, Charles, vous avez répondu aux questions que je me posais depuis longtemps sur ce lieu qui me faisait fantasmer autrefois.
Charles
6 avril 2010 @ 09:13
Pierre-Jean et Clementine,
Mon but est de faire plaisir a ceux qui ont de l’affection pour nos princes. Le « Coeur-Volant » marqua la vie de la Maison de France durant vingt ans et restera a jamais l’emblème de cette famille de France nombreuse a leur retour d’exil, ou tout paraissait encore possible.
La maison « Blanche-Neige » a été restaurée mais a perdu son côte fermette normande et serait devenue une maison particuliere d’habitation.
J’ai été particulierement ému de retrouver ces lieux…
minou
6 avril 2010 @ 09:15
Comme disait Pierre-Jean, je me doutais bien que c’est notre Charles, en tout cas , c’est bien triste , le domaine se retrouve morcelé …….
Une histoire que je ne connaissais pas , merci à Charles .
CAROLINEVM
6 avril 2010 @ 09:49
Merci Charles pour cette exclusivité : mettre enfin une image sur un nom après tant d’années…
gregory
6 avril 2010 @ 10:52
un style quelque peu « tarabiscoté »,mais qui confère néanmoins de la personnalité à ce type de maison.
par contre,le manoir donne directement sur la rue?
(on imagine toujours ce type de demeure perdu au milieu d’un grand parc)
CarmenB
6 avril 2010 @ 11:10
des images et reportage de ce genre justifient pleinement la vocation de ce site
Ils informent et instruisent et sont moins stériles que les débats sans objets éternellement ressassés……
Merci
Sylvie
6 avril 2010 @ 11:52
Reportage très interessant ; je me demandais justement si cette propriété existait toujours . Elle n’a malheureusement pas l’air en très bon état .
corentine
6 avril 2010 @ 11:59
Charles
c’est un vrai plaisir, je vous remercie beaucoup
un petit complement, si vous le permettez Charles
extrait du PDV numero 1180 du 5 mars 1971
« Les confidences de Lucien Glaziou, maître d’hôtel de la Famille de France » recueillies par Jeanne Sendi.
« J’entrai le 2 mai 1955, dans une maison qui allait devenir la mienne pendant plus de trois ans…..
La maison : ce n’etait pas un château. Plutôt une demeure bourgeoise , une sorte de faux manoir normand, pas très joli mais confortable et propre à accueillir une grande famille.
Le plus grand attrait, c’etait le parc magnifique et valloné.
La sitution : à un quart d’heure de voiture de l’Etoile, dans une banlieue très noble à l’orée de la forêt de Marly. (actuellement proche de l’ensemble immobilier Parly II).
le rez de chaussée du manoir était réservé à la reception. Du hall partait le monumental escalier de chêne dominé par le portrait de Louis XIII par Philippe de Champaigne. Au fond le bureau du prince, très sobrement meublé. A gauche, le grand salon, dont le parquet était recouvert d’un tapis des Gobelins aux fleurs de lys. Dans un coin, un petit secretaire ayant appartenu à Marie-Antoinette et une toile de modestes dimensions signée Corot et intitulée « au bord de la rivière » qui me ravissait bien plus que les solennels Winterhalter qui l’avoisinaient. Aux fenètres pendaient des doubles rideaux dans les tons brun-rouge.
La salle à manger ne faisait pas loin de 100 m carrés. En son centre une immense table ovale en acajou, à un seul pied central, qui pouvait se déplier et accueillir jusqu’à 140 personnes. Une grand porte par laquelle se faisait le service était masquée par des tapisseries d’Aubusson.
La cuisine était très bien agencée mais selon la mode d’autrefois. Derrière, il y avait une grande salle pour le personnel, mais la famille s’installait volontiers là, après les receptions pour bavarder.
Je n’avais guère l’occasion de monter dans les étages, c’etait le rôle des femmes de chambre.
Au premier, il y avait la chambre du prince assez austère et celle de Madame très romantique. Elles donnaient sur le parc, séparées l’une de l’autre par une petite chapelle.
Le second était le domaine des enfants. Tout au moins des 4 grands et du prince Michel de Grece. Chacun avait sa chambre. Chaque chambre avait sa personnalité. Je me souviens que la princesse Isabelle avait accroché à sa porte une pancarte « don’t disturb » comme on en trouve dans les hôtels. Il y avait à cet étage aucun meuble de valeur. Il y régnait surtout un aimable désordre.
Un autre batiment dans le parc était réservé aux plus jeunes enfants « Blanche Neige ». C’est là que l’on servait les petits déjeuners pour tous ceux qui le désiraient.
Un pavillon annexe avec une vingtaine de chambres était alloué au personnel. Il y avait encore des dépendances pour les jardiniers et les chauffeurs.
La vie de famille se déroulait sous le signe de la simplicité. Tout luxe, tout snobisme étaient absents.
Le personnel avait l’impression de participer à la vie quotidienne et presque de faire partie de la famille. Jamais les conversations ne s’arrêtaient en notre présence.
Le train de vie ne devenait vraiment royal qu’en présence des invités de Monseigneur. Mais ils étaient nombreux. Durant le temps où je fus à son service, il y eut toutes les semaines trois déjeuners et trois diners où furent conviés des rois, des reines, des altesses royales, des ambassadeurs, des personnalités politiques, scientifiques, du monde des arts, des lettres..
Pour les grandes occasions on demandait à un grand traiteur de nous fournir les extras. Le service devait être impeccable et le majordome était très strict.
C’est vraiment là que j’ai appris mon metier. nulle part ailleurs je n’aurai rencontrer une telle perfection. Madame s’occupait assez peu de l’organisation, c’etait toujours Monszeigneur.
Lorsqu’il y avait des receptions, les mets étaient recherchés, très bons. Mais le champagne et le whisky étaient considérés comme un luxe. S’il n’y avait eu que Madame, il y en aurait eu plus souvent.
Le prince savait donner des ordres. Il ne commandait pas, il suggerait mais on ne pouvait jamais lui désobéir. Il n’oubliait jamais de remercier et se montrait indulgent lorsqu’il y avait une erreur involontaire ou un ccident.
Toute la famille était d’une politesse exquise.
Monseigneur était un homme methodique, ponctuel. Il se levait tous les matins à 7h et montait à cheval dans la forêt de Marly ou de Saint Germain. C’etait un excellent cavalier qui souvent n’utilisait pas de selle.
Il s’enfermait ensuite dans son bureau au Coeur Volant ou partait pour la rue de Constantine à Paris où était situé son secretariat politique.
le prince fumait beaucoup, deux paquets de gitanes mais par jour environ. Il était très simple de rapports, très serviable. Bine davantage que les gens ne l’imaginaient.
Monseigneur avait horreur d’un certain milieu mondain qu’il jugeait frelaté. Il sortait peu. »
Gaëtan Portier
23 octobre 2016 @ 22:02
Pourriez vous me communiquer ce témoignage en entier : je ne parviens pas à trouver le PDV d ocazz !
Si vous voulez bien m’écrire à l adresse : gaetportier@yahoo.fr merci d avance
PS : puisque je ne suis pas très adroit avec internet j ai aussi poste ce commentaire en réponse au premier de la liste mais tant pis!
Agnès
6 avril 2010 @ 12:17
merci Corentine,
c’est très agréable de lire tout ça, cela nous replonge dans un certain passé avec point de vue. Nous n’aurons plus jamais ce genre d’articles, il est bien évident que les petits enfants de France n’ont pas envie de se dévoiler ainsi.
Charles
6 avril 2010 @ 12:18
Corentine,
Merci pour votre complément d’information.
Ce temoignage du maitre d’hotel du prince est fort interessant.
Beatrix
6 avril 2010 @ 12:29
Merci à Charles et à Corentine pour toutes ces précisions.
Charles
6 avril 2010 @ 12:35
Gregory,
Je vous confirme bien volontiers que le dos du manoir du « Coeur-Volant » donne directement sur la route de Marly. C’est effectivement dommage que le manoir n’ait été construit au centre du parc, d’autant que la route de Marly est très fréquente aujourd’hui.
Arielle
6 avril 2010 @ 12:45
Fascinant. Merci encore à Charles, et à Corentine pour ses précisions.
Tatami
6 avril 2010 @ 12:53
Quel enchantement de voir ce reportage sur ce manoir !
Via le témoignage du maître d’hôtel du prince, on peut se plonger dans l’histoire de la maison d’Orléans et de ses princes!
Merci beaucoup Charles et Corentine !
et Régine pour le site!
R-N
6 avril 2010 @ 13:03
« Je – suis un fu-meur de Gi-ta-nes !!!!! » La la la la la la !!!!!!!
Ah quel homme, était Henri !
Et sur ces toits pentus on pourrait faire de la luge !
patricio
6 avril 2010 @ 13:10
merci beaucoup Charles et Corentine, j’ ai adoré
amities
patricio
Michèle
6 avril 2010 @ 13:36
Merci Charles pour ce merveilleux reportage que de souvenirs vous faites revivre.
Je me souviendrai toujours du jour où nos parents nous ont annoncé que la famille de France s´installait au manoir du « Coeur Volant »
Lorsque le Comte de Paris et sa famille est revenu vivre en France il y avait souvent des reportages de la « famille royale » dans les journaux et lorsque Point de Vue image du monde arrivait nous les plus jeunes vivions un moment merveilleux avec les petits princes
chantal 2
6 avril 2010 @ 13:38
Charles,
Merci pour ce reportage très intéressant, le partage de vos connaissances est remarquable, j’apprécie beaucoup.
Corentine,
Merci pour vos informations complémentaires.