
Depuis l’abdication de l’Empereur Akihito en avril dernier et l’intronisation de son fils, l’Empereur Naruhito en octobre 2019, le serpent de mer de la succession au trône japonais refait surface, alors que la naissance (très surprenante pour beaucoup de commentateurs et connaisseurs de la famille impériale) du Prince Hisahito en septembre 2006 avait temporairement clôt les prémisses des débats de 2006 sur le sujet.
Or, le problème n’est toujours pas résolu, puisqu’après l’Empereur Naruhito, son frère le Prince héritier Fumihito (53 ans) et le fils de ce dernier le Prince Hisahito (12 ans), le seul héritier possible selon les lois actuelles de la Maison impériale est le Prince Hitachi (83 ans), « jeune » frère de l’Empereur Akihito.
Après lui : plus un seul héritier mâle direct.

Pour bien comprendre la situation, il faut faire un petit retour en arrière. En janvier 2005, le Premier ministre Junichiro Koizumi et son gouvernement entament des débats avec des spécialistes du droit et de l’Histoire japonaise afin de proposer des pistes permettant la survie (puisque c’est de cela qu’il s’agit) de la famille impériale. À l’époque, le Prince Hisahito n’est pas né, et personne, alors, n’imagine que cette naissance miraculeuse va venir sursoir (très temporairement) à la situation.
En réalité, d’ailleurs, des discussions secrètes avaient débuté dès 1997, sous le gouvernement de Ryutaro Hashimoto. Ces discussions secrètes continuèrent jusqu’en 2004, juste avant que Koizumi ne soit nommé Premier ministre. Et c’est sur la base des rapports secrets remis alors que les discussions officielles débutèrent en 2005.

D’emblée, ces propositions tournent très vite autour d’une idée principale : supprimer l’idée de ligne mâle afin que les femmes puissent monter sur le trône.
Une autre piste est aussi soulevée à l’époque : la possibilité pour le prince héritier et son épouse d’adopter un « enfant mâle » dans l’une des branches exclues de la succession par la nouvelle loi impériale de 1947 (fortement influencée par les exigences de l’occupant américain). Or, la loi de 1947 l’interdit formellement. Il s’agirait donc, dans tous les cas, de revoir complètement les lois de la Maison impériale.
Pendant ces débats, les ultra-conservateurs sont déjà au travail afin de miner toute tentative de changement de ces règles impériales d’un « autre temps » (1947 n’est pas si loin, mais ce qui partait au départ d’un « bon sentiment » – réduire les branches pléthoriques de la famille impériale en raison des soucis économiques évident du pays après la guerre – est devenu un casse-tête absolu pour sa survie même. Je reviens sur cet aspect plus loin).
Le propre cousin de l’Empereur Akihito, le Prince Tomohito de Mikasa, ira jusqu’à prendre parti dans le débat (ce que la famille impériale n’est pas censée faire) afin de proposer ni plus ni moins la réintroduction des concubines dans la famille impériale. Pratique qui n’a cessé que sous l’Empereur Taishō, autrement dit au début du XXe siècle.
Ce qui peut sembler une idée saugrenue, prend tout son sens lorsqu’on remet en perspective le fait que, pour ces ultra-conservateurs, la ligne mâle est devenue une forme de mythologie dans la mythologie de la famille impériale.
D’après eux, et les Historiens du XIXe siècle qui ont lancé les premières grandes lignes du mythe en question, la lignée impériale japonaise serait ininterrompue depuis l’Empereur mythique Jinmu qui serait monté sur le trône en 660 av. JC. Descendant direct de la déesse du Soleil Amaterasu, dont il aurait reçu en main propre les trois trésors du trône du chrysanthème : l’épée, le miroir et le joyaux qui sont présentés à tout prince héritier qui accède au trône, comme ce fut le cas lors des cérémonies de mai dernier. Selon cette légendaire lignée, le nouvel Empereur Naruhito serait donc le 126e Empereur en « ligne directe ».
En réalité, bien évident, les choses ne sont pas si simples !
- Il n’existe quasiment aucune preuve historique concrète pour une majorité des Empereurs « identifiés » avant le VIe siècle ap. JC. Notamment Jinmu.
- Quand bien même la descendance impériale après le VIe siècle serait plus « certaine », en réalité, celle-ci n’est absolument pas si « directe » que le discours conservateur veut bien le laisser croire. Beaucoup de ces Empereurs sont issus de concubines, et non des Impératrices en titre.
- Huit Impératrices ont régné sur le Japon par le passé (entre parenthèses, leurs dates de règne) : Les impératrices Suiko (592-628, première impératrice avérée historiquement) ; Kōgyoku (642-645) ; Saimei (655-661) ; Jitō (686-697) ; Genmei (707-715) ; Genshō (715-724, fille de la précédente) ; Kōken ou Shōtoku (749-758) ; Meishō (1629-1643) et, enfin, Go-Sakuramachi (1762-1771).
Bien entendu, ces Impératrices étaient considérées plutôt comme des régentes, dans l’attente qu’un enfant mâle soit en âge d’hériter du trône. Cependant, toutes ces femmes ont bien régné, et étaient reconnues au même titre que les Empereurs en titre qui les précédaient ou leur succédaient.
- Enfin, et surtout, étant données les relations familiales très complexes que le système des concubines engendraient, ainsi que le taux de mortalité infantile important jusqu’à une époque récente, en réalité, beaucoup d’Empereurs étaient des cousins, demi-frères ou même des cousins éloignés des Empereurs de la première heure.
Pour prendre un exemple récent, l’Empereur Taishō (1912-1926), fils de l’Empereur Meiji, n’était pas du tout un « fils légitime », puisque sa mère n’était pas l’Impératrice Shōken, mais une concubine du nom de Naruko Yanagihara. L’impératrice n’ayant pas eu d’enfants (d’où la proposition du Prince de Mikasa de réintroduire le système des concubines…).
En 2011, les discussions concernant la succession au trône ont repris, avec de nouvelles propositions (mais de nouveau dans le but de prévenir toute possibilité pour une femme de monter sur le trône) : non seulement que le Prince héritier et son épouse puissent adopter un garçon d’une des lignées impériales exclues en 1947 (l’Impératrice Shōken ayant accepté d’adopter le fils de la concubine Yanagihara, afin de lui donner une légitimité), mais aussi que les femmes encore membres de la famille impériale puissent fonder leur propre lignée après mariage, et restent ainsi membres de la famille impériale.
Depuis, en octobre 2019 une nouvelle suggestion s’est ajoutée à la liste : que les femmes de la famille impériale soient autorisées à épouser leurs cousins des lignées exclues en 1947. Afin que l’un des mâles de ces branches soit alors accepté/adopté dans l’ordre de succession.
Qu’est-ce que cela implique pour la famille impériale actuelle ?
Aujourd’hui, il reste six princesses dans la famille impériale : Aiko (fille de l’Empereur actuel) ; Mako et Kako (filles du Prince héritier Fumihito), Akiko et Yōko (filles du Prince défunt Tomohito de Mikasa) et Tsuguko (fille du Prince défunt de Takamado).

La princesse Aiko du Japon

La princesse Mako du Japon

La princesse Kako du Japon

La princesse Akiko de Mikasa

La princesse Yoko de Mikasa

La princesse Tsuguko de Takamado
L’idée serait donc que :
- L’Empereur et l’Impératrice adoptent un enfant mâle d’une des lignées impériales survivantes exclues en 1947.
- Que l’une des princesses actuelles épouse l’un de ses cousins d’une de ces branches survivantes.
- Que les conservateurs évitent à tout prix qu’une femme monte sur le trône, ou puisse fonder sa propre lignée après avoir épousé un roturier. Certains hommes politiques ayant même évoqué, lors des débats de 2005, la possibilité hérétique à leurs yeux, que l’une des princesses puisse avoir l’idée « d’épouser un étranger aux yeux bleus » était impensable (ce qui serait sans doute le pire crime de lèse-majesté qui puisse exister visiblement… ou le pire qui puisse arriver à une femme de la cour impériale… On ne sait jamais, vous savez bien les femmes sont tellement « irrationnelles » ?!). Bref… No comment sur ce délire raciste et paranoïaque.
Mais, qu’est-ce que cela signifie, du point de vue de ces branches survivantes ? Où en est-on exactement en ce qui les concerne ?
A ce jour, difficile à dire… Mais, il est de toute façon certain qu’une fois de plus il s’agirait d’une réformette temporaire qui ne résoudrait pas le problème sur le long terme.
Comme toutes les branches de la famille impériale, les branches exclues ont eu tendance à produire beaucoup plus de filles que de garçons ! Et, surtout, à avoir moins d’enfants que par le passé (à l’image de la société Japonaise dans son ensemble… Avoir des enfants au Japon coûtant très très cher).
Parmi les onze branches collatérales de la famille Impériales, pour la plupart issues de concubines, de frères et cousins des Empereurs Meiji et Taishō, six sont survivantes aujourd’hui, les familles : Kuni ; Kitashirakawa ; Kaya ; Asaka ; Higashikuni et Takeda.
Ces branches, ne comprennent aujourd’hui que très peu d’héritiers mâles célibataires et d’âge approprié pour épouser l’une des Princesses actuelles, et la branche Higashikuni n’en comporte aucun, le dernier héritier mâle Higashikuni étant né en 1974.
Par ailleurs, ces suggestions de mariages collatéraux ne feraient que renforcer la consanguinité de la famille impériale, déjà à l’origine de nombreux problèmes parmi les membres de la famille impériale actuelle. L’Empereur émérite Akihito ayant eu une santé fragile toute sa vie, qui a entrainé sa demande de se retirer avant d’attendre son décès comme c’est normalement l’usage. L’une des suggestions les plus absurdes de ce point de vue ayant été que le petit Prince Hisahito épouse sa cousine la Princesse Aiko à sa majorité !
Bref, avec leur délire de vouloir préserver la dynastie dans sa lignée strictement mâle, les ultra-conservateurs sont sans doute en train de favoriser l’extinction pure et simple de la famille impériale… Mais, peut-être, finalement, est-ce volontaire de leur part, afin de ne plus avoir qu’eux-mêmes au sommet de l’État japonais d’ici quelques décennies ? (Un grand merci à Olivier d’Abington pour cette analyse depuis le Japon)
Caroline
28 octobre 2019 @ 12:08
Quel casse- tête ‘ japonais ‘ à la lecture de cet article fort intéressant !
Pourrais- je déduire que le nouvel emperereur du Japon ne s’ entend pas avec son frère? Sinon, son neveu serait très bien pour succèder à son oncle !
Ou son futur petit- fils chez sa fille unique?
Jean Pierre
28 octobre 2019 @ 12:14
Article complet, clair et précis.
On pourrait croire que la réponse se trouve chez les jeunes générations japonaises qui sont les seules à pouvoir secouer les archaïsmes sexistes de leur société.
Lunaforever
28 octobre 2019 @ 12:49
Casse – tête…japonais !
Kuro
28 octobre 2019 @ 13:14
Merci à Olivier pour cette article plus que nécessaire ici, beaucoup ne connaissent pas les tenants et les aboutissants concernant cette crise de succession impériale japonaise. La situation est tellement préoccupante et on a beau cherché des solutions et prendre le problème dans tout les sens, la seul solution, c’est de laisser les femmes monté sur le trône et pouvoir rester dans la famille impériale après leur mariage.
Ce qui dérange le plus les conservateurs, ce n’est pas d’avoir une Impératrice régnante (il y en a déjà eu par le passé, ce n’est pas ça le problème) mais que les fils et filles de ces impératrices né(e)s de pères extérieurs à la lignée impériale deviennent empereurs/impératrices à leur tour, ce qui n’est jamais arrivé jusqu’à maintenant. Si cela arrive, il y aura une nouvelle dynastie sur le trône, celle de leur père roturier (il suffit de voir du côté des monarchies européennes quand une femme accédait au trône, la dynastie changeait). Voilà pourquoi ils souhaitent réintroduire les cousins des lignées exclues en 1947, ce ne sont pas de simples roturiers puisqu’ils sont de sang impérial, descendants d’empereurs. J’ai vu aux informations japonaises qu’ils restaient 7 hommes célibataires dans les branches collatérales de la famille impérial : 5 adolescents et 2 dans la vingtaine, et qu’ils ne seront pas « forcés » à réintégré la famille impérial par mariage ou adoption si ils ne le souhaitent pas. Mais je suis sûr que le Kunaisho et le gouvernement japonais leur mettront une pression monstre (ainsi qu’aux princesses pour leurs mariages avec ces cousins) pour qu’ils acceptent, surtout qu’au Japon et en Asie en général, penser au collectif, au devoir et à l’honneur familial avant soi-même et ses propres intérêts est quelque chose de très important, il serait très mal vu de refuser, donc ils partent déjà confiant, ils trouveront quelqu’un. Surtout qu’il s’agit ici d’enjeux nationaux importants : empêcher la plus ancienne dynastie régnante au monde de s’éteindre.
À mon avis, si cette loi passe, Aiko régnera et montera sur le trône, étant donné qu’elle est la fille de l’empereur actuel et qu’il est mieux de suivre la ligne de succession directe. Ses enfants pourront lui succéder car leur père (le cousin d’Aiko) ne sera pas un roturier mais un membre de la famille impériale. Mais cela ne garanti pas la stabilité, car si le couple n’a pas d’enfants ou de garçons par la suite : encore une impasse. Et si ils n’ont que des filles, elles devront se marier à un cousin pour succéder à leur mère ?
Je me dis que dans un futur proche, le gouvernement ne sera pas toujours ultra-conservateur comme celui d’aujourd’hui donc les choses changeront peut-être un jour…
Mayg
28 octobre 2019 @ 13:18
« Épouser un étranger aux yeux bleus était impensable » Que le Japon reste avec ses idées rétrogrades, limites racistes, il sera le seul responsable de la disparition de la famille impériale.!
Delphine
29 octobre 2019 @ 15:08
J’ai bien ri en vous lisant car vous êtes choqué(e) que le Japon ne veuille pas d’un étranger aux yeux bleus mais je vous signale que les cours européennes n’accepteront jamais non plus une fille aux yeux bridée comme princesse héritière donc il faut arrêter de se voiler la face car le racisme c’est partout. Je me souviens encore lorsque le roi Baudouin était encore vivant une certaine presse avait émis l’hypothèse qu’il puisse y avoir mariage entre celui qui était encore à l’époque le prince Philippe et la fille unique de l’empereur du Japon (père de l’empereur actuel), il y avait eu beaucoup de commentaires racistes et peu aimable donc balayons d’abord devant notre porte avant de vouloir balayer devant celle des autres….Je vois également comment Meghan est traitée ce n’est pas jolie jolie, on fait semblant de dire que c’est dû au fait qu’elle ne respecte rien mais je n’ai pas oublié la photo représentant son bébé quelques heures après sa naissance et il s’agissait d’un petit singe donc….
Mayg
30 octobre 2019 @ 13:17
A quel moment ai je écrit que les cours européennes étaient un exemple en la matière. Je suis bien une des premières à dénoncer le traitement que certains font subir à Meghan parce qu’elle est métis. On peut citer, l’attitude et certaines remarques de Marie Christine de Kent, envers les noirs. De même, si je ne me trompe pas, lorsque Maria Teresa allait épouser le futur grand duc, elle a eu droit à des remarques concernant ses origines cubaines…
Pour ma part, je ne tolère aucune forme de racisme, d’où qu’elle vienne.
Brigitte - Anne
28 octobre 2019 @ 13:41
Merci à Olivier d d’Abington pour cette explication concernant les lois successorales au Japon. Un vrai casse tête chinois. Par ailleurs, le sexe de l enfant est déterminé à la 8 ème ou 9 ème semaine chez l embryon . Je ne vois pas comment on peut faire une fiv en sélectionnant un garçon. Et si c était tout simplement dame nature qui avait fait naître ce petit garçon. Par ailleurs, la princesse Aiko me paraît, jusqu’à présent, un peu timorée. Le temps apportera des solutions pour le pays du chrysanthème. On ne peut guère juger avec notre regard occidental.
Namaste
31 octobre 2019 @ 00:45
?? déterminé sur l’échographie à la 8ème semaine peut-être, mais XX / XY dans l’ADN ça vous dit quelque chose ??
Il y a des pays où il est autorisé de proposer commercialement le choix du sexe du bébé.
Juliette
28 octobre 2019 @ 14:06
Ce qui me semble le plus hallucinant dans cet article c’est la proposition de marier les 2 cousins ensemble…. Et hormis la question du manque d’héritier mâle il se pose aussi la question du manque de personnes pour accomplir les devoirs d’une famille régnante : parrainage d’associations, représentations officielles,…. Car de ce que j’ai compris les princesses impériales n’ont plus aucune fonction officielle une fois mariée….
Antinéa
28 octobre 2019 @ 14:42
C’est tout ce que vous avez à dire c’est vraiment pathétique de votre part.
Albertina
28 octobre 2019 @ 17:57
Article très clair et complet. Merci à vous.
Je suis persuadée que dans quelques années le prince Hisahito sera marié dès que possible avec une jeune femme dûment sélectionnée par l’IHA.
Et qu’il aura surtout, voire uniquement, des garçons, car il sera alors employé la même méthode que pour lui-même en 2006… Je n’ai pour ma part jamais cru un instant que la naissance, avec le « bon « genre, d’un enfant né d’une mère quadragénaire et dont la dernière grossesse datait de plus de dix ans , était uniquement le fait de Dame Nature…
Thibaut le Chartrain
28 octobre 2019 @ 18:31
Merci pour ce très intéressant article et merci à ceux qui ont complété (en particulier Laurent F). Mais j’ai un peu de mal à comprendre où est l’urgence de changer la loi puisque le prince Hisa-Hito a 13 ans et qu’il est susceptible d’avoir une nombreuse descendance (mâle bien sûr, aidé ou non par les techniques modernes dont l’usage ne me parait pas choquant) ?
ciboulette
28 octobre 2019 @ 19:45
Merci , Olivier d’Abington . Un article intéressant , mais un contenu effarant …Ils descendent bien d’une déesse , non ? Alors ?
plume
28 octobre 2019 @ 20:00
Je n’ai rien compris et ne cherche pas à comprendre. Ce n’est pas grave.
Roxane
28 octobre 2019 @ 22:50
Merci Olivier, c’est très intéressant.
Sommes-nous sûrs que le petit prince Hisahito soit l’enfant biologique de ses parents ? Autrement dit : le « miracle » de sa naissance est-il un miracle de PMA ou un miracle d’adoption masquée…? Mais dans ce cas, on aurait peut-être réalisé le miracle au sein du couple héritier… Donc, peut-être qu’il s’agit plutôt du premier type de miracle… Voilà en tout cas un enfant qui aura été « désiré »… mais peut-être pas pour les meilleures raisons du monde… … … Ce pays et sa culture me dépassent.
Kuro
28 octobre 2019 @ 23:29
« Ces branches, ne comprennent aujourd’hui que très peu d’héritiers mâles célibataires et d’âge approprié pour épouser l’une des Princesses actuelles, et la branche Higashikuni n’en comporte aucun, le dernier héritier mâle Higashikuni étant né en 1974. »
Le chef de la branche Higashikuni, Nobuhiko Higashikuni est mort en mars dernier à l’âge de 74 ans, et c’est son fils Yukihiko (né en 1974) qui lui succéde. Je ne retrouve plus la source mais j’ai lu quelque part qu’il ne resterait que trois branches ayant + de 2 générations d’héritiers mâles : Higashikuni, Kaya et Takeda. J’ai vu aussi qu’il y aurait 7 potentiels héritiers mâles parmis toutes les branches (5 adolescents et 2 dans la vingtaine) (Source : https://www.sankei.com/life/news/191028/lif1910280004-n1.html) donc logiquement si on croise les sources, ces 7 héritiers viendrait des branches Higashikuni, Kaya et Takeda ?
En vérité, avec le peu d’information en notre possession concernant ses familles (étant donné que ce sont des citoyens lambdas comme vous et moi), il est difficile à dire si elles comportent des d’héritiers mâles.
Laurent F
29 octobre 2019 @ 13:59
Il sont citoyens lambda pour nous européens mais pour l’Agence de la Maison Impériale non ! Beaucoup occupent encore de hautes fonctions dans la religion shintoïste que seuls les membres de la famille impériale peuvent occuper. Voyez le cas de la sœur de Naruhito qui a perdu son statut impérial en 2005 et qui depuis est devenue grande prêtresse du sanctuaire d’Ise en succédant à ses tantes Atsuko et Kazuko, filles d’Hiro-Hito
Laurent F
29 octobre 2019 @ 14:13
Pourriez-vous nous faire un petit résumé de l’article qui est en japonais. J’ai quelques notions très lointaines et je suis bien incapable de comprendre de quoi il retourne.
Kuro
30 octobre 2019 @ 14:18
Pour résumé : 44 membres du PLD (Parti libéral-démocrate du premier ministre Abe Shinzō) ont élaboré une proposition de loi visant à permettre aux hommes non mariés des ex-branches impériales (Ōke) de revenir au statut impérial par adoption ou par mariage. Ils reconnaissent que le mariage doit être « fondé sur le libre arbitre » et que ces potentiels héritiers ne seront pas forcés à être réintégré dans la famille impérial si ils ne le souhaitent pas. De plus, information crucial : on apprends dans cette article qu’il y aurait 7 hommes célibataires dans ces ex-branches impériales : 5 adolescents et 2 au début de la vingtaine. Donc oui, ces branches collatérales comportent bien des héritiers mâles, et très jeune qui plus est.
Les princesses Akiko (37 ans), Yoko (36 ans) et Tsuguko (33 ans) sont bien trop âgés pour épouser des cousins aussi jeunes, l’écart d’âge est bien trop grand.
La princesse Mako (28 ans) est déjà engagée dans une relation avec Kei Komuro mais depuis la polémique concernant les problèmes financiers rencontrés par la famille Komuro qui a entrainé le report de leur mariage en 2020, nous ne savons pas si ce mariage aura bien lieu ou pas. La princesse Mako approche de la trentaine, donc là encore, l’écart d’âge est important.
La princesse Kako (25 ans) a quand même bien entamé la vingtaine, ça reste possible mais bon, je doute que cela se fasse.
La princesse Aiko, 17 ans, est donc bien la seule qui a un âge approprié pour épouser l’un de ses cousins.
Olivier d'Abington
2 novembre 2019 @ 09:40
Merci cher Kuro pour ces précisions!
Un autre détail, à ce jour, il semblerait que la princesse Kiko n’ait pas de projet de mariage et souhaiterait se consacrer à ses devoirs de princesse.
Cependant, pour revenir sur le soi-disant « libre arbitre » du mariage… On sait ce que le Kunaicho et le gouvernement de l’époque en ont fait lorsqu’il s’est agit du mariage du prince héritier avec la jeune Masako.
AUCUN choix pour la jeune femme! On le lui avait bien fait comprendre.
nck
29 octobre 2019 @ 01:24
Un grand merci à Olivier d’Abington pour cet article de fond ! C’est très intéressant, ça ne me dérangerait pas d’en lire plus souvent de ce genre !
Surtout que, barrière de la langue oblige, il n’y a pas beaucoup de moyens de connaitre l’actualité de la famille impériale japonaise et ce genre de débat nous est inaccessible si l’on n’est pas nippophone.
Marie de Cessy
29 octobre 2019 @ 07:53
Merci pour cet article précis.
guizmo
29 octobre 2019 @ 08:14
Merci beaucoup pour cette analyse très complète. Cela m’a aidé à y voir plus clair si je puis dire.
Mary
29 octobre 2019 @ 12:29
Ces japonais sont bien compliqués…
Je ne vais pas m’inquiéter pour eux. La solution la plus simple est évidente , laisser les filles être successibles. Si elle n’est pas appliquée, c’est que des intérêts que nous ne pouvons que supposer s’y opposent.
Menthe
29 octobre 2019 @ 17:27
Merci pour cet article qui répond à des interrogations que je me posais sur la loi de succession de la famille impériale.
Apprendre du « neuf intéressant » tous les jours ! devise que j’essaie de m’appliquer.
Laurent F
29 octobre 2019 @ 14:35
une photo de toute famille impériale prise dans les années 1995. Sont présentes les anciennes familles qui ont perdu leur statut impérial en 1947
http://livedoor.blogimg.jp/remmikki/imgs/a/8/a8233376.jpg
Olivier d'Abington
30 octobre 2019 @ 14:13
Merci Laurent F pour tous vos compléments d’informations!
J’ai eu beau chercher, je n’ai jamais réussi à trouver les liens que vous nous avez généreusement servis en commentaires! (Les mystères d’internet).
Alors que j’ai longuement cherché pour trouver ne serait-ce que le nombre de descendants mâles actuellement disponibles.
Et cette photo est exceptionnelle!
Il serait intéressant:
1. d’avoir le nom de toutes ces personnes.
2. De faire le calcul de ceux qui sont encore vivant aujourd’hui… Il ne doit plus rester grand monde (notamment parmi les hommes).
Bernard Hivert
29 octobre 2019 @ 17:18
Monsieur d’Abington, On apprend toujours de ses erreurs,et ma réaction,à votre égard,en était une,tant elle était disproportionnée,par rapport à l’intérêt que j’ai trouvé à vous lire! En fait,vous m’avez appris bien des choses complexes,sur les méandres de la successsion au Trône du Japon,et je vous en remercie! N’y voyez aucune goujaterie,contrairement à ce que pense Nozzari,mais Leonor,et d’autres lecteurs de ce site,ont eu raison de relever le manque de tact de ma réaction! L’essentiel était ailleurs,et ne passons pas à côté!
Je vous prie,ainsi que celles et ceux que j’ai pu heurter, d’accepter mes excuses les plus sincères.
Bernard Hivert.
Olivier d'Abington
30 octobre 2019 @ 14:08
Cher Bernard Hivert,
Merci pour ces excuses!
Elles sont acceptées! :-)
En lisant maintenant ce nouveau message, je crois comprendre que votre message initial tentait en fait de dire que mon article aurait été bien mieux sans ces quelques petites erreurs! Et je suis d’accord avec vous.
Bernard Hivert
31 octobre 2019 @ 12:43
Cher Olivier d’Abington,
Merci pour l’élégance de votre réponse,qui tendrait à trouver une justification, à ce qui fut une monumentale bévue,de ma part.
Votre réaction est celle d’un gentleman,et je saurai m’en souvenir!
Cordialement,
Bernard Hivert.
Danielle
29 octobre 2019 @ 19:57
Que ce trône est donc compliqué, que de nœuds au cerveau !!
Laissons Aiko devenir impératrice et épouser un homme qu’elle aimera, il y a des cas dans les monarchies européennes, car la marier avec un cousin provoquera plus de dégâts que de bienfaits vu les problèmes consanguins.
Corsica
29 octobre 2019 @ 22:32
Mon cher Olivier, mon message posté hier n’a pas été publié et ne sachant s’il s’est perdu dans l’espace intersidéral ou s’il a été censuré, je me contenterai donc de vous exprimer tous mes remerciements pour cet excellent article qui illustre, non sans ironie, toute la stupidité de la situation ou comment se faire seppuku sans sabre ?
Baboula
30 octobre 2019 @ 19:09
Olivier, vivre dans un pays est une chose ,s’imprégner à ce point de sa culture :chapeau. La faire partager en l’expliquant avec tant d’aisance : admiration sincère .
Vous êtes un atout indispensable pour les incultes que certains sont ici.
o-sewani nalimash’ ta ?
Olivier d'Abington
2 novembre 2019 @ 09:42
Chère Baboula,
MERCI!!
Et pourtant, je ne sens pas aussi « imprégné » que je le souhaiterais…
:-))