
Depuis l’abdication de l’Empereur Akihito en avril dernier et l’intronisation de son fils, l’Empereur Naruhito en octobre 2019, le serpent de mer de la succession au trône japonais refait surface, alors que la naissance (très surprenante pour beaucoup de commentateurs et connaisseurs de la famille impériale) du Prince Hisahito en septembre 2006 avait temporairement clôt les prémisses des débats de 2006 sur le sujet.
Or, le problème n’est toujours pas résolu, puisqu’après l’Empereur Naruhito, son frère le Prince héritier Fumihito (53 ans) et le fils de ce dernier le Prince Hisahito (12 ans), le seul héritier possible selon les lois actuelles de la Maison impériale est le Prince Hitachi (83 ans), « jeune » frère de l’Empereur Akihito.
Après lui : plus un seul héritier mâle direct.

Pour bien comprendre la situation, il faut faire un petit retour en arrière. En janvier 2005, le Premier ministre Junichiro Koizumi et son gouvernement entament des débats avec des spécialistes du droit et de l’Histoire japonaise afin de proposer des pistes permettant la survie (puisque c’est de cela qu’il s’agit) de la famille impériale. À l’époque, le Prince Hisahito n’est pas né, et personne, alors, n’imagine que cette naissance miraculeuse va venir sursoir (très temporairement) à la situation.
En réalité, d’ailleurs, des discussions secrètes avaient débuté dès 1997, sous le gouvernement de Ryutaro Hashimoto. Ces discussions secrètes continuèrent jusqu’en 2004, juste avant que Koizumi ne soit nommé Premier ministre. Et c’est sur la base des rapports secrets remis alors que les discussions officielles débutèrent en 2005.

D’emblée, ces propositions tournent très vite autour d’une idée principale : supprimer l’idée de ligne mâle afin que les femmes puissent monter sur le trône.
Une autre piste est aussi soulevée à l’époque : la possibilité pour le prince héritier et son épouse d’adopter un « enfant mâle » dans l’une des branches exclues de la succession par la nouvelle loi impériale de 1947 (fortement influencée par les exigences de l’occupant américain). Or, la loi de 1947 l’interdit formellement. Il s’agirait donc, dans tous les cas, de revoir complètement les lois de la Maison impériale.
Pendant ces débats, les ultra-conservateurs sont déjà au travail afin de miner toute tentative de changement de ces règles impériales d’un « autre temps » (1947 n’est pas si loin, mais ce qui partait au départ d’un « bon sentiment » – réduire les branches pléthoriques de la famille impériale en raison des soucis économiques évident du pays après la guerre – est devenu un casse-tête absolu pour sa survie même. Je reviens sur cet aspect plus loin).
Le propre cousin de l’Empereur Akihito, le Prince Tomohito de Mikasa, ira jusqu’à prendre parti dans le débat (ce que la famille impériale n’est pas censée faire) afin de proposer ni plus ni moins la réintroduction des concubines dans la famille impériale. Pratique qui n’a cessé que sous l’Empereur Taishō, autrement dit au début du XXe siècle.
Ce qui peut sembler une idée saugrenue, prend tout son sens lorsqu’on remet en perspective le fait que, pour ces ultra-conservateurs, la ligne mâle est devenue une forme de mythologie dans la mythologie de la famille impériale.
D’après eux, et les Historiens du XIXe siècle qui ont lancé les premières grandes lignes du mythe en question, la lignée impériale japonaise serait ininterrompue depuis l’Empereur mythique Jinmu qui serait monté sur le trône en 660 av. JC. Descendant direct de la déesse du Soleil Amaterasu, dont il aurait reçu en main propre les trois trésors du trône du chrysanthème : l’épée, le miroir et le joyaux qui sont présentés à tout prince héritier qui accède au trône, comme ce fut le cas lors des cérémonies de mai dernier. Selon cette légendaire lignée, le nouvel Empereur Naruhito serait donc le 126e Empereur en « ligne directe ».
En réalité, bien évident, les choses ne sont pas si simples !
- Il n’existe quasiment aucune preuve historique concrète pour une majorité des Empereurs « identifiés » avant le VIe siècle ap. JC. Notamment Jinmu.
- Quand bien même la descendance impériale après le VIe siècle serait plus « certaine », en réalité, celle-ci n’est absolument pas si « directe » que le discours conservateur veut bien le laisser croire. Beaucoup de ces Empereurs sont issus de concubines, et non des Impératrices en titre.
- Huit Impératrices ont régné sur le Japon par le passé (entre parenthèses, leurs dates de règne) : Les impératrices Suiko (592-628, première impératrice avérée historiquement) ; Kōgyoku (642-645) ; Saimei (655-661) ; Jitō (686-697) ; Genmei (707-715) ; Genshō (715-724, fille de la précédente) ; Kōken ou Shōtoku (749-758) ; Meishō (1629-1643) et, enfin, Go-Sakuramachi (1762-1771).
Bien entendu, ces Impératrices étaient considérées plutôt comme des régentes, dans l’attente qu’un enfant mâle soit en âge d’hériter du trône. Cependant, toutes ces femmes ont bien régné, et étaient reconnues au même titre que les Empereurs en titre qui les précédaient ou leur succédaient.
- Enfin, et surtout, étant données les relations familiales très complexes que le système des concubines engendraient, ainsi que le taux de mortalité infantile important jusqu’à une époque récente, en réalité, beaucoup d’Empereurs étaient des cousins, demi-frères ou même des cousins éloignés des Empereurs de la première heure.
Pour prendre un exemple récent, l’Empereur Taishō (1912-1926), fils de l’Empereur Meiji, n’était pas du tout un « fils légitime », puisque sa mère n’était pas l’Impératrice Shōken, mais une concubine du nom de Naruko Yanagihara. L’impératrice n’ayant pas eu d’enfants (d’où la proposition du Prince de Mikasa de réintroduire le système des concubines…).
En 2011, les discussions concernant la succession au trône ont repris, avec de nouvelles propositions (mais de nouveau dans le but de prévenir toute possibilité pour une femme de monter sur le trône) : non seulement que le Prince héritier et son épouse puissent adopter un garçon d’une des lignées impériales exclues en 1947 (l’Impératrice Shōken ayant accepté d’adopter le fils de la concubine Yanagihara, afin de lui donner une légitimité), mais aussi que les femmes encore membres de la famille impériale puissent fonder leur propre lignée après mariage, et restent ainsi membres de la famille impériale.
Depuis, en octobre 2019 une nouvelle suggestion s’est ajoutée à la liste : que les femmes de la famille impériale soient autorisées à épouser leurs cousins des lignées exclues en 1947. Afin que l’un des mâles de ces branches soit alors accepté/adopté dans l’ordre de succession.
Qu’est-ce que cela implique pour la famille impériale actuelle ?
Aujourd’hui, il reste six princesses dans la famille impériale : Aiko (fille de l’Empereur actuel) ; Mako et Kako (filles du Prince héritier Fumihito), Akiko et Yōko (filles du Prince défunt Tomohito de Mikasa) et Tsuguko (fille du Prince défunt de Takamado).

La princesse Aiko du Japon

La princesse Mako du Japon

La princesse Kako du Japon

La princesse Akiko de Mikasa

La princesse Yoko de Mikasa

La princesse Tsuguko de Takamado
L’idée serait donc que :
- L’Empereur et l’Impératrice adoptent un enfant mâle d’une des lignées impériales survivantes exclues en 1947.
- Que l’une des princesses actuelles épouse l’un de ses cousins d’une de ces branches survivantes.
- Que les conservateurs évitent à tout prix qu’une femme monte sur le trône, ou puisse fonder sa propre lignée après avoir épousé un roturier. Certains hommes politiques ayant même évoqué, lors des débats de 2005, la possibilité hérétique à leurs yeux, que l’une des princesses puisse avoir l’idée « d’épouser un étranger aux yeux bleus » était impensable (ce qui serait sans doute le pire crime de lèse-majesté qui puisse exister visiblement… ou le pire qui puisse arriver à une femme de la cour impériale… On ne sait jamais, vous savez bien les femmes sont tellement « irrationnelles » ?!). Bref… No comment sur ce délire raciste et paranoïaque.
Mais, qu’est-ce que cela signifie, du point de vue de ces branches survivantes ? Où en est-on exactement en ce qui les concerne ?
A ce jour, difficile à dire… Mais, il est de toute façon certain qu’une fois de plus il s’agirait d’une réformette temporaire qui ne résoudrait pas le problème sur le long terme.
Comme toutes les branches de la famille impériale, les branches exclues ont eu tendance à produire beaucoup plus de filles que de garçons ! Et, surtout, à avoir moins d’enfants que par le passé (à l’image de la société Japonaise dans son ensemble… Avoir des enfants au Japon coûtant très très cher).
Parmi les onze branches collatérales de la famille Impériales, pour la plupart issues de concubines, de frères et cousins des Empereurs Meiji et Taishō, six sont survivantes aujourd’hui, les familles : Kuni ; Kitashirakawa ; Kaya ; Asaka ; Higashikuni et Takeda.
Ces branches, ne comprennent aujourd’hui que très peu d’héritiers mâles célibataires et d’âge approprié pour épouser l’une des Princesses actuelles, et la branche Higashikuni n’en comporte aucun, le dernier héritier mâle Higashikuni étant né en 1974.
Par ailleurs, ces suggestions de mariages collatéraux ne feraient que renforcer la consanguinité de la famille impériale, déjà à l’origine de nombreux problèmes parmi les membres de la famille impériale actuelle. L’Empereur émérite Akihito ayant eu une santé fragile toute sa vie, qui a entrainé sa demande de se retirer avant d’attendre son décès comme c’est normalement l’usage. L’une des suggestions les plus absurdes de ce point de vue ayant été que le petit Prince Hisahito épouse sa cousine la Princesse Aiko à sa majorité !
Bref, avec leur délire de vouloir préserver la dynastie dans sa lignée strictement mâle, les ultra-conservateurs sont sans doute en train de favoriser l’extinction pure et simple de la famille impériale… Mais, peut-être, finalement, est-ce volontaire de leur part, afin de ne plus avoir qu’eux-mêmes au sommet de l’État japonais d’ici quelques décennies ? (Un grand merci à Olivier d’Abington pour cette analyse depuis le Japon)
Ludovina
28 octobre 2019 @ 07:38
Merci infiniment Olivier d’Abington.
Pourquoi faire simple lorsque l’on peut faire compliqué.
Baboula
28 octobre 2019 @ 08:01
Plus que merci pour cette analyse qui permet de comprendre le sac de nœuds qu’est la succession au trône du Chrysanthème. Mais de là à trouver une solution ? Et pourtant pour un occidental elle est évidente.
Coriandre
28 octobre 2019 @ 08:08
Merci pour ce passionnant article.
Vous parlez de la très surprenante naissance du prince Hisahito en 2006. Je me souviens avoir fait un voyage touristique au Japon quelques années après et en avoir discuté avec la guide. Elle m’a dit que ce n’était pas dans la culture des Japonais d’avoir un enfant sur le tard, qui plus est, des années après le dernier enfant. Il était donc évident pour elle que cette naissance résultait d’une FIV avec sélection du sexe.
Ces débats montre ultra conservatisme de la société japonaise.
Gatienne
28 octobre 2019 @ 13:25
Je ne trouve pas qu’une FIV précédée d’une sélection de spermatozoïdes relève du conservatisme, au contraire ! Et ne parlons même pas du diagnostic préimplantatoire lorsqu’il n’y a pas de visées thérapeutiques : ce sont juste des techniques discutables qui auraient été mises au service d’une cause qui elle, est ultra-conservatrice !
Olivier d'Abington
28 octobre 2019 @ 08:11
Mise à jour de dernière minute!
Kyodo News (équivalent japonais de l’AFP) a procédé à un sondage téléphonique ce week-end (1009 personnes ont répondu sur lignes fixes et sur téléphones mobiles, parmi les 2014 personnes interrogées).
81,9% des sondés sont pour qu’une femme puisse monter sur le trône du Chrysanthème, contre 13,5% qui s’y opposent fermement.
Pour ce qui concerne la possibilité de laisser un héritier d’une ligne maternelle accéder au trône: 70% pour, et 21,9% contre.
En ce qui concerne les dernières propositions qui privilégient l’idée de laisser un héritier mâle d’une branche exclue épouser l’une des princesses de la famille impériale, cette suggestion n’est par ailleurs considérée que comme une mesure « d’urgence exceptionnelle », dont la loi temporaire ne modifierait en rien les statuts actuels de la Maison Impériale.
Bref, ces dernières informations confirment bien que le gouvernement actuel préfère s’aligner sur une minorité ultra-réactionnaire, qui empêche toute modification pérenne du statut de la famille impériale.
nozzari
28 octobre 2019 @ 08:20
Merci pour ce très intéressant article.
DEB
28 octobre 2019 @ 08:32
Merci Olivier, très bien expliqué !
Gibbs ?
28 octobre 2019 @ 09:12
Merci Olivier.
Vous me faites sourire avec cette « naissante surprenante ».
Je pense qu’il doit s’agir d’une FIV mais ceci n’engage que moi.
J’ai ouï dire de bonne source, qu’il pourrait y en avoir d’autres (pas au Japon).
Je regarde actuellement la série « Victoria » qui me semble venir à propos de ce débat japono-japonais.
A sa naissance, Victoria née d’un père allemand qu’elle n’a pas connu, était 5ème dans l’ordre de succession.
Elle est devenue reine à l’âge de 18 ans et l’on connaît la suite.
Si la contraception avait existé, les dynasties européennes ne seraient pas toutes des descendantes de la reine Victoria (à l’exception des Bernadotte).
Lorsque l’on se penche sur la personne de son époux, son cousin Albert de Saxe-Cobourg-Saasfeld, on constate déjà que c’est le neveu du premier roi des Belges Léopold I. Le fils aîné de ce dernier étant décédé à l’âge de 9 mois.
Lorsque l’on continue, on constate que le roi Albert I était aussi un neveu…
Etc.
En un mot, pour la Belgique, on peut dire que l’actuel roi n’existerait pas (il est aussi le neveu de…) et qu’il en est ainsi pour toutes les dynasties.
Résumé très succint car je n’ai pas l’énergie pour développer davantage et je le regrette.
« La logique du grain de sable. »
Cecicela
28 octobre 2019 @ 15:55
Dans votre commentaire, il y a ce passage qui me pose problème: « Si la contraception avait existé, les dynasties européennes ne seraient pas toutes des descendantes de la reine Victoria (à l’exception des Bernadotte). »
Je m’interroge car, parmi les monarques européens régnant actuellement, seuls cinq d’entre eux descend de la souveraine britannique, dont le roi de Suède (Bernadotte, donc) que vous semblez exclure. Ai je mal compris? Ou vouliez vous parler de l’ensemble des dynasties et pas seulement celles qui ont toujours leur trône? Dans ce dernier cas, ça ne change, d’ailleurs, pas grand chose puisqu’une bonne moitié ne descend pas de Victoria.
Gibbs ?
29 octobre 2019 @ 16:37
Jean-Baptiste Bernadotte, militaire de son état est devenu roi de Suède ET Norvège en mai 1818 soit juste un an avant la naissance de la future reine Victoria.
Il y eut ensuite scission (1905) entre la Suède et la Norvège et Oscar I devint roi de Suède au décès de Bernadotte (1844).
Je ne vais pas vous faire des copiés-collés mais si vous regardez les unions contractées par les neuf enfants de Victoria et Albert, elle a fait en sorte que ces dernières règnent sur l’ensemble de l’Europe.
La mère d’Alexandra de Hesse (épouse de Nicolas II) était Alice née le 25 avril 1843 et décédée le 14 décembre 1878 de la diphtérie (17 ans jour pour jour après son père; elle avait 35 ans). Elle était le troisième enfant et la deuxième fille de la reine Victoria.
Voici quand même l’acte constitutif Suède-Norvège.
https://www.google.com/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=4&ved=2ahUKEwjI6-6Q4sHlAhWI4IUKHW-bAvwQFjADegQIBhAB&url=https%3A%2F%2Fmjp.univ-perp.fr%2Fconstit%2Fno1815.htm&usg=AOvVaw0RI43yepel8idsZUYLQ1T2
Pour le reste, si cela vous intéresse, faites des recherches comme moi car je suis intéressée mais pas historienne.
BAV
Gibbs ?
29 octobre 2019 @ 16:38
Pourquoi Victoria est-elle appelée « la grand-mère de l’Europe » ?
Gibbs ?
29 octobre 2019 @ 16:58
Voici un aperçu de la descendance de Victoria et Albert !
https://fr.wikipedia.org/wiki/Descendance_de_la_reine_Victoria
Gibbs
30 octobre 2019 @ 10:49
Cecicela,
Je ne souhaite pas être désagréable mais une fois de plus, c’est un travail titanesque et je ne suis pas une professionnelle juste une passionnée.
Gibbs ?
29 octobre 2019 @ 12:17
Gloups !
« De Saxe-Cobourg-Gotha » !!
Claude
28 octobre 2019 @ 09:12
Le nouveau couple impérial bénéficie d’une belle popularité.
Peut-être qu’en changeant les règles, Naruhito pourrait désigner sa fille la princesse Aiko.
La dynastie n’a t-elle pas été fondée par déesse Amaterasu?
Olivier d'Abington
28 octobre 2019 @ 14:04
Comme déjà dit plusieurs fois précédemment, l’Empereur n’a aucun pouvoir de changer les lois le concernant.
Seul le gouvernement peut agir… Ce qu’il ne souhaite pas.
Auberi
28 octobre 2019 @ 09:21
Enfin une analyse détaillée sur la succession au trône. Merci beaucoup Olivier !??
Mais comme pour ces monarchies fantoches actuelles dans le monde, le gouvernement du libéral démocrate, Shinzo Abe, est seul habilité à mener à bien (ou pas) cette réforme cataclysmique pour les conservateurs mais dont pas mal de japonais se fichent complètement, c’est ce que me disent les quelques japonais qui vivent au Japon ou que je vois à Paris, mais qui sont d’une génération assez jeune il est vrai.
Le premier ministre a décidé de réformer en profondeur la constitution de 1947, les urgences économiques du Japon sont bien plus importantes que cette succession utérine impériale. Dubitative je suis sur l’intérêt de Shinzo Abe à mettre sur le trône impérial une femme lui qui en possède déjà très peu dans son gouvernement et qui ne coagule actuellement qu’en forme de podium tokyoïte pour les JO de 2020. C’est ’son’ rayonnement planétaire qu’il attend, pour lequel il s’est tant battu. Et les retombées seront importantes. So good.
Admettons qu’Abe se saisisse de l’impérial litige. Seul l’intérêt des classes politiques, des accords entre partis feront tourner le curseur vers une candidate possible. Mais je n’y crois pas. Abe gardera dans sa poche les ultra conservateurs. La consanguinité impériale, tout le monde s’en fiche. D’ailleurs on peut se demander entre la consanguinité paternelle et la lourde dépression de sa mère ce que la pauvre pseudo princesse héritière Aiko pourrait assumer en tant qu’impératrice ! Pauvre petite. Ce ne sont plus que des marionnettes historiques d’un temps passé éblouissant, spectacle regardé vite fait par un monde moderne trop pressé. Alors ce que dit Naruhito…
Pierre-Yves
28 octobre 2019 @ 09:22
Merci infiniment Olivier pour ce long et précis exposé de la situation successorale, qui nous aide à comprendre ce qui se joue dans le lointain (pour nous) empire japonais.
A vous lire, on se dit que le peuple a tout de même entre ses mains une partie de la réponse. Suis-je naïf en pensant qu’il »suffirait » qu’aux prochaines élections, il remercie Shinzo Abe et les siens pour que le poids des ultra-conservateurs diminue et qu’avec des gouvernants plus ouverts, on puisse enfin avancer sur des solutions plus »modernes », et surtout, susceptibles de débloquer la situation actuelle ?
Mais le peuple n’a peut-être pas envie de prendre en compte la question impériale dans ses choix et préfère donner la priorité à la résolution d’autres problèmes à ses yeux plus importants …
Olivier d'Abington
28 octobre 2019 @ 15:19
Cher Pierre-Yves,
Naïf peut-être pas… Mais, pas suffisamment informé? :-))
En fait, le système électoral (mis en place en 47, comme la nouvelle loi de la Maison impériale, par les Américains) consiste en un « vote unique non transférable ».
Autrement dit, il est hyper-favorable au PLD (Parti Libéral Démocrate) du 1er ministre Abe.
Il faut vraiment un vote massif vers les autres partis pour que cela change vraiment la donne… Or, beaucoup de Japonais ne votent pas (parce qu’ils ne se sentent pas représentés par les partis actuellement au pouvoir… Et oui, le serpent se mord la queue)…
Et beaucoup de Japonais (hélas) votent en fonction… du physique des candidats (c’est la raison principale qui a mené Koizumi au pouvoir en 2005… Et ce qui risque fort de se reproduire avec le fils de ce dernier… Nouveau ministre de l’Environnement, qui a fait une déclaration pathétique sur le sujet aux Nations Unis le mois dernier).
Cependant, il semblerait que les jeunes générations recommenceraient à se politiser (elles l’étaient jusqu’aux années 80 et la bulle économique), car elles voient bien que ce qui se passe actuellement va à l’encontre totale de ce qu’elles attendent pour leur avenir.
Mais, de nouveau, cela risque d’être un processus lent.
Arielle
28 octobre 2019 @ 09:26
Très intéressant, merci beaucoup.
Bernard Hivert
28 octobre 2019 @ 09:36
Il est dommage qu’une analyse aussi précise,sur le problème de la succession au Trône du Japon,soit gâchée par des fautes de français,qu’il était facile d’éviter,pourtant!
On aurait aimé lire »…avait clos »,(et non clôt),l e joyau(sans « x » au singulier).
La langue française est difficile,mais elle fait partie de notre culture,avec ses pièges et ses subtilités.
Accepterait-on d’entendre jouer une symphonie,avec quelques fausses notes?
Karabakh
28 octobre 2019 @ 13:34
N’exagérez pas, c’est compréhensible et c’est ce qui compte. Il y a pire que cela sur ce blog.
Michèle 2
28 octobre 2019 @ 14:35
J’espère, au moins, que l’analyse vous aura intéressé et que vous saurez en remercier l’auteur, puisque vous la jugez précise.
Maintenant, en matière de dissonance…
Avel
28 octobre 2019 @ 15:29
Et bien mon pauvre Olivier vous voilà rhabillé pour l’hiver(t)!!!
Merci en tout cas pour cet article fort intéressant, au plaisir de vous lire à nouveau.
Baboula
30 octobre 2019 @ 18:43
:-)) ……
Vitabel
28 octobre 2019 @ 15:44
Bernard Hivert,
La critique est aisée mais l’art est difficile, n’est-t-il pas ?
nozzari
28 octobre 2019 @ 16:22
La goujaterie fait-elle pas partie, elle aussi, de notre culture ?
Leonor
28 octobre 2019 @ 17:03
Pas très élégant de votre part, Bernard Hivert.
Olivier d’Abington nous fait le cadeau d’un article précis et complet, et vous, vous le dégommez pour une peccadille .
Non,vraiment, ce n’est pas élégant.
Olivier d'Abigton
29 octobre 2019 @ 14:10
Chère Leonor,
Merci!
Malgré nos différends passés, votre soutien me touche sincèrement!
Corsica
28 octobre 2019 @ 19:11
Bernard Hivert, nous ne sommes plus à l’école et quand l’un d’entre nous prend la peine d’écrire longuement sur un sujet complexe et instructif, il me semble que l’on a simplement à dire merci.
Olivier d'Abigton
29 octobre 2019 @ 14:13
Chère Corsica,
Merci!
Votre soutien me touche!
J’ai préféré éviter de répondre à un message si…
Si peu…
Je n’ai même pas de mot. :-))
Gatienne
29 octobre 2019 @ 13:08
Non, pas très élégant, pas plus que votre écriture numérique où la ponctuation se trouve collée aux caractères !
Ce n’est pas dans mes habitudes de m’attarder à ce genre de remarque ( errare humanum est ) mais, franchement, lorsque l’on voit l’éclairage qu’apporte ce contributeur sur un sujet méconnu de la plupart des lecteurs, cette remarque est mesquine !
Bernard Hivert
30 octobre 2019 @ 13:36
Vous trouverez ,Gatienne,ci-après,mon message d’excuses, à l’intention de Monsieur d’Abington,et des internautes de ce site!
Ce fut ,de ma part,une réaction stupide, impulsive,et sans aucune mesure avec l’importance et l’intérêt de l’analyse présentée,ici.
Quant à mon écriture numérique,je ne la maîtrise pas,il est vrai.
En fait,elle ne s’enseignait pas,dans les années 50 ,alors je fais ce que je peux…et je prends,aussi, des cours,pour m’améliorer….
Effaçons ce malheureux malentendu,dont je suis ,seul,responsable.
Bernard Hivert.
Karabakh
28 octobre 2019 @ 09:44
Merci à Olivier pour cette belle analyse.
De mon point de vue, la succession des filles au trône du Chrysanthème demeure une chimère. La conclusion sera que le prince Hisahito est encore jeune et qu’il peut encore produire une descendance mâle. Les cartons seront repliés jusqu’au prochain vent de réforme.
Je trouve quand même dommage de se borner à la loi de 1947 ; je ne suis pas sûr que les Ricains en aient encore aujourd’hui, quelque chose à faire.
Michèle 2
28 octobre 2019 @ 09:49
Et bien, dites donc, il n’y a pas que les chinois pour créer des casse-têtes ; les japonais sont bien placés.
Quoi qu’il en soit, à l’heure actuelle, je ne sais s’ il faut espérer un avenir d’imperatrice pour la princesse Aiko, qui me parait toute gentille et bien demunie dans ce carcan fait de calculs et de manipulations diverses.
A moins que le bon sens soit triomphant et qu’elle puisse régner librement.
Ces parents et elle paraissent bien unis. Je leur souhaite le meilleur.
Merci à Olivier d’Abington pour cet article si clair et bien intéressant.
HRC
28 octobre 2019 @ 09:49
Merci Olivier, apprendre et sourire en même temps, délicieux.
Bon, y a t il encore des Tokugawa (mâles en ligne directe agnatiques bien sûr) pour rétablir la fonction de Shogun ?
nb; j’ai tous les films de Kurosawa et autres grands qui se bousculent dans mes souvenirs….
Karabakh
28 octobre 2019 @ 13:41
Apparemment, cette dynastie est éteinte. Faute d’appuyer la restauration du shogunat, elle pourra servir d’argument pour justifier l’intérêt d’ouvrir la succession au trône du Chrysanthème.
HRC
29 octobre 2019 @ 15:48
je croyais plaisanter sur le désir manifeste de la Maison Impériale de jouer le rôle des Shoguns des temps anciens… raté.
Karabakh
1 novembre 2019 @ 22:33
Désolé, je n’avais pas saisi le trait d’humour. ?
Celia72
28 octobre 2019 @ 09:52
Message clair. Merci beaucoup de ces explications. Bonne journée à tous
Guy Coquille
28 octobre 2019 @ 10:00
Merci à Régine Salens et Olivier d’Abington pour ces informations passionnantes, dont je ne partage nullement les parti-pris qui les accompagnent, mais qui gardent cependant toute leur valeur. La solution qui consiste à adopter des princes des branches exclues me paraît en effet la meilleure, parce qu’elle laisse toute sa place au sang, et je ne trouve nullement « délirant » que les fidèles de la dynastie issue de la déesse du soleil considèrent avec horreur un héritier aux « yeux bleus ». Les peuples doivent se reconnaître dans leurs souverains, y compris pour le phénotype. En ce qui concerne la prolificité mâle, les progrès de la génétique ne peuvent manquer de résoudre cette difficulté. Il me semble également qu’une loi aussi ancienne réservant aux mâles la succession ne puisse être changée sans porter lourdement atteinte à sa légitimité. Enfin, la question de l’historicité des empereurs du Japon antérieurs au VI° siècle me paraît secondaire, futile même, puisque nous avons ici affaire à des mythes. Le propre des mythes, selon l’expression de Paul Veyne est qu’on y croit… et qu’on n’y croit pas. Ces conservateurs japonais, en somme, me sont bien sympathiques.
Olivier d'Abington
28 octobre 2019 @ 15:00
1. L’adoption dans les branches exclues poursuit la consanguinité déjà très forte et problématique de la famille impériale.
Au cas où vous l’auriez oublier, la consanguinité à ce niveau extrême entraine dégénérescence totale de la famille.
2. Nommez-moi un seul souverain, ailleurs qu’au Japon qui ne soit pas issu d’une famille étrangère??!! Je ne crois pas, ce me semble, qu’aujourd’hui (à part peut-être quelques fanatiques) beaucoup ne se « reconnaissent » pas dans ces souverains, issus d’étrangers, qui les régentent aujourd’hui. Allez donc en parler aux Windsor!
3.La question du « phénotype » comme vous dites repose sur des a priori culturels et non sur des faits scientifiques. La définition traditionnelle du terme est la suivante: « Caractéristique observable d’un individu résultant de l’interaction du milieu dans lequel il vit et de son génome. »
Les caractéristiques « observables » en question relèvent des a priori européens sur les « races », qui ont immédiatement corrélé les « apparences » avec une donnée génétique singulière (signe de la « différence » des « races »).
Or, les spécialistes de l’ADN ont publié un rapport en avril 2019 soulignant avec force que ce qui a été utilisé pour promouvoir l’idée raciste d’inégalité des races et justifier la colonisation entre la fin du XIXe siècle et le XXe siècle ne repose sur aucune vérité scientifique.
L’humanité en entier partage en réalité 99,9% du même ADN.
Le phénotype ne correspond donc qu’à une donnée superficielle de l’humanité, et non pas à une donnée essentielle des « espèces » quelles qu’elles soient. Votre propos revient à dire que la famille impériale japonaise doit se contenter de faire avec les 0,01% de leur patrimoine génétique, ce qu’aucune communauté sur terre n’a JAMAIS fait depuis que la terre tourne.
Lien (en anglais) ici:
https://www.physanth.org/about/position-statements/aapa-statement-race-and-racism-2019/
J’espère que votre « phénotype » francophone n’est pas allergique à la langue de Shakespeare!
4. La loi « aussi ancienne » dont vous parlez (comme les ultra-conservateurs japonais) date de… l’Empereur Meiji qui a adopté la loi salique à la fin du XIXe siècle en copiant les régimes européens de l’époque… Elle n’a donc rien « d’ancestral »… Et les régimes qui étaient sous sa coupe en Europe il y a encore peu l’ont déjà presque tous abandonné, pour de très bonnes raisons (la première étant l’égalité des sexes… Mais peut-être que cela aussi vous pose problème?!).
5. « L’historicité » des Empereurs mythique est un problème, lorsqu’elle sert à nourrir un mythe construit en réalité au XIXe siècle (comme la belle salade de « nos ancêtres les Gaulois » en France!!), et qu’elle sert d’argument à un refus catégorique de changer des lois sur le principe d’une « ancestralité » qui, en réalité, n’est que de l’esbroufe.
6. Et même sans parler des Empereurs mythiques (ce que je ne fais d’ailleurs pas dans mon article) le simple fait que la lignée impériale japonaise ne descende pas en « ligne directe » (encore une autre esbroufe dudit mythe) du premier Empereur historiquement avéré devrait empêcher toute tentative de prétendre le contraire (et, par suite, éviter d’empêcher tout changement du fonctionnement de la Maison impériale).
Sachant, surtout, que la famille impériale est dans cette situation dramatique du fait des restrictions encore plus drastiques qui lui ont été imposées en… 1947…
Donc, là encore, rien de bien « ancestral » dans cette histoire.
Mais, bon, vous avez raison de vous accrocher à vos « valeurs », ce sont celles-là même qui vont mettre fin à la dynastie!! parce que ce n’est certainement pas un bébé éprouvette (ni 3, ni 4) consanguin(s) qui va(vont) sauver quoi que ce soit! Car la consanguinité se chargera d’achever la famille. C’est ça la « loi du sang » (lorsque l’on s’accroche à ce fameux « phénotype » qui vous plaît tant).
Guy Coquille
30 octobre 2019 @ 12:06
Allons, bon! Je vois que mes compliments n’incitent pas Olivier à me pardonner mon désaccord. Je répondrai donc:
– Qu’il ne faut pas confondre consanguinité et endogamie. L’intervention de Laurent F. montre bien que l’origine des branches exclues date de 1802, ce qui suppose une dizaine de générations, avec des unions hors famille impériale.
– Que la référence aux souverains européens est sans valeur car l’Europe est un ensemble culturel à part. On ne considérait pas l’origine espagnole de la reine Marie Thérèse comme l’excluant de la naturalité française, mais Louis XIV déclina l’offre de l’empereur chérifien. Du reste la référence aux Windsor est mal choisie car depuis quatre générations les souverains ont épousé des britanniques: Bowes Lyon, Mountbatten, Spencer et Middleton.
– Oui vous avez raison l’appréhension du phénotype repose sur des a priori culturels. Et après? C’est le propre de la tradition, qui est justement à la base de la fidélité dynastique. Ce n’est pas scientifique? Peut-être mais quand on vénère ses souverains, ce n’est pas fondé sur la science et heureusement!
– Après, vous essayez de m’embarquer sur la querelle de l’inégalité des races, totalement étrangère à mon propos et sur laquelle je n’ai pas de lumières, mais où vous espérez trouver de quoi m’excommunier. Pardonnez-moi mais je ne parle pas d’inégalité mais de particularismes. Et, une fois n’est pas coutume, je suis d’accord avec Actarus sur ce point?
– Sur l’historicité vous utilisez la vieille recette de la raison dissolvante pour déconstruire les mythes, qui seraient de fabrication récente. Or Marco Polo parlait déjà des empereurs fils de la déesse du soleil. Marco Polo, c’est le XIII° siècle.
– Bref vous pouvez dire que la monarchie héréditaire n’est fondée que dur des légendes, mais pourquoi sur un site royaliste ou du moins royalo-centré?
HRC
30 octobre 2019 @ 18:15
Cher Olivier, vous l’avez trouvée, la bonne réponse que vous cherchiez ! et parfaite !
Pierre21
28 octobre 2019 @ 10:13
Wow, une excellente analyse !! Merci beaucoup à eux… !!
Antoine
28 octobre 2019 @ 10:39
Etude très intéressante. Mais on peut se dire que lorsque la question se posera vraiment le prince Hitachi ne sera plus qu’un lointain souvenir et le prince Hisahito aura engendré une flopée de garçons. A moins que ce jeune prince ait été « adopté » en secret, l’article semblant réservé à son sujet. De l’Alexandre Dumas des temps modernes, en somme.
Karabakh
28 octobre 2019 @ 13:45
Concernant Hisahito, l’opinion générale tend plutôt à une FIV avec sélection du genre. Ce n’est pas absurde puisque les japonais sont bons dans cet exercice.
Laurent F
28 octobre 2019 @ 10:40
Toutes les branches collatérales sont des descendantes du prince Kuniye Fushimi, 1802-1875, fils adoptif de l’empereur Kokaku, cependant 4 descendent directement de Meiji et une d’Hiro-Hito :
Le chef de la maison Higashikuni, né en 1974, est un arrière-petit-fils d’Hiro-Hito (sa grand-mère est la princesse Shigeko 1926-1961) et également un descendant de Meiji par son grand-père, fils de la princesse Toshiko du Japon, elle-même fille de Meiji. Son père, qui était un cousin germain de l’Empereur Akihito, est décédé en mars cette année.
Le chef de la maison Asaka, né en 1944, est un arrière petit-fils de Meiji. Sa grand mère la princesse Nobuko, fille de Meiji, avait épousé le prince Yasuhiko Kuni, 1er prince Asaka en 1906.
Le chef de la maison Takeda, né en 1940 est un arrière-petit-fils de Meiji. Sa grand-mère la princesse Masako du Japon, fille de Meiji, avait épousé le prince Tsunehisa Kitashirakawa, petit-fils du prince Fushimi
Le chef de la maison Kitashirakawa, né en 1937, est également un arrière-petit-fils de Meiji. Sa grand-mère, la princesse Fusako, fille de Meiji, avait épousé le prince Naruhisa Kitashirakawa, frère du prince Takeda.
Le prince Kuni, né en 1929, descend du prince Asahiko Fushimi, fils du prince Kuniye Fushimi et fils adoptif de l’empereur Ninko. Neveu de l’impératrice Nagako, il est le cousin germain de l’Empereur Akihito.
Le chef de la maison Kaya, né en 1959, l’ancien prince Masanori Kaya, est un petit-neveu de l’impératrice Sadako et également descendant du prince Kunye Fushimi.
Peu de garçons dans ces branches là également mais il est difficile de trouver des infos puisque ces anciens membres de la famille impériale sont devenus des citoyens lambda depuis la fin de la seconde guerre mondiale
Pour y voir un peu plus clair (ou peut-être vous embrouiller encore plus ) : http://www.oocities.org/jtaliaferro.geo/living.html
http://www.oocities.org/jtaliaferro.geo/miyake.html
COLETTE C.
28 octobre 2019 @ 10:44
Que de problèmes !
Vitabel
28 octobre 2019 @ 10:49
Très intéressant Olivier d’Abington, merci.
Severina
28 octobre 2019 @ 10:51
Merci Régine et Olivier d’Abington: très difficile comprendre une mentalité et des mœurs si loins des nôtres, mais vous avez très bien tout expliqué. Et l’on comprend mieux le malaise de vivre de l‘impératrice et de sa fille. Peut-être le nouveau empereur pourra travailler pour un changement, aux moins je l’espère.
Leonor
28 octobre 2019 @ 10:52
Oooops ! Merci, Olivier, pour cette étude détaillée et résumante à la fois.
Il en ressort clairement qu’au Japon, un aggiornamento est nécessaire
Re-merci. .
Izabo92
28 octobre 2019 @ 10:56
Passionnant. Merci.
Elise
28 octobre 2019 @ 11:05
Merci Olivier d’Abintgton pour cette introspection minutieuse de la succession japonaise concernant le trône du chrysanthème .
Jérôme
28 octobre 2019 @ 11:06
Merci pour ce passionnant article !
Actarus
28 octobre 2019 @ 11:23
C’est si long que j’ai cru que c’était du Jul ! ^^
La famille impériale n’a plus qu’à aller faire du cheval en riant, et qu’on en finisse, si vous voyez ce que je veux dire. ;-)
Plus sérieusement, merci à Olivier de nous avoir expliqué les suites du « système McArthur » et de nous informer que même la « malédiction féminine » a touché les lignes collatérales exclues par l’occupant américain.
Ces histoires d’adoption sont là pour amuser la galerie, quant à l’éventualité du retour des concubines, ça ne passerait pas en 2020.
Hisahito, « l’enfant du miracle », n’a pas à être le comte de Chambord japonais, puisque le miracle qui entoure sa naissance n’a rien de divin mais doit tout à la technologie. Puisque sa naissance a été programmée et son sexe choisi en laboratoire afin de couper court à toute réforme en 2005, il suffit de reproduire ce schéma à l’avenir, et de cesser de casser les bonbons du public avec de tels enjeux.
Je termine en rappelant aux lectrices de Vie Féminine et aux partisans (et aussi parties ânes ^^) de la primogéniture absolue en ligne cognatique, que les pratiques occidentales ne sont pas universellement transposables partout dans le monde. La succession des femmes au Japon, c’est comme la démocratie au Moyen-Orient : une lubie d’européens qui refusent de tenir compte du contexte local. Laissez la fille de l’empereur et de votre chère Masako vivre sa vie et être libre, cette petite n’en sera que plus heureuse.
Auberi
28 octobre 2019 @ 18:44
Bien d’accord avec vous Actarus
Olivier d'Abington
29 octobre 2019 @ 14:22
Cher Actarus,
Sachant qu’une bonne partie de la structure de la Maison Impériale actuelle repose sur une copie des cours européennes du XIXe siècle (et notamment celle de Napoléon III, ceci est déjà la preuve que des adaptations venues d’Europe sont toujours possible.
Et en l’occurrence, comme signalé plus haut, les Japonais sont à 81,9% POUR ce changement et il ne s’agit donc nullement d’une « lubie » européenne… Mais la simple reconnaissance que depuis trop longtemps l’égalité des sexes a été bafouée.
Ce que les Japonais, en majorité aussi, ne supportent plus non plus, même si, il est vrai, les changements, ici, se font plus lentement.
alobo
28 octobre 2019 @ 11:32
Passionnant article, un grand merci.
septentrion
28 octobre 2019 @ 12:07
Les enjeux du débat sur la succession au trône du Chrysanthème sont loin de mon quotidien mais merci à Olivier d’Abington pour cette analyse.
J’avais suivi que de très loin la vie de la famille impériale. Je suis tombée sur l’article suivant
http://madame.lefigaro.fr/societe/princesse-masako-nouvelle-imperatrice-du-japon-a-la-vie-tourmente-300419-164915
J’ignorais que le gouvernement (ou les gouvernements) japonais détestait (ent) Masako.
Comme il semble compliquée d’être une femme « rapportée » dans la famille impériale tout autant que d’y être née.
La princesse Tsuguko de Takamado en est un exemple : elle n’est pas mariée et est encore étudiante, est-elle libre de vivre sa vie?
septentrion
28 octobre 2019 @ 12:18
désolée, …il semble compliqué…