Voici un article rédigé par Jul. « Dans un précédent article, j’avais évoqué l’examen de fin d’études primaire de l’Infant François, l’intérêt du Roi d’Espagne Charles IV pour les questions éducatives (créations de collèges, pédagogie de Pestalozzi) mais j’ignorai l’ambition qu’il avait pour l’instruction de ses filles. Trouvant un document relatant l’examen de fin d’études primaires de l’Infante Charlotte, j’ai désiré en transmettre le contenu aux lecteurs de Noblesse & Royautés, en essayant de le rendre attrayant. »
La vie de Charlotte de Bourbon est bien connue, surtout par son mariage et sa descendance. Mariée à l’âge de dix ans ( !) au futur Roi de Portugal Jean VI, ils donnèrent le jour à une fratrie très impliquée dans les confrontations politiques existant dans les royautés européennes à l’époque de la Restauration. Deux de leurs trois fils se disputèrent la couronne du Portugal (Pierre fut Empereur du Brésil) ; trois filles rejoignirent la Cour de Madrid où elles marquèrent les esprits ; une quatrième demeurée célibataire (Isabelle), qui avait l’entière confiance paternelle, fut une Régente du Portugal très capable.
Ces princesses avaient hérité du caractère bien trempé de leur mère, Charlotte de Bourbon qu’on retrouve déjà chez sa mère la Reine Marie Louise et sa grand-mère Madame Infante (fille ainée de notre Roi Louis XV). Comme elles, Charlotte était une femme pénétrée de ses devoirs, fille dévouée à ses parents, mère très soucieuse de la santé et de l’avenir de sa progéniture (c’est le moins qu’on puisse dire) ; dotée d’une large culture et professant des principes absolutistes très fermes, ce qui lui permettait de bien entendre les questions de gouvernement, lui donnait le goût de la conduite des affaires de l’Etat et l’assurance nécessaire quand il fallait décider. Des princesses qui ressemblaient à leur aïeul Louis XIV à bien des égards.
Habile politique et diplomate, la Reine Charlotte de Portugal n’hésita pas à intriguer pour conserver les droits de sa famille sur l’Espagne et ses possessions, devenir Régente quand ses parents, ses frères et sœurs étaient captifs de Bonaparte (1808) ; accueillit favorablement et soutint naturellement la proposition des Argentins qui la voulaient pour souveraine du nouveau Royaume qu’ils souhaitaient constituer (Parti carlotiste). Le XIXème siècle n’a pas montré beaucoup d’exemples de princesses dont on présenta la candidature aux trônes d’Etats nouvellement constitués (Grèce, Roumanie, Bulgarie etc…). La réputation de Charlotte de Bourbon, parvenue jusqu’en Argentine, montre que nous avons affaire à une femme d’Etat. Son examen de fin de d’études peut donc être particulièrement intéressant pour éclairer sa formation intellectuelle.
Née en 1775, fille aînée du Prince et de la Princesse des Asturies (depuis Roi Charles IV et Reine Marie Louise d’Espagne), Charlotte était une enfant robuste qui survécut aux maladies infantiles à la différence de plusieurs de ses frères morts en bas âge (1774, 1783, et les jumeaux qui décédèrent à l’Automne 1784). Elle fut un rayon de soleil pour son grand-père le Roi Charles III et devint un peu sa préférée. Le monarque se soucia très tôt de son bonheur, de lui donner un établissement digne d’elle, un établissement qui devait bien sûr être favorable aux intérêts de l’Etat. Le Comte de Floridablanca lui conseillant de renouveler l’alliance avec le Portugal et très proche de la Reine-mère qui était sa sœur (Marie Anne Victoire de Bourbon), le Roi catholique imagina avec elle des combinaisons avantageuses entre leurs descendants. Les deux complices convinrent que l’Infante Charlotte alors âgée de 8 ans épouserait Jean de Bragance, Duc de Beja (second petit-fils de la Reine-mère de Portugal). La sœur de celui-ci, âgée de quinze ans, nommée d’après son aïeule épouserait un des fils cadets de Charles III, l’Infant Gabriel.
Rien de tel qu’un double mariage pour cimenter la paix ! Qu’il était bon d’être en famille !
En épousant le fils cadet des monarques lusitaniens, Charlotte n’était pas destinée à devenir reine. On pensait alors que le Prince de Beira (Joseph) vivrait et qu’il aurait des enfants avec son épouse-tante. Cependant le roi Bourbon, très soigneux de l’éducation de ses petites-filles, désirait remettre à ses voisins un joyau raffiné.
Un avant le départ programmé de son pays natal et son mariage au Portugal, pour suivre l’avancement des études, vérifier la solidité de ses connaissances et l’habituer à s’exprimer en public, il fut décidé un examen solennel de l’Infante Charlotte, une cérémonie de grand apparat, en présence de la famille royale et de nombreux Grands d’Espagne. Le Roi fixa les dates des quatre jours d’examen aux 8, 9, 11 et 14 Juin 1784, lors du séjour de la Cour au Palais d’Aranjuez.
Le grand jour arrivé, la petite fille, âgée de neuf ans, s’avança au devant de ses examinateurs, assemblés dans la grande salle du Palais. On imagine son embarras en devant prendre la parole devant toutes ces grandes personnes, on imagine aussi sa nervosité : elle avait bien révisé mais quelles questions lui poseraient son père ? Ses oncles Gabriel et Antoine Pascal allaient-ils la coller en Latin ou en Sciences ? Puissent les questions de sa mère en Français et en Religion n’être pas trop difficiles ! Heureusement la bonne tante Marie Josèphe était aussi là et viendrait peut-être à son secours.
L’Infante Charlotte
Le Prince des Asturies
La Princesse des Asturies
L’Infante Marie Josèphe
Quand le Roi fît son entrée et prit place, la famille royale et les grands seigneurs l’imitèrent. On ne sait pas si l’ambitieux monarque l’encouragea à ce moment mais le bienveillant grand-père sourît probablement à sa petite-fille et la regarda tendrement.
Le Roi catholique engagea l’interrogation. Les premières questions portèrent sur le catéchisme, cœur de toute instruction d’une Princesse de la Maison de France. Les réponses manifestèrent l’instruction qu’avait reçue Son Altesse dans les fondements de la religion, rapportèrent les témoins. On demanda ensuite à l’Infante d’expliquer un passage de l’Ancien Testament à sa manière et avec ses mots. Elle dut ainsi présenter et situer dans le temps le prophète dans le livre duquel on avait choisi l’extrait, ainsi que les figures bibliques auxquelles il faisait allusion ; exposer ce qu’elle savait sur l’accomplissement des paroles du prophète de l’Ancien testament dans les vérités du Nouveau. On voulut entendre ensuite ce qu’elle avait à dire sur les Paroles prononcées par le Christ et l’enseignement qu’il voulait donner, grâce à elles, à ses auditeurs. Le Roi jugeant que Charlotte avait bien répondu, décida que c’était assez et fit reprendre à la Cour ses occupations habituelles. Cette première épreuve passée, on imagine le soulagement de Charlotte et sa joie en recevant les compliments de ses parents. Mais elle dut probablement se hâter de regagner sa chambre car le lendemain avait lieu l’épreuve d’Histoire et de Lettres !
A l’issue de cette première audition, le maître d’études de l’Infante, la famille royale exprima sa gratitude envers le Père Philippe de S.Michel (né Philippe Scio 1738-1796). Ce Religieux entré à quatorze ans dans l’Ordre des clercs réguliers pauvres de la Mère de Dieu et des écoles pieuses, brillant étudiant, avait été remarqué par l’Infant Louis, frère du Roi. Charles III lui confia la traduction intégrale de la Bible en Castillan en 1780 pour son édification personnelle et l’instruction de ses peuples. S’acquittant de cette éminente tâche, le monarque Bourbon avait jugé bon de lui confier sa précieuse Charlotte.
Le 9 Juin, se répéta la scène de la veille. L’effort fut intense. L’Infante Charlotte fut interrogée tout d’abord sur l’histoire de l’Espagne. Ce fut une suite de questions sur L’Antiquité et le Haut-Moyen Age jusqu’au VIIème siècle auxquelles elle fut soumise. On ne sait pas si la petite fille aurait préféré des questions sur l’histoire médiévale ou moderne. Elle fut ensuite entendue sur les Lettres. On ne lui demanda rien de moins que d’exposer ce qu’elle savait sur l’origine, l’essor, la perfection et la décadence des romances castillanes ( !) ; puis, dans les livres qu’ils avaient sélectionnés dans leurs bibliothèques respectives, ses parents lui demandèrent d’en lire à haute voix les passages qu’ils lui avaient indiqués au hasard des pages, de présenter ces ouvrages. Au Prince, à la Princesse et aux Infants qui lui faisaient de scrupuleuses questions de grammaire sur des phrases entières extraites de ces textes, l’Infante Charlotte montra la précision de son analyse grammaticale.
Après avoir bénéficié de deux jours de repos pour se remettre un peu des émotions que lui avaient causées la Religion, l’Histoire et les Lettres, l’Infante d’Espagne dut probablement envisager avec davantage de sérénité l’épreuve de Géographie qui arriva le 11 Juin même si elle savait que son père le Prince des Asturies et son oncle Antoine Pascal ne lui feraient pas de cadeau. Les témoins rapportèrent que l’Infante Charlotte donna les preuves de ses connaissances sur le globe et la géographie, répondit à plusieurs questions, résolut différents problèmes et montra précisément sur les cartes géographiques tout ce qu’on lui demandait dans ces sciences.
L’Infant Antoine Pascal
L’après-midi du 14 fut consacré au Latin qui prit un tour de Philosophie. La jeune Infante fut interrogée sur plusieurs ouvrages de Cicéron, Des devoirs, De la vieillesse, Sur l’amitié et les Paradoxes des Stoïciens. Elle dut traduire des passages en Castillan et analyser les discours. Dans le prolongement de cet exercice, on lui fit lire quelques unes de ses expressions écrites libre en Castillan et, choisissant l’une d’elle, on la lui fit traduire du Castillan au Latin. Enfin, pour la plus grande satisfaction des assistants, quelques uns d’entre eux dictèrent une prière ou un propos à Son Altesse, qui leur répéta en Latin.
Pour achever ce marathon restait heureusement l’épreuve de Français, une simple formalité pour une Bourbon. L’Infante dut lire certains extraits et les traduire immédiatement en Espagnol, répondre en Français aux questions qu’on lui posait sur ce qu’elle venait de lire.
Le document ne rend évidemment pas compte d’éventuelles fautes de l’Infante mais nous éclaire bien sur les matières, les supports et le niveau ambitieux du programme éducatif que Charles III avait souhaité pour sa petite-fille. La suite de la vie de Charlotte et le soin qu’elle accordera aux études de ses filles (Thérèse, Françoise, Isabelle, Marie et Anne de Bragance) ne laissent pas de doute sur la solidité de ses apprentissages.
Les résultats que le Père Philippe de S.Michel avait obtenus avec l’aînée de la fratrie infantale déterminèrent le Roi Bourbon à le faire revenir à la Cour de Madrid après avoir accompagnée sa protégée à celle de Lisbonne. Le Religieux fut nommé maître des études de l’Infant Ferdinand, l’aîné des petits frères (né en 1784). Le Roi Charles IV, dont on connait la générosité, qui désirait le récompenser, lui donna l’évêché de Ségovie (1795).
Comme sa cousine Marie Antoinette, sa mère Marie Louise ou encore la Reine Louise de Prusse, la Reine Charlotte de Portugal fut diffamée par les bourgeois libéraux et Napoléon Bonaparte qui projetèrent leurs préjugés sexistes sur ces femmes décidées (accusations d’adultère et même de nymphomanie !) pour les faire haïr et satisfaire leurs intérêts matériels et symboliques particuliers. Peut-être ces hommes ne supportaient-ils pas l’idée que des femmes puissent leur résister.
Ne leur en déplaise, plusieurs des filles, petites-filles et arrière-petites-filles de Charlotte, établies en Espagne, en Autriche ou au Luxembourg illustrèrent encore aux XIXème et XXème siècles, par leur grand sens de l’Etat, les noms de Bragance, de Bourbon et de Nassau.
La Grande Duchesse Charlotte de Luxembourg, arrière petite-fille de Charlotte de Bourbon. (Un grand merci à Jul pour cet article)











clementine1
12 novembre 2015 @ 06:25
étonnant, merci Jul.
jul
12 novembre 2015 @ 14:51
Merci à vous Clémentine1
ANNIE
12 novembre 2015 @ 07:21
superbe article, merci , oui nous les femmes sommes capapble d’apprendre mais ce n’est pas encore reconnu , malheureusement ; dans le monde entier .Nos chères petites têtes blondes en savent elles autant à 9 ans ? PAS SUR ………….
jul
12 novembre 2015 @ 14:52
Merci Annie !
Ah vous savez l’Infante Charlotte avait l’avantage d’être seule dans sa salle de classe avec ses maîtres. Cela est un avantage non négligeable.
Severina
12 novembre 2015 @ 07:39
Merci, Jul, pour un article vraiment très très interressant sur une dame exceptionnelle.
jul
12 novembre 2015 @ 14:52
Merci Severina
Damien B.
12 novembre 2015 @ 07:55
Cher Jul, j’ai lu avec plaisir cet excellent article qui traite d’un sujet pour lequel j’ai un grand intérêt.
Le thème de l’éducation des princes en dit long sur une époque et le degré de libéralisme des souverains. Tout le monde a en tête « Les aventures de Télémaque » à l’intention du duc de Bourgogne.
Dans le même ordre d’idée et dans le cadre des examens destinés aux princes, on peut évoquer l’anecdote suivante :
Louise (future reine des Belges) avait été interrogée par Louis XVIII lequel lui demanda de réciter la liste des rois de France. La princesse âgée d’une dizaine d’années réussit parfaitement cet exercice jusqu’au moment de citer Louis VI le Gros car elle hésitait à donner son surnom devant Louis XVIII lui-même obèse. Cela fit rire le Roi qui comprit l’embarras de l’enfant.
Merci encore Jul de partager votre savoir et votre travail.
Damien
jul
12 novembre 2015 @ 14:47
Cher Damien, merci pour votre message et l’anecdote que vous rapportez !
Je ne la connaissais pas mais ne suis pas étonné ! :) Louis XVIII était vraiment un grand roi et Louise d’Orléans une perle princière. Comme sa mère Marie Amélie devait être fière du tact de sa fille et de son extrême respect envers le roi, leur souverain et chef de Maison.
Bounty
12 novembre 2015 @ 07:58
Cet article est vraiment passionnant !! Merci infiniment, Jul !!
celia71
12 novembre 2015 @ 08:05
Un GRAND MERCI à Jul pour cet article très bien écrit et fort distrayant à lire. Quelle femme ! Bonne journée à tous,
jul
12 novembre 2015 @ 14:48
Merci pour vos commentaires Bounty et Célia. Cela me fait plaisir !
cisca1
12 novembre 2015 @ 08:19
J’ignorai cet épisode. Quelle histoire extraordinaire et quel travail pour ube petite fille de neuf ans Meme si l’examen était probablement un peu arrangé, quelle leçon pour touts ceux qui s’ennuyent en classe…..
jul
12 novembre 2015 @ 14:49
Oh oui Cisca1 ! Je n’ai pas d’informations sur ses fautes mais j’ai trouvé le compte-rendu épatant !
Shandila
12 novembre 2015 @ 08:32
Jul, un grand merci pour cet article instructif et intéressant. Je ne vais certainement pas être la seule à vous dire : Encore ! Encore et bravo.
jul
12 novembre 2015 @ 20:24
Grand merci à vous Shandila de me lire et de me laisser un si gentil commentaire.
ANNIE
12 novembre 2015 @ 08:36
même pas capable d’écrire correctement capable au lever du jour , en vieillissant on ne s’améliore pas .
Corentine
12 novembre 2015 @ 08:50
vraiment très intéressant
je vous remercie beaucoup Jul
jul
12 novembre 2015 @ 14:53
Merci Corentine :) Vous êtes aussi une fidèle lectrice, ce que j’apprécie.
mary71
12 novembre 2015 @ 09:09
éducation on ne peut plus complète.
Quelle érudition bien loin des pauvres connaissances des enfants d’aujourd’hui et certainement aussi des nôtres ! ! Mais avait-elle le temps de jouer comme une enfant de son âge.
jul
12 novembre 2015 @ 14:55
C’est une bonne question Mary… Elle jouait sûrement avec ses jeunes soeurs mais je pense que le temps consacré aux études était plus important.
Pierre-Yves
12 novembre 2015 @ 09:20
Plus ardu qu’un Grand Oral de Sciences Po, cet examen de passage !
L’article de Jul, qu’il en soit remercié, pose l’intéressante question de l’éducation des souverains. Celle des filles étant traditionnellement délaissée, on est forcément admiratif du bagage qui avait été donné à Charlotte et de la façon dont, à 9 ans, elle semble s’être tirée des épreuves pas simples du tout, je pense à la philosophie, auxquelles on l’a confrontée. Elle en remontrerait sans doute à bien des princes d’aujourd’hui, dont la culture et la curiosité intellectuelle paraissent parfois limitées.
jul
12 novembre 2015 @ 15:04
Merci pour votre commentaire Pierre-Yves
Ah oui c’est bien vu ! Personnellement j’aurais raté et je raterais cet examen.
Si la Reine Charlotte revenait, elle aurait des apartés francs et énergiques avec quelques-uns de ses descendants qui en sortiraient penauds ! :D
France
12 novembre 2015 @ 09:43
Merci à JUL pour ce texte approfondi et passionnant.
jul
12 novembre 2015 @ 15:05
Merci France.
kalistéa
12 novembre 2015 @ 10:10
Article fort intéressant et qui sort de l’ordinaire .merci Jul.
jul
12 novembre 2015 @ 15:05
Merci Kalistéa :)
gil
12 novembre 2015 @ 11:11
Passionnant ! Merci !
jul
12 novembre 2015 @ 15:05
Merci Gil !
bl-r
12 novembre 2015 @ 11:15
Doña Carlota, reine de Portugal, Infante de Espagne, pas Charlotte de Bourbon.
Lusitano
12 novembre 2015 @ 22:11
Infante DoÑa Carlota d’Espagne mais DoNa Carlota Joaquina, Reine de Portugal.
Thibaut le Chartrain
12 novembre 2015 @ 12:14
Merci Jul pour ce passionnant texte.
Je suis impressionné par l’étendue des connaissances d’une si jeune fille…
Marie de Bourgogne
12 novembre 2015 @ 14:24
Merci Jul, j’ai beaucoup aimé votre article.
Cette jeune femme semble avoir hérité du prognathisme des Habsbourg.
jul
12 novembre 2015 @ 20:45
Merci Marie :)
Cosmo
12 novembre 2015 @ 14:44
Article fort intéressant, Jul ! Mais certains portraits sont d’une laideur à faire pâlir.
Cosmo
Hermione
12 novembre 2015 @ 19:38
C’est ce que je me disais. On comprend pourquoi les femmes de cette famille avaient besoin d’avoir une tête bien pleine.
kalistéa
12 novembre 2015 @ 20:21
cher Cosmo, j’ai tenu à remercier notre ami jul car son article très documenté et sortant de l’ordinaire est instructif.Ceci dit il n’y est pour rien , mais c’est difficile de trouver famille royale plus uniformément laide à faire peur. c’est une compilation de portraits de types humains horribles et cela malgré les efforts de portraitistes de talent pour arranger un peu les choses.
Ne faites pas de cauchemars et bonne nuit!
Robespierre
13 novembre 2015 @ 19:51
Oui, Kalistea, on peut raisonnablement supposer que les peintres ont un peu enjolivé la réalité. Je me dis que ces princes qui épousaient ces horreurs, parce que d’un rang égal avaient bien du courage. Et en plus ils devaient faire des enfants…
jul
16 novembre 2015 @ 06:35
Pourquoi toujours tout réduire au physique et au sexe ?
Gérard
16 novembre 2015 @ 20:40
L’âme de la reine était-elle si blanche Jul ?
jul
17 novembre 2015 @ 06:01
Aucune âme n’est blanche Gérard…Mais comme elle est Chrétienne, Jésus aura pitié d’elle.
Gérard
18 novembre 2015 @ 15:04
Tant mieux. N’oublions pas de prier pour les âmes du purgatoire.
jul
12 novembre 2015 @ 20:46
Merci Cosmo ! Ah au contraire, je trouve la plupart de ces portraits beaux.
Cosmo
12 novembre 2015 @ 23:31
Ah !
Mayg
13 novembre 2015 @ 15:13
En matière de laideur, ils sont loin de concurrencer ceux de Charles II d’Espagne…
Camille Gilbert
12 novembre 2015 @ 14:51
Jul, encore un article époustouflant, tellement bien raconté et inspiratif. Tout ce que je peux dire, c’est que je me mets au travail tout de suite, je ne veux pas être en reste sur une fillette de neuf ans! Merci infiniment, vos articles me manquaient!
jul
12 novembre 2015 @ 20:51
:D Moi aussi je dois aller en cours de rattrapage :D
Grand merci pour votre commentaire Camille. Avez-vous lu « les vacances bourboniennes »?
Camille Gilbert
13 novembre 2015 @ 00:22
Non seulement, je l’ai lu, cher Jul, mais j’avais écrit au Louvre pour leur demander de prendre contact avec vous par l’intermédiaire de Régine. Je ne sais même pas si ma lettre a été lue, les lettres qui viennent de Dallas, elles vont peut-être direct à la poubelle! (Si c’était Dubai…, passons). Pourtant, entre votre érudition, vos dons de raconteur, et vos choix d’illustrations, que peut-on demander de plus? Ces méthodes d’éducation (très jésuites aussi, si je ne me trompe) ont servi de modèle jusqu’à l’instruction de prestige dans les premières académies noires au milieu du XIXe siècle à Philadelphie. Je viens de terminer un livre qui justement citait des examens devant jury très similaires à ceux de la petite princesse Charlotte. Si vous lisez l’anglais (le livre n’est hélas pas traduit), je vous recommande un excellent ouvrage, “Becoming a French Aristocrat”, The Education of the Court Nobility, 1580-1715, de Mark Edward Motley, Princeton Legacy Library. Je ne veux pas faire trop long, mais merci encore, c’est formidable de lire un article qui ravive le désir d’apprendre!
jul
13 novembre 2015 @ 13:06
Bonjour Camille
Je suis honoré par ce que vous écrivez de moi et ce que vous avez écrit à l’école du Louvre.
Lire et écrire sont des loisirs formidables comme vous le dites justement et je vais essayer de trouver le livre que vous me recommandez si gentiment. Vous semblez beaucoup vous intéresser à ces questions également et rechercher des choses pointues.
Si j’ai bien compris, vous résidez aux Etats-Unis?
Encore merci
Jul
Camille Gilbert
14 novembre 2015 @ 16:31
Bonjour Jul,
(Pardon pour les accents qui manquent…)
Oui, je réside aux Etats-Unis, ou nous partageons tous ces journées de deuil suite aux massacres de Paris. Lire et les arts sont pour moi plus qu’un loisir, je dirais presque une obligation, quasi une religion. En ces temps de barbarie, je remercie le ciel de m’avoir fait naitre dans une famille ou instruction et culture étaient considérées comme un privilège à honorer tout au long de sa vie, ainsi qu’un instrument pour comprendre et agir sur le monde dans lequel nous vivons.
Je vous prie d’excuser ce moment de lyrisme à la gloire de l’éducation, mais je suis sure que vous me comprenez. C’est pourquoi vos articles, et tous ceux qui touchent à l’art et à ses différentes manifestations, me donnent toujours beaucoup d’optimisme. Soyez-en remercié (ainsi que Régine) aujourd’hui particulièrement.
Je vous enverrai volontiers mon exemplaire si vous le souhaitez.
Camille
Camille Gilbert
14 novembre 2015 @ 16:37
privilège à transmettre, cela allait de soi…
jul
16 novembre 2015 @ 06:43
Merci Camille,
Je n’ai pas à vous excuser, je ressens la même chose ! Quels moments horribles nous avons vécus et revivons par la télévision !
Nous avons prié hier pour les familles endeuillées, pour que nos dirigeants gagnent en discernement et en volonté d’agir, pour que les jeunes qui admirent les crimes qui viennent d’être perpétrés découvrent que Dieu n’a pas demandé cela, pour qu’ils découvrent que Dieu est La Vie, en somme qu’il reconnaissent que Jésus est « la Vérité et la Vie » comme il l’affirme dans l’Evangile.
Camille Gilbert
16 novembre 2015 @ 18:06
Cher Jul,
Merci pour votre réponse généreuse qui vient à point dans ce moment de grande détresse. Votre foi chrétienne est bouleversante, me touche profondément. Je vous dis au-revoir pour le moment, concentrant mon écriture vers d’autres voies, et en particulier sur une étude de Rembrandt, “Le Retour du Fils Prodigue”, étude inspirée par le prêtre et auteur canadien Henri J.M. Nouwen, (1932-1996) qui a écrit un superbe livre sur cette oeuvre. Je ne sais pas si nous utilisons le même vocabulaire, mais c’est un acte de grâce de vous connaître à travers le site de Madame Salens.
Bien à vous,
Camille
jul
17 novembre 2015 @ 07:15
C’est vraiment une bénédiction de pouvoir vous parler. Ce que vous écrivez me touche beaucoup.
Au revoir Camille et j’espère à bientôt sur N&R !
jul
17 novembre 2015 @ 07:18
Et j’espère pouvoir découvrir votre travail sur Rembrandt dès que vous l’aurez achevé ou publié.
jul
12 novembre 2015 @ 15:08
Merci Thibaut !
Elle était suivie de près par des professeurs particuliers et baignait dans un univers culturel hors du commun.
Et puis les mathématiques et les sciences n’étaient pas aussi approfondies qu’aujourd’hui.
Damien B.
12 novembre 2015 @ 19:08
C’est tout à fait exact Jul.
Jusqu’à la fin du XIXè siècle les matières étudiées dans les cours princières étaient ordinairement centrées sur la religion, les langues (n’oublions pas que les princesses étaient susceptibles de s’établir à l’étranger), l’histoire antique et contemporaine, le latin.
Les mathématiques étaient souvent négligées (Chateaubriand étudiait l’algèbre et la trigonométrie dans son Bezout, mais ces disciplines étaient davantage réservées aux aspirants de marine ou aux militaires qu’enseignées dans les cours).
Comme vous l’écrivez les sciences étaient davantage considérées comme un loisir (réalisation d’herbiers, collections de papillons à la cour de Belgique pour parler de ce que je connais le mieux).
Pour les princesses une formation artistique (musique, chant, dessin, danse, …) complétait le cursus scolaire complet.
Encore merci pour votre article passionnant.
Damien
jul
13 novembre 2015 @ 13:10
Merci pour cet éclairage Damien !
Caroline
12 novembre 2015 @ 15:12
Jul,vous etes un as en recherche historique! Je relirai votre article ce soir!
Un grand merci pour votre article instructif!
jul
12 novembre 2015 @ 20:52
Merci beaucoup Caroline. C’est vraiment une grande joie de lire vos commentaires à chaque nouvel article.
Caroline
12 novembre 2015 @ 23:20
Jul, ‘pas de quoi’!
J’aime beaucoup lire ce genre d’articles historiques avec de nouveaux épisodes sur les personnalités du Gotha peu connues!
Encore merci et bon week-end!
jul
13 novembre 2015 @ 13:11
Merci et bon week end à vous également Caroline !
ML
12 novembre 2015 @ 16:00
Merci ,Jul, pour cet article fort intéressant ,je suis admirative de l’érudition de cette princesse de 9 ans ! De plus ,un examen de 4 jours devant un véritable jury !
jul
12 novembre 2015 @ 20:53
Merci ML !
Ahh le mot « jury », je n’y ai pas pensé mais j’aurais dû l’utiliser ! Il rend bien compte de la situation.
Oui 4 jours, c’est incroyable n’est-ce pas !
Mayg
12 novembre 2015 @ 16:37
Merci Jul, pour cet article très intéressante.
jul
12 novembre 2015 @ 20:53
Merci Mayg :)
Gérard
13 novembre 2015 @ 13:51
C’est vrai Mayg que c’est intéressant. Et vous êtes un juré très sévère puisque vous aviez trouvé sans intérêt le travail très fourni et très original de notre ami Cosmo sur la Légion d’honneur…
Francine du Canada
16 novembre 2015 @ 03:05
;-)))
Philippe gaind'enquin
12 novembre 2015 @ 17:42
Jul, votre contribution est d’un bout à l’autre tout à fait intéressante et instructive, et je vous remercie très sincèrement de m’avoir permis de mieux connaitre l’importance donnée à l’éducation des princesses, infantes d’Espagne. Bravo ! PGE
jul
12 novembre 2015 @ 20:54
Merci pour votre commentaire Philippe. J’apprécie toujours cette attention que vous avez depuis plusieurs articles.
Jean Pierre
12 novembre 2015 @ 18:19
Les ravages de la consanguinité ne touchent donc pas l’intellect. Bravo Carlota.
Pour le reste elle n’a pas été épargnée par la nature. Goya s’est régalé.
Charlanges
12 novembre 2015 @ 18:47
Un grand merci, Jul, pour cet excellent article bien digne de lui et qui sort des sentiers battus.
jul
13 novembre 2015 @ 13:13
Merci Charlanges, cela me fait plaisir de vous lire ! J’espère que vous allez bien et que nous aurons l’occasion de bavarder à nouveau prochainement.
jo de st vic
12 novembre 2015 @ 19:08
a lire le petit livre passionnant d’Elisabeth Badinter « l’infant de Parme » fils de madame Elisabeth…
jul
13 novembre 2015 @ 13:14
Ah oui très bonne suggestion Jo !
Gérard
13 novembre 2015 @ 20:58
Dont l’éducation moderniste confiée à des tenants des Lumières fut finalement catastrophique.
Numérobis.
12 novembre 2015 @ 20:02
Bravo et merci Jul pour ce magnifique et très interessant article.
jul
13 novembre 2015 @ 13:14
Merci Numérobis !
JAusten
12 novembre 2015 @ 22:08
je ne suis pas sûre qu’aujourd’hui, un enfant royale du même âge que l’infant Charlotte pourrait répondre au 20ème des questions même en se trompant. Autres temps autres mœurs.
Merci Jul. J’ai hyper transpiré de stress au moment où elle a passé l’examen oral … puis pfiou… elle l’a eu … son prof a été promu :-)
jul
13 novembre 2015 @ 13:16
Je suis content que vous ayez apprécié et vibrer au rythme de l’examen même si son succès était couru d’avance :D
Puissent l’actuelle Princesse des Asturies et l’Infante sa soeur apprendre aussi bien leurs leçons :)
Merci JAusten