
L’impératrice Farah d’Iran passe quelques jours de vacances à Saint Tropez avec sa petite-fille Iryana Leila et sa maman Raha Didevar. (Merci à Véronique Y)

L’impératrice Farah d’Iran passe quelques jours de vacances à Saint Tropez avec sa petite-fille Iryana Leila et sa maman Raha Didevar. (Merci à Véronique Y)
Claude Patricia
26 juillet 2024 @ 16:17
Un mois plus tôt, à la mi-décembre 1978, Farahnaz avait déjà rejoint son frère aîné aux Etats-Unis. Confiés à ma mère, Leila et Ali-Reza s’envolèrent à leur tour vers l’ Amérique. Je me souviens que Ali-Reza tint à emporter le drapeau impérial et son uniforme de la Garde. Quand les reverrons nous? Après avoir proposé de nous accueillir, les États-unis tergiversaient, nous n étions manifestement plus les bienvenus. L Egypte amie du Président Sadate serait donc notre première destination. Bien loin des enfants.
Claude Patricia
26 juillet 2024 @ 17:08
Nous prîmes ce matin-là notre petit déjeuner séparément. Le souverain s’ était levé très tôt et il avait rejoint son bureau comme n importe quel autre jour. Se doutait-il qu’il vivait ses dernières heures dans ce pays tant aimé? Se doutait-il qu’il n’y reviendrait plus de son vivant ? Y songer, aujourd’hui encore, me brise le coeur.
Il me restait la matinée pour rassembler quelques affaires. Dans la nuit j avais pensé aux photos des enfants, aux albums de famille, et la perspective de les laisser derrière nous m’avait précipitée dans une angoisse indicible. Prendre les albums, vite, toute la mémoire de notre bonheur passé se tenait entre ces pages.
Bon et puis qu’ emporter encore? J ‘etais dans un tel état que je me rappelle m être focalisée sur une paire de bottes que j aimais porter à la campagne. Nous allions avoir tout le temps de marcher désormais, et marcher était essentiel pour ne pas perdre courage, pour conserver l équilibre.
Oui ces bottes allaient être mes plus précieuses alliées. Leur présence étrangement m’ avait rasserenee. Quelques jours plus tard, les découvrant au fond d’ une valise, je me moquerai amèrement de moi-même : mon Dieu !
Comment l idée ne m’ avait-elle pas traversée que de telle chaussures se trouvent n’ importe où à travers le monde?
Vers quel exil glacial et dépeuplé je nous imaginais partir?
Puis longeant la bibliothèque, j’en sortis mes livres préférés, ceux que des poètes, des chefs d’ Etat ou des écrivains m’avaient dédicacés au fil de mes rencontres en Ira et à travers le monde.
Une personne du palais était montée m’ aider; nous étions dans mon bureau.
Claude Patricia
26 juillet 2024 @ 17:39
– Les miniatures sont à vous, Majesté ,prenez-les.
Je me souviens avoir regardé cet homme avec beaucoup de tristesse.
– Mais non, voyons, non, tout doit rester, je ne veux rien emporter de ces bibelots.
J étais tiraillée entre l’espoir que nous allions peut-être revenir, bien sûr, et cette image horrifiante, humiliante, que j entre voyais déjà, l image de manifestants furieux pénétrant dans le palais et ouvrant nos tiroirs, nos armoires. A aucun prix je ne voulais qu ils aient le sentiment que nous étions partis en emportant nos biens! Non nous nous en allions la tête haute, avec la conviction d avoir travaillé sans relâche pour le seul bien du pays.
Et si nous avions commis des erreurs, du moins n avions-nous jamais songé qu à l intérêt général.
La veille, j avais demandé aux responsables des musées de passer prendre quelques objets précieux qui nous avaient été offert par différents souverains et chefs d’ Etats, ainsi que quelques biens personnels. Ceux là au moins ne seraient pas volés. La valeur des choses n’ avait pas d’importance pour moi. Je voulais que tout le reste, tableaux, objets personnels, tapis, etc..demeure à sa place, jusqu’à mes robes iraniennes, que j ‘ai volontairement laissées, comme on laisse derrière soi un peu de son âme. Pour prévenir les pillages, ou les malveillances, j’ avais invité la télévision à venir filmer l intérieur du palais. J’ avais également invité les journalistes iraniens et étrangers. Nos vies se confondaient alors avec le destin de l Iran, et je suis fière, au fond de moi, que nos biens personnels n aient jamais quitté notre pays.
Veronique y
26 juillet 2024 @ 17:56
Demain elle doit être au Caire.
Véronique Y
28 juillet 2024 @ 09:20
Hier au Caire on voit Farah qui se tourment pour quelque chose qui ne va pas :
Sylvana?
28 juillet 2024 @ 16:54
@ Claude Patricia Merci, j’ai beaucoup aimé ?