On sait moins que, bien avant de devenir l’une des romancières les plus célèbres de la littérature anglaise, elle s’était amusée à raconter l’histoire de son pays avec une liberté et une insolence déjà très «austeniennes ».
Les éditions Bartillat publient cet ouvrage. Tout est dans ce délicieux sous-titre : Jane Austen ne prétend nullement rivaliser avec les historiens. Elle se moque au contraire de leurs certitudes, de leur solennité et de leur prétendue objectivité.
Écrit en 1791, alors qu’elle n’a que quinze ans, ce petit texte parcourt avec une réjouissantedésinvolture les règnes des souverains anglais, d’Henri IV à Charles Ier.
Les grands personnages de la dynastie Tudor y occupent naturellement une place de choix : Henri VIII, Édouard VI, Marie Tudor et surtout Élisabeth I. Quant à Marie Stuart, Jane Austen lui voue une sympathie qui ne s’embarrasse guère d’impartialité — ce qu’elle revendique d'ailleurs dès son titre.
Ce qui enchante aujourd’hui, c’est de reconnaître dans cette adolescente l’écrivain à venir. Le goût du trait assassin, l’ironie, l’art de tourner en ridicule les puissants et cette manière très anglaise de dire les choses les plus féroces avec une parfaite élégance sont déjà là.
Derrière la plaisanterie historique apparaît en filigrane la future observatrice impitoyable de la société britannique.
Un petit livre particulièrement bienvenu pour les lecteurs de Noblesse & Royautés : des rois, des reines, des querelles dynastiques et des têtes couronnées passées au crible de l’une des plumes les plus spirituelles d’Angleterre. (Merci à Bertrand Meyer – Pour Jausten)
« Histoire de l’Angleterre, par une historienne partiale, pleine de préjugés et ignorante », Jane Austen, Bartillat, 2026, 96 pages, 13 €